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Familles & aidants · Non verbal

50 jeux de communication pour enfants non verbaux

Quand un enfant ne parle pas encore, ou plus, ou pas comme les autres, on croit parfois qu'il ne communique pas. C'est presque toujours faux. Un regard qui s'accroche, une main qui tire la vôtre vers la porte, un cri qui change de couleur selon l'envie : tout cela est déjà du langage. Les jeux de communication pour enfants non verbaux ne servent pas à « faire parler » à tout prix. Ils servent à ouvrir des canaux — le geste, le regard, l'image, le son, le corps — pour que l'enfant découvre une chose fondamentale : quand j'envoie un signal, quelqu'un le reçoit et il se passe quelque chose.

  • ⏱️ 25 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en septembre 2026

Cet article rassemble 50 idées de jeux concrets, classés par canal de communication, avec pour chacun ce qu'on dit, ce qu'on fait et ce qu'on observe. Ils s'adressent aux parents, aux frères et sœurs, aux professionnels de crèche, aux enseignants et aux accompagnants. Ils ne remplacent pas le travail d'un orthophoniste ou d'un psychomotricien : ils le prolongent à la maison, dans le plaisir et la répétition douce, là où se construisent les vrais progrès.

L'essentiel en 30 secondes

Un enfant non verbal — qu'il soit tout-petit, porteur d'un trouble du spectre de l'autisme, d'un trouble du développement du langage ou d'une autre situation — communique déjà, autrement que par la parole. Le jeu est le meilleur terrain pour renforcer cette communication.

  • On part de ce qui existe déjà — le regard, le pointage, les gestes, les sons. On ne remplace pas l'enfant, on lui répond.
  • Cinq grandes familles de jeux — le contact et l'attention partagée, les gestes et signes, les images et pictogrammes, les sons et la musique, le sensoriel et le quotidien.
  • La régularité prime — quelques minutes chaque jour, dans le plaisir, valent mieux qu'une longue séance imposée le week-end.
  • La communication alternative et améliorée (CAA) — gestes, images, objets, applications — soutient la parole, elle ne l'empêche pas d'apparaître. C'est la position des sociétés savantes en orthophonie.
  • Tout signe de souffrance, de régression ou de repli se signale au médecin traitant, au pédiatre ou à l'orthophoniste. Un jeu n'est jamais un diagnostic.

Jeux de communication pour enfants non verbaux : communiquer sans parler

On confond souvent « parler » et « communiquer ». Ce sont deux choses différentes. La parole est un outil de communication parmi d'autres — puissant, mais tardif dans le développement et fragile chez certains enfants. La communication, elle, commence bien avant le premier mot : un bébé qui tend les bras pour être pris, qui détourne la tête quand il n'a plus faim, qui pointe du doigt un avion dans le ciel communique parfaitement. Un enfant non verbal n'est donc pas un enfant « sans langage » : c'est un enfant dont le langage passe par d'autres portes.

Ces portes sont nombreuses, et les repérer change tout dans la manière de jouer avec lui.

👀

Le regard

Regarder un objet, puis vous, puis à nouveau l'objet, c'est déjà dire « tu as vu ? ». C'est l'attention conjointe, la brique de base de toute communication.

👉

Le geste

Pointer, tendre la main, repousser, faire « au revoir », hocher la tête. Le geste précède le mot et lui ouvre le chemin.

🔊

Le son et la voix

Vocalises, cris modulés, rires, babillage. Ce ne sont pas des mots, mais ce sont des intentions sonores qui cherchent une réponse.

🖼️

L'image et l'objet

Montrer une photo, apporter un objet, poser un pictogramme. Le support visuel donne une forme stable à ce que l'enfant veut dire.

L'ensemble de ces canaux, quand on les organise volontairement pour soutenir un enfant, porte un nom : la communication alternative et améliorée, ou CAA. Elle regroupe les gestes, les signes, les pictogrammes, les objets, les tableaux de communication et les applications numériques. Une inquiétude revient sans cesse chez les familles : « Si je lui donne des images, il ne fera plus l'effort de parler. » Les orthophonistes et les sociétés savantes du domaine sont unanimes sur ce point : la CAA ne freine pas l'apparition de la parole, elle l'accompagne. En donnant à l'enfant un moyen de se faire comprendre, on réduit la frustration, on renforce l'envie d'échanger, et souvent on ouvre la voie au langage oral plutôt qu'on ne la ferme.

💡 Une idée à garder en tête pendant tous les jeux

L'objectif n'est jamais « qu'il dise le mot ». L'objectif est « qu'il ait envie d'entrer en relation et qu'il découvre que ses signaux ont un effet ». Un enfant qui vous tire par la main vers le placard à gâteaux a réussi l'exercice, même sans un seul mot. Votre rôle est de recevoir ce signal, de le nommer à voix haute (« ah, tu veux un gâteau ! ») et de lui répondre.

