Carte de désenbilisation orale : 12 idées d'activités et de variantes pour ne jamais lasser
La carte de désensibilisation orale est souvent utilisée une fois, montrée à l'enfant, puis rangée dans un tiroir : on ne sait plus trop quoi en faire les jours suivants. C'est dommage, car tout son intérêt tient à la répétition douce, jour après jour, dans le jeu et sans pression. Cet article rassemble douze activités avec la carte de désensibilisation orale, chacune décrite avec son objectif, sa durée, son déroulé, une variante plus facile et une variante plus difficile, plus un signe concret qui montre que l'enfant avance. L'idée : avoir toujours une nouvelle façon de reprendre la carte pour ne jamais lasser, ni l'enfant, ni l'adulte qui l'accompagne.
Pour que le lecteur qui ne l'a jamais vue se la représente : c'est un support visuel imprimable qui présente une progression illustrée, du plus loin de la bouche vers le plus près, étape par étape — les mains, les joues, les lèvres, le contour, puis l'intérieur. Chaque étape est symbolisée par un picto simple et coloré. L'enfant voit d'un coup d'œil « où on en est », ce qui vient après, et surtout qu'il peut s'arrêter quand il veut. La carte ne remplace jamais l'accompagnement d'un orthophoniste, d'un ergothérapeute ou d'un médecin : elle rend visible et prévisible un chemin qui, sans elle, resterait flou et parfois angoissant.
L'essentiel en 30 secondes
Une carte de désensibilisation orale se fait vivre par le jeu quotidien, jamais par la contrainte. Trois principes tiennent tout : l'enfant guide, on avance par petits pas, on s'arrête avant l'inconfort.
- L'enfant décide — c'est lui qui montre l'étape du jour et qui dit « stop ». Ce contrôle est ce qui apaise et fait revenir.
- Court et souvent — quelques minutes chaque jour valent bien mieux qu'une longue séance une fois par semaine.
- Toujours par le jeu — grimaces, dînette, histoires, bruits rigolos : la carte est un support de jeu, pas un exercice à réussir.
- Varier pour ne pas lasser — même chemin, angles différents : on change l'habillage, jamais la règle de douceur.
- Un cadre professionnel — les objectifs, les textures et le rythme se décident avec l'orthophoniste ou l'ergothérapeute qui suit l'enfant.
Avant de commencer : 4 repères pour ne jamais forcer
Toutes les idées qui suivent reposent sur une même règle : la bouche est une zone intime, et l'enfant qui s'en méfie a de bonnes raisons de le faire. On n'obtient jamais rien de durable par la surprise ou l'insistance. On obtient tout par la prévisibilité, le jeu et le respect du rythme. Ces quatre repères valent pour les douze activités.
L'enfant tient la commande
C'est lui qui montre l'étape sur la carte, lui qui pose sa main sur la vôtre, lui qui dit « encore » ou « stop ». On ne prend jamais son visage par surprise.
Un tout petit pas à la fois
On reste longtemps sur une étape confortable avant d'en proposer une nouvelle. Reculer d'un cran n'est pas un échec, c'est la façon normale d'avancer.
On s'arrête pendant que ça va bien
On termine sur une réussite et une bonne humeur, jamais sur un pleur ou un refus. Une séance qui finit bien donne envie de la suivante.
On observe et on transmet
Une ligne par jour : quelle étape, quelle réaction. Ces notes servent à l'orthophoniste et à l'ergothérapeute pour ajuster ce qui est proposé.
La désensibilisation orale concerne parfois des enfants avec des difficultés d'alimentation, une hypersensibilité sensorielle, un trouble du spectre de l'autisme ou des antécédents médicaux particuliers. Certaines étapes, certaines textures ou certains aliments peuvent être déconseillés — risque de fausse route, réactions, régime spécifique. Les activités ci-dessous sont des jeux d'accompagnement, pas un protocole médical : montrez cette liste à l'orthophoniste ou à l'ergothérapeute qui suit l'enfant, et appliquez leurs consignes. Devant tout signe de détresse, de douleur, ou toute difficulté à avaler, arrêtez et parlez-en à un médecin.
