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Familles & aidants · Langage écrit

Tableau 3 colonnes : pour quels profils et comment l'adapter à chacun

Un même support peut servir un enfant autiste qui a besoin de repères stables, un enfant avec un TDAH qui se disperse dès la deuxième ligne, et un enfant dyslexique qui se fatigue à lire. Le tableau 3 colonnes autisme TDAH DYS fait partie de ces outils rares : sa structure est assez simple pour convenir à des profils très différents, à condition de l'ajuster à chacun. Trois colonnes verticales, un en-tête par colonne, des lignes vides à remplir dessous : derrière cette apparente banalité se cache un cadre visuel qui organise la pensée, réduit la surcharge et rend le progrès concret.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en septembre 2026

Cet article ne reprend pas ce que fait l'outil ni comment l'utiliser pas à pas : il répond à une seule question, souvent négligée. Pour qui ce support est-il pertinent, et comment le transformer pour qu'il colle vraiment au fonctionnement de la personne en face de vous ? Un H2 par profil, avec l'intérêt spécifique du tableau et les adaptations concrètes à faire, puis une lecture par contexte — cabinet, classe, domicile, établissement — et un tableau de synthèse à garder sous la main.

L'essentiel en 30 secondes

Le tableau à trois colonnes n'est pas un outil « universel » qu'on applique à l'identique : c'est un squelette qu'on habille différemment selon le profil.

  • Autisme — miser sur la prévisibilité : mêmes en-têtes, mêmes pictogrammes, même emplacement à chaque séance.
  • TDAH — raccourcir, chronométrer, colorer : peu de lignes, un objectif visible, une récompense immédiate.
  • DYS — alléger la lecture et l'écriture : police adaptée, dictée à l'adulte, colonnes qui n'imposent pas de recopier.
  • Adulte et senior en rééducation — respecter la fatigue, valoriser les acquis, laisser du temps de réponse.
  • Personne non verbale — remplacer les mots par des images, des objets ou le pointage : le tableau devient un support de communication.
  • Dans tous les cas — un support n'est pas un traitement : il complète un accompagnement professionnel, il ne le remplace pas.

Tableau 3 colonnes, autisme, TDAH, DYS : un même outil, des usages différents

Avant d'entrer dans le détail des profils, il faut comprendre pourquoi une structure aussi sobre traverse aussi bien les troubles. Le tableau à trois colonnes repose sur trois opérations mentales que tout le monde utilise : trier, comparer, mettre en relation. On peut classer des mots selon un son entendu, opposer « ce que je pense / ce que je vérifie / ce que je conclus », ranger « avant / pendant / après », ou distinguer « ce que je sais faire seul / ce que je fais avec de l'aide / ce que je ne fais pas encore ». Le contenu change, la charpente reste.

Cette charpente a une vertu précise pour les personnes en difficulté : elle découpe une tâche complexe en cases. Au lieu d'affronter une page blanche, la personne remplit une colonne, puis une autre. Le regard sait toujours où il en est. Pour un cerveau qui sature vite, qui se disperse ou qui peine à organiser l'information, ce découpage visuel fait une différence considérable.

Ce qui reste constant

Trois colonnes, trois en-têtes, un sens de lecture de gauche à droite, une consigne unique par séance. C'est le cœur invariable, quel que soit le public.

Ce qui s'adapte

Le nombre de lignes, la taille, la police, la présence de pictogrammes ou de couleurs, le canal de réponse (écrire, coller, pointer), et la durée de l'exercice.

Ce qui ne change jamais

Le rôle du professionnel ou du parent : observer, encourager, ajuster. Le tableau est un support, pas un protocole de soin.

Autrement dit, adapter le tableau ne consiste pas à en changer la nature, mais à régler quelques curseurs. Les sections qui suivent détaillent, profil par profil, dans quel sens tourner ces curseurs — et le point de vigilance à ne jamais perdre de vue.

L'enfant avec un trouble du spectre de l'autisme

Pour beaucoup d'enfants autistes, l'imprévu est une source d'angoisse, et le langage oral peut être moins fiable qu'un repère visuel. Le tableau à trois colonnes coche justement les deux cases qui rassurent : il est visuel et il est stable. Une fois que l'enfant a compris que la première colonne veut toujours dire la même chose, il s'appuie dessus sans avoir à redécoder la consigne à chaque fois.