Poser les bonnes bases avant de jouer

Avant de dérouler les 50 jeux, quelques principes valent pour tous. Ils ne coûtent rien et ils changent radicalement l'efficacité des activités. Ce sont eux qui transforment un jeu en moment de communication, et non l'inverse.

Se mettre à sa hauteur, face à face

Beaucoup d'échanges échouent simplement parce que l'adulte est trop haut, trop loin, ou derrière l'enfant. Asseyez-vous au sol, à sa hauteur, de préférence face à lui : votre visage devient alors disponible, il peut lire vos expressions, suivre votre regard, voir votre bouche bouger. Le face-à-face est la position naturelle de la conversation.

Attendre, vraiment attendre

C'est le geste le plus difficile et le plus précieux. Après avoir proposé quelque chose, comptez lentement dans votre tête jusqu'à dix. Ce silence, qui vous semble interminable, laisse à l'enfant le temps de mobiliser une réponse — un regard, un son, un geste. Nous avons tendance à combler le vide trop vite, et ce faisant nous prenons la parole à sa place.

Nommer, sans exiger de répétition

Mettez des mots simples sur ce que fait, regarde ou veut l'enfant, mais ne lui demandez pas de les répéter. « Dis ballon ! Allez, dis ballon ! » met une pression contre-productive. Préférez commenter : « Le ballon ! Il roule ! » L'enfant enregistre le mot dans un contexte agréable, sans se sentir testé.

❌ À éviter absolument

Transformer chaque moment en interrogatoire (« C'est quoi ça ? Et ça ? Comment ça s'appelle ? »). Le langage n'est pas un examen. Répétés, ces « tests » finissent par associer la communication à une source de stress, et certains enfants se ferment. On commente, on partage, on s'émerveille : on ne contrôle pas.

Suivre son intérêt, pas le nôtre

Un jeu fonctionne quand il part de ce qui passionne déjà l'enfant. S'il adore les voitures, les jeux tourneront autour des voitures. S'il est fasciné par l'eau, on jouera avec l'eau. Suivre son centre d'intérêt, c'est s'assurer qu'il ait envie de rester dans l'échange ; lui imposer le nôtre, c'est le perdre en trente secondes.

Répéter, ritualiser, rendre prévisible

Les enfants non verbaux, en particulier ceux porteurs d'un trouble du spectre de l'autisme, adorent la prévisibilité. Un même jeu, répété chaque jour de la même façon, avec les mêmes mots-clés, devient un rituel rassurant. Et c'est justement dans un cadre connu, où l'enfant sait ce qui va se passer, qu'il ose le plus prendre l'initiative.

10 jeux pour le contact et l'attention partagée

Tout commence ici. Avant les gestes et les images, il faut que l'enfant découvre le plaisir d'être à deux, de partager un moment, de tourner son regard vers vous. Ces jeux créent la boucle relationnelle sur laquelle tout le reste va se construire.

Jeu 1 — Coucou-caché

Le grand classique, et pour cause. Cachez votre visage derrière vos mains, puis découvrez-le d'un coup en disant « Coucou ! ». Le suspense, la surprise et le rire créent une attente : très vite, l'enfant regarde vos mains, anticipe le moment. Quand il est habitué, cachez-vous et attendez : c'est peut-être lui qui, d'un son ou d'un geste, réclamera le « coucou ».

Jeu 2 — La couverture surprise

Posez un foulard léger sur votre tête, ou sur la sienne, et attendez. La consigne implicite est : « enlève-le et retrouve-moi ». Chaque fois que le tissu tombe, échangez un grand sourire et un « Te voilà ! ». Vous travaillez le tour de rôle, la permanence de la personne et le contact visuel.

Jeu 3 — Les bulles de savon

Un pot de bulles est un outil de communication extraordinaire. Faites une bulle, montrez-la du doigt, regardez l'enfant, puis regardez la bulle. Puis arrêtez et attendez, le pot bien visible mais fermé. L'enfant qui vous regarde, tend la main ou vocalise pour en réclamer d'autres vient de faire une demande : répondez-y aussitôt. « Encore ? On souffle ! »

Jeu 4 — Le chatouilleur qui prévient

Approchez lentement votre main en disant « J'arrive… j'arrive… guili ! ». Après quelques tours, marquez une pause juste avant le chatouillement, main en l'air, et attendez son signal — un rire, un regard, un mouvement du corps — pour « attaquer ». L'enfant apprend qu'un simple signe de sa part déclenche une action de la vôtre.

