📄 PDF Collections Vos cahiers d'exercices pour les vacances, en PDF Découvrir →
Logo
Familles & aidants · Traumatisme crânien

Comprendre le traumatisme crânien : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Pendant l'hospitalisation, tout était organisé pour vous : une équipe soignante, des horaires, un interlocuteur pour chaque question. Puis vient le jour du retour à domicile, et l'échafaudage s'effondre d'un coup. Vous restez seul face à une longue liste d'interlocuteurs possibles, une pile de sigles administratifs et le sentiment tenace de devoir tout apprendre en même temps, au moment où vous avez le moins d'énergie pour le faire. C'est précisément là que comprendre le traumatisme crânien, ses aides et son accompagnement devient un besoin concret et non plus une simple curiosité : savoir qui appeler, dans quel ordre, pour quel problème.

  • ⏱️ 16 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en juillet 2026

Cet article remet de l'ordre dans ce parcours. Vous y trouverez la carte des professionnels et ce que chacun peut réellement faire, les grandes familles d'aide qui existent presque partout — sous des noms différents selon les pays —, la manière de tirer le maximum d'une consultation de quinze minutes, et surtout comment ne pas vous épuiser en chemin. Rien ici ne remplace un avis médical : l'objectif est de vous donner des repères pour poser les bonnes questions aux bonnes personnes.

L'essentiel en 30 secondes

Deux portes d'entrée suffisent pour démarrer : le médecin traitant, qui coordonne le suivi et prescrit, et le service social de l'hôpital ou de votre commune, qui connaît les dispositifs existants là où vous vivez.

  • Le traumatisme crânien laisse souvent des séquelles invisibles — fatigue, troubles de la mémoire, de l'attention, du comportement — qui pèsent autant que les séquelles visibles, et qui appellent des interlocuteurs spécifiques.
  • Six familles d'aide existent presque partout — aide humaine à domicile, soins, adaptation du logement, matériel, aide financière ou compensation, répit de l'aidant. Seuls les noms et les conditions changent d'un pays à l'autre.
  • Les associations de familles de traumatisés crâniens font gagner un temps considérable : elles connaissent les démarches locales et mettent en relation avec d'autres proches.
  • Une consultation se prépare — trois questions écrites et vos observations datées valent mieux qu'une heure de discussion improvisée.
  • L'épuisement de l'aidant est un risque réel, pas une faiblesse. Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir dans la durée.

Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs

Après un traumatisme crânien, l'accompagnement est pluridisciplinaire par nature. Personne ne détient l'ensemble du tableau — pas même le médecin qui a suivi la phase aiguë. Les séquelles peuvent toucher la motricité, le langage, la mémoire, l'attention, l'humeur, la fatigue, le comportement, et chacune de ces dimensions relève d'un professionnel différent. Savoir qui fait quoi vous évite de poser la bonne question à la mauvaise personne et d'attendre des semaines pour rien.

🩺

Médecin traitant

Le pivot du parcours. Il coordonne, renouvelle les traitements, prescrit soins et bilans, et rédige les certificats nécessaires aux démarches administratives. C'est lui qu'on appelle en premier en cas de doute qui n'est pas une urgence.

🧠

Neurologue

Suit les conséquences neurologiques du traumatisme. Consultations souvent espacées, mais c'est l'interlocuteur pour toute question sur la lésion, l'évolution attendue et le traitement de fond, notamment en cas d'épilepsie post-traumatique.

♻️

Médecin de rééducation (MPR)

Le médecin de médecine physique et de réadaptation orchestre la rééducation. C'est souvent lui qui coordonne kiné, orthophoniste, ergothérapeute et neuropsychologue, et qui fixe les objectifs de récupération.

🧩

Neuropsychologue

Mémoire, attention, organisation, comportement, gestion des émotions. Il évalue ces séquelles invisibles qui déroutent tant l'entourage, et il explique ce qui relève de la lésion et non de la mauvaise volonté.

💬

Orthophoniste

Langage, parole, communication, et parfois troubles de la déglutition. Indispensable en cas d'aphasie ou de difficultés à trouver ses mots ; il apprend aussi à l'entourage à communiquer autrement.

