📄 PDF Collections Vos cahiers d'exercices pour les vacances, en PDF Découvrir →
Logo
Familles & aidants · Parkinson

50 jeux de mémoire adaptés à la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est souvent résumée à ses signes visibles : le tremblement, la lenteur des gestes, la raideur. Mais elle agit aussi, plus discrètement, sur l'attention, la vitesse de réflexion, la mémoire de travail et l'organisation des tâches. C'est précisément là que des jeux de mémoire adaptés à la maladie de Parkinson trouvent leur place : non pas comme un traitement, mais comme une manière régulière, plaisante et sans enjeu de solliciter des fonctions que la maladie a tendance à ralentir, tout en préservant le lien et la confiance.

  • ⏱️ 23 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en septembre 2026

Cet article rassemble 50 jeux, classés par matériel et par contexte, avec pour chacun l'idée générale et surtout la façon de l'adapter : éviter la pression du temps, contourner la gêne motrice, doser la difficulté, ménager la fatigue. L'objectif n'est pas la performance. Il est de proposer, chaque jour ou presque, un moment court où la personne réussit, participe et se sent respectée. Aucun de ces jeux ne remplace la rééducation ni le suivi médical : ils les complètent, à la maison, entre les séances.

L'essentiel en 30 secondes

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui, selon l'Inserm, touche surtout la motricité mais peut aussi retentir sur certaines fonctions cognitives : attention, mémoire de travail, vitesse de traitement, organisation. Des jeux de mémoire bien adaptés aident à les solliciter au quotidien.

  • Adapter avant tout — supprimer le chronomètre, agrandir cartes et images, proposer une version orale quand écrire ou manipuler devient difficile, jouer assis et à l'abri de la fatigue.
  • La régularité prime — mieux vaut dix à quinze minutes chaque jour qu'une longue séance hebdomadaire. Le cerveau consolide ce qui est répété à intervalles rapprochés.
  • Cinq familles de jeux — sans matériel, avec cartes et objets, sur tablette, sensoriels et musicaux, à plusieurs. Ce guide en détaille 50, tous ajustables.
  • Aucun objectif de performance — on cherche le plaisir, la réussite et le lien, jamais la note. L'échec répété décourage et fait abandonner.
  • Un complément, pas un traitement — ces activités ne remplacent ni les médicaments, ni la kinésithérapie, ni l'orthophonie, ni le suivi neurologique.

Parkinson et mémoire : ce que la maladie touche vraiment

Avant de proposer un jeu, il est utile de comprendre ce que la maladie modifie. La maladie de Parkinson est, selon l'Inserm, l'une des maladies neurodégénératives les plus fréquentes. Elle est liée à la disparition progressive de neurones qui produisent la dopamine, un messager chimique impliqué dans le contrôle du mouvement. C'est ce qui explique les signes moteurs bien connus. Mais la dopamine intervient aussi dans des circuits liés à la motivation, à l'attention et à la planification, et c'est pourquoi la maladie peut avoir un versant cognitif que l'entourage remarque parfois avant les médecins.

Ce versant cognitif n'est ni systématique, ni identique d'une personne à l'autre, ni synonyme de démence. Beaucoup de personnes vivant avec un Parkinson gardent une mémoire et un raisonnement tout à fait fonctionnels pendant des années. Lorsqu'une gêne apparaît, elle prend souvent des formes précises qu'il faut savoir reconnaître pour choisir les bons jeux.

Ce que la maladie ralentit le plus souvent

⏱️

La vitesse de traitement

La réflexion peut devenir plus lente. La personne trouve la réponse, mais elle a besoin de plus de temps. Un jeu chronométré la met en échec sur la vitesse, pas sur la mémoire.

🧩

La mémoire de travail

Garder en tête plusieurs informations le temps de les manipuler — une consigne en trois étapes, un calcul, une liste — demande davantage d'effort. Mieux vaut une seule information à la fois.

🗂️

Les fonctions exécutives

Planifier, organiser une tâche, passer d'une règle à l'autre, démarrer une action spontanément : ces fonctions dites exécutives sont souvent les plus sollicitées, et les plus utiles à entretenir.

💬

L'accès aux mots

Le mot est là, sur le bout de la langue, mais il tarde à venir. Ce manque du mot est fréquent et ne signifie pas que le souvenir est perdu : il faut simplement laisser le temps.

À l'inverse, certaines capacités restent souvent bien préservées, et ce sont elles qu'un bon jeu met à profit : la mémoire ancienne, les souvenirs anciens et les connaissances de toute une vie ; la mémoire des gestes et des automatismes appris de longue date ; la reconnaissance, plus facile que le rappel libre. Reconnaître une photo est plus simple que retrouver un nom sans indice : un jeu qui propose des choix soulage la personne bien plus qu'un jeu qui exige de tout retrouver de mémoire.