Jeu 5 — Le miroir des mimiques

Face à un miroir, ou face à face, faites une grimace, une bouche ronde, une langue tirée, et attendez. Imitez ensuite ce que l'enfant fait de son côté. Ce jeu d'aller-retour installe l'imitation réciproque et attire l'attention sur le visage, la bouche et les expressions, socle de la future parole.

Jeu 6 — Roule la balle

Assis face à face, jambes écartées, faites rouler une balle vers l'enfant, puis ouvrez grand les mains et attendez qu'il vous la renvoie. Peu importe s'il la garde d'abord : le but est l'aller-retour. Accompagnez chaque passage d'un « À toi… à moi ! » qui met des mots sur le tour de rôle.

Jeu 7 — Le train des câlins

Faites avancer l'enfant sur vos genoux comme un train (« Tchou-tchou… on avance… ») puis arrêtez net à la gare. Il redémarre uniquement quand il vous regarde ou émet un son. Les jeux à sensation forte suivis d'un arrêt sont parfaits pour susciter une demande : l'enfant veut que ça continue.

Jeu 8 — Suivre le pointage

Pointez du doigt un objet intéressant un peu plus loin (« Oh, regarde ! ») et observez si le regard de l'enfant suit votre doigt jusqu'à l'objet. Suivre le pointage d'autrui est une étape clé. S'il ne le fait pas encore, rapprochez l'objet, exagérez le geste, et félicitez chaque tentative.

Jeu 9 — La lampe torche magique

Dans une pièce un peu sombre, promenez le faisceau d'une lampe sur les murs. Éclairez un objet, nommez-le, puis proposez la lampe à l'enfant. Le point lumineux capte l'attention et crée un intérêt partagé facile à installer, même avec un enfant très difficile à mobiliser.

Jeu 10 — Le jeu du « prêt ? partez ! »

Avant toute action excitante (lancer en l'air, faire descendre une petite voiture, lâcher un ballon), annoncez « Prêt… prêt… » puis attendez son signal pour dire « Partez ! ». Cette petite suspension crée une attente irrésistible et donne à l'enfant un rôle actif de déclencheur.

💡 Comment savoir si ces jeux « marchent » ?

Ne guettez pas des mots. Guettez des signes d'engagement : un regard qui revient vers vous, un sourire d'anticipation, un corps qui se tourne, une main qui se tend, un son émis au bon moment. Ce sont ces micro-signaux, répétés et de plus en plus fréquents, qui indiquent que la communication s'installe.

10 jeux de gestes, de signes et de corps

Le geste est un pont naturel vers le langage. Beaucoup d'enfants font des gestes bien avant de dire les mots correspondants, et ces gestes préparent le terrain de la parole. On peut aussi introduire des signes simples inspirés des approches de communication gestuelle : quelques signes-clés du quotidien suffisent pour commencer.

Jeu 11 — « Encore » et « fini »

Ce sont les deux premiers signes à installer, car ils sont utiles cent fois par jour. Pour « encore », tapotez le bout des doigts d'une main dans la paume de l'autre ; pour « fini », secouez les deux mains ouvertes. Utilisez-les vous-même systématiquement à la fin d'un jeu, d'un repas, d'une chanson. L'enfant finit par les reprendre.

Jeu 12 — La danse des gestes

Sur une comptine à gestes (« Ainsi font, font, font », « Petit escargot »), faites les gestes en chantant lentement. Marquez une pause sur le geste attendu et laissez l'enfant le compléter. Les comptines gestuelles associent plaisir, répétition et geste : un trio idéal.

Jeu 13 — « Bravo » et « au revoir »

Applaudir pour dire bravo, agiter la main pour dire au revoir : ces gestes sociaux ouvrent la relation aux autres. Multipliez les occasions de les faire — départ d'un proche, fin d'une réussite — en les accompagnant toujours du mot correspondant.

Jeu 14 — Montre-moi où

Cachez un objet ou un jouet sonore quelque part dans la pièce, puis demandez « Il est où ? ». Encouragez l'enfant à pointer la direction. Le pointage pour désigner, pour montrer, pour partager est l'un des gestes les plus importants à faire émerger : valorisez-le à chaque apparition.

Jeu 15 — Le geste « donne » et le geste « prends »

Tendez la main paume ouverte en disant « Donne », puis offrez à votre tour un objet en disant « Tiens, prends ». Cet échange d'objets, main tendue contre main tendue, est une conversation entière sans un mot. Il pose aussi les bases du partage.

Jeu 16 — Oui de la tête, non de la tête

Exagérez le hochement de tête pour « oui » et le mouvement latéral pour « non », dans des situations où le choix est réel (« Tu veux encore de l'eau ? »). Répondre par oui ou non de la tête donne à l'enfant un pouvoir immédiat sur son environnement, ce qui est extrêmement motivant.