🦵

Kinésithérapeute

Motricité, équilibre, marche, prévention des raideurs et des douleurs. C'est aussi la personne la mieux placée pour valider les activités physiques que vous proposez à la maison.

🏠

Ergothérapeute

L'autonomie concrète : aménagement du logement, matériel adapté, gestes du quotidien, compensation des troubles cognitifs. Un bilan à domicile est souvent le conseil le plus utile de toute la période.

📋

Service social

À l'hôpital ou dans votre commune. C'est l'interlocuteur des démarches, des dossiers d'aide et de l'organisation du retour à domicile. Beaucoup de familles le découvrent bien trop tard.

À cette liste s'ajoutent, selon les situations, le psychologue ou psychiatre — la souffrance psychique après un traumatisme crânien est fréquente, chez la personne comme chez ses proches —, l'infirmier à domicile, souvent le professionnel qui voit la personne le plus souvent et repère les changements en premier, et l'assistant de service social spécialisé dans le handicap. Aucun proche n'a à connaître ce paysage par cœur du jour au lendemain : le réflexe utile est de garder cette carte sous la main et de s'y référer au fil des besoins.

J'ai ce problème, j'appelle qui ?

Le problèmeLe bon interlocuteur
Maux de tête violents, vomissements, somnolence anormale, confusion soudaineServices d'urgence de votre pays, immédiatement
Crise ressemblant à une convulsionServices d'urgence, puis neurologue pour le suivi
Fatigue écrasante qui ne cède pas au reposMédecin traitant, puis médecin de rééducation
Troubles de la mémoire ou de l'attention au quotidienNeuropsychologue, sur orientation du médecin
Difficulté à parler, à trouver ses motsOrthophoniste, sur prescription médicale
Irritabilité, impulsivité, changements de comportementNeuropsychologue et médecin traitant — cela relève souvent de la lésion
Humeur très basse, repli, perte d'envie durablesMédecin traitant — la dépression post-traumatique se traite
Le logement n'est plus adaptéErgothérapeute, puis service social pour le financement
Je n'y arrive plus, je suis à boutVotre propre médecin, et le service social pour une solution de répit
Je ne comprends rien aux démarchesService social, et association de familles de traumatisés crâniens

Comprendre le traumatisme crânien : les aides et l'accompagnement

Les dispositifs portent des noms différents selon les pays, et leurs conditions évoluent régulièrement. En revanche, les besoins auxquels ils répondent sont partout les mêmes. Repérez d'abord de quelle famille vous relevez, puis demandez au service social le nom exact du dispositif chez vous et les conditions à jour. Aucun montant présenté ici n'est un droit acquis : tout dépend de l'évaluation individuelle, de l'âge, des ressources et de la réglementation en vigueur.

Famille d'aideÀ quoi ça sertOù commencer
Aide humaine à domicileAide à la toilette, aux repas, au ménage, présence de journée, accompagnement dans les démarchesService social, mairie ou commune, médecin traitant
Soins à domicileInfirmier, kiné, orthophoniste au domicilePrescription du médecin traitant ou du médecin de rééducation
Adaptation du logementBarres d'appui, douche accessible, rampe, signalétique, aménagements pour compenser les troubles cognitifsBilan d'un ergothérapeute, puis service social pour les financements
Matériel et aides techniquesFauteuil, déambulateur, aides à la mémoire, agenda électronique, matériel de sécuritéPrescription médicale, prestataire de matériel médical
Aide financière ou compensation du handicapParticipation aux frais liés à la perte d'autonomie et au handicapService social et instance handicap de votre pays ; conditions d'âge et de ressources très variables
Répit et soutien de l'aidantAccueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile, groupes de paroleService social, association de familles, plateforme d'accompagnement des aidants

En France, plusieurs de ces aides passent par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), guichet unique pour les demandes liées au handicap. C'est là que se déposent, selon les situations, les demandes de compensation, de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, ou d'orientation vers des structures spécialisées. Il existe aussi des dispositifs dédiés au traumatisme crânien, comme les UEROS (unités d'évaluation, de réentraînement et d'orientation sociale et professionnelle) et les SAMSAH (services d'accompagnement médico-social). Les noms, périmètres et conditions changent régulièrement : le service social et l'association de familles restent vos meilleures sources pour l'information à jour.