💡 Pourquoi le geste complique parfois le jeu

Chez une personne parkinsonienne, la difficulté vient parfois moins de la mémoire que du corps. Un tremblement qui gêne la prise des cartes, une lenteur d'initiation qui donne l'impression que rien ne se passe, une écriture devenue petite et laborieuse (la micrographie), une voix plus faible : tout cela peut masquer des capacités intactes. Adapter le support et le rythme, c'est souvent révéler une réussite que le matériel classique empêchait.

Quatre idées reçues à corriger

On entend souvent…Ce qu'il faut savoir
« Parkinson, c'est seulement les tremblements »C'est d'abord une maladie du mouvement, mais elle comporte aussi des signes non moteurs : fatigue, humeur, sommeil, et parfois cognition. Certaines personnes ne tremblent d'ailleurs pas.
« S'il oublie un mot, c'est qu'il perd la tête »Le manque du mot est fréquent et ne signifie pas que le souvenir est perdu. La reconnaissance et la mémoire ancienne restent souvent solides longtemps.
« Il est lent, donc il ne comprend plus »La lenteur touche l'exécution, pas forcément la compréhension. En laissant le temps, on retrouve souvent une réponse juste.
« Les jeux, ça ne sert à rien à ce stade »Aucun jeu ne soigne, mais entretenir la stimulation, l'envie et le lien garde une vraie valeur de qualité de vie, à tous les stades.

Adapter un jeu de mémoire à la maladie de Parkinson : les grands principes

Il n'existe pas de jeu « spécial Parkinson » : presque tous les jeux de mémoire classiques conviennent, à condition d'être ajustés. Ce sont ces ajustements qui font toute la différence entre une activité vécue comme un plaisir et une activité vécue comme une épreuve. Voici les principes à garder en tête avant de choisir n'importe lequel des 50 jeux qui suivent.

  1. Supprimer la pression du temps. Aucun chronomètre, aucun « plus vite ». La maladie ralentit l'exécution, pas nécessairement la compréhension. Laisser le temps de répondre, c'est mesurer la mémoire, pas la vitesse.
  2. Agrandir et simplifier le support. Grandes cartes, gros caractères, images nettes et contrastées, peu d'éléments à la fois. Un plateau surchargé fatigue l'attention et complique la préhension.
  3. Prévoir une version orale. Quand écrire ou manipuler devient difficile, la personne répond à voix haute et l'accompagnant note ou déplace les pièces à sa place. On évalue la mémoire sans la pénaliser sur le geste.
  4. Une consigne à la fois. Des phrases courtes, une seule instruction, un exemple montré plutôt qu'expliqué. On vérifie que la règle est comprise avant de commencer.
  5. Doser la difficulté. Un jeu trop facile n'apporte rien, un jeu trop dur décourage et fait abandonner. On vise la réussite avec un léger effort, et on ajuste au fil des jours.
  6. Choisir le bon moment. Beaucoup de personnes sont plus à l'aise à certaines heures, souvent lorsque le traitement agit pleinement. Mieux vaut une séance courte au bon moment qu'une longue séance à contretemps.
  7. Ménager la fatigue. Dix à quinze minutes suffisent. On s'arrête sur une réussite, avant la lassitude, pour que la personne garde envie de recommencer.
⚠️ Ce qu'un jeu n'est pas

Un jeu de mémoire n'est ni un test, ni un traitement, ni une preuve de l'évolution de la maladie. Une mauvaise journée ne dit rien du pronostic : la fatigue, l'humeur, le moment de la prise du traitement influencent énormément les performances. Ne transformez jamais une séance en évaluation, et ne tirez aucune conclusion médicale d'un jeu. Le diagnostic, le pronostic et l'adaptation du traitement relèvent uniquement du neurologue et de l'équipe soignante.

L'environnement compte lui aussi, plus qu'on ne l'imagine. Un lieu calme, bien éclairé, sans télévision allumée ni conversations parallèles, permet de mobiliser toute l'attention disponible — une ressource souvent réduite dans la maladie. On installe la personne confortablement, le dos soutenu, la table à bonne hauteur, le matériel bien en face d'elle. Ces détails matériels ne sont pas accessoires : ils déterminent en partie la réussite, car un environnement surchargé disperse une attention déjà fragile et fait échouer un jeu que la personne aurait parfaitement réussi au calme.