Jeu 17 — Le parcours du corps

Installez un petit parcours : passer sous une chaise, sauter dans un cerceau, ramper sous une couverture. À chaque étape, montrez le geste, faites-le ensemble. Le corps en mouvement libère souvent la communication chez les enfants qui se bloquent en situation assise et frontale.

Jeu 18 — Marionnettes qui se parlent

Avec deux marionnettes ou deux peluches, jouez une mini-scène : l'une fait « coucou » à l'autre, lui fait un câlin, lui donne à manger. Proposez ensuite une marionnette à l'enfant. La médiation par l'objet rend l'échange moins intimidant et déclenche souvent des gestes spontanés.

Jeu 19 — Imite l'animal

Faites le geste et le bruit d'un animal (les grandes ailes de l'oiseau, la trompe de l'éléphant), et invitez l'enfant à imiter. Les enfants adorent les animaux, et associer un geste large à un son simple facilite à la fois l'imitation motrice et l'imitation vocale.

Jeu 20 — Le tableau des gestes du quotidien

Choisissez cinq gestes vraiment utiles à votre enfant — manger, boire, dormir, encore, fini — et utilisez-les tous, chaque jour, au bon moment. La cohérence de toute la famille compte plus que le nombre de signes : mieux vaut cinq gestes que tout le monde fait que trente que personne ne retient.

❌ À éviter

Forcer physiquement la main de l'enfant pour lui « faire faire » un signe qu'il ne veut pas produire. On montre, on répète, on attend, on propose — on ne manipule pas le corps de l'enfant contre son gré. Un geste communicatif n'a de valeur que s'il vient de lui.

10 jeux avec images, pictogrammes et objets

Le support visuel a un immense avantage sur la parole : il ne disparaît pas. Une image reste sous les yeux, on peut la montrer, la reprendre, la pointer. Pour beaucoup d'enfants non verbaux, notamment ceux du spectre de l'autisme dont le canal visuel est souvent une force, les images ouvrent une voie de communication d'une efficacité remarquable.

Jeu 21 — La photo qui demande

Prenez en photo les objets préférés de l'enfant (son doudou, son biscuit, sa tablette) et plastifiez-les. Pour obtenir l'objet, il donne, montre ou pointe la photo correspondante. C'est le principe d'un échange d'images : une photo contre l'objet réel. Commencez par un seul objet très désiré.

Jeu 22 — L'imagier des passions

Composez un imagier autour de ce qu'il aime — voitures, animaux, personnages. Feuilletez-le ensemble, nommez, laissez-le pointer. Un imagier personnalisé mobilise bien plus qu'un imagier générique acheté tout fait, car chaque image a du sens pour lui.

Jeu 23 — Le tableau de choix à deux

Présentez deux images côte à côte : le jus et l'eau, le livre et le ballon. Demandez « Tu veux quoi ? » et attendez qu'il en désigne une. Offrir un choix visuel binaire, c'est donner à l'enfant un pouvoir de décision clair, et transformer une frustration potentielle en communication réussie.

Jeu 24 — La roue des choix

Sur un disque en carton, collez des images d'activités : bulles, chansons, dessin, câlin. Une flèche à faire tourner, ou simplement le doigt de l'enfant, désigne l'activité suivante. Ce type d'outil visuel structure le moment et donne à l'enfant la main sur le déroulé. On trouve ce genre de supports prêts à imprimer dans le catalogue d'outils DYNSEO.

Jeu 25 — Le séquentiel du jeu

Représentez les étapes d'une activité par une bande d'images (« d'abord on sort les crayons, ensuite on dessine, après on range »). L'enfant retire ou coche chaque image faite. Le support visuel de séquence rassure, réduit l'anxiété du changement et rend la communication autour du « quand » plus facile.

Jeu 26 — Cache-cache d'images

Cachez des cartes-images dans la pièce. Quand l'enfant en trouve une, il vous l'apporte et vous la nommez ensemble avec enthousiasme. La chasse ajoute du mouvement et de la surprise à un exercice de vocabulaire qui, assis à table, ennuierait vite.

Jeu 27 — L'album de la journée

Avec quelques photos de la journée (le parc, le repas, le bain), reconstituez ensemble ce qui s'est passé. Pointez, nommez, laissez l'enfant réagir aux images qui l'intéressent. Revenir sur du vécu partagé donne un ancrage très fort au langage.

Jeu 28 — Le loto des images

Un loto simple, avec des planches et des cartes à associer. L'enfant place la carte sur l'image identique. L'appariement visuel travaille la catégorisation et le tour de rôle, et chaque carte posée est une occasion de nommer et de partager.