Lorsque la personne blessée est un enfant, le parcours comporte des relais supplémentaires : le pédiatre, le médecin scolaire, l'établissement, et parfois un dispositif d'accompagnement adapté à la scolarité. Un traumatisme crânien chez l'enfant peut avoir des répercussions qui n'apparaissent que plus tard, au fil des apprentissages : fatigue, difficultés d'attention, changements dans les résultats scolaires. Le réflexe protecteur est de rester attentif sans dramatiser, de garder un lien étroit avec l'équipe éducative, et de signaler tout changement au médecin qui suit l'enfant plutôt que de chercher à interpréter seul. Un enfant a besoin d'un environnement rassurant : mieux vaut des adultes informés et sereins que des explications anxiogènes.

💡 Les trois réflexes qui font gagner des mois

1. Demandez à rencontrer le service social avant la sortie d'hospitalisation, pas après : c'est là que les démarches se déclenchent le plus vite. 2. Gardez une copie de tout — comptes rendus, ordonnances, bilans, courriers — dans une seule pochette, classée par date. 3. Contactez l'association de familles de traumatisés crâniens de votre pays dès les premières semaines : elle connaît les démarches locales mieux que n'importe quel site officiel.

Où s'adresser, selon votre pays

Les associations de familles et de patients sont la ressource la plus sous-utilisée. Elles informent, orientent, animent des groupes de parole et mettent en relation avec des personnes qui vivent la même chose — ce que ne remplace aucune brochure. Les coordonnées et les périmètres d'action évoluent : vérifiez toujours l'information en cours directement auprès de l'organisation.

Pays / zoneOrganisation de référence
MondeInternational Brain Injury Association (IBIA) — met en relation les organisations et professionnels du champ, pays par pays
FranceUNAFTC (Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés) et les AFTC régionales, ainsi que les services sociaux de votre commune ou de votre département
Royaume-UniHeadway — the brain injury association
EspagneFEDACE (Federación Española de Daño Cerebral)
CanadaBrain Injury Canada
États-UnisBrain Injury Association of America
Autres paysPasser par l'annuaire de l'IBIA, ou demander à l'équipe de rééducation quelles associations elle recommande localement

Si votre proche a été suivi dans un service de neurochirurgie, de réanimation ou de médecine physique et de réadaptation, demandez à l'équipe quelles associations et quels dispositifs elle recommande près de chez vous : c'est souvent la piste la plus courte, car ces équipes orientent des familles tous les jours. N'hésitez pas non plus à contacter plusieurs associations : certaines sont spécialisées dans l'accompagnement des enfants, d'autres dans la réinsertion professionnelle des adultes, d'autres encore dans le soutien aux aidants.

Comprendre le traumatisme crânien pour mieux accompagner

La formation en ligne DYNSEO donne aux proches les repères qui manquent à la sortie de l'hôpital : séquelles visibles et invisibles, quotidien, communication, équilibre de l'aidant. 48 leçons, 100 % en ligne, à suivre à votre rythme.

Accéder gratuitement à la formation

Préparer une consultation utile

Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Sans préparation, elle passe en généralités et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant. Après un traumatisme crânien, c'est d'autant plus vrai que beaucoup de séquelles sont difficiles à décrire sur le moment : la fatigue, les oublis, les changements d'humeur ne se voient pas dans un cabinet.

  1. Notez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation dans un carnet de suivi : ce qui a changé, quand, dans quelles circonstances. Les faits datés valent mille fois « ça ne va pas fort ».
  2. Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée.
  3. Apportez l'ordonnance complète, y compris ce qui vient d'autres prescripteurs et ce qui est pris sans prescription.
  4. Venez à deux si possible. L'un écoute, l'autre note. On retient beaucoup moins qu'on ne le croit d'une consultation qui touche un proche.
  5. Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on ajuste tel traitement et on refait le point dans deux mois, c'est bien ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
  6. Demandez qui appeler entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question évite des semaines d'hésitation.