Enfin, on gagne toujours à associer la personne au choix du jeu. Proposer plutôt qu'imposer, offrir deux options plutôt qu'une consigne, tenir compte des goûts d'une vie : celui qui aimait la géographie retrouvera du plaisir dans un tour du monde, l'amateur de chansons dans un blind test. Cette part de liberté préserve la dignité et l'engagement. Un dernier principe, discret mais décisif : le jeu doit rester un moment de plaisir partagé. La personne perçoit très bien lorsqu'on la teste ou lorsqu'on s'inquiète pour elle. Le meilleur cadre est celui où l'on joue vraiment, où l'on rit d'une erreur, où l'on valorise chaque réussite. C'est cette atmosphère, autant que le jeu lui-même, qui donne envie de recommencer demain.

12 jeux de mémoire du quotidien, sans matériel

Ces jeux ne demandent ni cartes, ni écran, ni préparation. Ils reposent sur la parole et sur les souvenirs, ce qui présente un double avantage : ils contournent la gêne motrice, et ils s'appuient sur la mémoire ancienne, souvent bien préservée. On peut y jouer partout — dans la voiture, à table, en marchant, dans une salle d'attente — et ils conviennent particulièrement quand la manipulation est fatigante.

1️⃣

Le panier du marché

Chacun ajoute un article à la liste en répétant les précédents : « j'achète du pain… du pain et des pommes… ». Version douce : on n'exige que le dernier mot, l'accompagnant reprend le début.

2️⃣

Les métiers en A

Citer un maximum de métiers, de prénoms ou d'animaux commençant par une lettre donnée. La lettre reste affichée sur un papier pour ne pas surcharger la mémoire de travail.

3️⃣

Le fil des souvenirs

On raconte à tour de rôle un souvenir autour d'un thème : les vacances d'enfance, le premier métier, un mariage. La mémoire ancienne est sollicitée sans aucune pression de bonne réponse.

4️⃣

Devine la chanson

On fredonne quelques notes ou on récite une parole, l'autre retrouve le titre. On peut inverser les rôles. La mémoire musicale résiste souvent remarquablement bien.

5️⃣

Les proverbes à trous

« Qui va lentement… » — la personne complète. Les dictons de toute une vie remontent facilement et donnent un vrai sentiment de réussite immédiate.

6️⃣

Le portrait mystère

On décrit une personne connue, réelle ou de la famille, par indices successifs. L'autre devine. On adapte la difficulté en donnant plus ou moins d'indices.

7️⃣

Les catégories

Trouver ensemble dix fruits, dix rivières, dix films. On écrit les réponses pour soulager la mémoire de travail et voir la liste grandir, ce qui encourage.

8️⃣

Vrai ou faux

On énonce des affirmations sur la vie de la personne ou des faits connus ; elle répond vrai ou faux. La reconnaissance étant plus facile que le rappel, la réussite est fréquente.

9️⃣

La suite logique

On dit une suite simple — jours, mois, saisons, chiffres de deux en deux — et la personne poursuit. On part très facile puis on complexifie doucement.

🔟

Le mot caché

On donne une définition, la personne trouve le mot. On peut proposer la première lettre en cas de manque du mot, très fréquent dans la maladie.

🔢

Compter à rebours

Décompter de 100 en enlevant 3, ou plus simplement de 20 à 0. On ne cherche pas la vitesse mais la concentration, et on aide au premier blocage.

🎯

Le point commun

On propose trois mots — pomme, banane, cerise — et la personne trouve ce qui les relie. Ce jeu sollicite le raisonnement et l'organisation, sans manipulation.

Ces douze jeux se prêtent bien à un rituel : le même moment chaque jour, autour d'un café ou pendant un trajet régulier. La régularité vaut mieux que la durée. Deux d'entre eux, enchaînés en dix minutes, valent souvent mieux qu'une longue séance improvisée un jour sur deux. Et parce qu'ils ne demandent aucun matériel, ils s'invitent naturellement dans la conversation, sans jamais donner l'impression d'un exercice imposé.

10 jeux de mémoire avec cartes, images et objets

Le support visuel a un grand avantage : il soulage la mémoire de travail en gardant l'information sous les yeux. Encore faut-il l'adapter. Pour une personne parkinsonienne, on choisit de grandes cartes rigides, faciles à saisir, des images nettes et un nombre d'éléments volontairement réduit. Quand la préhension est pénible, l'accompagnant manipule les pièces pendant que la personne indique du regard ou de la voix. On n'évalue jamais la mémoire à travers la dextérité.

🃏

13. Le memory des paires

Le classique jeu de paires, mais avec peu de cartes — six à huit pour commencer — et de grandes images. On augmente le nombre seulement quand la réussite est confortable.

🖼️

14. Kim visuel

On dispose cinq objets sur un plateau, la personne les observe, on en retire un discrètement, elle retrouve lequel manque. On commence avec peu d'objets bien distincts.