L'intérêt spécifique : le tableau matérialise une séquence ou un tri qui, énoncé à l'oral, resterait insaisissable. « D'abord, ensuite, à la fin », « pareil / différent », « j'aime / je n'aime pas / je ne sais pas » : autant de notions abstraites qui deviennent manipulables une fois posées dans des cases.

  1. Fixez les en-têtes une fois pour toutes. Gardez les mêmes intitulés et les mêmes pictogrammes d'une séance à l'autre. La prévisibilité vaut plus que la variété.
  2. Associez chaque colonne à un pictogramme ou une photo. Un symbole en haut de colonne soulage la lecture et ancre le sens.
  3. Placez le tableau au même endroit, dans la même pochette, sorti au même moment du rituel. L'objet fait partie du repère.
  4. Réduisez le langage. Une consigne courte, toujours formulée pareil : « on range dans la bonne colonne ». On évite les reformulations qui brouillent.

❌ À éviter : changer les couleurs ou l'ordre des colonnes « pour varier », multiplier les consignes verbales, ou introduire plusieurs nouveautés en même temps. Le point de vigilance : certains enfants s'attachent tellement à la routine que le support devient rigide. Introduisez les variantes très progressivement, et toujours avec l'accompagnement de l'orthophoniste ou de l'éducateur qui suit l'enfant. Pour travailler la communication au quotidien, l'application MON DICO complète bien ce type de support visuel.

L'enfant avec un TDAH

Ici, le défi n'est pas la peur du changement mais l'inverse : l'attention file, l'enfant se lasse avant la fin, et une consigne longue est perdue en route. Le tableau à trois colonnes aide parce qu'il borne la tâche : trois cases, c'est visible, c'est fini, ça ne s'étire pas à l'infini. L'enfant voit le bout de l'exercice, ce qui l'aide à s'y engager.

L'intérêt spécifique : le tableau transforme une activité floue en une cible atteignable. « Remplir trois lignes » est un objectif concret, contrairement à « fais ton exercice ». Et comme chaque case remplie est une petite réussite immédiate, le support entretient la motivation par des micro-victoires rapprochées.

  1. Raccourcissez. Trois ou quatre lignes maximum au départ. Mieux vaut un tableau court terminé qu'un long abandonné à la moitié.
  2. Rendez l'objectif visible. Entourez le nombre de lignes à remplir, ou dites : « trois cases, et on a gagné ».
  3. Chronométrez en jeu, pas en pression. Un minuteur visuel (« on essaie de finir avant que le sable descende ») canalise l'énergie sans stresser.
  4. Utilisez la couleur comme moteur. Une couleur par colonne aide à rester dans la bonne case et rend l'ensemble stimulant.

❌ À éviter : les tableaux denses et monochromes, les consignes à rallonge, et le reproche quand l'enfant décroche — le décrochage est un symptôme, pas de la mauvaise volonté. Le point de vigilance : ne confondez pas agitation et incompréhension. Un enfant qui bouge peut avoir parfaitement saisi la tâche. Pour la stimulation à la maison, l'application COCO, pensée pour les 5-10 ans, propose des jeux courts qui prolongent cette logique de séances brèves et gratifiantes.

L'enfant DYS (dyslexie, dysorthographie, dyspraxie)

Chez l'enfant dyslexique ou dyspraxique, l'obstacle est rarement la compréhension : c'est le coût de la lecture et de l'écriture. Déchiffrer épuise, écrire à la main mobilise une énergie que les autres n'ont pas à dépenser. Le tableau à trois colonnes est précieux à condition de ne pas ajouter, par sa forme, une difficulté supplémentaire.

L'intérêt spécifique : la structure en colonnes soulage la mémoire de travail. L'enfant n'a pas à tout tenir en tête : il pose l'information au fur et à mesure. Pour la dysorthographie, un tableau de tri de sons ou de graphies rend visible une règle qui, à l'oral, restait insaisissable.

  1. Soignez la lisibilité. Police sans empattement, taille généreuse, interligne aéré, colonnes bien séparées. La mise en page fait la moitié du travail.
  2. Ouvrez d'autres canaux que l'écriture. Dictée à l'adulte, étiquettes à coller, mots à entourer plutôt qu'à recopier : on évalue la pensée, pas le geste graphique.
  3. Limitez la copie. Pré-remplissez ce qui peut l'être pour que l'enfant se concentre sur l'opération intellectuelle réelle.
  4. Verbalisez le classement. Faire dire à voix haute pourquoi tel mot va dans telle colonne consolide la règle mieux que le silence.

