Dans notre métier d'accompagnement des personnes âgées, nous sommes souvent les premiers témoins des moments de fragilité. Le "malaise" du senior est l'un de ces événements imprévisibles et anxiogènes qui exigent de nous calme, compétence et réactivité. Ce n'est pas simplement un incident médical ; c'est un signal d'alarme, un appel du corps qui nécessite une écoute attentive et une action mesurée. Pour vous, auxiliaires de vie, qui êtes en première ligne, savoir comment réagir n'est pas une option, c'est une compétence fondamentale.
Chez Dynseo, nous considérons que notre rôle va au-delà de la simple fourniture d'outils technologiques. Notre mission est de vous armer, de vous former et de vous soutenir dans les défis quotidiens de votre profession. C'est pourquoi nous avons développé des formations spécifiques et des applications comme EDITH et MON DICO, conçues pour être des alliées précieuses, notamment dans ces situations critiques. Cet article a pour but de vous proposer une conduite à tenir claire et structurée face à un malaise, en intégrant les bonnes pratiques et les ressources que nous mettons à votre disposition. Voyons ensemble comment transformer l'inquiétude en action efficace.
Le terme "malaise" est un mot-valise qui peut cacher une multitude de réalités, allant de la simple fatigue passagère à un problème de santé potentiellement grave. Votre rôle n'est pas de poser un diagnostic, mais d'être un observateur aguerri, capable de déceler les signaux et de comprendre la gravité potentielle de la situation. Le corps d'une personne âgée peut être vu comme une mécanique de précision, rendue plus sensible par le temps. Le moindre grain de sable peut gripper les rouages et un "malaise" est souvent le premier bruit suspect que l'on entend.
Les Signes Précurseurs à ne Jamais Ignorer
Avant qu'un malaise ne se déclare pleinement, des signes avant-coureurs peuvent apparaître. Apprendre à les reconnaître, c'est déjà anticiper et potentiellement éviter une aggravation. Ces signaux peuvent être physiques, comportementaux ou verbaux.
- Les signes physiques : Ce sont souvent les plus évidents. Une pâleur soudaine, des sueurs froides alors que la température ambiante est normale, des vertiges ou une sensation de "tête qui tourne", des nausées, une vision trouble ou encore des tremblements inhabituels. La personne peut se plaindre de faiblesse dans les jambes, comme si elles allaient la lâcher.
- Les signes comportementaux : Une confusion soudaine, une désorientation dans le temps ou l'espace, une apathie inhabituelle ou, à l'inverse, une agitation ou une irritabilité sans cause apparente. La personne peut avoir des difficultés à trouver ses mots ou tenir un discours incohérent.
- Les plaintes verbales : Il faut prêter une oreille attentive à ce que la personne exprime. Des phrases comme "Je ne me sens pas bien", "J'ai la tête qui tourne", "Mon cœur bat bizarrement" ou "Je vais tomber" ne doivent jamais être prises à la légère.
L'accumulation de plusieurs de ces signes doit immédiatement vous mettre en alerte. C'est le tableau de bord du corps qui clignote de toutes parts.
Les Causes Possibles : Un Vaste Éventail de Possibilités
Derrière un malaise, les causes peuvent être nombreuses et variées. Sans chercher à établir un diagnostic, en connaître les principales peut vous aider à mieux orienter votre observation et les informations que vous transmettrez. On retrouve fréquemment :
- L'hypotension orthostatique : Une chute de tension brutale en passant de la position assise ou allongée à la position debout. C'est une cause très commune de vertiges chez les seniors.
- La déshydratation ou l'hypoglycémie : Un manque d'eau ou de sucre dans le sang peut rapidement provoquer un sentiment de grande faiblesse.
- Les troubles cardiaques : Un trouble du rythme, un infarctus ou une insuffisance cardiaque peuvent se manifester par un malaise. Une douleur dans la poitrine est un signe de gravité majeur.
- Les causes neurologiques : Un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un accident ischémique transitoire (AIT) peut débuter par un malaise, souvent accompagné d'autres signes comme une paralysie faciale, une difficulté à parler ou une faiblesse d'un côté du corps.
