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Familles & aidants · École, écrans & adolescence

Addiction aux écrans chez les collégiens et lycéens : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Face à une addiction aux écrans chez les collégiens et lycéens, les parents finissent presque tous par se poser la même question, souvent tard, souvent un soir de conflit : « À qui je m'adresse, maintenant ? » On a lu les articles, essayé les règles, négocié, crié, cédé. Et il reste ce sentiment d'être seul devant un mur, sans savoir quelle porte pousser ni dans quel ordre. Cet article ne parle ni des causes ni des solutions à la maison — d'autres le font. Il traite ce que personne ne vous explique : le parcours des aides et de l'accompagnement, les bons interlocuteurs, les dispositifs qui existent en France, et la façon de tenir sans y laisser votre propre santé.

  • ⏱️ 16 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en juillet 2026

Vous y trouverez une carte claire de qui fait quoi, les dispositifs à connaître et où déposer un dossier, la manière de préparer un rendez-vous pour qu'il serve vraiment à quelque chose, et un sujet dont on parle trop peu : l'épuisement du parent accompagnant, ses signaux, et le droit de souffler. Un principe traverse tout le texte : vous n'êtes pas censé porter cela seul, et demander de l'aide tôt est exactement ce qui permet de tenir dans la durée.

L'essentiel en 30 secondes

Deux portes d'entrée suffisent pour démarrer : le médecin traitant ou le pédiatre, qui écoute, évalue et oriente, et le service de santé scolaire (infirmière, médecin, psychologue de l'Éducation nationale), qui connaît l'enfant dans son cadre scolaire.

  • Plusieurs interlocuteurs existent — médecin, psychologue, pédopsychiatre, Maison des adolescents, Consultation jeunes consommateurs. Chacun a un rôle ; on ne s'adresse pas à tous en même temps.
  • Des dispositifs gratuits ou pris en charge existent en France — leurs conditions évoluent, on les vérifie toujours auprès de l'organisme concerné.
  • Un rendez-vous se prépare — quelques observations datées et deux ou trois questions écrites valent mieux qu'une heure de discussion improvisée.
  • L'épuisement du parent est un risque réel, pas un caprice. Il s'installe lentement et se repère à des signaux précis.
  • Devant tout signe de souffrance de l'adolescent — repli, tristesse durable, décrochage, troubles du sommeil marqués — on consulte un professionnel de santé sans tarder.

Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs

Quand un usage des écrans devient envahissant chez un adolescent, l'accompagnement n'est jamais l'affaire d'une seule personne. Aucun professionnel ne détient à lui seul l'ensemble du tableau. Savoir qui fait quoi évite deux pièges classiques : poser la bonne question à la mauvaise personne, et attendre des semaines un rendez-vous qui n'était pas le bon.

🩺

Médecin traitant / pédiatre

Le premier interlocuteur. Il écoute, examine, cherche ce qui se cache derrière l'écran — sommeil, anxiété, harcèlement, humeur — et oriente vers le bon spécialiste. C'est aussi lui qui coordonne le suivi.

🏫

Santé scolaire

Infirmière et médecin scolaire connaissent l'adolescent dans son cadre de tous les jours. Ils repèrent le décrochage, l'endormissement en classe, l'isolement, et peuvent recevoir l'élève sans que la famille ait tout à organiser.

🧠

Psychologue de l'Éducation nationale

Le PsyEN intervient au collège et au lycée sur le mal-être, l'anxiété scolaire et l'orientation. Un premier échange souvent plus facile à obtenir qu'un rendez-vous en ville, et gratuit.

💬

Psychologue

Reçoit l'adolescent, parfois la famille. Travaille l'anxiété, l'estime de soi, la régulation des émotions et la relation aux écrans. En libéral, en Maison des adolescents ou en centre médico-psychologique.

🧩

Pédopsychiatre

Le spécialiste médical de l'adolescence. On l'implique quand la souffrance est marquée : dépression, anxiété sévère, troubles associés. Il pose un diagnostic et propose une prise en charge coordonnée.

🏠

Maison des adolescents (MDA)

Un lieu d'accueil pluridisciplinaire, présent dans la plupart des départements, gratuit et sans rendez-vous obligatoire. On y rencontre des professionnels variés, pour l'ado comme pour les parents.

🎯

Consultation jeunes consommateurs (CJC)

Portée par des structures d'addictologie, gratuite et confidentielle. Pensée à l'origine pour les substances, elle accueille aussi les usages problématiques d'écrans et de jeux vidéo.