🔀

15. L'intrus

Parmi quatre images, une n'appartient pas à la même famille. La personne la désigne du doigt ou du regard. Aucun geste précis n'est requis.

🗺️

16. Les paires logiques

Associer deux cartes qui vont ensemble : la clé et la serrure, le fil et l'aiguille. La reconnaissance des liens familiers reste souvent très solide.

📸

17. L'album commenté

On feuillette de vraies photos de famille et l'on nomme ensemble les personnes, les lieux, les dates. Un support de mémoire ancienne et de lien, très apprécié.

🔤

18. Les lettres mobiles

Recomposer un mot avec de grandes lettres aimantées, sans avoir à écrire. Idéal quand la micrographie rend l'écriture pénible et décourageante.

🧺

19. Trier et classer

Répartir des images en catégories : fruits/légumes, animaux terrestres/marins. On sollicite l'organisation, une fonction exécutive utile à entretenir.

🔢

20. La séquence à reconstituer

On montre trois images dans un ordre, on les mélange, la personne rétablit l'ordre. On reste à trois éléments avant d'oser en ajouter un.

🎴

21. Les grandes cartes à jouer

Bataille, réussite ou 21 avec un jeu à gros index, plus facile à tenir et à lire. Les règles connues de longue date remontent souvent sans effort.

🧲

22. Le loto des images

On tire une carte, la personne la retrouve sur sa planche et la recouvre d'un gros jeton. Un jeu de reconnaissance simple, valorisant et convivial.

Avec ces supports, un détail change tout : le rôle de l'accompagnant. Proposer d'emblée « montre-moi » ou « dis-moi et je retourne la carte » retire toute la charge motrice et laisse la personne se concentrer sur ce qui compte, sa mémoire et son raisonnement. Beaucoup d'accompagnants découvrent alors des capacités qu'ils croyaient perdues, simplement parce que le matériel classique les masquait.

Des jeux déjà pensés pour les seniors, directement sur tablette

Grandes images, rythme libre, difficulté qui s'ajuste toute seule : l'application EDITH réunit des jeux de stimulation cognitive conçus pour les seniors, y compris ceux qui vivent avec la maladie de Parkinson. Un support pratique pour prolonger, à la maison, ce que ce guide propose.

Découvrir l'application EDITH

8 jeux de mémoire sur tablette adaptés à la maladie de Parkinson

La tablette apporte des atouts précieux pour des jeux de mémoire adaptés à la maladie de Parkinson : on peut agrandir l'affichage, régler la difficulté sans changer de matériel, jouer à toute heure et suivre l'évolution sans avoir à tout préparer. Elle demande cependant quelques précautions. L'appui sur un écran tactile est parfois imprécis quand la main tremble ; on privilégie donc des jeux à grandes cibles, sans limite de temps, et l'on cale la tablette sur un support stable plutôt que de la tenir à bout de bras.

📱

23. Les paires à l'écran

Un memory numérique où l'on retourne les cartes d'un simple appui. On commence avec peu de paires et de grandes vignettes, sans aucun compte à rebours.

🔍

24. Les différences

Retrouver ce qui change entre deux images proches. On sollicite l'attention et la mémoire visuelle ; les cibles étant larges, l'imprécision du geste gêne peu.

🧠

25. Le rappel d'images

Une série d'images apparaît, puis la personne indique lesquelles elle a vues parmi de nouvelles. La reconnaissance, plus accessible, met souvent en réussite.

🎨

26. Les suites de couleurs

Reproduire une séquence de couleurs qui s'allume, en la rejouant à son rythme. On garde des séquences courtes et on félicite chaque étape franchie.

🗣️

27. Les jeux de mots numériques

Retrouver un mot à partir d'une définition, compléter un proverbe, chasser l'intrus. En cas de manque du mot, l'appli propose souvent un indice.

🧮

28. Le calcul en douceur

De petites opérations à choix multiple, sans chronomètre. On sollicite l'attention et la mémoire de travail avec des cibles larges et bien espacées.

🧩

29. Le puzzle progressif

Reconstituer une image en peu de pièces, glissées d'un doigt. On augmente le nombre de pièces seulement quand la réussite devient facile.

🌍

30. Les quiz de culture

Des questions sur l'histoire, la géographie, les chansons d'autrefois, en s'appuyant sur les connaissances de toute une vie, souvent bien conservées.