❌ À éviter : les colonnes étroites qui obligent à écrire petit, les longues listes à recopier, et la correction à l'encre rouge qui décourage. Le point de vigilance : le tableau soutient un apprentissage, il ne pose pas de diagnostic. Le repérage et la prise en charge d'un trouble DYS relèvent de l'orthophoniste, de l'ergothérapeute ou du médecin. Pour aller plus loin sur le langage écrit, le plan de rédaction visuel et la grille de relecture orthographique se combinent naturellement avec le tableau.

Le tableau 3 colonnes, gratuit et prêt à imprimer

Téléchargez le support, imprimez-le et adaptez-le au profil que vous accompagnez. Accès en ligne, sans création de compte, à personnaliser selon les repères de chacun.

Découvrir l'outil gratuit

L'enfant porteur d'une trisomie 21

Les enfants porteurs d'une trisomie 21 s'appuient souvent sur une bonne mémoire visuelle et une réelle appétence pour l'imitation et la relation. En revanche, le rythme d'apprentissage est plus lent, la mémoire de travail plus fragile, et la fatigabilité réelle. Le tableau à trois colonnes joue ici sur ses points forts : il est visuel, concret, et il permet de répéter sans lasser en variant seulement le contenu.

L'intérêt spécifique : le support rend tangible une notion (catégoriser, associer, séquencer) et laisse le temps de la manipulation. On peut y travailler le vocabulaire par images, le tri d'objets réels, ou les étapes d'une action familière.

  1. Passez par le concret. Objets réels, photos, images à coller avant de passer aux mots. La manipulation précède l'abstraction.
  2. Fractionnez et répétez. Des séances courtes, souvent, avec la même trame : la répétition espacée consolide sans épuiser.
  3. Célébrez chaque étape. Le renforcement positif, très efficace, entretient l'engagement : on nomme ce qui est réussi.
  4. Reliez au vécu. Choisissez des contenus tirés du quotidien de l'enfant pour donner du sens au classement.

❌ À éviter : aller trop vite vers l'écrit, allonger les séances, ou comparer à d'autres enfants. Le point de vigilance : chaque enfant a un profil unique, et les écarts de développement sont importants. Les objectifs se fixent avec l'équipe qui suit l'enfant — orthophoniste, éducateur, enseignant spécialisé — jamais à partir d'un âge théorique.

L'adolescent

L'adolescence ajoute une variable qu'on sous-estime : le regard des autres et l'image de soi. Un support perçu comme « bébé » sera rejeté, même s'il est utile. Le tableau à trois colonnes a l'avantage d'être neutre et adulte dans sa forme : bien présenté, il ressemble à un outil de méthode, pas à une fiche d'écolier.

L'intérêt spécifique : à cet âge, le tableau devient un outil d'organisation et d'autonomie. Prise de notes structurée, comparaison d'arguments, planification, tri d'informations pour un devoir : la colonne aide à penser de façon ordonnée, compétence directement transférable à la vie scolaire.

  1. Sortez de l'univers enfantin. Contenu adapté à ses centres d'intérêt, mise en page sobre, pas de pictogrammes puérils.
  2. Donnez-lui les commandes. Laissez-le choisir les en-têtes et remplir seul : l'appropriation vaut mieux que l'imposition.
  3. Montrez l'utilité immédiate. Reliez le tableau à une vraie tâche — un contrôle, un exposé — plutôt qu'à un exercice pour l'exercice.
  4. Restez discret sur le trouble. Un outil de méthode utilisable par tous préserve l'estime de soi mieux qu'un support estampillé « rééducation ».

❌ À éviter : infantiliser, imposer sans expliquer, ou transformer chaque devoir en séance thérapeutique. Le point de vigilance : derrière un refus persistant peut se cacher une souffrance — décrochage, découragement, mal-être. Si des signes de détresse apparaissent, orientez vers le médecin ou un psychologue plutôt que d'insister sur l'outil.