Apprivoiser et découvrir
Les trois premières activités ne demandent aucun contact avec la bouche. Elles servent à rendre la carte familière et rassurante, pour qu'elle devienne un objet de jeu attendu plutôt qu'un signal d'inquiétude. On peut y rester plusieurs jours : ce temps d'apprivoisement n'est jamais perdu.
Le tour de la carte
- Objectif — rendre le support familier et prévisible, sans aucune attente de contact. On installe l'idée qu'on connaît le chemin d'avance.
- Durée et matériel — 3 à 5 minutes, la carte imprimée posée à plat entre vous, dans un endroit calme.
- Déroulé — on regarde ensemble chaque picto, on le montre du doigt, on nomme : « là, ce sont les mains ; là, les joues ; tout au bout, la bouche ». On dit aussi et surtout : « on va aussi loin que tu veux, et on peut s'arrêter quand tu veux. »
- Plus facile — regarder seulement les deux ou trois premières étapes, celles qui sont loin de la bouche, et laisser la carte à côté sans rien en attendre.
- Plus difficile — demander à l'enfant de raconter lui-même le parcours, dans l'ordre, en montrant chaque étape.
- Signe que ça marche — l'enfant vient chercher la carte de lui-même, ou la reconnaît et sourit quand vous la sortez.
Le jeu du « je choisis »
- Objectif — donner à l'enfant le pouvoir de décider, ce qui est le meilleur moteur de l'adhésion. On travaille aussi la notion de choix.
- Durée et matériel — 3 à 5 minutes, la carte et, si vous le souhaitez, la roue des choix DYNSEO pour matérialiser la décision.
- Déroulé — « C'est toi qui choisis l'étape d'aujourd'hui. » L'enfant pose son doigt sur un picto. On fait uniquement celui-là, on félicite le choix, on s'arrête. Le message clé : choisir peu, c'est très bien.
- Plus facile — proposer seulement deux étapes très éloignées de la bouche entre lesquelles choisir : « les mains ou les joues ? »
- Plus difficile — l'enfant choisit deux étapes et décide de l'ordre, puis explique pourquoi.
- Signe que ça marche — l'enfant choisit spontanément une étape un peu plus proche de la bouche qu'hier, sans qu'on l'ait suggéré.
Le miroir des grimaces
- Objectif — mobiliser en douceur le visage et la bouche par le jeu, sans aucun contact imposé, et détendre l'ambiance autour de la zone orale.
- Durée et matériel — 5 minutes, un miroir, éventuellement le décodeur d'expressions faciales pour proposer des mimiques.
- Déroulé — face au miroir, on imite des grimaces : gonfler les joues, tirer la langue, faire un gros bisou dans le vide, montrer les dents comme un lion. L'adulte fait d'abord, l'enfant imite s'il veut. On rit, c'est le but.
- Plus facile — l'enfant regarde seulement l'adulte grimacer, sans imiter, puis désigne la grimace qu'il préfère.
- Plus difficile — enchaîner une petite série de grimaces dans l'ordre, ou inventer sa propre grimace et la faire deviner.
- Signe que ça marche — l'enfant lance lui-même une grimace nouvelle, ou touche ses propres joues et ses lèvres spontanément pendant le jeu.
Jouer avec les sensations
On approche maintenant des sensations, toujours en laissant l'enfant conduire. Rien de ce qui suit ne s'impose : l'enfant explore d'abord avec ses mains, puis, s'il le souhaite, se rapproche du visage. Les textures, températures et aliments proposés doivent avoir été validés en amont par le professionnel qui suit l'enfant ; on ne devine pas ce qui est adapté.
Le panier des textures, dans les mains d'abord
- Objectif — habituer progressivement au contact de différentes matières, en commençant loin de la bouche, là où c'est le plus facile à accepter.
- Durée et matériel — 5 à 10 minutes, un petit panier de matières douces variées choisies avec le professionnel (tissus, éponge, brosse souple), la carte à côté pour situer « où on en est ».
