L’attention

« Lʼattention permet à lʼindividu de diriger ses actions sur des objets spécifiques en des endroits sélectionnés, et de maintenir certaines informations ou certains objets à un haut niveau de traitement, dans la mémoire de travail, ou encore dans la conscience » Eric Siéroff, professeur de neuropsychologie, 2002
Les fonctions attentionnelles et exécutives sont des fonctions cérébrales dites de « haut niveau » qui infiltrent et commandent toutes les fonctions cognitives, permettant ainsi l’accès à la connaissance, aux apprentissages. Sans attention, il n’y a pas d’apprentissage. Les liens entre l’attention et la mémoire sont donc directs.
 Sandrine Censabella, neuropsychologue et professeur à l’université catholique de Louvain, nous en dit plus sur l’attention.
Qu’est-ce que l’attention ?
Alors on considère généralement quatre grandes fonctions attentionnelles : l’alerte, l’attention sélective, l’attention divisée et l’attention soutenue. Je vais vous expliquer en quoi elles consistent :
1. L’alerte
L’alerte correspond à l’état général d’éveil du système nerveux central et renvoie à la disposition à traiter des informations et à répondre aux stimulations de l’environnement. L’alerte peut se modifier de manière tonique ou de manière phasique. La fluctuation du niveau d’éveil en cours de journée constitue la modification tonique de l’alerte : lente, progressive, graduelle et généralisée.
L’alerte phasique représente au contraire une modification soudaine et transitoire du niveau d’éveil suite à la présentation d’un signal avertisseur.
Par exemple : supposez que vous marchez tranquillement sur la plage et vous entendez soudainement quelqu’un crier « attention, la balle ! ». Dans ce cas, vous allez “ augmenter ” votre niveau attentionnel car vous savez qu’une balle va peut-être vous tomber dessus ! Cette capacité à augmenter son niveau attentionnel lorsqu’on attend la survenue d’un stimulus est l’alerte phasique.
Il est important de pouvoir déterminer si l’alerte phasique est préservée chez des enfants ayant des difficultés attentionnelles. Ainsi, on pourra mettre en place des indices fonctionnant comme signal avertisseur, afin de leur indiquer qu’il leur faut augmenter leur niveau d’attention.
 
2. L’attention sélective
L’attention sélective est la capacité à répondre de manière sélective à une seule source d’information (visuelle ou auditive) parmi d’autres sans se laisser distraire par d’autres stimuli. Il s’agit en quelque sorte d’un zoom attentionnel permettant de focaliser son attention sur une cible particulière.
Par exemple, une institutrice recherchant un élève dans la cour de récréation sollicitera ses capacités d’attention sélective visuelle. De même, pour pouvoir suivre une conversation dans un environnement bruyant, il est nécessaire de focaliser son attention sélective auditive sur la (ou les) personne(s) qui vous parle(nt).

3. L’attention divisée
Dans la vie quotidienne, nous sommes presque constamment amenés à faire plusieurs choses à la fois. Pour cela, nous devons répartir nos ressources attentionnelles de manière optimale afin de parvenir à réaliser ces différentes choses correctement (et non en privilégier une au détriment des autres). Le partage des ressources attentionnelles constitue l’attention divisée.

Par exemple, celle-ci entre en jeu dès l’école, où il faut pouvoir, entre autres, écouter et écrire en même temps. Dans l’attention divisée, un facteur important à prendre en compte est la « quantité » de ressources attentionnelles dont dispose une personne. En effet, les enfants ayant des ressources limitées sont, au départ, « lésés ». D’autre part, la quantité de ressources que requiert les tâches à réaliser est également à considérer. Les tâches qui ne sont pas encore automatisées (en début d’apprentissage notamment, comme l’écriture par exemple), consomment énormément de ressources ; dès lors les ressources disponibles (i.e., pour faire autre chose) seront sensiblement amoindries.

4. L’attention soutenue
L’attention soutenue est la capacité à maintenir son attention sur une longue période de temps. Elle est particulièrement sollicitée à l’école, lorsqu’il s’agit de rester concentré plusieurs heures d’affilées.