Jeu 29 — La boîte à objets réels

Pour les enfants pour qui l'image est encore trop abstraite, on commence par des objets réels miniatures : une petite cuillère pour « manger », une petite chaussure pour « sortir ». L'enfant apporte l'objet pour faire sa demande. L'objet est le premier degré du symbole ; l'image viendra ensuite.

Jeu 30 — Le classeur de communication

À mesure que le vocabulaire visuel grandit, rassemblez les images dans un classeur ou un tableau organisé par thème (à manger, à boire, activités, émotions). L'enfant y navigue pour composer ses messages. C'est le cœur d'un dispositif de communication alternative durable, à construire idéalement avec un orthophoniste.

💡 Du papier au numérique

Les mêmes principes existent en version application : des logiciels de communication par pictogrammes permettent à l'enfant de composer des messages en touchant des images sur un écran, la tablette énonçant le mot à voix haute. C'est l'objet d'outils comme MON DICO, pensé pour favoriser la communication chez les personnes non verbales. Papier ou numérique, l'important est la cohérence : un même système, utilisé partout, tout le temps.

Un support de jeu pensé pour les enfants

Pour prolonger ces activités à la maison en douceur, l'application COCO propose des jeux courts, visuels et progressifs, adaptés aux jeunes enfants : un support ludique parmi d'autres pour partager un moment et stimuler l'attention.

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10 jeux sonores, musicaux et vocaux

Le son est un canal privilégié, parce qu'il touche l'émotion avant le sens. Un enfant qui ne dit pas de mots peut adorer chanter des voyelles, marquer un rythme, moduler sa voix. Ces jeux travaillent l'écoute, le tour de rôle vocal et, en douceur, l'appareil qui servira un jour à parler.

Jeu 31 — L'écho des sons

Quand l'enfant émet un son, reprenez-le exactement, puis attendez. S'il recommence, recommencez. Vous venez d'installer un dialogue sonore, un aller-retour où sa production a un effet sur vous. C'est l'un des exercices les plus puissants pour donner envie de vocaliser.

Jeu 32 — Les chansons à trous

Chantez une comptine très connue et arrêtez-vous juste avant le dernier mot d'une phrase (« Une souris…  »), puis attendez. Beaucoup d'enfants complètent d'un son, d'un geste ou d'un mot. La structure ultra-familière de la chanson sécurise et invite à participer.

Jeu 33 — La boîte à instruments

Maracas, tambourin, clochettes : jouez à tour de rôle. Vous jouez, vous vous arrêtez, vous lui tendez l'instrument, vous attendez. Le tour de rôle musical est un tour de rôle conversationnel déguisé, sans la pression des mots.

Jeu 34 — Fort et doux

Tapez sur un tambour très fort, puis tout doucement, en exagérant (« FORT !… tout doux… »). Invitez l'enfant à faire pareil. Jouer sur les contrastes sonores affine l'écoute et prépare la modulation de la voix, essentielle pour l'intonation du langage.

Jeu 35 — La chanson avec son prénom

Insérez le prénom de l'enfant dans une comptine simple et répétitive. S'entendre nommé dans une mélodie attire l'attention et crée un lien affectif fort avec le jeu. Le prénom est souvent l'un des premiers repères sonores reconnus.

Jeu 36 — Devine le bruit

Cachez plusieurs objets sonores (une clochette, un papier froissé, un jouet couineur) et faites-les résonner l'un après l'autre. L'enfant écoute, cherche, pointe. Le jeu d'écoute active développe l'attention auditive, socle de la compréhension du langage parlé.

Jeu 37 — Le micro rigolo

Avec un vrai micro-jouet ou un simple rouleau en carton, parlez, chantez, faites des sons drôles dedans, puis tendez-le à l'enfant. L'objet « micro » donne un cadre et un plaisir à la production vocale, et dédramatise complètement le fait d'émettre des sons.

Jeu 38 — Le rythme du corps

Frappez un rythme simple dans les mains, sur les genoux, sur la table, et invitez l'enfant à le reproduire. Reproduire un rythme, c'est écouter, mémoriser une séquence courte et la restituer : exactement les compétences que mobilise plus tard une phrase.

Jeu 39 — La musique qui s'arrête

Faites danser l'enfant sur une musique, puis coupez le son brusquement : on se fige. La musique reprend seulement quand il vous regarde ou fait un signe. L'arrêt inattendu crée une demande naturelle et un formidable moment de contact.

Jeu 40 — Les onomatopées des jouets

Faites parler les objets en sons simples : la voiture fait « vroum », l'animal « miaou », la porte « toc toc ». Ces onomatopées sont faciles à produire, très ludiques, et constituent souvent les tout premiers « mots » d'un enfant. Répétez-les dans le jeu, sans jamais exiger la reprise.