- Déroulé — l'enfant touche chaque matière avec ses mains, décrit ce qu'il ressent, choisit celle qu'il aime. S'il le veut, il approche la matière de son bras, puis de sa joue : jamais l'inverse. Chaque avancée est à son initiative.
- Plus facile — rester aux mains uniquement, sans jamais monter vers le visage : c'est déjà une étape complète.
- Plus difficile — l'enfant approche lui-même une matière douce de ses lèvres pendant une seconde, puis retire, à son rythme.
- Signe que ça marche — l'enfant tolère plus longtemps le contact, ou réclame une matière qu'il refusait la veille.
Le parcours des températures
- Objectif — familiariser avec des sensations de chaud et de frais tièdes, sources fréquentes d'appréhension, dans un cadre ludique et sécurisé.
- Durée et matériel — 5 minutes, des objets du quotidien à températures modérées et sans danger (une cuillère juste sortie d'un placard, une autre passée sous l'eau tiède), selon les consignes du professionnel.
- Déroulé — l'enfant touche d'abord avec le dos de la main, devine « plutôt frais ou plutôt tiède ? », puis, s'il le souhaite, approche l'objet de sa joue. On reste toujours dans des températures douces et confortables ; au moindre inconfort, on retire.
- Plus facile — deviner la température seulement avec la main, sans jamais approcher du visage.
- Plus difficile — associer chaque sensation à un mot ou à une image, puis anticiper : « à ton avis, celle-ci sera comment ? »
- Signe que ça marche — l'enfant nomme spontanément la sensation et accepte de la rapprocher un peu du visage sans crisper.
La chasse aux bruits de bouche
- Objectif — faire bouger les lèvres, la langue et le souffle par le jeu sonore, sans aucun contact, tout en travaillant en douceur la sphère orale.
- Durée et matériel — 5 minutes, rien ou presque : une paille et une plume à souffler, éventuellement l'échelle de la voix pour jouer sur le volume.
- Déroulé — on fabrique des bruits rigolos : claquer la langue comme un cheval, faire « pop » avec les lèvres, souffler pour faire avancer une plume, imiter le vent. L'adulte lance, l'enfant reprend s'il veut.
- Plus facile — l'enfant écoute et devine quel bruit vous faites, sans le reproduire.
- Plus difficile — enchaîner une petite mélodie de bruits, ou souffler la plume le plus loin possible et mesurer les progrès.
- Signe que ça marche — l'enfant invente ses propres bruits et joue avec sa bouche sans y penser, dans le plaisir.
La carte de désensibilisation orale, à télécharger et imprimer gratuitement
Le support complet, illustré et prêt à l'emploi : la progression étape par étape, les pictos et le repère « oui / stop ». Gratuit, imprimable, accessible en ligne sans créer de compte.
Télécharger la carte gratuitementDes activités avec la carte de désensibilisation orale pour nommer et communiquer
La carte n'est pas qu'un chemin sensoriel : c'est un formidable support de langage et de communication. Nommer les étapes, raconter une histoire autour d'elles, dire « oui » ou « stop » — tout cela met des mots sur des sensations qui, sans langage, restent inquiétantes. Ces trois activités conviennent aussi aux enfants peu ou non verbaux, à condition d'associer les mots à des images et des gestes.
Nommer les étapes
- Objectif — enrichir le vocabulaire du corps et des sensations, et donner à l'enfant les mots pour dire ce qu'il vit.
- Durée et matériel — 5 minutes, la carte et, pour les enfants non verbaux, l'application MON DICO qui associe images et mots pour communiquer.
- Déroulé — on désigne un picto et on cherche ensemble les mots : la joue, douce, chatouille, ça pique, j'aime, j'aime pas. On accepte tous les mots de l'enfant, même approximatifs. On ne corrige pas : on reformule doucement.
- Plus facile — l'enfant désigne l'image quand vous nommez le mot.
- Plus difficile — l'enfant fait une petite phrase : « la brosse sur la joue, ça chatouille et j'aime bien. »
- Signe que ça marche — l'enfant utilise un mot de sensation de lui-même, pendant un repas ou une autre activité.
