Accompagner les élèves avec troubles des apprentissages : posture professionnelle, travail en équipe et montée en compétences
Accompagner les élèves avec troubles des apprentissages met à l'épreuve trois compétences que la formation initiale aborde rarement en détail : savoir exactement où s'arrête son rôle et où commence celui du soin, savoir écrire ce qu'on observe de manière exploitable par toute une équipe, et savoir parler à des familles inquiètes sans sortir de son périmètre. Ce ne sont pas des qualités innées : elles relèvent d'une posture qui s'apprend, se formule et s'évalue, au même titre que n'importe quelle compétence de formation professionnelle.
Cet article ne parle donc pas des troubles DYS eux-mêmes, mais de la manière de les accompagner en tant que professionnel : la juste distance, la traçabilité, la coordination pluridisciplinaire, la relation aux familles, et un sujet qu'on repousse toujours—l'usure de celles et ceux qui font ce métier avec exigence. Vous y trouverez des formulations concrètes, des exemples de transmissions et des repères de cadre, plutôt que des généralités sur la bienveillance.
L'essentiel en 30 secondes
La posture professionnelle face aux troubles des apprentissages tient en une phrase : observer et adapter la pédagogie relève de vous, coordonner relève de l'équipe éducative, diagnostiquer et rééduquer relèvent des professionnels de santé.
- Une observation utile décrit un fait daté et situé—jamais une étiquette collée à l'élève.
- La traçabilité (PAP, PPRE, cahier de suivi) ne sert pas l'administration : elle protège la continuité de l'accompagnement.
- Avec les familles, on décrit ce qu'on constate en classe et on oriente vers un bilan ; on ne pose jamais de diagnostic.
- L'usure professionnelle s'installe silencieusement chez les enseignants et les AESH : elle se repère à des signaux précis.
- Se former réduit une grande part de la charge mentale : beaucoup de fatigue vient de l'incertitude sur ce qu'il faut faire.
La posture professionnelle : jusqu'où va votre rôle
La difficulté n'est pas de connaître les troubles des apprentissages : c'est de tenir une position juste entre deux dérives symétriques. D'un côté, en faire trop—expliquer à une famille que son enfant « est sûrement dyslexique », prescrire mentalement une rééducation, promettre que tout rentrera dans l'ordre. De l'autre, se réfugier derrière le périmètre pour éviter une conversation difficile ou un aménagement qui demande de l'énergie.
La règle de base est simple à énoncer et exigeante à tenir : l'enseignant, l'AESH ou le coordonnateur observent des manifestations en situation d'apprentissage et adaptent leur pédagogie. Le diagnostic d'un trouble spécifique (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, dysphasie, trouble de l'attention) relève d'un bilan mené par des professionnels de santé : médecin, orthophoniste, neuropsychologue, ergothérapeute, selon les cas. Poser soi-même une étiquette, même de bonne foi, peut retarder une prise en charge, inquiéter à tort ou, à l'inverse, rassurer faussement.
| Situation | ✅ Ce que vous pouvez dire ou faire | ❌ Ce qui sort de votre rôle |
|---|---|---|
| Un élève inverse systématiquement b/d et lit très lentement | Décrire précisément ce qu'on observe, mettre en place des aménagements pédagogiques, proposer aux parents de consulter | Annoncer « c'est une dyslexie » |
| Une famille demande si l'enfant « va s'en sortir » | « En classe, il progresse à l'oral et sur les consignes courtes. Pour l'évolution, les professionnels qui feront le bilan seront les mieux placés. » | Donner un pronostic, même optimiste |
| Un élève décroche en fin de journée, agité | Signaler le fait, son heure, son contexte, adapter le rythme des tâches | Conclure à un trouble de l'attention ou à un problème familial |
| Les parents contestent un aménagement | Réexpliquer l'objectif pédagogique, renvoyer à l'équipe éducative pour arbitrage | Céder ou imposer seul, hors cadre collectif |
| Un élève confie une souffrance (moqueries, dévalorisation) | Accueillir la parole, rassurer, transmettre au professeur principal et à l'infirmerie | Promettre le secret absolu ou minimiser |
| Un aménagement décidé vous semble inadapté | Le questionner en équipe éducative, avec des faits observés | L'appliquer différemment sans en parler |
Le piège spécifique des troubles DYS : confondre difficulté et paresse
Les troubles des apprentissages ne touchent ni l'intelligence, ni la volonté de l'élève. Or la lenteur, les erreurs répétées malgré les efforts et la fatigabilité déclenchent presque mécaniquement des jugements : « il ne fait pas d'efforts », « elle est distraite », « il pourrait s'il voulait ». Ces phrases, prononcées devant l'élève ou dans un bulletin, laissent des traces durables sur l'estime de soi.