📋

CMP / CMPP

Les centres médico-psychologiques (enfants et adolescents) proposent un suivi pluridisciplinaire pris en charge. Les délais peuvent être longs : on s'y inscrit tôt, sans attendre la crise.

J'observe ça, je m'adresse à qui ?

Ce que vous observezLe bon interlocuteur pour commencer
Idées noires, propos inquiétants, geste qui vous alarmeServices d'urgence de votre pays, immédiatement, puis médecin
Usage envahissant mais adolescent qui va globalement bienMédecin traitant ou pédiatre, pour faire le point
Endormissement en classe, notes qui chutent, absencesInfirmière ou médecin scolaire, puis médecin traitant
Tristesse durable, repli, perte d'envieMédecin traitant, puis psychologue ou pédopsychiatre
Jeux vidéo ou réseaux qui prennent toute la placeConsultation jeunes consommateurs, gratuite et confidentielle
Insultes, images, harcèlement en ligneLe 3018 (violences numériques) et l'établissement scolaire
Anxiété forte, crises, refus d'aller au collègeMédecin traitant, Maison des adolescents ou CMP
Vous ne savez tout simplement pas par où commencerMaison des adolescents, ou médecin traitant
Vous êtes vous-même à boutVotre propre médecin, et une ligne d'écoute pour parents
💡 Le réflexe qui simplifie tout

Ne cherchez pas à contacter tout le monde en même temps. Commencez par une seule porte — le plus souvent le médecin traitant ou la santé scolaire — et laissez-vous orienter. Un professionnel qui connaît votre situation vous dirigera vers le bon spécialiste bien plus efficacement qu'une liste trouvée en ligne. Pour comprendre en profondeur ce qui se joue derrière l'écran, notre guide complet sur l'addiction aux écrans chez les adolescents pose les bases avant même le premier rendez-vous.

Les dispositifs et aides à connaître en France

Plusieurs dispositifs peuvent alléger le parcours, en réduisant le coût ou en donnant un cadre à l'accompagnement. Ils portent des noms précis, leurs conditions évoluent régulièrement, et un même besoin peut être couvert de plusieurs façons. Repérez d'abord de quel type de soutien vous relevez, puis faites préciser les conditions à jour par le professionnel qui vous suit ou par l'organisme concerné.

DispositifÀ quoi ça sertOù se renseigner / déposer
Mon soutien psySéances chez un psychologue partenaire, prises en charge par l'Assurance Maladie, sur adressage d'un médecinMédecin traitant, puis annuaire officiel du dispositif ; conditions et nombre de séances à vérifier
Consultation jeunes consommateursAccompagnement gratuit et confidentiel des usages problématiques (écrans, jeux, substances)Structure d'addictologie de votre secteur ; accès direct, sans avance de frais
Maison des adolescentsAccueil, écoute et orientation pluridisciplinaire pour l'ado et les parentsLa MDA de votre département ; souvent sans rendez-vous ni frais
CMP / CMPPSuivi psychologique ou pédopsychiatrique coordonné, pris en chargeLe centre de votre secteur ; inscription tôt, délais parfois longs
Aménagements scolairesPAI, PPS ou aménagements souples selon la situation, pour soulager la pression scolaireMédecin scolaire et équipe éducative de l'établissement
Reconnaissance d'un trouble associéSi un trouble de santé est identifié, un dossier auprès de la MDPH peut ouvrir des droitsMDPH du département ; sur avis médical, conditions strictes à vérifier au cas par cas

Un mot sur l'argent, car la question revient toujours : plusieurs de ces solutions sont gratuites ou prises en charge, et rien n'oblige à démarrer par des consultations coûteuses en libéral. La santé scolaire, la Maison des adolescents et la Consultation jeunes consommateurs sont accessibles sans avance de frais. Aucun montant, aucun plafond, aucun nombre de séances n'est présenté ici comme certain : ces règles changent, et seul l'organisme concerné peut vous donner l'information exacte au moment où vous en avez besoin.

⚠️ Ne présumez jamais d'un montant ou d'un droit

Les conditions d'accès, les plafonds de ressources, le nombre de séances remboursées et les critères d'ouverture des droits évoluent régulièrement et varient selon les situations. Ce que vous lisez dans un article, un forum ou même une brochure peut être périmé. Avant d'engager une démarche, faites confirmer les conditions à jour par le professionnel qui vous suit ou directement par l'organisme concerné. C'est la seule information fiable.