L'histoire de la bouche courageuse
- Objectif — dédramatiser par le récit, donner du sens au parcours et déposer l'idée que progresser est une aventure, pas une épreuve.
- Durée et matériel — 5 à 10 minutes, la carte comme fil de l'histoire, éventuellement des cartes de conversation pour relancer le récit.
- Déroulé — on invente ensemble l'histoire d'un personnage qui, comme l'enfant, apprivoise sa bouche étape par étape : il commence par les mains, il a un peu peur, il avance doucement, il est fier. L'enfant complète et choisit la suite.
- Plus facile — l'adulte raconte, l'enfant écoute et montre l'étape correspondante sur la carte.
- Plus difficile — l'enfant raconte lui-même l'histoire, ou la dessine, ou la rejoue avec une peluche.
- Signe que ça marche — l'enfant reprend l'histoire spontanément et s'identifie au personnage « courageux ».
Le « oui / stop »
- Objectif — apprendre à exprimer clairement l'accord et le refus, et vérifier que ce signal est toujours respecté : c'est la clé de la confiance.
- Durée et matériel — 5 minutes, deux cartes « oui » et « stop », ou le thermomètre des émotions pour situer le ressenti.
- Déroulé — avant chaque étape, l'enfant montre « oui » pour continuer ou « stop » pour s'arrêter. On respecte le « stop » immédiatement, sans négocier, sans soupirer. C'est cette fiabilité qui rend l'enfant capable de dire « oui » plus souvent, plus tard.
- Plus facile — un simple geste convenu suffit : pouce levé pour continuer, main ouverte pour arrêter.
- Plus difficile — l'enfant nuance : « oui mais moins fort », « encore une fois puis stop ».
- Signe que ça marche — l'enfant dit « oui » de plus en plus souvent, parce qu'il sait que son « stop » sera toujours entendu.
Vers le repas et le plaisir de la bouche
Ces trois dernières activités préparent, en douceur et par le jeu, le lien avec le repas — sans jamais transformer le moment du repas lui-même en séance de travail. On regarde, on sent, on joue : on ne demande jamais de goûter ni d'avaler. Toute question de textures, d'aliments et de sécurité à table relève de l'orthophoniste, de l'ergothérapeute ou du médecin qui suit l'enfant.
Le pique-nique des découvertes
- Objectif — apprivoiser des aliments par la vue et l'odeur, loin de toute obligation de manger, pour désamorcer l'appréhension avant même le repas.
- Durée et matériel — 10 minutes, quelques aliments choisis avec le professionnel, une nappe posée par terre pour l'ambiance « pique-nique ».
- Déroulé — on installe les aliments, on les regarde, on les décrit, on les sent. L'enfant les touche s'il veut, les rapproche de son visage s'il veut. Aucune consigne de goûter : la seule règle est qu'on peut tout observer sans rien avaler.
- Plus facile — regarder et nommer seulement, sans toucher.
- Plus difficile — l'enfant approche un aliment de ses lèvres pour sentir de plus près, à son initiative et selon les consignes du professionnel.
- Signe que ça marche — l'enfant accepte la présence d'un aliment qui, avant, provoquait un refus ou un mouvement de recul.
La dînette et le jeu symbolique
- Objectif — rejouer le parcours de la carte sur une peluche ou une poupée, ce qui permet à l'enfant de comprendre et de maîtriser sans être lui-même concerné.
- Durée et matériel — 10 minutes, une dînette, une peluche ou une poupée, la carte à côté comme guide.
- Déroulé — c'est la peluche qui « apprend » : l'enfant lui montre les étapes, lui demande si elle est d'accord, respecte ses « stop ». En prenant le rôle de l'adulte bienveillant, l'enfant intègre la démarche de l'intérieur.
- Plus facile — l'adulte joue la scène, l'enfant regarde et donne des consignes à la peluche.
- Plus difficile — l'enfant met en scène une petite histoire complète : la peluche a peur, puis ose, puis est fière.