Le réflexe professionnel consiste à distinguer ce que l'élève ne peut pas encore faire de ce qu'il ne veut pas faire—deux réalités qui appellent des réponses opposées. Un enfant qui recopie lentement parce que le geste graphique lui coûte n'a pas besoin qu'on lui demande d'aller plus vite : il a besoin qu'on réduise la quantité à copier ou qu'on lui fournisse un support déjà écrit.
Avant de qualifier un comportement, posez-vous cette question : « Est-ce que je décris ce que je vois, ou ce que j'en déduis ? » « Il a rendu trois lignes sur dix en vingt minutes » est une observation. « Il est feignant » est un jugement. Seule la première formulation permet d'agir, de transmettre et d'aider. La seconde ferme la porte.
Traçabilité et transmissions : quoi noter, comment le partager
Une transmission a plusieurs destinataires : le collègue qui prendra la classe l'an prochain, l'AESH qui accompagne l'élève, l'équipe éducative, et parfois les professionnels de santé qui suivent l'enfant à l'extérieur. Elle doit permettre à quelqu'un qui n'était pas là de comprendre ce qui se passe et d'agir. La plupart des écrits échouent parce qu'ils livrent une conclusion à la place d'une observation.
En milieu scolaire, cette traçabilité prend des formes cadrées : le PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) pour les difficultés d'apprentissage, le PAP (plan d'accompagnement personnalisé) pour les troubles des apprentissages avérés, le PPS (projet personnalisé de scolarisation) lorsqu'une reconnaissance de la MDPH est en jeu. Ces documents ne sont pas des formalités : ce sont les outils qui garantissent qu'un aménagement ne disparaît pas au changement de professeur.
- Un fait, pas une étiquette. Ce qui a été vu, lu ou entendu, pas ce qu'on en déduit.
- Daté et situé. Le moment de la journée et le type de tâche changent l'interprétation du tout au tout, en particulier avec la fatigue cognitive.
- Le contexte immédiat. Ce qui précédait, la longueur de la consigne, le niveau de bruit, le support utilisé.
- Ce qui a fonctionné. C'est l'information la plus précieuse et la plus souvent oubliée : elle permet au collègue suivant de reproduire ce qui marche.
- Ce qui est nouveau. Signaler explicitement qu'une difficulté n'existait pas au trimestre précédent : c'est ce qui justifie une réunion ou une orientation.
| ❌ Transmission inexploitable | ✅ Transmission utile |
|---|---|
| Élève en difficulté en français | Lit environ 40 mots/minute à voix haute ; comprend le texte quand un adulte le lit à sa place |
| Ne fait pas ses exercices | Rend les exercices oraux ; laisse les exercices écrits longs inachevés, quel que soit le sujet |
| Manque d'autonomie | Démarre seul si la consigne fait une phrase ; se bloque sur les consignes à plusieurs étapes |
| Agité l'après-midi | Se lève et bavarde à partir de 14 h sur les tâches écrites ; concentré le matin sur les mêmes tâches |
| Progrès en maths | Pose les opérations correctement depuis qu'il utilise du papier quadrillé grand format—nouveau ce mois-ci |
| Parents pénibles | La mère a demandé un point sur les aménagements ; souhaite un rendez-vous avec le professeur principal |
Tout élément nouveau chez un élève jusque-là stable—chute soudaine des résultats, repli, endormissement en classe, plaintes physiques répétées, propos inquiétants—doit être signalé explicitement comme nouveau, et non noyé dans une appréciation trimestrielle. C'est ce signalement qui permet à l'infirmier, au médecin scolaire ou au psychologue de l'Éducation nationale d'entrer en jeu. En cas de danger immédiat pour l'élève, on alerte sans délai l'encadrement et, si nécessaire, les services d'urgence de votre pays.
Pour outiller ces observations au quotidien, plusieurs supports gratuits font gagner du temps sans alourdir la classe : la grille de relecture orthographique permet de tracer les types d'erreurs plutôt que leur nombre, la fiche d'auto-correction de dictée rend l'élève acteur de son suivi, et l'aide-mémoire des confusions b/d p/q objective ce qui progresse. L'ensemble du catalogue d'outils DYNSEO est librement téléchargeable.