💡 Bien régler la tablette

Quelques réglages rendent l'écran nettement plus confortable : augmenter la taille du texte et la luminosité, activer le mode « gros caractères », désactiver les notifications qui interrompent, et allonger le délai avant que l'écran ne se verrouille. On pose la tablette sur un support incliné plutôt que de la tenir, on nettoie l'écran pour que l'appui glisse bien, et l'on commence toujours par une courte prise en main ensemble. Si l'appui déclenche des actions non voulues à cause du tremblement, on ralentit et l'on privilégie les jeux à grandes cibles espacées. L'écran doit rester un plaisir, jamais une source d'énervement.

Sur ce terrain, l'application EDITH a été pensée pour les seniors : interface épurée, grandes images, absence de pression du temps et niveau qui s'ajuste automatiquement à la personne. C'est justement ce réglage progressif qui compte le plus dans la maladie de Parkinson, où l'aisance varie d'un jour à l'autre et parfois d'une heure à l'autre selon le traitement. L'écran ne remplace jamais le contact humain : il complète les jeux partagés et permet, entre deux, de garder un fil régulier de stimulation.

10 jeux de mémoire sensoriels, musicaux et olfactifs

La mémoire ne passe pas que par les mots et les images. Les odeurs, les sons, les textures et la musique réveillent des souvenirs anciens avec une force particulière, souvent intacte très longtemps. Ces jeux sensoriels ont un autre mérite : ils sollicitent peu la motricité fine et beaucoup l'émotion, ce qui les rend accessibles même les jours où manipuler ou parler devient fatigant. Ils sont aussi une belle porte d'entrée pour renouer le lien lorsque la parole se fait rare.

🎵

31. Le blind test d'autrefois

On fait écouter des extraits de chansons de la jeunesse de la personne ; elle retrouve le titre, l'interprète ou l'époque. La mémoire musicale résiste remarquablement.

👃

32. Les odeurs à reconnaître

Café, lavande, cannelle, savon : on fait sentir et deviner. Chaque odeur ouvre souvent un souvenir que l'on raconte ensuite ensemble.

✋

33. Le sac à toucher

Reconnaître des objets au toucher, sans les voir : une pince à linge, une clé, une éponge. Un jeu de reconnaissance qui n'exige aucune précision de geste.

🔔

34. Les sons du quotidien

On diffuse des bruits familiers — pluie, cloche, moteur, oiseaux — à identifier. On peut ensuite se souvenir d'où l'on connaît ce son.

🍋

35. Les saveurs devinées

Les yeux fermés, reconnaître une saveur — miel, citron, chocolat. À adapter avec prudence si la déglutition est fragile : on suit les consignes des soignants.

🎼

36. Chanter ensemble

Reprendre les refrains connus. Le chant mobilise mémoire, souffle et voix, souvent affaiblie dans la maladie ; c'est un plaisir autant qu'un exercice.

🧶

37. Les textures appariées

Retrouver, au toucher, les deux échantillons identiques parmi plusieurs tissus. Un memory tactile, tout en douceur, sans écran ni écriture.

🌸

38. La boîte à souvenirs

Une boîte d'objets personnels — une médaille, une photo, un billet ancien — que l'on sort un à un pour raconter l'histoire attachée à chacun.

🥁

39. Le rythme à reproduire

On tape une courte séquence rythmée, la personne la reproduit. Le rythme aide parfois l'initiation du mouvement, souvent difficile dans la maladie.

🎬

40. Les répliques cultes

On cite le début d'une réplique de film ou d'une publicité ancienne ; la personne la complète. La mémoire culturelle partagée est souvent très vive.

Ces jeux sensoriels demandent un peu de matériel simple, réuni une fois pour toutes dans une boîte dédiée. Leur force tient à l'émotion qu'ils réveillent : une odeur ou une chanson ramènent parfois une personne effacée à la conversation, sourire aux lèvres. On les privilégie les jours de fatigue, quand un jeu plus exigeant serait vécu comme une contrainte, et l'on accepte que le souvenir raconté compte souvent plus que la bonne réponse.

10 jeux de mémoire à plusieurs et en atelier

Jouer à plusieurs ajoute une dimension essentielle : le lien social, dont on sait combien il protège le moral et l'engagement. En groupe, la pression individuelle s'allège, chacun apporte sa pierre, et la réussite devient collective. Ces jeux conviennent aux réunions de famille, aux ateliers en accueil de jour ou en établissement, à condition de veiller à ce que personne ne soit mis en difficulté devant les autres. La règle d'or : valoriser la participation, jamais la performance comparée.

🎤

41. Le baccalauréat oral

Une lettre, des catégories — prénom, ville, animal — et chacun propose une réponse à tour de rôle, sans compétition ni chrono. On s'entraide volontiers.

📖

42. L'histoire à relais

On construit une histoire, chacun ajoutant une phrase en reprenant les précédentes. Mémoire, écoute et imagination se rejoignent dans la bonne humeur.