L'adulte en rééducation (post-AVC, traumatisme crânien)

Après un AVC ou un traumatisme crânien, les fonctions cognitives — langage, mémoire, attention, organisation — peuvent être touchées de façon très variable. Le tableau à trois colonnes trouve sa place en rééducation parce qu'il structure une tâche que la lésion a rendue coûteuse, sans infantiliser l'adulte qui la réalise.

L'intérêt spécifique : le support sert à réorganiser l'information quand la planification est fragilisée, à catégoriser quand l'accès aux mots est difficile, ou à comparer « avant / maintenant / objectif » pour rendre visible une progression. Il s'intègre au travail de l'orthophoniste, de l'ergothérapeute ou du neuropsychologue.

  1. Respectez la fatigue. Séances courtes, placées aux moments où l'énergie est la meilleure. La fatigue cognitive post-lésionnelle est réelle et ne se corrige pas par la volonté.
  2. Laissez du temps de réponse. Le mot ou l'idée existe souvent : il met plus de temps à venir. Le silence n'est pas un blocage à combler.
  3. Partez du fonctionnel. Contenus tirés du quotidien de la personne — ses repas, ses trajets, ses proches — pour un travail qui a du sens.
  4. Valorisez les acquis. Rendre visible ce qui revient soutient le moral, souvent mis à l'épreuve dans cette période.
✅ Ce qui aide

Une consigne à la fois, un environnement calme, un rythme adapté à la personne, et un objectif relié à sa vie réelle. On valorise chaque progrès, même petit.

❌ Ce qui gêne

Presser, finir les phrases, empiler les consignes, ou charger la séance « pour stimuler davantage ». La surcharge produit l'inverse de l'effet recherché.

Le point de vigilance : le support accompagne une rééducation, il ne la remplace pas, et il ne présage d'aucun résultat. Le pronostic et les objectifs relèvent de l'équipe soignante. Côté stimulation à domicile, l'application JOE, conçue pour les adultes, permet d'ajuster finement le niveau de difficulté et d'éviter l'échec répété.

Le senior avec des troubles cognitifs

Chez la personne âgée présentant des troubles cognitifs — qu'il s'agisse d'un vieillissement fragile ou d'une maladie neuro-évolutive suivie par un médecin —, l'enjeu est de soutenir sans mettre en échec. Le tableau à trois colonnes offre un cadre rassurant, à condition de rester très simple et bienveillant. Il ne s'agit pas de faire progresser à tout prix, mais de maintenir des repères et de préserver l'estime de soi.

L'intérêt spécifique : le support peut servir à trier des souvenirs et des images, à organiser une journée, à catégoriser des objets familiers, ou à soutenir une conversation autour de thèmes connus. La régularité et la douceur comptent davantage que la performance.

  1. Simplifiez à l'extrême. Peu de lignes, gros caractères, contraste net, une seule notion par tableau.
  2. Ancrez dans le familier. Photos anciennes, objets connus, thèmes du passé : on s'appuie sur la mémoire ancienne, souvent mieux préservée.
  3. Évitez toute mise en échec. Pas de bonne ou de mauvaise réponse imposée : on accompagne, on ne teste pas.
  4. Gardez un rythme régulier. Un rendez-vous stable et court, toujours au même moment, rassure et structure la journée.

❌ À éviter : corriger sèchement, insister quand la personne fatigue, ou transformer le moment en examen. Le point de vigilance : toute évolution des capacités doit être signalée au médecin, seul habilité au diagnostic et au suivi. Le tableau est un support relationnel, pas un outil d'évaluation. L'application EDITH, pensée pour les seniors, prolonge cette approche en douceur.

La personne non verbale

Pour une personne qui ne parle pas — enfant autiste non verbal, adulte aphasique sévère, situation de polyhandicap —, le tableau à trois colonnes change de fonction : il devient un support de communication à part entière. Les mots cèdent la place aux images, aux objets et au pointage. La structure en colonnes offre alors des choix clairs, ce qui réduit la frustration de ne pas pouvoir dire.

L'intérêt spécifique : proposer « je veux / je ne veux pas / je ne sais pas » ou « avant / maintenant / après » sous forme d'images permet à la personne d'exprimer un besoin, un choix ou un ressenti sans passer par la parole. Chaque colonne devient une porte ouverte vers l'échange.