Travail pluridisciplinaire : qui fait quoi et comment coordonner
Autour d'un élève avec troubles des apprentissages gravitent souvent plusieurs professionnels qui ne se croisent presque jamais : certains sont dans l'établissement, d'autres à l'extérieur. La coordination est le seul moment où l'information circule vraiment—à condition que chacun sache ce qu'il apporte de spécifique et respecte le périmètre des autres.
| Professionnel | Ce qu'il apporte de spécifique |
|---|---|
| Enseignant | Ce que l'élève fait réellement en classe, sur quelles tâches, à quel moment, avec quels supports |
| AESH | L'observation fine de l'autonomie, des blocages et des aides qui fonctionnent au plus près de l'élève |
| Professeur principal / coordonnateur | La cohérence entre les disciplines, le suivi du PAP ou du PPRE, le lien avec la famille |
| Psychologue de l'Éducation nationale | La lecture du fonctionnement cognitif et de l'estime de soi, l'orientation vers les bilans |
| Médecin et infirmier scolaires | L'avis médical, le déclenchement du PAP, le lien avec les soignants extérieurs |
| Orthophoniste, ergothérapeute (libéraux) | Le diagnostic, la rééducation, les consignes techniques à relayer en classe |
| Enseignant référent / RASED | L'expertise sur les aménagements, le lien avec la MDPH et le PPS |
| Chef d'établissement | Les arbitrages, les moyens, la cohérence du parcours |
Préparer trois minutes utiles en équipe éducative
Une équipe éducative ou une équipe de suivi de scolarisation dure rarement longtemps, et beaucoup de participants y arrivent sans préparation. Or trois minutes préparées valent mieux que dix minutes improvisées. Le format qui fait avancer les décisions tient en quatre temps.
- Un constat, formulé comme un fait daté : « depuis la rentrée, les productions écrites longues sont abandonnées à la moitié, dans toutes les matières ».
- Une hypothèse, présentée comme telle : « cela pourrait être lié au coût du geste graphique plus qu'au fond ».
- Une question précise : « peut-on autoriser l'ordinateur ou le dictée à un adulte pour les évaluations longues ? »
- Une proposition que vous êtes prêt à tester : « je peux essayer un mois et noter ce que ça change sur la quantité produite ».
Ce format transforme une plainte en décision. Il donne aussi du poids à la parole des professionnels de terrain—enseignants et AESH—souvent les mieux informés du quotidien de l'élève et pourtant les moins entendus dans les réunions. Coordonner, ce n'est pas tout faire : c'est faire circuler les bonnes informations aux bonnes personnes, et savoir renvoyer une question de rééducation vers l'orthophoniste plutôt que d'y répondre soi-même.
La coordination avec les soignants extérieurs mérite une attention particulière. Quand un élève est suivi par un orthophoniste ou un ergothérapeute en libéral, ces professionnels transmettent parfois des consignes utiles à la classe : types de supports, adaptations de la présentation, gestes à favoriser. Avec l'accord de la famille, un lien même bref—un mot dans un cahier, un appel via le médecin scolaire—évite que l'école et le soin travaillent en parallèle sans jamais se rencontrer. Ce que le soignant construit en séance a d'autant plus d'effet qu'il est relayé dans les apprentissages du quotidien, et réciproquement, ce que l'enseignant observe en classe éclaire utilement la rééducation.
Poser un cadre clair pour toute l'équipe
La formation « Accompagner les élèves avec troubles des apprentissages » propose 27 leçons pour clarifier les rôles, structurer les transmissions et outiller la classe—100 % en ligne, à suivre à son rythme, avec un accès illimité.
Découvrir la formation—150 €Communiquer avec les familles
Les parents d'un élève en difficulté d'apprentissage arrivent presque toujours avec un mélange de culpabilité, d'inquiétude et parfois de méfiance envers l'école. Certains ont déjà entendu, année après année, des remarques négatives sur leur enfant. Ce qu'ils expriment sous forme de reproche est très rarement dirigé contre vous personnellement.
Les trois situations les plus fréquentes
Suggérer un bilan sans diagnostiquer
On décrit des faits observés en classe : « il comprend très bien à l'oral, mais l'écrit lui demande un effort qui l'épuise vite ». Puis on oriente : « un bilan chez un orthophoniste permettrait d'y voir plus clair. Je peux vous mettre en lien avec le médecin scolaire. »
Recadrer une demande
« Je comprends votre demande. Ce n'est pas moi seul qui peux en décider ; je la porte en équipe éducative et le professeur principal reviendra vers vous. » Une formulation qui ne rejette pas le parent et ne promet rien qu'on ne pourra tenir.