Trois réflexes qui font gagner des mois

  1. Ouvrez un dossier avant la crise. Les délais en CMP ou chez un pédopsychiatre peuvent être longs. S'inscrire tôt, quitte à annuler si tout s'arrange, vaut mieux qu'attendre d'être au pied du mur.
  2. Rassemblez vos documents dans une seule pochette. Bulletins, courriers, comptes rendus, ordonnances : un professionnel gagne un temps précieux quand la famille arrive avec l'historique en main.
  3. Appuyez-vous sur l'école. Le médecin scolaire, l'infirmière et le CPE sont des relais souvent sous-utilisés, gratuits, et déjà en contact avec votre adolescent.

Les numéros et lignes d'écoute utiles

Avant même le premier rendez-vous, des lignes d'écoute permettent de poser une question, de vérifier qu'on ne dramatise pas — ou au contraire qu'on ne minimise pas —, et d'être orienté. Elles s'adressent aux adolescents comme aux parents, et la plupart sont gratuites et confidentielles.

LignePour quoiPour qui
Fil Santé JeunesÉcoute santé, mal-être, relations, usages numériquesAdolescents et jeunes adultes
3018Harcèlement et violences numériques ; aide au retrait de contenusJeunes et parents
Net Écoute / e-EnfanceSécurité en ligne, cyberharcèlement, réseaux sociauxFamilles
Ligne dédiée aux parents et aidantsSoutien et orientation pour les proches en difficultéParents épuisés ou inquiets
Services d'urgence de votre paysDanger immédiat, idées suicidaires, geste inquiétantToute situation d'urgence

Retenez surtout ceci : appeler une ligne d'écoute n'engage à rien et ne fait pas de vous un mauvais parent. C'est souvent le geste le plus simple pour transformer une inquiétude floue en première marche concrète. Les coordonnées exactes et les horaires évoluent : vérifiez-les auprès de l'organisme au moment de l'appel. En cas de danger immédiat, ne cherchez pas la bonne ligne — contactez sans attendre les services d'urgence de votre pays.

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Préparer un rendez-vous vraiment utile

Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Sans préparation, elle part en généralités et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant. Quelques minutes de préparation changent tout, et cela vaut pour le médecin comme pour le psychologue ou le PsyEN.

  1. Notez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation : à quelle heure il se couche, combien de temps sur l'écran, ce qui déclenche les conflits, comment sont les repas, l'humeur, les résultats. Les faits datés valent mille fois « ça ne va pas fort ».
  2. Choisissez deux ou trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà, la dernière ne sera pas traitée.
  3. Décrivez sans juger. « Il joue jusqu'à deux heures du matin trois nuits sur sept » est plus utile au professionnel que « il est accro ». Vous décrivez, il évalue.
  4. Venez avec votre adolescent quand c'est possible, mais laissez-lui aussi la possibilité de parler seul au professionnel. Beaucoup de choses se disent hors de la présence des parents.
  5. Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on prend rendez-vous avec un psychologue et on refait le point dans un mois, c'est bien ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
  6. Demandez qui appeler entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question évite des semaines d'hésitation.

Les questions qui rapportent le plus

  • Ce que j'observe relève-t-il d'une phase, d'un usage problématique, ou d'une souffrance à traiter ?
  • Y a-t-il quelque chose derrière l'écran — anxiété, harcèlement, sommeil, humeur — qu'il faudrait explorer ?
  • Quels signes doivent me faire consulter en urgence, et lesquels peuvent attendre ?
  • Un accompagnement psychologique est-il indiqué, et vers qui m'orientez-vous ?
  • Que puis-je faire, moi, à la maison, sans que cela devienne un rapport de force permanent ?
  • Faut-il impliquer l'école, et comment ?
💡 Ce que vous pouvez dire à votre adolescent avant le rendez-vous

Plutôt que « on va voir quelqu'un parce que tu as un problème », essayez : « Je vois que c'est compliqué en ce moment, et je ne veux pas gérer ça seul contre toi. On va voir quelqu'un ensemble, pour trouver comment souffler tous les deux. » Vous vous placez à côté de lui, pas en face. ❌ À éviter : présenter le professionnel comme un juge ou une punition — « puisque tu ne m'écoutes pas, on va voir un psy » ferme la porte avant même le premier rendez-vous.