  1. Remplacez le texte par des images. Photos, pictogrammes ou objets réels selon les capacités de la personne. On s'aligne sur ce qu'elle reconnaît.
  2. Autorisez tous les canaux de réponse. Pointer, regarder, poser un jeton, tendre la main : chaque geste vaut réponse.
  3. Laissez l'initiative. Le tableau sert à la personne pour s'exprimer, pas seulement à l'adulte pour faire exécuter une consigne.
  4. Restez constant. Les mêmes images pour les mêmes idées, séance après séance : c'est la répétition qui installe le sens.

❌ À éviter : parler à la place de la personne, aller trop vite, ou changer sans cesse les symboles. Le point de vigilance : la communication alternative se construit avec un orthophoniste, qui adapte les outils au profil sensoriel et moteur. L'application MON DICO, conçue pour l'autisme, l'aphasie et le non-verbal, s'articule bien avec ce type de support.

Adapter selon le contexte : cabinet, classe, domicile, établissement

Le profil de la personne n'est pas la seule variable. Le même tableau ne se manie pas de la même façon dans un cabinet d'orthophonie, dans une classe de trente élèves, sur la table de la cuisine ou dans un établissement médico-social. Le lieu impose ses contraintes de temps, de bruit et de nombre.

ContexteCe que le lieu imposeComment adapter le tableau
Cabinet d'orthophonie ou d'ergothérapieTemps de séance limité, objectif thérapeutique précisUn tableau très ciblé, préparé à l'avance, réutilisé et affiné d'une séance à l'autre
ClasseEffectif nombreux, rythmes hétérogènes, discrétion souhaitéeUn format commun à tous, décliné en versions courtes ou longues selon les besoins, sans stigmatiser
DomicilePeu de temps, pas d'expertise clinique, forte charge émotionnelleUn tableau simple, relié au quotidien, en lien avec les consignes du professionnel qui suit la personne
Établissement (IME, EHPAD, foyer)Plusieurs intervenants, besoin de continuitéDes repères identiques d'un intervenant à l'autre, notés dans le projet personnalisé pour rester cohérents
💡 Le fil rouge : la cohérence

Quel que soit le lieu, l'efficacité vient de la constance. Si le tableau change de forme et de sens chaque fois qu'un adulte différent le manie, l'effort de repérage recommence à zéro. Se mettre d'accord sur des en-têtes communs entre le cabinet, l'école et la maison décuple l'utilité du support — et c'est souvent l'orthophoniste qui coordonne cette cohérence.

À domicile en particulier, le rôle du parent n'est pas de rééduquer : c'est d'entretenir, en lien avec le professionnel, ce qui a été travaillé en séance. Un tableau simple, sorti régulièrement et relié à une situation concrète de la vie de famille, vaut mieux qu'un support ambitieux abandonné au bout d'une semaine.

Le tableau récapitulatif : profil, adaptation, vigilance

À imprimer et à garder sous les yeux le temps de trouver ses repères : une vue d'ensemble aide à choisir le bon réglage sans tout relire.

ProfilAdaptation principalePoint de vigilance
Enfant TSAPrévisibilité : mêmes en-têtes, pictogrammes, emplacementNe pas laisser le support devenir rigide ; varier très progressivement
Enfant TDAHCourt, coloré, chronométré, objectif visibleLe décrochage est un symptôme, pas de la mauvaise volonté
Enfant DYSLisibilité, dictée à l'adulte, moins de copieLe support n'est pas un diagnostic : renvoyer aux professionnels
Enfant trisomie 21Concret, répété, fractionné, renforcement positifObjectifs fixés avec l'équipe, jamais selon l'âge théorique
AdolescentForme sobre et adulte, autonomie, utilité concrèteRepérer une éventuelle souffrance derrière le refus
Adulte en rééducationRespect de la fatigue, temps de réponse, contenu fonctionnelComplément d'une rééducation, aucune promesse de résultat
Senior troubles cognitifsTrès simple, familier, sans mise en échecSignaler toute évolution au médecin traitant
Personne non verbaleImages et pointage : support de communicationOutils construits avec l'orthophoniste, canaux adaptés
⚠️ Un support n'est pas un traitement

Quel que soit le profil, le tableau à trois colonnes soutient un apprentissage ou une communication : il n'établit aucun diagnostic, ne remplace aucune prise en charge et ne garantit aucun résultat. Le repérage d'un trouble, son suivi et son pronostic relèvent des professionnels de santé — médecin, orthophoniste, ergothérapeute, neuropsychologue, psychologue. En cas de signe de souffrance chez un enfant, adressez-vous à son médecin ou à un psychologue.