🗓️

43. L'almanach du groupe

On évoque ensemble une même année : chansons, événements, modes. Chacun complète les souvenirs des autres, ce qui soulage la mémoire de chacun.

🏆

44. Le quiz en équipes

Des questions de culture générale par petites équipes. Répondre ensemble efface la peur de se tromper seul et rend l'exercice réjouissant.

🎭

45. Les mimes de métiers

Mimer ou décrire un métier à faire deviner. On adapte : décrire à voix haute plutôt que mimer si le geste est difficile ce jour-là.

🍲

46. Les recettes d'antan

Reconstituer ensemble une recette familiale, étape par étape et ingrédient par ingrédient. La mémoire des gestes et des saveurs se partage avec fierté.

🌐

47. Le tour du monde

À partir d'une carte ou de photos, on cite pays, capitales et souvenirs de voyage. Chacun apporte ce qu'il connaît, sans jugement.

🎶

48. Le karaoké des refrains

On projette les paroles d'une chanson connue et l'on chante ensemble. La voix se travaille, la mémoire aussi, et l'ambiance fait le reste.

🧾

49. Le juste prix d'autrefois

Deviner le prix d'objets d'une autre époque, ou l'année d'un événement. Un jeu d'estimation qui réveille souvenirs et discussions animées.

🤝

50. Le portrait chinois collectif

« Si j'étais une saison, une couleur, une chanson… » : chacun se raconte à travers des associations. Un jeu de mémoire et de partage tout en émotion.

En atelier, un animateur attentif fait la différence : il donne le temps, reformule la consigne, glisse un indice sans le faire remarquer, et s'assure que chacun réussit quelque chose avant la fin de la séance. Le but n'est pas de désigner un gagnant, mais de faire vivre un moment où l'on se sent capable et entouré. C'est cette expérience, répétée régulièrement, qui nourrit à la fois la cognition et le moral.

Les erreurs à éviter quand on propose des jeux

Avec les meilleures intentions, on peut transformer un moment de plaisir en source de découragement. Quelques réflexes, faciles à corriger une fois qu'on les a repérés, font toute la différence. Voici les pièges les plus fréquents, et la manière d'y répondre concrètement.

✅ Ce qui aide❌ À éviter
Laisser tout le temps nécessaire et attendre en silencePresser, dire « alors ? », finir les phrases à sa place
Proposer le jeu au bon moment de la journée, quand le traitement agitInsister lors d'un moment de fatigue ou de blocage moteur
Adapter le geste : « dis-moi et je retourne la carte »Juger la mémoire à travers la dextérité et conclure trop vite
Donner un indice discret dès le premier blocageLaisser s'installer l'échec « pour la faire chercher »
Valoriser chaque réussite : « bravo, celle-là était difficile »Corriger sèchement ou souligner chaque erreur
S'arrêter sur une réussite, avant la lassitudeProlonger « encore un peu » jusqu'à l'épuisement
Garder un ton de jeu, complice et détenduTransformer la séance en test ou en bilan inquiet
Ajuster la difficulté à la personne du jourReprendre le même niveau « parce qu'hier ça marchait »

Une erreur mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle est particulièrement répandue : prendre les variations pour une aggravation. Dans la maladie de Parkinson, l'aisance fluctue fortement, y compris au cours d'une même journée, selon la fatigue, l'humeur et le moment de la prise du traitement. Une séance ratée ne dit rien de l'évolution de la maladie. La bonne réaction est simple : on referme le jeu sans commentaire, on réessaie plus tard, et l'on note l'observation pour en parler aux professionnels si elle se répète — sans en tirer soi-même aucune conclusion.

💡 Une phrase qui change tout

Quand la personne bute et se décourage, évitez « mais si, tu sais bien ». Préférez une formule qui rouvre la porte : « Prends ton temps, ça va revenir. Je te donne la première lettre si tu veux ? » On propose l'aide sans l'imposer, on retire la honte de l'oubli, et l'on maintient l'envie de continuer. Le manque du mot est un symptôme, jamais une faute.

Suivre les progrès et savoir quand en parler à un professionnel

Les jeux, en plus de stimuler, offrent une fenêtre d'observation précieuse. Sans jamais jouer au médecin, l'entourage remarque au fil des semaines ce qui reste stable, ce qui s'améliore avec l'habitude, ou ce qui change nettement. Consigner ces observations, sobrement, aide l'équipe soignante bien plus qu'un souvenir approximatif rapporté en consultation. On note des faits — « depuis quinze jours, plus de mal à suivre les consignes en deux étapes » — et non des interprétations.