- Signe que ça marche — l'enfant transpose spontanément à lui-même ce qu'il a fait vivre à la peluche.
Le rituel d'avant-repas
- Objectif — installer un petit rituel court et prévisible juste avant de passer à table, pour aborder le repas plus détendu.
- Durée et matériel — 2 à 3 minutes, la carte, toujours au même endroit, avant chaque repas concerné.
- Déroulé — on fait une seule étape, toujours la même, très facile : par exemple souffler trois fois, ou passer les mains sous l'eau tiède et les poser sur les joues. Le rituel est court, identique, rassurant. Il signale « maintenant, on va manger, et tout est calme ».
- Plus facile — le rituel se limite à regarder la carte ensemble et à dire une phrase apaisante convenue.
- Plus difficile — l'enfant choisit et mène lui-même le rituel, et l'explique à un autre membre de la famille.
- Signe que ça marche — l'enfant réclame le rituel, ou arrive à table visiblement plus apaisé qu'auparavant.
Une progression sur 3 niveaux
Douze activités, c'est beaucoup : comment savoir par où commencer et quand avancer ? Voici une progression simple en trois niveaux. On ne change de niveau que lorsque le précédent est vécu avec plaisir et sérénité, jamais selon un calendrier. Reculer d'un niveau à un moment difficile est parfaitement normal : la progression n'est pas une échelle qu'on grimpe une fois pour toutes, mais un mouvement qui va et vient.
| Niveau | Ce qu'on vise | Activités adaptées |
|---|---|---|
| 1 — Apprivoiser | Rendre la carte familière, aucune attente de contact, l'enfant prend confiance | Le tour de la carte, le jeu du « je choisis », le miroir des grimaces, le « oui / stop » |
| 2 — Explorer | Accepter des sensations, d'abord avec les mains, puis vers le visage à l'initiative de l'enfant | Le panier des textures, le parcours des températures, la chasse aux bruits, nommer les étapes |
| 3 — Rapprocher du repas | Créer un lien apaisé avec les aliments et le moment du repas, toujours sans obligation de goûter | Le pique-nique des découvertes, la dînette symbolique, le rituel d'avant-repas, l'histoire de la bouche courageuse |
Mieux vaut trois minutes chaque jour qu'un quart d'heure une fois de temps en temps. La régularité crée la sécurité, et la sécurité permet d'oser. On garde toujours en tête que la seule « performance » qui compte est le plaisir partagé : un enfant détendu progresse, un enfant contraint se ferme.
Jouer à plusieurs, en fratrie et en groupe
La carte prend une autre dimension à plusieurs. La présence d'un frère, d'une sœur ou d'autres enfants dédramatise, crée de l'entraînement et transforme un moment potentiellement tendu en jeu collectif. À une condition : qu'aucune comparaison ni compétition ne s'installe. L'enfant concerné doit rester maître de son rythme, jamais mis en difficulté devant les autres.
Le parcours en famille, chacun son tour
- Principe — chacun, à tour de rôle, choisit une étape de la carte et la fait à sa façon : une grimace, un bruit, une texture touchée avec la main. Les adultes et la fratrie jouent aussi, pour de vrai.
- Pourquoi ça aide — voir les autres faire, et parfois hésiter eux aussi, montre à l'enfant qu'il n'est ni seul ni « anormal ». L'imitation entre enfants est un puissant moteur.
- À surveiller — on ne compare jamais les niveaux et on n'attend pas de l'enfant concerné qu'il fasse « autant » que les autres. Chacun va où il veut.
Le jeu du chef d'orchestre
- Principe — l'enfant devient le chef : il montre une étape sur la carte, et toute la famille l'exécute en même temps — tirer la langue, faire « pop », gonfler les joues. Puis il change d'étape.
- Pourquoi ça aide — en position de meneur, l'enfant vit la carte comme un jeu qu'il domine. Faire faire aux autres ce qu'il propose renforce sa confiance et son sentiment de maîtrise.
- À surveiller — on suit vraiment ses consignes, même quand elles sont farfelues : c'est le respect de son autorité de « chef » qui fait tout l'effet.