Les questions qui rapportent le plus

  • Quels signes doivent me faire consulter en urgence, et lesquels peuvent attendre ?
  • Ce comportement que j'observe, est-il lié au traumatisme crânien ou à autre chose ?
  • Cette fatigue est-elle normale à ce stade, et comment l'accompagner ?
  • Un bilan neuropsychologique est-il indiqué ?
  • Un bilan à domicile par un ergothérapeute serait-il utile ?
  • La rééducation en cours est-elle suffisante en fréquence ?
  • Que puis-je faire, moi, entre les séances, sans risque ?

Un dernier point, souvent oublié : notez aussi ce qui va mieux. Après un traumatisme crânien, l'attention se porte spontanément sur les difficultés, et l'on finit par ne plus voir les progrès, pourtant réels. Signaler une amélioration a une double utilité : cela aide le professionnel à ajuster la prise en charge, et cela vous rappelle, à vous, que les efforts ne sont pas vains. Tenir une trace écrite des petites avancées est l'un des rares gestes qui soutiennent le moral de l'aidant sur la durée.

À privilégier

  • « Depuis mardi, il oublie de prendre ses repas trois fois sur cinq » : un fait daté et précis.
  • Poser vos questions par écrit et laisser la feuille au professionnel.
  • Demander un compte rendu écrit des décisions.

❌ À éviter

  • « Il a beaucoup changé » : trop vague pour orienter quoi que ce soit.
  • Attendre la fin de la consultation pour sortir la question qui vous tient à cœur.
  • Minimiser vos propres difficultés d'aidant devant le médecin.

L'épuisement de l'aidant : le repérer à temps

Il ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous dites que ça va, que d'autres font bien plus, que ce n'est pas le moment de se plaindre. Après un traumatisme crânien, la charge est particulière : les séquelles invisibles — irritabilité, désinhibition, apathie, oublis — sont épuisantes précisément parce qu'elles ne se voient pas et sont mal comprises par l'entourage. Puis un matin, une remarque anodine fait tout basculer.

😴

Le corps lâche

Sommeil qui ne répare plus, douleurs de dos ou de nuque, infections à répétition, tension ou glycémie qui se dérèglent alors qu'elles étaient stables.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, sentiment de vide, impression de ne plus rien faire correctement.

🚪

La vie se réduit

Invitations déclinées systématiquement, amis qui ne rappellent plus, loisirs abandonnés, plus une seule heure qui vous appartienne.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre proche, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et le sentiment insupportable d'être devenu soignant plutôt que conjoint, parent ou enfant.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un simple passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et pourtant souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez, sans minimiser. Un aidant qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une. Prendre soin de vous n'est pas un luxe égoïste : c'est ce qui rend l'accompagnement soutenable.

⚠️ Quand il faut consulter sans attendre

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. Ces situations se traitent, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe. En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays.

Le droit de souffler

Le répit n'est pas un abandon, c'est une condition de durabilité. Plusieurs formules existent presque partout, sous des noms variables : renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent, car les délais d'accès sont rarement immédiats et les places souvent limitées.

FormulePrincipeUtile quand
Accueil de jourVotre proche passe une ou plusieurs journées par semaine dans une structure adaptéeVous avez besoin de créneaux réguliers et prévisibles
Hébergement temporaireSéjour de quelques jours à quelques semaines en établissementVacances, hospitalisation de l'aidant, épuisement
Relais à domicileUn professionnel prend le relais chez vous, quelques heures ou plusieurs joursVotre proche supporte mal de quitter son environnement
Groupes de parole d'aidantsRencontres animées, souvent via une association de famillesVous vous sentez seul et incompris — c'est le besoin le plus fréquent
Soutien psychologiqueConsultations individuelles pour l'aidantLa charge émotionnelle déborde sur tout le reste

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur. On se convainc qu'on « devrait y arriver seul », que confier son proche serait le trahir. C'est exactement l'inverse : c'est en soufflant régulièrement qu'on reste capable d'accompagner longtemps.

Concilier travail et accompagnement

Beaucoup d'aidants sont aussi salariés, et tiennent en rognant sur leurs congés et leurs nuits. La plupart des pays prévoient des dispositifs pour les proches aidants — congés spécifiques, aménagements d'horaires, temps partiel, télétravail. Leurs conditions varient fortement ; le point commun, c'est qu'ils sont largement méconnus, y compris des employeurs eux-mêmes.