La famille qui fait les devoirs à la place
Fréquent et bien intentionné. On explique le bénéfice concret : « quand il cherche seul, même en se trompant, il apprend à s'organiser. Vous pouvez l'aider à démarrer, puis le laisser essayer—c'est plus efficace que de corriger à sa place. »
« Je comprends que ce soit difficile de voir votre enfant se décourager. » Accuser réception de l'émotion avant de répondre sur le fond fait retomber la plupart des tensions de couloir ou de fin de réunion. Et l'échange se transmet ensuite, même bref : une inquiétude non transmise revient souvent quelques semaines plus tard, amplifiée, au niveau de la direction ou de l'inspection.
Un point mérite d'être posé clairement : quand un élève montre des signes de souffrance persistants—perte d'estime de soi marquée, anxiété scolaire, propos négatifs sur lui-même—on ne se contente pas d'aménager la pédagogie. On oriente vers le médecin scolaire, le psychologue de l'Éducation nationale ou le médecin traitant. La difficulté d'apprentissage et le mal-être qui l'accompagne parfois ne relèvent pas du même champ, et le second demande un regard de professionnel de santé.
Prévenir l'usure professionnelle dans ce contexte
Les métiers de l'enseignement et de l'accompagnement cumulent charge cognitive, charge émotionnelle et contrainte de temps. Accompagner des élèves dont les progrès sont lents, parfois en dents de scie, expose particulièrement : on investit beaucoup pour des résultats peu spectaculaires, et la reconnaissance vient rarement. Les AESH, souvent en première ligne et dans des conditions statutaires précaires, y sont exposés autant que les enseignants.
Les signaux
Fatigue qui ne cède plus au repos, appréhension avant la prise de classe, irritabilité inhabituelle, troubles du sommeil, sentiment de ne jamais en faire assez malgré l'investissement.
La mise à distance
Se surprendre à parler des élèves comme de problèmes à gérer, à éviter certains échanges, à tout faire vite systématiquement. C'est un mécanisme de protection—et un signal à écouter.
Ce qui protège
Pouvoir parler des situations difficiles en équipe, avoir des repères clairs sur son rôle, et voir les progrès—d'où l'utilité de tracer ce qui évolue, même à petits pas.
Quand consulter
Si les signaux durent plusieurs semaines, en parler à la médecine du travail ou à son médecin. C'est un acte professionnel, pas un aveu de faiblesse.
Un point mérite d'être dit explicitement : une part importante de la fatigue dans ce métier ne vient pas des tâches, mais de l'incertitude. Ne pas savoir si une difficulté est « normale » ou pathologique, si l'on peut insister ou si l'on braque, si l'on aurait dû signaler plus tôt. Comprendre les mécanismes en jeu et disposer de repères de rôle allège cette charge mentale de manière très concrète—c'est d'ailleurs le retour le plus souvent rapporté par les professionnels après une formation sur le sujet. Savoir précisément ce qui relève de soi et ce qui relève d'un autre, c'est aussi ce qui permet de rentrer chez soi le soir sans porter tout l'établissement sur les épaules.
Trois habitudes qui tiennent dans une semaine chargée
- Un temps d'échange court et régulier entre enseignant et AESH sur ce qui a fonctionné, plutôt qu'un débriefing improvisé une fois par trimestre.
- Une seule priorité par élève à la fois : viser un objectif atteignable évite le sentiment d'échec permanent qui use.
- Le droit de renvoyer : se donner l'autorisation de dire « ceci relève du soin, je transmets » au lieu de tout porter seul.
Se former pour accompagner les élèves avec troubles des apprentissages : la formation professionnelle en pratique
Dans la plupart des systèmes éducatifs, la formation continue des enseignants et des personnels d'accompagnement relève à la fois d'un droit, d'une obligation d'employeur et de la démarche qualité des établissements. Les modalités varient : plans de formation académiques, formations d'établissement, animations pédagogiques, obligations liées aux référentiels de compétences. Dans le secteur privé et associatif, la logique du plan de développement des compétences et le rôle des opérateurs de compétences (OPCO) s'ajoutent.