❌ À éviter

Couvrir en permanence les productions de l'enfant par un fond sonore (télévision, musique en continu). Un enfant qui vocalise a besoin d'un environnement calme pour s'entendre lui-même et pour vous entendre lui répondre. Le silence ménagé entre deux sons est ce qui rend l'échange possible.

10 jeux sensoriels et du quotidien

Les meilleurs moments de communication ne se passent pas forcément à l'heure du « jeu » : ils surgissent dans le bain, à table, en s'habillant. Le quotidien est une mine d'occasions d'échanger, à condition de le ralentir et d'y laisser des espaces où l'enfant peut intervenir. On y ajoute quelques jeux sensoriels, qui apaisent, mobilisent et ouvrent souvent la porte au contact.

Jeu 41 — Le bac sensoriel

Remplissez un bac de semoule, de pâtes, de pompons ou d'eau, et explorez-le ensemble. Cachez-y des petits objets à retrouver. L'exploration sensorielle partagée apaise beaucoup d'enfants et crée un terrain détendu où le regard et le geste circulent librement.

Jeu 42 — La pâte à modeler à deux

Malaxez, roulez, aplatissez une pâte, en commentant vos gestes. Faites une « galette », demandez-en une à l'enfant. La matière à manipuler soutient l'attention conjointe et donne mille occasions de nommer des actions simples : appuyer, rouler, couper.

Jeu 43 — Le moment du bain

Versez l'eau d'un gobelet, arrêtez-vous, attendez qu'il en redemande d'un geste. Faites flotter, couler, gicler. Le bain, rituel quotidien et sensoriel, est l'un des meilleurs terrains de demande : « encore de l'eau ? », « on rince ? ».

Jeu 44 — S'habiller en devinettes

Au moment de s'habiller, tendez deux vêtements : « Le pull rouge ou le bleu ? ». Laissez l'enfant choisir. Nommez chaque partie du corps en enfilant les manches. Ces gestes répétés tous les jours deviennent des rendez-vous de langage d'une régularité imbattable.

Jeu 45 — La cuisine ensemble

Verser, mélanger, goûter : cuisiner mobilise tous les sens et une foule d'actions à nommer. Laissez l'enfant réclamer l'ingrédient suivant d'un pointage. Le résultat concret et savoureux renforce l'envie de recommencer, donc de communiquer encore.

Jeu 46 — Le parcours pieds nus

Disposez au sol différentes textures (tapis doux, coussin, sac de graines) à traverser pieds nus. Commentez les sensations, imitez ses réactions. L'expérience sensorielle forte crée des émotions partagées, et l'émotion partagée est le cœur de la communication.

Jeu 47 — Le jeu du « caché-trouvé » d'objets

Cachez sous un gobelet un objet que l'enfant aime, sous ses yeux, puis demandez « Il est où ? ». La joie de retrouver l'objet, répétée, installe l'échange autour de la disparition et du retour, thème qui fascine les tout-petits.

Jeu 48 — Souffler pour agir

Souffler une plume, une bougie factice, un moulin à vent : on montre, on fait ensemble, on se réjouit. Le souffle dirigé travaille en douceur la sphère qui sert à parler, tout en offrant un jeu de cause à effet immédiat et gratifiant.

Jeu 49 — Le rangement chanté

Transformez le rangement en jeu avec une chansonnette rituelle (« On range, on range… »). Donnez un objet, montrez où il va, félicitez. Même les tâches du quotidien deviennent des moments de coopération et d'échange quand on les ritualise et qu'on les partage.

Jeu 50 — Le livre à répétition

Choisissez un album cartonné très répétitif et lisez-le encore et encore, toujours de la même façon. Arrêtez-vous sur les pages préférées, pointez les images, laissez l'enfant tourner les pages et anticiper la suite. Le livre partagé, quotidien et rituel, est peut-être le plus beau des jeux de communication.

💡 Le vrai secret des 50 jeux

Ce n'est pas le jeu qui compte, c'est ce que vous en faites : le face-à-face, l'attente, la réponse à chaque signal, le plaisir partagé. Un seul de ces jeux, joué chaque jour avec attention, vaut mieux que les cinquante survolés une fois. Choisissez-en trois ou quatre qui plaisent à votre enfant, et faites-en des rituels.

Adapter les jeux à l'âge et au profil

Un enfant non verbal de 2 ans, un enfant de 6 ans porteur d'un trouble du spectre de l'autisme et un enfant présentant un trouble du développement du langage n'ont ni les mêmes besoins, ni les mêmes points d'appui. Les 50 jeux restent valables : c'est la manière de les proposer qui s'ajuste.