  1. Renseignez-vous avant d'être en difficulté, auprès du service des ressources humaines ou d'un service social du travail. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que celles faites dans l'urgence.
  2. Distinguez ce qui exige votre présence — les rendez-vous médicaux, par exemple — de ce qui peut être délégué. Tout n'a pas à reposer sur vous.
  3. Répartissez explicitement dans la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, évite la spirale où celui qui est sur place fait tout et s'épuise en silence.
  4. Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, considérées comme non négociables au même titre qu'un rendez-vous médical.

Pour la personne blessée elle-même, la reprise d'activité — professionnelle, scolaire ou occupationnelle — est un chapitre à part entière, à construire avec l'équipe de rééducation et, quand ils existent, les dispositifs de réinsertion spécialisés. N'anticipez pas seul : une reprise trop rapide, mal calibrée, peut être aussi coûteuse qu'un retour trop tardif. Là encore, le service social et le médecin de rééducation sont les bons interlocuteurs.

Pensez enfin à formaliser ce dont vous êtes le référent auprès des professionnels. Beaucoup de familles se retrouvent, sans l'avoir décidé, à jouer le rôle de coordinateur du parcours : relayer les informations d'un praticien à l'autre, transmettre les comptes rendus, rappeler les rendez-vous. Ce travail invisible est réel et fatigant. Le nommer, le partager entre plusieurs proches et vous appuyer sur un carnet de liaison unique évite qu'il repose en silence sur une seule personne — celle qui, précisément, s'épuise le plus vite.

Se former, pour arrêter de subir

Une grande partie de la fatigue des aidants ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce comportement est grave, si l'on fait bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher, si telle réaction relève de la lésion ou du caractère. Comprendre ce qui se joue dans le cerveau après un traumatisme crânien transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés. On cesse de deviner, on commence à comprendre.

C'est l'objet de la formation en ligne « Comprendre le traumatisme crânien : ce que les familles doivent savoir » : 48 leçons courtes, 100 % en ligne, en accès illimité, pensées pour des proches et non pour des professionnels de santé. DYNSEO est un organisme de formation certifié Qualiopi (N° 11757351875) et délivre une attestation de fin de formation. L'accès est gratuit : l'objectif est de rendre l'information réellement accessible aux familles, au moment où elles en ont besoin.

Cette formation se complète d'autres approfondissements sur le même sujet, à parcourir selon vos questions du moment, et d'outils gratuits pour organiser le suivi au quotidien. Vous pouvez aussi explorer le catalogue d'outils DYNSEO et les tests cognitifs en libre accès. Pour la stimulation cognitive des adultes concernés par une lésion cérébrale, l'application JOE propose des exercices de mémoire et d'attention pensés pour cet usage — toujours en complément, et non en remplacement, de la rééducation prescrite.

Pour aller plus loin

Deux outils gratuits accompagnent directement les démarches décrites ici : la fiche de suivi de séance, pour ne rien oublier en consultation, et le tableau de suivi des progrès, qui donne des éléments concrets à présenter aux professionnels. L'ensemble du catalogue est en libre accès.

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?

Par deux appels. Le premier au médecin traitant, qui coordonne le suivi médical et prescrit ce qui doit l'être, notamment la rééducation. Le second au service social — celui de l'hôpital si votre proche est encore hospitalisé, sinon celui de votre commune — qui connaît les dispositifs applicables là où vous vivez. Contactez ensuite l'association de familles de traumatisés crâniens de votre pays : elle vous fera gagner un temps considérable sur les démarches locales et vous mettra en lien avec d'autres proches qui connaissent déjà ce parcours.

Faut-il attendre la sortie de l'hôpital pour lancer les demandes ?

Non, et c'est même l'erreur la plus coûteuse. Les demandes d'aide humaine, d'adaptation du logement, de matériel et de compensation du handicap prennent du temps à aboutir, parfois plusieurs mois. Demandez à rencontrer le service social pendant l'hospitalisation : le retour à domicile se prépare depuis l'hôpital, avec l'équipe soignante et l'équipe de rééducation, et non une fois la porte refermée. Plus les démarches sont anticipées, plus le retour se passe sereinement.