Sur le plan pratique, trois éléments sont attendus dans presque toutes les configurations lorsqu'une formation est financée ou tracée : un programme écrit avec des objectifs pédagogiques clairs, un organisme identifiable et, de plus en plus, certifié, et une preuve individuelle de réalisation par participant.
| Élément attendu | Ce que fournit la formation DYNSEO |
|---|---|
| Programme détaillé | 27 leçons structurées, avec objectifs pédagogiques et outils concrets pour la classe |
| Organisme certifié | Organisme de formation certifié Qualiopi—N° 11757351875 |
| Preuve de réalisation | Attestation de fin de formation pour chaque participant |
| Souplesse de suivi | 100 % en ligne, à son rythme, accès illimité—compatible avec les emplois du temps chargés |
| Coût maîtrisé | Tarif indicatif de 150 €, lisible pour un budget d'établissement ou individuel |
Concernant le financement, la certification Qualiopi est la condition qui permet à un employeur d'envisager une prise en charge au titre du plan de développement des compétences ou par son opérateur de compétences. Les règles, plafonds et procédures varient selon les statuts, les branches et les financeurs : faites valider le programme et le devis par votre service RH, votre gestionnaire ou votre organisme financeur avant l'inscription, jamais après. Aucun montant d'aide ne peut être présenté comme acquis d'avance : il dépend toujours de votre situation.
Demandez trois documents à l'organisme : le programme daté avec les objectifs, la mention du numéro de certification Qualiopi, et le modèle d'attestation remis en fin de parcours. Ce sont exactement les pièces qu'un service RH, un financeur ou un contrôle qualité vous réclameront. Les avoir dès le départ évite de refaire la démarche a posteriori.
Au-delà de la formation, deux ressources gratuites complètent utilement la montée en compétences d'une équipe : les tests cognitifs DYNSEO, utiles pour mieux comprendre les fonctions en jeu dans les apprentissages, et l'application COCO, conçue pour les enfants de 5 à 10 ans, qui propose des jeux de logique, de mémoire et de langage adaptables au rythme de chacun. Pour les publics adultes concernés par des troubles cognitifs acquis, l'application JOE répond à d'autres besoins. Ces outils ne remplacent ni un bilan ni une rééducation : ils soutiennent l'entraînement et la motivation.
Déployer une formation dans une équipe
Le vrai risque d'une formation en ligne n'est pas qu'elle soit mal suivie : c'est qu'elle soit suivie, appréciée, puis sans effet quelques semaines plus tard. Déployer une formation dans un établissement, ce n'est pas seulement acheter des accès : c'est organiser le suivi, tracer les présences et faire vivre les acquis. Quelques mécanismes simples évitent le naufrage.
- Un calendrier réaliste : répartir les 27 leçons sur plusieurs semaines plutôt que d'imposer un bloc. Le format en ligne à son rythme est fait pour ça.
- Un suivi des présences et des attestations : centraliser qui a suivi quoi, conserver les attestations nominatives pour la démarche qualité et d'éventuels contrôles.
- Un point court après chaque module : cinq minutes en réunion pour décider ce qu'on garde, appliqué à quel élève, dès quand.
- Une décision concrète par module : une seule, mais réelle—l'ordinateur autorisé en évaluation longue, la consigne reformulée en une phrase, le support déjà écrit fourni.
- Un référent identifié : une personne vers qui aller en cas de doute, plutôt qu'un savoir diffus que personne n'incarne.
La logique est la même que pour un PAP : ce qui n'est pas écrit et attribué à quelqu'un disparaît au premier remplacement ou au changement d'année. Un bilan à trois mois, avec une question unique—« qu'est-ce qui a changé pour les élèves concernés ? »—distingue une formation utile d'une formation simplement consommée. C'est ce suivi, plus que le contenu lui-même, qui fait la différence sur le terrain.
Pour aller plus loin
Situations du quotidien10 situations difficiles rencontrées avec les élèves DYS et comment y répondre
Guide de fondAccompagner les élèves avec troubles des apprentissages : le guide complet pour comprendre ce qui se joue
La formationProgramme, contenu et public de la formation « stratégies et outils pour la classe »
Pour outiller concrètement la classe au-delà de cet article, plusieurs supports gratuits prolongent les pratiques décrites ici : les cartes de lecture flash par syllabes pour fluidifier le déchiffrage, le plan de rédaction visuel pour structurer les productions écrites, et l'ensemble du catalogue d'outils DYNSEO, entièrement téléchargeable.