La chasse aux bruits en équipe
- Principe — en petit groupe, on invente à tour de rôle un bruit de bouche que les autres doivent imiter. On peut jouer avec les cartes de conversation pour ajouter des devinettes.
- Pourquoi ça aide — le rire collectif désamorce la tension autour de la bouche mieux que n'importe quelle consigne. L'enfant participe sans se sentir observé.
- À surveiller — l'enfant concerné garde le droit de seulement écouter et deviner, sans produire de bruit, tant qu'il ne le souhaite pas.
Les supports gratuits et la place du numérique
La carte de désensibilisation orale se télécharge et s'imprime librement depuis le catalogue des outils DYNSEO, sans création de compte. Quelques autres supports de la même famille « communication et social » complètent bien les activités décrites ici : ils partagent la même logique visuelle, simple et rassurante.
- Thermomètre des émotions — pour aider l'enfant à situer et exprimer son ressenti avant et après une étape.
- Roue des choix — pour matérialiser la décision et donner à l'enfant le pouvoir de choisir l'activité du jour.
- Décodeur d'expressions faciales — un allié précieux pour le miroir des grimaces et le travail sur le visage.
- Cartes de conversation — pour relancer le langage et les histoires autour de la carte.
- Échelle de la voix — pour jouer sur le volume pendant la chasse aux bruits de bouche.
Le numérique peut prolonger ces jeux, sans jamais les remplacer. Pour les enfants peu ou non verbaux, l'application MON DICO associe images et mots pour communiquer un besoin ou un ressenti au quotidien : un appui utile pour dire « oui », « stop » ou nommer une sensation. Pour les plus jeunes qui aiment jouer sur tablette, l'application JOE et l'univers de jeux DYNSEO offrent des activités de langage et d'attention, à doser avec parcimonie et loin du soir. Vous pouvez aussi explorer les tests et bilans pour mieux cerner les besoins. Le bon principe reste le même que pour la carte : des sessions courtes, régulières, dans le plaisir.
Les erreurs à éviter
Quelques réflexes, souvent bien intentionnés, peuvent freiner l'enfant ou installer une appréhension durable. Les repérer, c'est déjà les éviter.
- Aller trop vite. Vouloir « avancer » parce qu'un jour s'est bien passé est la meilleure façon de tout faire reculer. On reste longtemps sur ce qui est confortable.
- Toucher par surprise. Approcher la main du visage sans prévenir trahit la confiance en un instant. On annonce toujours, on laisse l'enfant conduire.
- Négocier le « stop ». « Encore une petite fois » après un refus enseigne à l'enfant que son « stop » ne compte pas. Respecté immédiatement, il devient au contraire le socle de la confiance.
- Transformer chaque repas en séance. Le moment du repas doit rester un moment de partage, pas un exercice. Les activités se font en dehors, dans le jeu.
- Comparer et attendre un résultat. « Ton frère y arrive », « à ton âge on devrait » : ces phrases pèsent lourd. Chaque enfant a son rythme, et la comparaison ne fait qu'ajouter de la pression.
- Continuer seul face à un signe qui inquiète. Refus alimentaire qui s'aggrave, perte de poids, difficulté à avaler, détresse : ce ne sont pas des sujets de jeu. On en parle au médecin, à l'orthophoniste ou à l'ergothérapeute.
- Laisser l'enfant montrer l'étape et dire « stop ».
- Annoncer chaque geste avant de le faire.
- Terminer sur une réussite et un sourire.
- Noter une ligne par jour pour le professionnel.
- ❌ À éviter : approcher le visage sans prévenir.
- ❌ À éviter : insister après un refus.
- ❌ À éviter : forcer à goûter ou à avaler.
- ❌ À éviter : comparer l'enfant aux autres.
Pour aller plus loin
Mode d'emploiCarte de désensibilisation orale : le mode d'emploi pas à pas pour bien démarrer
Adapter à chacunPour quels profils, et comment adapter la carte de désensibilisation orale à chaque enfant
Mesurer les progrèsSuivre les progrès et combiner la carte avec d'autres supports
Questions fréquentes
Comment varier pour ne pas lasser l'enfant ?