- Les effets secondaires de médicaments : De nombreux traitements peuvent provoquer des vertiges ou une somnolence. Un changement récent de médication doit attirer votre attention.
- L'anxiété ou le stress : Une forte émotion peut également déclencher un malaise vagal, généralement sans gravité mais très impressionnant.
Votre mission est de rassembler les pièces du puzzle : la personne a-t-elle mangé ? A-t-elle bu suffisamment ? A-t-elle pris ses médicaments ? S'est-elle levée trop vite ? Ces informations seront cruciales pour les secours.
La Réaction Immédiate : Sécuriser et Évaluer
Face à une personne qui fait un malaise, la première urgence est d'éviter la survenue d'un accident, comme une chute. Votre calme est votre meilleur atout ; il se transmettra à la personne aidée et vous permettra d'agir de manière méthodique.
Les Premiers Gestes qui Sauvent
Avant même de chercher à comprendre, il faut agir pour protéger. La séquence est simple et logique.
- Sécuriser la personne : Si la personne est debout et chancelante, aidez-la immédiatement à s'asseoir ou, mieux, à s'allonger au sol. Cela évite une chute qui pourrait causer un traumatisme (fracture du col du fémur, traumatisme crânien). Si elle est déjà assise, allongez-la en surélevant ses jambes pour favoriser le retour du sang vers le cerveau, sauf en cas de difficultés respiratoires.
- Libérer les voies respiratoires : Desserrez tout ce qui pourrait gêner sa respiration : col de chemise, cravate, ceinture, soutien-gorge.
- Assurer un environnement calme et aéré : Ouvrez une fenêtre si possible. Éloignez les personnes curieuses si vous êtes dans un lieu public. Parlez à la personne d'une voix douce et rassurante, même si elle semble inconsciente. Dites-lui que vous êtes là et que vous vous occupez d'elle.
- Ne rien donner à boire ni à manger : C'est un réflexe courant, mais potentiellement dangereux. Si la personne perd connaissance, elle pourrait faire une "fausse route" et s'étouffer.
L'Évaluation Rapide de la Situation
Une fois la personne en sécurité, vous devez évaluer rapidement son état pour décider de la suite. On peut s'appuyer sur trois points simples : la conscience, la respiration et les signes de gravité.
- La conscience : La personne est-elle consciente ? Posez-lui des questions simples : "Comment vous appelez-vous ?", "Serrez-moi la main", "Ouvrez les yeux". Si elle ne répond pas et ne réagit à aucun ordre simple, elle est inconsciente. C'est une urgence vitale.
- La respiration : Observez sa poitrine pour voir si elle se soulève. Approchez votre joue de sa bouche pour sentir le souffle. Est-ce qu'elle respire normalement, difficilement, bruyamment ? Une absence de respiration nécessite un appel immédiat aux secours et la mise en place des gestes de réanimation si vous y êtes formé.
- Les signes de gravité : Même si la personne est consciente, certains signes doivent vous alerter immédiatement : une douleur intense dans la poitrine, une paralysie d'un membre ou du visage, des difficultés majeures à parler, des sueurs abondantes, un pouls très rapide ou très lent, une perte de connaissance même brève.
Quand Alerter les Secours ? Le Moment Décisif
Il ne faut jamais hésiter à appeler les secours en cas de doute. Mieux vaut un appel "pour rien" qu'une attente aux conséquences dramatiques. Vous devez composer le 15 (SAMU) ou le 112 (numéro d'urgence européen) dans les situations suivantes :
- La personne a perdu connaissance, même quelques secondes.
- Elle ne respire pas ou a de grandes difficultés à respirer.
- Elle se plaint d'une douleur forte à la poitrine.
- Elle présente des signes d'AVC (bouche déformée, difficulté à parler, impossibilité de lever un bras). Pour en savoir plus sur la reconnaissance d'un AVC, vous pouvez consulter des ressources fiables comme celles de Santé publique France.
- Elle est confuse ou désorientée de manière inhabituelle.
- Elle est tombée et pourrait s'être blessée.
Lorsque vous appelez, soyez prêt à donner des informations claires : votre identité, l'adresse exacte, ce qui s'est passé, l'état de la personne (consciente/inconsciente, respire/ne respire pas) et ses antécédents médicaux si vous les connaissez.