Profil / situationPoints d'appui fréquentsComment adapter les jeux
Tout-petit (avant 3 ans)Plaisir du corps, sensations, rituelsPrivilégier les jeux de contact, de chatouilles, de bulles et de chansons. Séances très courtes, souvent répétées.
Trouble du spectre de l'autismeCanal visuel souvent fort, besoin de prévisibilitéS'appuyer sur les images et les objets, ritualiser, annoncer les étapes, respecter les sensibilités sensorielles.
Trouble du développement du langageCompréhension parfois en avance sur l'expressionMultiplier gestes et supports visuels comme relais, sans jamais renoncer à parler normalement à l'enfant.
Enfant avec une déficience motriceRegard et choix visuels très fiablesAdapter le geste attendu (regard dirigé plutôt que pointage), placer les supports dans son champ d'accès.
Enfant plus grand (après 6 ans)Centres d'intérêt marqués, autonomieHabiller les jeux dans ses passions, introduire un classeur ou une application de communication plus élaborée.

Repérer le bon niveau de difficulté

Le principe est le même à tout âge : un jeu trop facile n'apprend rien, un jeu trop difficile décourage et fait abandonner. Le bon niveau est celui où l'enfant réussit souvent, avec un petit effort. Si vous voyez de la lassitude ou de l'agacement, simplifiez. Si l'enfant s'ennuie et se détourne, ajoutez une étape ou une surprise. Cet ajustement permanent, on l'appelle parfois « jouer à la lisière » : juste au bord de ce qu'il sait déjà faire.

Faire un premier point, sans se substituer au bilan

Beaucoup de familles veulent se situer : où en est mon enfant, est-ce que je m'y prends bien ? Des outils grand public existent pour prendre un premier repère sur l'attention ou la mémoire, comme les tests cognitifs de DYNSEO. Ils peuvent aider à ouvrir la réflexion, mais ils n'ont aucune valeur diagnostique : seul un bilan réalisé par un orthophoniste, un psychologue ou un médecin permet de comprendre la situation d'un enfant et d'orienter la prise en charge. Un test en ligne est un point de départ pour une conversation avec un professionnel, jamais une conclusion.

Les erreurs à éviter et les signes qui alertent

Aider un enfant à communiquer, c'est autant une affaire de posture que de jeux. Voici les pièges les plus fréquents, ceux qui, sans qu'on s'en rende compte, referment les portes que l'on cherche à ouvrir.

✅ Ce qui ouvre la communication❌ Ce qui la referme
Attendre, laisser un vrai silence après avoir proposéCombler chaque blanc, parler à sa place
Répondre à tout signal, même minusculeN'attendre que des mots et ignorer le reste
Commenter, nommer, s'émerveillerInterroger et faire répéter en boucle
Partir de ses centres d'intérêtImposer une activité qui n'accroche pas
Offrir des choix visuels clairsTout anticiper avant qu'il ait pu demander
Ritualiser quelques jeux répétés chaque jourChanger sans cesse, ne rien laisser s'installer
Rester détendu, viser le plaisirVivre chaque séance comme une performance

La plus grande erreur reste sans doute l'anticipation excessive : par amour, on devine tout, on donne le verre avant même qu'il ait soif, on ouvre la boîte avant qu'il l'ait réclamée. Or c'est précisément dans le petit manque, dans l'objet visible mais hors d'atteinte, dans la pause avant l'action, que naît le besoin de communiquer. Laisser un peu de place au désir, ce n'est pas priver l'enfant : c'est lui offrir une raison d'entrer en relation.

Quand consulter, sans attendre

Le jeu accompagne, il ne diagnostique pas. Certains signes justifient de prendre rapidement l'avis d'un professionnel de santé — médecin traitant, pédiatre, orthophoniste, centre de référence.

⚠️ Des signes à ne pas laisser passer

Une perte de compétences déjà acquises (l'enfant faisait des gestes ou disait des mots, et ne les fait plus), une absence de contact visuel et de réaction à son prénom, un repli qui s'accentue, une souffrance manifeste, un enfant qui ne cherche jamais à partager. Ces observations ne sont pas des conclusions : elles justifient un bilan. Notez ce que vous observez, avec des exemples concrets, pour en parler au professionnel. En cas de détresse aiguë ou de situation médicale urgente, contactez les services d'urgence de votre pays.

Rien de ce que vous lisez ici ne remplace le regard d'un professionnel qui connaît votre enfant. Les orthophonistes, en particulier, sont les interlocuteurs de première ligne pour la communication : ils posent un bilan, mettent en place un système adapté et vous guident dans son usage au quotidien. Les jeux de cet article prennent toute leur valeur lorsqu'ils prolongent, à la maison, ce travail spécialisé.