Pour aller plus loin

Dans la même catégorie « langage écrit », d'autres supports gratuits se marient bien avec le tableau selon le profil : l'aide-mémoire des confusions b/d p/q pour les enfants DYS, la fiche d'auto-correction de dictée pour l'autonomie, ou le thermomètre des émotions pour repérer un ressenti. Vous pouvez explorer l'ensemble via le catalogue complet des outils et découvrir les tests de repérage pour situer les difficultés.

Questions fréquentes

Le tableau 3 colonnes convient-il vraiment à l'autisme, au TDAH et aux DYS avec le même modèle ?

La charpente est la même, mais les réglages diffèrent. Pour l'autisme, on privilégie la prévisibilité et les pictogrammes stables ; pour le TDAH, on raccourcit, on colore et on chronométre en jeu ; pour les DYS, on allège la lecture et l'écriture. Un même document imprimé peut donc servir plusieurs profils à condition d'ajuster le nombre de lignes, la mise en page et le canal de réponse. C'est justement l'intérêt d'un support sobre : il s'adapte. En cas de trouble avéré, le choix des adaptations se fait idéalement avec le professionnel qui suit la personne.

À partir de quel âge peut-on utiliser ce support ?

Il n'y a pas d'âge fixe : tout dépend du contenu et de la forme. Avec de jeunes enfants ou des personnes non verbales, on utilise des objets réels et des images plutôt que des mots. Avec un adolescent ou un adulte, on adopte une présentation sobre et des contenus reliés à la vie réelle. Le support s'étire donc de l'enfance au grand âge, en passant par la rééducation adulte. Ce qui compte n'est pas l'âge indiqué sur une notice, mais l'adéquation entre le niveau de la personne et la difficulté proposée, ajustée en observant ses réactions.

Puis-je l'utiliser seul à la maison, sans professionnel ?

Oui, comme support d'entretien et d'organisation du quotidien. Un parent peut proposer un tri, une comparaison ou une planification simple sans risque. En revanche, si la personne est suivie pour un trouble, le mieux est de relier votre usage aux consignes du professionnel : mêmes en-têtes, mêmes objectifs, pour ne pas créer de confusion. Le tableau ne rééduque pas et ne diagnostique rien : il prolonge, à la maison, ce qui se travaille ailleurs. Si vous observez une difficulté nouvelle ou une souffrance, parlez-en au médecin ou à l'orthophoniste.

Comment savoir si le tableau est trop difficile pour la personne ?

Les signaux sont assez lisibles : la personne se décourage vite, refuse de commencer, s'agite, ou remplit au hasard sans regarder les colonnes. Dans ce cas, on baisse la marche : moins de lignes, un contenu plus concret, une consigne plus courte, davantage d'aide. Un exercice réussi plusieurs fois vaut mieux qu'un exercice raté une fois. On remonte ensuite, très progressivement. L'idée est de rester dans une zone où l'effort est réel mais surmontable, pour que le support reste associé à la réussite plutôt qu'à l'échec.

Le tableau peut-il remplacer une prise en charge orthophonique ?

Non, en aucun cas. Le tableau à trois colonnes est un support pédagogique : il aide à trier, comparer et organiser, et il peut soutenir la communication. Mais il n'établit aucun diagnostic, ne remplace aucune rééducation et ne garantit aucun résultat. Le repérage d'un trouble du langage, de l'attention ou de la communication, ainsi que son suivi, relèvent de professionnels de santé. Le support est un complément utile, à intégrer dans un accompagnement, jamais une alternative à un bilan ou à une prise en charge adaptée.

ℹ️ Information et non avis médical

Cet article propose des repères généraux pour adapter un support pédagogique selon les profils. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un avis médical, ni une prise en charge. Chaque situation étant différente, échangez avec l'équipe qui suit la personne — médecin, orthophoniste, ergothérapeute, psychologue.

Un seul support, adaptable à chaque profil

Le tableau 3 colonnes, pensé pour l'autisme, le TDAH, les DYS et bien d'autres profils, est gratuit, imprimable et accessible en ligne sans compte. Téléchargez-le et réglez-le pour la personne que vous accompagnez.

Télécharger le tableau 3 colonnes gratuit

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