L'épuisement du parent : le repérer à temps

Il ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des semaines de conflits, de nuits écourtées et de vigilance permanente, pendant lesquelles vous vous dites que ça va, que d'autres parents gèrent bien pire, que ce n'est pas le moment de flancher. Puis un matin, une porte qui claque ou une remarque anodine fait tout basculer. Reconnaître l'épuisement n'est pas s'apitoyer : c'est protéger les deux personnes de la relation.

😴

Le corps lâche

Sommeil qui ne répare plus, tensions dans le dos ou la nuque, maux de tête, fatigue qui ne cède pas au week-end, appétit dérèglé.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, impression de ne plus rien faire correctement, de vivre en état d'alerte.

🚪

La vie se réduit

Sorties annulées, amis qu'on ne voit plus, loisirs abandonnés, plus une seule soirée sans surveiller ce qui se passe dans la chambre.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre enfant, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et le sentiment d'être devenu surveillant plutôt que parent.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un simple passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et pourtant souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez. Un parent qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une — et l'adolescent le perçoit, même s'il n'en dit rien.

⚠️ Quand consulter sans attendre, pour vous

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des moments où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. Ces situations se traitent, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe. En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays.

Le droit de souffler et de demander de l'aide

Souffler n'est pas baisser les bras, c'est une condition pour tenir dans la durée. Un parent reposé pose un cadre plus stable et plus juste qu'un parent à cran. Plusieurs formes de soutien existent ; renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent, car rien n'est jamais immédiat.

Forme de soutienPrincipeUtile quand
Groupes de parole de parentsRencontres animées, souvent via une association ou une MDAVous vous sentez seul et incompris — c'est le besoin le plus fréquent
Soutien psychologique pour le parentConsultations individuelles centrées sur vous, pas sur l'adoLa charge émotionnelle déborde sur tout le reste
Lignes d'écoute pour parentsUn professionnel au bout du fil, sans rendez-vousVous avez besoin de parler tout de suite, sans attendre
Relais familialUn autre adulte de confiance prend le relais quelques heuresVous avez besoin de créneaux réguliers rien qu'à vous
Accompagnement de la parentalitéStructures et professionnels qui soutiennent la relation parent-adoLe dialogue est rompu et vous voulez le réamorcer

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes deviennent naturelles. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur, fait de honte et de l'idée qu'un bon parent devrait y arriver seul. Personne n'y arrive seul. Partager le poids, ce n'est pas le fuir ; c'est simplement le porter à plusieurs.

À faire
  • Protéger un créneau qui vous appartient, chaque semaine, à heure fixe.
  • Accepter une aide concrète et limitée quand on vous la propose, même petite.
  • Parler à un autre parent qui traverse la même chose.
À éviter
  • Attendre d'être au bout du rouleau pour demander quoi que ce soit.
  • Vous couper de vos amis et de vos loisirs « le temps que ça passe ».
  • Faire reposer tout l'accompagnement sur un seul parent en silence.

Concilier travail, vie perso et accompagnement

Beaucoup de parents accompagnent leur adolescent tout en travaillant à temps plein, et tiennent en rognant sur leurs soirées, leurs nuits et leurs congés. Les rendez-vous tombent aux heures de bureau, les crises n'attendent pas le week-end, et la charge mentale ne s'arrête jamais vraiment. Quelques principes aident à ne pas s'y perdre.

  1. Anticipez plutôt que subir. Regroupez les rendez-vous, prévenez tôt, et renseignez-vous auprès des ressources humaines sur les souplesses possibles — aménagement d'horaires, télétravail ponctuel. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que celles faites dans l'urgence.
  2. Distinguez ce qui exige votre présence — certains rendez-vous — de ce qui peut être délégué à l'autre parent, à un proche ou à un professionnel. Tout n'a pas à reposer sur vous.
  3. Répartissez explicitement dans la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, évite la spirale où celui qui est le plus présent fait tout et s'épuise sans le dire.
  4. Sanctuarisez un temps sans écran ni sujet « ado ». Deux heures par semaine, considérées comme non négociables, au même titre qu'un rendez-vous médical. Ce n'est pas du confort, c'est du carburant.

Enfin, gardez en tête que l'accompagnement n'a pas une intensité constante. Les périodes de tension alternent avec des accalmies. Organiser un relais et un peu de soutien pendant les phases calmes, quand vous n'en avez pas un besoin criant, est précisément ce qui vous permettra de traverser les phases difficiles sans casser.

Se former, pour arrêter de subir

Une grande partie de l'épuisement des parents ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce comportement est grave, si l'on réagit bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher, si l'on doit consulter ou attendre. Comprendre le mécanisme transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés — et remplace le sentiment de subir par celui d'agir.