Ce qu'il est utile de noter

  • La régularité — à quelle fréquence la personne joue, et si l'envie est présente ou en baisse.
  • Les moments favorables — les heures où elle est le plus à l'aise, une information utile aux soignants pour situer les effets du traitement.
  • Les changements nets et durables — un manque du mot beaucoup plus marqué, une difficulté nouvelle à comprendre une consigne simple, une perte d'intérêt franche.
  • L'humeur — repli, tristesse persistante, anxiété : le moral compte autant que la cognition et se traite.

Un point mérite d'être clair sur les tests que l'on trouve en ligne. Ils peuvent donner un premier repère, une manière de situer où l'on en est, mais ils n'ont aucune valeur diagnostique. Le catalogue de tests cognitifs DYNSEO — mémoire, attention, fonctions exécutives — s'utilise dans cet esprit : un point de départ pour échanger avec les professionnels, jamais un verdict. Seuls un neurologue et, le cas échéant, un neuropsychologue peuvent évaluer réellement la cognition dans la maladie de Parkinson.

⚠️ Quand consulter sans attendre

Certains signes justifient d'en parler rapidement au médecin traitant ou au neurologue : un changement cognitif rapide et inhabituel, une confusion nouvelle, des hallucinations, une chute de moral marquée ou des idées noires, une perte d'autonomie soudaine. En cas de malaise brutal, de chute grave ou de trouble neurologique aigu, contactez sans attendre les services d'urgence de votre pays. Ces situations relèvent du soin, pas du jeu : aucun exercice de mémoire ne doit retarder un avis médical.

Ce suivi profite aussi à l'entourage. Accompagner une personne au long cours use, surtout lorsque l'on cherche seul à tout faire et à tout observer. Partager ces notes avec les autres proches, les soignants ou une équipe d'accueil de jour allège la charge et évite que l'aidant ne s'épuise en silence. Demander de l'aide n'est pas un échec : c'est la condition pour tenir dans la durée, et pour que les moments de jeu restent un plaisir plutôt qu'une obligation de plus. Un aidant reposé propose de meilleures séances qu'un aidant à bout.

Pour objectiver ce que l'on observe, quelques supports simples aident : un carnet où l'on note en une ligne la séance du jour, un tableau de suivi à imprimer. Le catalogue d'outils DYNSEO propose ce type de ressources gratuites, utiles pour transmettre aux professionnels une trace concrète plutôt qu'une impression. Objectiver, c'est aussi se rassurer : on constate souvent que la stabilité l'emporte sur le déclin redouté. En définitive, proposer des jeux de mémoire adaptés à la maladie de Parkinson, c'est offrir chaque jour un rendez-vous où la personne réussit, participe et se sent reconnue : un soin de la relation autant que de la cognition, qui ne remplace jamais l'accompagnement médical mais l'enrichit de tout ce qui fait le sel du quotidien.

Pour aller plus loin

Ce guide se concentre sur les jeux et leur adaptation. D'autres aspects de la vie avec la maladie de Parkinson méritent chacun un développement à part entière :

Questions fréquentes

Les jeux de mémoire peuvent-ils ralentir la maladie de Parkinson ?

Non, aucun jeu ne ralentit ni ne soigne la maladie : il faut être honnête sur ce point. La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative dont la prise en charge repose sur le suivi neurologique, les traitements et les rééducations. Les jeux de mémoire ont une autre valeur : entretenir des fonctions sollicitées, maintenir l'envie, préserver le lien social et le moral, qui comptent beaucoup au quotidien. Ils s'inscrivent dans une stimulation cognitive régulière, en complément des soins, jamais à leur place. Le meilleur bénéfice attendu est un bénéfice de qualité de vie et d'engagement, ce qui est déjà considérable, sans aucune promesse sur l'évolution de la maladie elle-même.

Comment adapter un jeu quand les tremblements gênent la manipulation ?

La règle est de ne jamais évaluer la mémoire à travers le geste. Concrètement, on propose à la personne de répondre à voix haute ou de désigner du regard pendant que l'accompagnant manipule les pièces : « dis-moi laquelle et je la retourne ». On choisit de grandes cartes rigides, des jetons larges, une tablette posée sur un support stable plutôt que tenue à la main. On privilégie les jeux à grandes cibles et sans limite de temps. Beaucoup de familles découvrent ainsi des capacités qu'elles croyaient perdues : ce n'était pas la mémoire qui faisait défaut, mais le matériel, inadapté à la gêne motrice. Adapter le support révèle souvent la réussite.

Quelle est la bonne durée pour une séance de jeux ?