La Communication : Un Outil Essentiel Pendant et Après le Malaise
Dans le tumulte d'un malaise, les mots sont aussi importants que les gestes. Une bonne communication peut rassurer la personne, guider les secours et informer la famille de manière appropriée. C'est un pilier de votre intervention.
Communiquer avec la Personne Aidée
Pendant le malaise, votre voix doit être un phare dans la tempête. Parlez calmement, de manière posée. Utilisez des phrases courtes et simples. Même si la personne semble confuse, elle perçoit l'intonation de votre voix. Dites-lui "Je reste avec vous", "Les secours arrivent", "Respirez tranquillement".
Lorsque la personne souffre de troubles cognitifs, comme la maladie d'Alzheimer, la communication verbale peut être entravée. La personne peut être incapable d'exprimer ce qu'elle ressent, sa douleur, ou son angoisse. C'est ici que des outils comme notre application MON DICO prennent tout leur sens. MON DICO a été conçu comme un pont, un traducteur entre le monde intérieur de la personne et vous. Grâce à un système de pictogrammes simples et personnalisables, la personne peut pointer ce qui ne va pas : une douleur à la tête, une nausée, une sensation de froid. Dans la phase de récupération après le malaise, cet outil devient précieux pour l'aider à verbaliser ses besoins et son ressenti, diminuant ainsi son anxiété et la vôtre.
Communiquer avec les Services d'Urgence et la Famille
Lorsque vous êtes en ligne avec le SAMU, soyez précis et factuel. Le médecin régulateur vous posera des questions. Répondez calmement. Ayez sous la main, si possible, le dossier de la personne avec la liste de ses médicaments, ses allergies et les coordonnées de son médecin traitant.
Une fois les secours alertés, votre rôle est d'informer la famille ou la personne de confiance. Là encore, le choix des mots est crucial. Évitez les termes alarmistes. Soyez factuel : "Madame X a eu un malaise. Elle est consciente et les secours sont en route pour faire un bilan. Je vous tiens au courant dès que j'ai plus d'informations." Cette approche informe sans créer de panique excessive.
La Prévention : Notre Rôle Actif pour Limiter les Risques
La meilleure façon de gérer un malaise est encore de l'éviter. En tant qu'auxiliaire de vie, vous jouez un rôle de sentinelle. Votre observation quotidienne est la première ligne de défense contre les incidents. C'est une responsabilité que nous prenons très au sérieux et pour laquelle nous souhaitons vous donner les meilleurs outils.
L'Observation Quotidienne : Le Baromètre de la Santé
Chaque jour, vous êtes un véritable baromètre de l'état de santé de la personne que vous accompagnez. Notez les changements, même subtils.
- Hydratation et alimentation : La personne boit-elle assez ? Mange-t-elle correctement ? Une déshydratation latente est un facteur de risque majeur.
- Sommeil : A-t-elle bien dormi ? Une nuit agitée peut entraîner une fatigue importante le lendemain.
- Humeur : Est-elle plus anxieuse, plus apathique que d'habitude ? Le moral a un impact direct sur le physique.
- Mobilité : Se déplace-t-elle avec plus de difficultés ? Se plaint-elle de vertiges en se levant ?
Ces observations, consignées et transmises, permettent d'ajuster la prise en charge et d'alerter le médecin traitant avant qu'un problème ne s'aggrave.
La Stimulation Cognitive et Sociale : Un Bouclier Contre le Déclin
Nous sommes convaincus qu'un esprit actif dans un corps entretenu est le meilleur bouclier contre la fragilité. La stimulation est un besoin vital. C'est la raison d'être de notre programme EDITH, nos jeux de mémoire sur tablette. Bien plus qu'un simple passe-temps, EDITH est un outil de lien et de prévention. Une séance de jeu partagée avec vous est un moment de plaisir qui renforce votre relation.
Mais c'est aussi un outil d'observation puissant. Si vous remarquez que la personne a soudainement plus de mal à réaliser un jeu qu'elle réussissait la veille, si sa concentration est plus faible, si elle se fatigue plus vite, cela peut être un signe précurseur de fatigue, de confusion ou d'un problème sous-jacent. Utiliser EDITH régulièrement, c'est comme prendre la "température cognitive" de la personne. Cet outil vous aide à maintenir le lien tout en exerçant une vigilance bienveillante.