La formation DYNSEO en bref

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Voir le programme complet

La formation ne remplace ni le médecin ni le psychologue : elle vous donne le vocabulaire et les repères pour dialoguer avec eux, poser les bonnes questions et repérer plus tôt ce qui doit alerter. En complément, DYNSEO met à disposition des outils gratuits directement utiles au quotidien : une boîte à outils de régulation émotionnelle pour ados, une fiche de restructuration cognitive de l'anxiété, ou encore un planificateur de devoirs pour redonner de la structure aux journées. Pour évaluer où en est votre adolescent sur le plan cognitif et émotionnel, les tests DYNSEO offrent un premier repère, et l'application JOE propose des activités de stimulation pensées pour soutenir l'attention et le bien-être.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?

Par un seul contact, pas dix. Le plus simple est le médecin traitant ou le pédiatre : il écoute, cherche ce qui se cache derrière l'écran et oriente vers le bon interlocuteur. Si prendre rendez-vous en ville est compliqué, passez par la santé scolaire — infirmière ou médecin — qui connaît déjà votre adolescent. La Maison des adolescents de votre département est une autre porte d'entrée précieuse, gratuite et pluridisciplinaire. Commencer par une seule porte et se laisser orienter évite de s'épuiser à tout organiser soi-même.

Ces accompagnements coûtent-ils cher ?

Pas nécessairement. Plusieurs solutions sont gratuites ou prises en charge : la santé scolaire, la Maison des adolescents, la Consultation jeunes consommateurs et les CMP fonctionnent sans avance de frais. Des dispositifs comme « Mon soutien psy » permettent une prise en charge de séances chez un psychologue, sur adressage d'un médecin. Attention toutefois : les conditions, plafonds et nombres de séances évoluent et ne peuvent être garantis à l'avance. Faites toujours confirmer les modalités à jour par l'organisme concerné ou par le professionnel qui vous suit.

Mon adolescent refuse de voir qui que ce soit, que faire ?

Commencez petit et sans dramatiser. Proposez un premier rendez-vous présenté comme « pour faire le point », limité dans le temps, plutôt qu'un suivi lourd. Laissez-lui la possibilité de parler seul au professionnel : beaucoup d'ados s'ouvrent hors de la présence des parents. Vous pouvez aussi consulter d'abord seul, pour vous, ce qui est souvent mieux accepté. Enfin, formulez la démarche comme un soutien partagé : « je ne veux pas gérer ça contre toi » ouvre plus de portes que « tu as un problème ».

Puis-je être aidé, moi, en tant que parent ?

Oui, et c'est essentiel. Des groupes de parole de parents, un soutien psychologique individuel, des lignes d'écoute et des structures d'accompagnement de la parentalité existent, souvent via les associations et les Maisons des adolescents. Ils sont largement sous-utilisés, le plus souvent par méconnaissance ou par sentiment de honte. Prendre soin de vous n'est pas égoïste : un parent épuisé pose un cadre moins stable. Votre propre médecin, la santé scolaire et les associations locales sont les mieux placés pour vous indiquer ce qui existe près de chez vous.

Quand faut-il consulter en urgence ?

Sans attendre si votre adolescent exprime des idées noires, tient des propos inquiétants, s'isole totalement, ne dort plus, ou a un comportement qui vous alarme réellement. Dans ces situations, ne cherchez pas le bon spécialiste : contactez immédiatement les services d'urgence de votre pays, puis le médecin. Pour le harcèlement ou les violences en ligne, des lignes dédiées existent et peuvent aider au retrait de contenus. Mieux vaut un appel « pour rien » qu'une inquiétude gardée pour soi : les professionnels sont là aussi pour rassurer.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'interlocuteurs et de dispositifs existant en France. Les noms, les conditions d'accès, les plafonds et le nombre de séances prises en charge varient selon les situations et évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné. Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil social ou juridique personnalisé. Devant tout signe de souffrance chez un adolescent, adressez-vous à un professionnel de santé, et en cas de danger immédiat, aux services d'urgence de votre pays.

Vous n'êtes pas censé savoir tout ça

Personne ne vous a formé à accompagner une addiction aux écrans chez les collégiens et lycéens. Avec les bonnes aides, les bons interlocuteurs et un peu de méthode, on tient dans la durée sans s'épuiser. 16 leçons courtes, à suivre quand la maison est calme.

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