La mémoire épisodique 

La mémoire épisodique est une forme de mémoire spécialement dédiée aux souvenirs précis des évènements passés : jour de mariage, sortie scolaire, événement marquant de sa vie, choc émotionnel. Cela englobe le souvenir des faits en eux-mêmes, mais aussi leur contexte temporel (la date), spatial (le lieu) et émotionnel (les émotions ressenties lors de l’évènement).

Cette sous-partie de la mémoire à long terme s’oppose à la mémoire sémantique qui est la mémoire des faits et des concepts.

 

Catherine Meyer nous en dit plus dans son ouvrage « Les nouveaux psys. Ce que l’on sait aujourd’hui de l’esprit humain » 

Qu’est ce que la mémoire épisodique ?

La mémoire épisodique porte sur les faits ou événements qui proviennent de différentes périodes de la vie antérieure; elle stocke les caractéristiques liées aux événements pour les retrouver. Le processus de rappel des événements est conscient.

La mémoire épisodique enregistre tous les événements biographiques. Elle est soumise aux vicissitudes d’interférence, de l’oubli, de la subjectivité, des variations de contexte, de la tonalité affective, de la fréquence.
La récupération d’information en mémoire épisodique se fait à partir d’une information de la situation présente, rappel, indice, reconnaissance.
Exemple : le rappel du nom de ses camarades d’école, l’adresse où on habitait, le nombre de visites à un médecin dans une période spécifique, la date d’un événement public marquant.

On remarque deux caractéristiques de la mémoire épisodique : 

L’une des spécificité de la mémoire épisodique est la conscience autonoétique. Quand on se rappelle le passé, quand on réactive un souvenir, on fait une expérience mentale particulière : on se voit acteur des événements, on est conscient de son identité. Tout se passe comme si on revoyait le film en «caméra subjective». Tulving nomme conscience autonoétique l’état de conscience associé à la mémoire épisodique. On a besoin d’être attentif – ce n’est pas le même état de conscience que lorsque l’on regarde ce qu’il y a autour de soi ou que l’on entend les bruits alentour.

En revanche, quand on convoque la mémoire sémantique, on n’a pas conscience du fonctionnement de cette mémoire. Si je fais du vélo, par exemple, je n’ai pas besoin de réactiver consciemment le souvenir de mes capacités à tenir sur deux roues en pédalant. C’est automatique.

Autre caractéristique, la sensation subjective du temps : la mémoire épisodique nous permet de voyager mentalement dans le temps, d’aller du présent au passé et jusqu’au futur. C’est ce qu’Endel Tulving appelle la «chronesthésie».

Les enfants de moins de 4 ans et les animaux n’ont pas de mémoire épisodique. Les bébé et les jeunes enfants enregistrent un nombre astronomique d’informations. Il leur faut tout apprendre : comment se mettre sur le ventre quant on est sur le dos, comment arriver à saisir un objet en se servant de cet outil fabuleux qu’est la pince pouce-doigt, comment parler et bien d’autres choses. Pour cela, ils utilisent les capacités extraordinaires de leur mémoire sémantique. En revanche, ils n’ont pas de mémoire épisodique. Ils ne se souviennent pas du jour où ils ont fait leurs premiers pas : ils savent simplement marcher. De façon générale, ils ne se rappellent pas ce qu’ils ont fait la veille et ne peuvent pas s’imaginer ce qu’ils feront le lendemain. De notre toute petite enfance, nous gardons le souvenir de sensations physiques et d’émotions, non d’anecdotes ni « d’épisodes » de notre biographie. Une bonne  odeur de gâteau peut réveiller un souvenir diffus de bonheur sans qu’aucun événement précis n’y soit associé.

Selon Tulving, les animaux ne disposent pas non plus de mémoire épisodique : le chien sait que, lorsque vous prenez sa laisse, cela signifie que vous allez le promener, mais il ne se souvient pas de la  façon dont il l’a appris. Les chimpanzés et les gorilles sont aussi dépourvus de mémoire épisodique.

Seul l’humain est capable de se déplacer en esprit dans le temps. De cette caractéristique, Endel Tulving a fait son nouveau sujet de recherche. Notre capacité à agir dans le présent repose à la fois sur le passé et sur le futur. Car les mêmes mécanismes de la mémoire qui nous font remonter le temps nous permettent aussi d’explorer l’avenir…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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