Notre Engagement dans la Formation Continue
Savoir réagir face à un malaise, particulièrement chez une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer, ne s'improvise pas. Les réactions peuvent être déroutantes, la communication complexe. C'est pour cette raison que nous avons mis en place des sessions de formation dédiées. Notre formation "Stimuler et créer du lien avec les jeux Dynseo" va au-delà de l'utilisation de nos outils. Elle vous donne des clés pour comprendre les troubles cognitifs, pour adapter votre communication et pour utiliser le jeu comme un véritable outil de soin et de prévention. En vous formant, vous gagnez en confiance et en compétence, ce qui vous permet d'aborder ces situations critiques avec plus de sérénité et d'efficacité. Pour en savoir plus sur nos programmes, nous vous invitons à visiter notre page de formation : https://www.dynseo.com/courses/stimuler-et-creer-du-lien-avec-les-jeux-dynseo/.
L'Après-Malaise : Accompagner le Retour à la Normalité
Une fois l'urgence passée, que la personne soit restée à domicile ou qu'elle ait été transportée à l'hôpital, votre rôle ne s'arrête pas. La phase de récupération est tout aussi importante pour la personne aidée que pour vous-même.
Le Suivi Médical et la Transmission des Informations
Il est essentiel de documenter précisément ce qui s'est passé. Notez l'heure du malaise, les symptômes observés, les gestes que vous avez effectués, les informations que vous avez transmises aux secours et les consignes qu'ils vous ont données. Ce compte-rendu sera précieux pour le médecin traitant et pour l'équipe soignante qui prendra le relais. Une transmission claire et structurée assure la continuité des soins et permet un suivi médical adapté. Les informations sur les numéros d'urgence et les gestes de premiers secours sont d'ailleurs clairement détaillés sur des portails officiels comme celui de l'Assurance Maladie, Ameli.fr.
Le Soutien Psychologique : Rassurer la Personne et se Rassurer Soi-même
Un malaise est un événement traumatisant pour la personne qui le subit. Elle peut se sentir vulnérable, angoissée à l'idée que cela se reproduise. Votre présence rassurante dans les heures et les jours qui suivent est fondamentale. Reprenez les activités habituelles en douceur, favorisez les moments calmes. C'est l'occasion de réutiliser des outils comme EDITH pour des activités douces qui redonnent confiance, ou MON DICO pour aider la personne à exprimer ses craintes.
N'oubliez pas de prendre soin de vous également. Être confronté à une urgence médicale est stressant. Prenez le temps de "débriefer" avec vos collègues ou votre responsable. Parlez de ce que vous avez ressenti. Reconnaître l'impact émotionnel de ces situations sur vous est une marque de professionnalisme. Vous ne pouvez bien prendre soin des autres que si vous prenez aussi soin de vous.
En conclusion, la gestion d'un malaise chez une personne âgée est une compétence qui s'articule autour de trois axes : la vigilance pour prévenir, le protocole pour agir et l'humanité pour accompagner. En tant qu'auxiliaire de vie, vous êtes au cœur de ce dispositif. Notre engagement chez Dynseo est de vous fournir des outils et des formations qui renforcent chacun de ces axes, pour que face à l'imprévu, vous ne soyez jamais démunis, mais toujours préparés, compétents et soutenus.
Dans le cadre de la gestion du malaise chez les seniors, il est essentiel pour l'auxiliaire de vie de comprendre l'importance de l'exercice physique et de ses bienfaits sur le bien-être des personnes âgées. Un article pertinent à ce sujet est Vieillir et faire de l'exercice : avoir l'impression d'avoir à nouveau 35 ans, qui explore comment l'activité physique peut contribuer à améliorer la qualité de vie des seniors. Cet article souligne que l'exercice régulier peut non seulement renforcer la santé physique, mais aussi avoir un impact positif sur la santé mentale, ce qui est crucial pour prévenir les malaises et améliorer l'autonomie des personnes âgées.