Pour aller plus loin

Ces 50 jeux de communication pour enfants non verbaux forment une boîte à idées à piocher selon l'humeur du jour, l'âge et le profil de l'enfant. D'autres ressources complètent utilement cette approche :

Côté supports : le catalogue d'outils DYNSEO réunit des ressources visuelles à imprimer (roues de choix, supports d'émotions, aides visuelles) utiles pour structurer les jeux ci-dessus, et l'application MON DICO propose un dispositif numérique de communication par images pour les enfants et adultes non verbaux. Le choix du bon système gagne toujours à être fait avec l'orthophoniste qui suit l'enfant.

Questions fréquentes

À partir de quel âge commencer les jeux de communication ?

Le plus tôt possible, et sans attendre un quelconque « bon âge ». Dès les premiers mois, le coucou-caché, les chansons, l'écho des sons et les jeux de contact posent les bases de l'attention partagée. Il n'y a jamais de moment trop précoce pour répondre aux signaux d'un enfant, ni de moment trop tardif pour renforcer sa communication. Ce qui compte n'est pas l'âge de départ, mais la régularité et le plaisir partagé. Si vous avez la moindre inquiétude sur le développement de votre enfant, parlez-en à votre médecin ou pédiatre : un avis précoce ouvre plus d'options.

Si je lui donne des images, va-t-il renoncer à parler ?

C'est la crainte la plus répandue, et les données disponibles vont dans l'autre sens. Les orthophonistes et les sociétés savantes du domaine considèrent que la communication alternative et améliorée — gestes, images, applications — ne freine pas l'apparition de la parole : elle la soutient. En donnant à l'enfant un moyen de se faire comprendre, on réduit la frustration et on renforce l'envie d'échanger, ce qui favorise souvent l'émergence du langage oral. Les images ne remplacent pas la parole : elles construisent un pont vers elle.

Combien de temps faut-il jouer chaque jour ?

Mieux vaut plusieurs moments très courts qu'une longue séance imposée. Quelques minutes, plusieurs fois par jour, au fil des occasions naturelles — le bain, le repas, un jeu spontané — suffisent largement. La régularité prime toujours sur la durée : le cerveau de l'enfant consolide ce qui est répété souvent, dans un climat agréable. Dès que l'enfant se détourne ou se fatigue, on s'arrête : forcer un moment de communication le rend contre-productif. L'objectif est que ces instants restent, avant tout, un plaisir partagé.

Mon enfant ne me regarde presque jamais, comment faire ?

Ne cherchez pas à imposer le regard, qui peut être inconfortable pour certains enfants, notamment sur le spectre de l'autisme. Placez-vous plutôt dans son champ de vision, à sa hauteur, et rendez-vous intéressant : bulles, lampe, objet fascinant tenu près de votre visage. Le contact viendra par le plaisir, pas par la contrainte. Notez toutefois ce que vous observez et parlez-en à un professionnel de santé : une absence marquée de contact et de réaction au prénom justifie un bilan, non pour inquiéter, mais pour comprendre et accompagner au mieux.

Ces jeux remplacent-ils l'orthophoniste ?

Non, et c'est important. Ces jeux prolongent à la maison le travail des professionnels ; ils ne le remplacent pas. Seul un orthophoniste peut réaliser un bilan de communication, identifier les points d'appui de l'enfant, mettre en place un système adapté et vous former à son usage. De même, un test en ligne ne pose aucun diagnostic. Considérez cet article comme une boîte à idées pour enrichir le quotidien, en complément d'un suivi professionnel. Si aucun suivi n'est en place et que vous avez des inquiétudes, le médecin traitant ou le pédiatre est le premier interlocuteur pour vous orienter.

ℹ️ Information et non avis médical

Cet article a une visée d'information et d'accompagnement général. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un avis médical, ni une prise en charge par un professionnel de santé. Pour toute question concernant le développement, la communication ou le comportement de votre enfant, adressez-vous au médecin traitant, au pédiatre, à l'orthophoniste ou au psychologue qui le suit. En cas d'urgence, contactez les services d'urgence de votre pays.

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Prolonger le jeu, en douceur

Ces jeux de communication pour enfants non verbaux prennent toute leur valeur dans la répétition quotidienne et le plaisir partagé. Pour compléter ces moments par un support ludique et visuel adapté aux enfants, découvrez l'application COCO.

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Avis Google DYNSEO
4,9 · 49 avis
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Marie L.
Famille d'une personne âgée
Application formidable pour ma mère atteinte d'Alzheimer. Les jeux la stimulent vraiment et l'équipe est à l'écoute. Un grand merci à toute l'équipe DYNSEO !
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Sophie R.
Orthophoniste
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Patrick D.
Directeur d'EHPAD
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