Interview exclusive de notre partenaire le professeur Anne-Sophie RIGAUD de l’hôpital Broca

 

 

Voici une interview d’Anne-Sophie RIGAUD, professeur de médecine gériatrique à l’Université Paris-Descartes. Elle est chef de service et responsable de pôle à l’hôpital Broca, Co-anime le Centre Mémoire de Ressources et de Recherches pour la maladie d’Alzheimer en Ile de France, directrice de l’unité de recherche universitaire EA 4468 « Maladie d’Alzheimer : Facteurs de risque, soins et accompagnement des patients et familles ».

Le professeur Anne-Sophie RIGAUD a souhaité revenir sur la collaboration, les avantages de la numérisation des tests cognitifs mais aussi les difficultés rencontrées au cours de ce projet.

 

 

 

 

 

Bonjour Madame Rigaud, Merci d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions.

 

Pouvez-vous nous présenter l’organisation de votre structure ?

 

Concernant notre institution, BROCA-LUSAGE, celle-ci s’articule en trois parties : l’hôpital, le laboratoire LUSAGE et CEN STIMCO.

 

Notre institution adopte une stratégie d’innovation. Celle-ci se construit selon plusieurs approches.

Une approche avec le Living Lab à partir des besoins des utilisateurs, une approche multidisciplinaire mais aussi des partenariats de recherche avec des écoles et des entreprises.

 

 

 

Quelle était la genèse de vos projets avec Dynseo ?

 

Nous travaillons de longue date sur le diagnostic des troubles cognitifs et sur les interventions psychosociales.

Nous avions le souhait de développer des tests de diagnostics précoces. Le premier projet était la numérisation d’une batterie de tests cognitifs. Ce projet a été financé par la région IDF.

 

Le second projet correspondait à repérer des altérations des performances des personnes qui réalisent des jeux dans les EHPAD via le programme Stim’Art de DYNSEO. Ce travail de détection était un souhait de Philippe de Normandie, directeur de l’institut du bien vieillir du groupe KORIAN. Ce projet fut financé par le CNSA.

 

 

 

Quelles ont été les étapes clés de ces différents projets ?

 

Concernant le projet E-tests, les étapes clés ont été nombreuses. En effet, dans un premier temps nous avons dû créer un test cognitif évaluant les fonctions exécutives : le CT.

A la suite de cela, nous avons après spécification fait élaborée un premier prototype et mis en place un test d’utilisabilité.

A la suite des premiers tests avec les usagers, nous avons pu effectuer des premiers retours à la société DYNSEO et préconiser des améliorations pour que la version numérique corresponde au plus proche aux besoins des utilisateurs finaux.

 

Le prototype s’est par la suite amélioré progressivement et nous avons pu passer à une phase de validation auprès de 450 utilisateurs.

 

Concernant notre second projet consistant à repérer les altérations des performances des personnes via des jeux de mémoire, la première étape fut la collecte préalable des jeux développés par la société DYNSEO.

 

La phase de faisabilité a montré que les jeux en EHPAD étaient majoritairement réalisés en groupe ce qui rendait difficile la collecte des données par utilisateur.

 

Nous avons donc pris le parti de travailler au domicile de personnes ayant peu de troubles cognitifs pour mener à bien ce projet.

 

 

 

Pouvez-vous nous parler des principales difficultés rencontrées au cours de ces projets ?

 

Au niveau des aspects purement opérationnels nous n’avons pas rencontré de réelle difficulté. En effet, DYNSEO a fait preuve d’une excellente réactivité ce qui a rendu fluide la collaboration au quotidien.

 

Les difficultés furent principalement d’ordre administrative. Les procédures sont longues et la mise en place d’une convention de collaboration entre Broca et DYNSEO avec le support de l’OTTPI a mis 1 an.

 

 

Pourriez-vous également aborder le sujet de la protection des données et des innovations ou brevets ?

 

Au sujet de la protection des données, DYNSEO s’est occupé des procédures légales et de la déclaration CNIL pour être en règle au niveau du serveur informatique.

 

De notre côté, nous avons mis à disposition des chercheurs du groupe GRECO et réaliser une thèse de sciences avec l’écriture de 4 publications de rang international.

 

 

 

 

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?

 

Le premier enseignement est l’importance de travailler avec des entreprises. En effet, cela permet aux recherches scientifiques de devenir des produits finis rapidement par les utilisateurs finaux.

 

De plus, l’élaboration et la numérisation d’E-tests a un intérêt clinique majeur pour les patients. Ces tests cognitifs permettent le diagnostic précoce non invasif, pouvant être pratique dans différents environnement, adaptables à chaque public (professionnels, patients ayant une maladie de différente sévérité).

 

Enfin, il est primordial de construire un partenariat réactif afin que les modifications demandées pour le prototype soient implémentées par l’entreprise.

 

 

Comment feriez-vous s’il fallait recommencer afin d’éviter les pièges et accélérer sa mise en œuvre ?

 

Il est important d’avoir au plus vite une convention cadre entre CEN STIMCO, l’AP-HP et l’entreprise afin de permettre aux acteurs de travailler ensemble. Dans ce cadre, le CEN Stimco peut être une cellule facilitatrice.

 

 

 

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