Mieux vaut court et régulier que long et occasionnel. Dix à quinze minutes suffisent le plus souvent, une fois par jour ou presque, de préférence au moment où la personne est la plus à l'aise — souvent lorsque le traitement agit pleinement. On s'arrête sur une réussite, avant que la fatigue ne s'installe, pour que la séance laisse un souvenir agréable et donne envie de recommencer. La fatigue est fréquente dans la maladie de Parkinson et ne se corrige pas par la volonté : forcer une séance quand elle est présente est contre-productif. Deux petits jeux enchaînés valent souvent mieux qu'une longue séance qui finit dans la lassitude.

Faut-il corriger la personne quand elle se trompe ?

Rarement de façon frontale. L'objectif d'un jeu n'est pas la bonne réponse mais la participation et le plaisir. Face à une erreur ou à un manque du mot, on propose plutôt une aide discrète : la première lettre, un indice, une reformulation. On évite « mais si, tu sais bien », qui accentue la gêne. On préfère « prends ton temps, ça va revenir ». Le manque du mot est un symptôme fréquent, pas une faute : le souligner décourage et fait abandonner. Valoriser chaque réussite, même partielle, et dédramatiser l'erreur maintiennent la confiance. C'est cette atmosphère bienveillante, autant que le jeu, qui donne envie de continuer jour après jour.

À partir de quel moment faut-il en parler au médecin ou à l'orthophoniste ?

Dès qu'un changement net et durable s'installe : une difficulté nouvelle à comprendre des consignes simples, un manque du mot beaucoup plus marqué, une perte d'intérêt franche, une baisse de moral persistante. On note ces observations en une ligne, avec des faits plutôt que des interprétations, et on les transmet lors du prochain rendez-vous, ou plus tôt si cela s'aggrave vite. Un changement cognitif rapide, une confusion, des hallucinations ou des idées noires justifient un avis sans attendre. Les jeux aident à repérer, jamais à diagnostiquer : seuls le neurologue, l'orthophoniste ou le neuropsychologue peuvent évaluer et orienter. En parler tôt permet souvent d'ajuster l'accompagnement au bon moment.

ℹ️ Information et non avis médical

Cet article a une visée d'information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un avis médical, ni un traitement, ni une rééducation. La maladie de Parkinson, son évolution et sa prise en charge relèvent du neurologue et de l'équipe soignante. Pour toute question concernant une situation personnelle, adressez-vous au médecin traitant, au neurologue ou aux professionnels de rééducation qui suivent votre proche.

SENIORS
Notre application

Plus de 30 jeux de stimulation cognitive pensés pour les seniors et les personnes fragilisées, avec un accompagnement doux et progressif, sur tablette.

Découvrir →
EDITH

Prolonger ces jeux de mémoire, chaque jour, en douceur

Des jeux de stimulation cognitive pensés pour les seniors, avec de grandes images, un rythme libre et un niveau qui s'ajuste : l'application EDITH accompagne au quotidien les personnes vivant avec la maladie de Parkinson, en complément des soins et des jeux partagés en famille.

Découvrir l'application EDITH

How useful was this post?

Click on a star to rate it!

Average rating 0 / 5. Vote count: 0

No votes so far! Be the first to rate this post.

We are sorry that this post was not useful for you!

Let us improve this post!

Tell us how we can improve this post?

Ce contenu vous a aidé ? Soutenez DYNSEO 💙

Nous sommes une petite équipe de 14 personnes basée à Paris. Depuis 13 ans, nous créons gratuitement des contenus pour aider les familles, les orthophonistes, les EHPAD et les professionnels du soin.

Vos retours sont notre seule façon de savoir si ce travail vous est utile. Un avis Google nous aide à toucher d'autres familles, soignants et thérapeutes qui en ont besoin.

Un seul geste, 30 secondes : laissez-nous un avis Google ⭐⭐⭐⭐⭐. Ça ne coûte rien, et ça change tout pour nous.

Avis Google DYNSEO
4,9 · 49 avis
Voir tous les avis →
M
Marie L.
Famille d'une personne âgée
Application formidable pour ma mère atteinte d'Alzheimer. Les jeux la stimulent vraiment et l'équipe est à l'écoute. Un grand merci à toute l'équipe DYNSEO !
S
Sophie R.
Orthophoniste
J'utilise les jeux DYNSEO tous les jours en cabinet avec mes patients. Variés, bien conçus, et adaptés à tous les niveaux. Mes patients adorent et progressent vraiment.
P
Patrick D.
Directeur d'EHPAD
Nous avons fait former toute notre équipe par DYNSEO sur la stimulation cognitive. Formation Qualiopi sérieuse, contenu pertinent et applicable au quotidien. Vraie valeur ajoutée pour nos résidents.
Bonjour, je suis Coach JOE !
En ligne

🛒 0 Mon panier