Le secret est de changer l'habillage sans changer la règle de douceur. Le même chemin — des mains vers la bouche — peut se vivre en grimaces devant un miroir, en histoire inventée, en dînette avec une peluche, en pique-nique, en bruits rigolos ou en jeu de famille. Alternez les activités d'un jour à l'autre, laissez l'enfant choisir, et gardez toujours une nouveauté ludique en réserve. Ce qui lasse, ce n'est pas la carte : c'est la répétition à l'identique et l'impression d'un exercice. Dès que le jeu redevient jeu, l'envie revient.
Que faire quand l'enfant refuse complètement ?
Un refus n'est pas un échec, c'est une information. On redescend d'abord à une étape sans aucun contact : regarder la carte, choisir un picto, faire une grimace, souffler une plume. On raccourcit à deux ou trois minutes, on termine sur un moment agréable et on remet au lendemain. On négocie la durée plutôt que le principe : « on regarde juste la carte et on s'arrête ». Si le refus concerne l'alimentation et s'aggrave, ou s'accompagne d'autres signes, ce n'est plus une question de motivation : il faut en parler à l'orthophoniste, à l'ergothérapeute ou au médecin qui suit l'enfant.
Combien de temps par jour, et pendant combien de temps ?
Quelques minutes suffisent : deux à dix minutes par jour, toujours mieux qu'une longue séance hebdomadaire. C'est la régularité, pas la durée, qui installe la confiance et le progrès. Certains jours, regarder la carte ensemble trente secondes est déjà une belle séance. Quant à la durée globale de l'accompagnement, elle dépend entièrement de chaque enfant, de son histoire et de ses besoins : il n'existe aucun délai type, et se comparer à un calendrier n'a pas de sens. L'orthophoniste ou l'ergothérapeute qui suit l'enfant vous aidera à ajuster le rythme dans la durée.
Peut-on utiliser la carte en groupe ou en fratrie ?
Oui, et c'est souvent très aidant. Voir un frère, une sœur ou d'autres enfants jouer avec leur bouche — grimaces, bruits, souffles — dédramatise énormément et donne envie d'essayer par imitation. Trois formats fonctionnent bien : le parcours chacun son tour, le jeu du chef d'orchestre où l'enfant mène les autres, et la chasse aux bruits en équipe. La seule règle d'or : aucune comparaison ni compétition. L'enfant concerné doit rester libre de seulement regarder, choisir son étape et s'arrêter, sans jamais être mis en difficulté devant les autres.
À partir de quel âge, et jusqu'à quand ?
La carte s'adapte largement selon l'enfant plutôt que selon un âge précis : on ajuste le vocabulaire, le rythme et la forme du jeu. Pour les plus petits, on privilégie l'imitation, les peluches et les histoires ; pour les plus grands, on peut nommer davantage, raconter et mener soi-même les jeux. Ce qui compte n'est pas l'âge sur le papier mais le niveau de confort de l'enfant. Pour savoir si l'outil convient à votre situation, et pour fixer les objectifs, appuyez-vous toujours sur l'orthophoniste, l'ergothérapeute ou le médecin qui accompagne l'enfant : eux seuls peuvent poser un cadre adapté.
Ces activités sont des jeux d'accompagnement à visée générale. Elles ne remplacent ni la prise en charge d'un orthophoniste ou d'un ergothérapeute, ni un avis médical. Faites valider ce qui convient à votre enfant par le professionnel qui le suit, appliquez ses consignes, et devant tout signe de souffrance, de douleur ou de difficulté à avaler, contactez un professionnel de santé ; en cas d'urgence, appelez les services d'urgence de votre pays.
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Avec ses douze idées d'activités et ses variantes, la carte de désensibilisation orale devient un support de jeu qu'on ne se lasse pas de reprendre : gratuite, imprimable, accessible en ligne sans compte. Pour approfondir la démarche, découvrez aussi les formations DYNSEO comme prolongement.
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