Les séquelles invisibles donnent-elles droit à des aides ?

Oui. La fatigue, les troubles de la mémoire, de l'attention, du comportement ou de l'organisation peuvent avoir un retentissement lourd sur l'autonomie et sont prises en compte dans l'évaluation du handicap, même en l'absence de séquelle physique visible. C'est justement le rôle du bilan neuropsychologique de les objectiver. Signalez-les précisément, avec des exemples datés, au médecin et au service social : elles sont souvent sous-déclarées parce qu'elles ne se voient pas, et donc sous-accompagnées.

Est-ce que je peux être aidé, moi, en tant qu'aidant ?

Oui. La plupart des pays prévoient des dispositifs destinés spécifiquement aux proches aidants : solutions de répit, congés dédiés, groupes de parole, soutien psychologique, parfois formations. Ils sont largement sous-utilisés, souvent par simple méconnaissance de leur existence. Le service social et les associations de familles sont les mieux placés pour vous dire ce qui existe près de chez vous et à quelles conditions. N'attendez pas d'être au bout du rouleau pour vous renseigner : demander tôt, c'est ce qui permet de tenir.

Combien de temps dure la récupération après un traumatisme crânien ?

Il n'existe pas de durée type : cela dépend de la gravité du traumatisme, des zones touchées et de nombreux facteurs individuels. La récupération peut se poursuivre sur plusieurs mois, voire plusieurs années, souvent de façon inégale d'une fonction à l'autre. Seule l'équipe médicale peut se prononcer sur le pronostic de votre proche. Ce qui est certain, c'est que l'intensité de l'accompagnement varie dans le temps : organiser tôt un relais et une solution de répit, même sans besoin immédiat, aide à tenir dans la durée.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'aide et d'interlocuteurs valables dans la plupart des pays. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès et leurs montants varient selon les pays et évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné. Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil juridique ou social personnalisé. Pour tout signe inquiétant, adressez-vous à un professionnel de santé ; en cas d'urgence, contactez les services d'urgence de votre pays.

Vous n'êtes pas censé savoir tout ça

Personne ne vous a formé à devenir aidant du jour au lendemain. Pour comprendre le traumatisme crânien, ses aides et son accompagnement à votre rythme : 48 leçons courtes, 100 % en ligne, accès gratuit et illimité, attestation de fin de formation.

Accéder gratuitement à la formation

How useful was this post?

Click on a star to rate it!

Average rating 0 / 5. Vote count: 0

No votes so far! Be the first to rate this post.

We are sorry that this post was not useful for you!

Let us improve this post!

Tell us how we can improve this post?

Ce contenu vous a aidé ? Soutenez DYNSEO 💙

Nous sommes une petite équipe de 14 personnes basée à Paris. Depuis 13 ans, nous créons gratuitement des contenus pour aider les familles, les orthophonistes, les EHPAD et les professionnels du soin.

Vos retours sont notre seule façon de savoir si ce travail vous est utile. Un avis Google nous aide à toucher d'autres familles, soignants et thérapeutes qui en ont besoin.

Un seul geste, 30 secondes : laissez-nous un avis Google ⭐⭐⭐⭐⭐. Ça ne coûte rien, et ça change tout pour nous.

Avis Google DYNSEO
4,9 · 49 avis
Voir tous les avis →
M
Marie L.
Famille d'une personne âgée
Application formidable pour ma mère atteinte d'Alzheimer. Les jeux la stimulent vraiment et l'équipe est à l'écoute. Un grand merci à toute l'équipe DYNSEO !
S
Sophie R.
Orthophoniste
J'utilise les jeux DYNSEO tous les jours en cabinet avec mes patients. Variés, bien conçus, et adaptés à tous les niveaux. Mes patients adorent et progressent vraiment.
P
Patrick D.
Directeur d'EHPAD
Nous avons fait former toute notre équipe par DYNSEO sur la stimulation cognitive. Formation Qualiopi sérieuse, contenu pertinent et applicable au quotidien. Vraie valeur ajoutée pour nos résidents.
Bonjour, je suis Coach JOE !
En ligne

🛒 0 Mon panier