Questions fréquentes
Puis-je dire à une famille que son enfant est dyslexique ?
Non : le diagnostic d'un trouble des apprentissages relève de professionnels de santé, à l'issue d'un bilan. Votre rôle est de décrire précisément ce que vous observez en classe—« il comprend très bien à l'oral mais l'écrit l'épuise »—et d'orienter vers une consultation. Vous pouvez proposer un rendez-vous avec le médecin scolaire, qui fera le lien avec les soignants. Poser soi-même une étiquette, même avec de bonnes intentions, risque d'inquiéter à tort ou de retarder une prise en charge adaptée. Décrire et orienter : voilà le périmètre juste.
Que noter dans le suivi d'un élève avec troubles des apprentissages ?
Des faits datés et situés, pas des jugements. Notez ce que l'élève fait réellement, sur quel type de tâche, à quel moment, et surtout ce qui a fonctionné—c'est l'information la plus utile au collègue suivant. Signalez explicitement tout élément nouveau. Ces observations alimentent les dispositifs cadrés comme le PPRE ou le PAP, qui garantissent la continuité des aménagements d'une année à l'autre. Évitez les formules vagues du type « en difficulté » ou « peu autonome » : elles ne permettent ni d'agir ni de transmettre quoi que ce soit d'exploitable.
La formation continue est-elle obligatoire pour accompagner ces élèves ?
Les obligations varient selon les statuts, les pays et les employeurs, mais la formation continue relève presque partout à la fois d'un droit et des exigences des référentiels applicables. En pratique, ce qui est demandé lors des contrôles ou des évaluations qualité est un programme écrit, un organisme identifiable et certifié, et une preuve individuelle de réalisation. Une formation certifiée Qualiopi, avec attestation nominative, répond à ces attentes. Pour connaître les règles précises applicables chez vous et les possibilités de financement, rapprochez-vous de votre encadrement ou de votre service des ressources humaines.
Comment financer une formation Qualiopi pour mon équipe ?
La certification Qualiopi est la condition qui ouvre la possibilité d'une prise en charge au titre du plan de développement des compétences ou par un opérateur de compétences (OPCO). Les plafonds, priorités et procédures dépendent de votre branche, de votre statut et de votre financeur : aucun montant ne peut être garanti à l'avance. La bonne démarche consiste à faire valider le programme et le devis par votre service RH ou votre organisme financeur avant l'inscription. Demandez dès le départ le programme daté, le numéro de certification et le modèle d'attestation : ce sont les pièces exigées.
Comment éviter qu'une formation reste sans effet en classe ?
En transformant chaque module en une décision unique, écrite et appliquée à un élève précis, plutôt qu'en intention générale. Prévoyez un point de cinq minutes après chaque module, un référent identifié, et un bilan à trois mois portant sur ce qui a changé pour les élèves concernés. Le format en ligne à son rythme permet d'étaler le suivi sans immobiliser l'équipe. Sans ces mécanismes, même une formation bien suivie s'efface en quelques semaines : c'est l'organisation autour du contenu, autant que le contenu lui-même, qui produit un effet durable.
Cet article propose des repères professionnels généraux. Les obligations de formation, les règles de financement et les périmètres de responsabilité varient selon les pays, les statuts et les employeurs : référez-vous à votre encadrement, à votre service RH et aux protocoles de votre établissement. Le diagnostic et la rééducation des troubles des apprentissages relèvent de professionnels de santé. Ce contenu ne constitue ni un avis médical, ni un avis juridique.
Monter en compétences pour accompagner les élèves avec troubles des apprentissages, sans immobiliser l'équipe
27 leçons à répartir sur les temps disponibles, 100 % en ligne et à son rythme. Organisme certifié Qualiopi N° 11757351875, attestation de fin de formation pour chaque participant.
Découvrir la formation—150 €Ce contenu vous a aidé ? Soutenez DYNSEO 💙
Nous sommes une petite équipe de 14 personnes basée à Paris. Depuis 13 ans, nous créons gratuitement des contenus pour aider les familles, les orthophonistes, les EHPAD et les professionnels du soin.
Vos retours sont notre seule façon de savoir si ce travail vous est utile. Un avis Google nous aide à toucher d'autres familles, soignants et thérapeutes qui en ont besoin.
Un seul geste, 30 secondes : laissez-nous un avis Google ⭐⭐⭐⭐⭐. Ça ne coûte rien, et ça change tout pour nous.
