🏆 Concours Top Culture — Le concours de culture générale pour tous ! Participer →
Logo

Fluence Verbale : Évaluation, Troubles et Exercices de Rééducation

« Citez le maximum d'animaux en une minute » — cette consigne anodine est en réalité l'un des tests cognitifs les plus utilisés au monde, et l'un des plus puissants pour dépister un trouble neurologique débutant. Derrière cette tâche simple se cache un mécanisme complexe : la fluence verbale, capacité à activer rapidement et organisément son lexique mental.

Apparemment basique, la fluence verbale mobilise en réalité un réseau cérébral étendu : zones frontales pour l'organisation et la stratégie, zones temporales pour le stock lexical, fonctions exécutives pour l'inhibition des persévérations, mémoire de travail pour ne pas répéter. Lorsque la fluence chute, c'est souvent l'un des premiers signes de pathologies aussi diverses que la maladie d'Alzheimer débutante, l'aphasie post-AVC, la dépression sévère, la démence frontotemporale ou un syndrome dysexécutif. Cet article fait le tour complet de cette fonction cognitive fondamentale.

Qu'est-ce que la fluence verbale ?

La fluence verbale désigne la capacité à évoquer rapidement, en un temps limité (généralement 60 ou 120 secondes), un maximum de mots correspondant à une consigne précise. C'est une mesure de l'accès lexical actif et de la stratégie de récupération en mémoire sémantique.

Les deux grands types de fluence verbale

On distingue traditionnellement deux types de fluence verbale, qui sollicitent des mécanismes cérébraux différents :

  • La fluence sémantique (ou catégorielle) : la consigne donne une catégorie sémantique (« citez le maximum d'animaux/fruits/vêtements/métiers en 1 minute »). La personne doit accéder aux mots par leur sens. Cette fluence sollicite principalement les aires temporales, où sont stockées les connaissances sémantiques.
  • La fluence phonologique (ou lexicale) : la consigne donne une contrainte phonologique (« citez le maximum de mots commençant par P/M/R en 1 minute »). La personne doit accéder aux mots par leur forme sonore. Cette fluence sollicite principalement les aires frontales, qui gèrent les stratégies de recherche et l'inhibition.

Cette distinction est diagnostiquement précieuse. Une chute différentielle (sémantique << phonologique) oriente vers une atteinte temporale (Alzheimer typique). Une chute inverse (phonologique << sémantique) oriente vers une atteinte frontale (démence frontotemporale, syndrome dysexécutif).

Les sous-catégories utilisées en pratique

Plusieurs catégories sont utilisées en pratique clinique, chacune avec ses normes :

  • Animaux : la catégorie la plus utilisée, riche, accessible à tous niveaux culturels. Norme adulte : ≥18 mots/minute.
  • Fruits ou légumes : catégorie limitée, mais utile pour comparer.
  • Vêtements : catégorie de la vie quotidienne, accessible aux seniors.
  • Outils : catégorie nécessitant un certain niveau d'expérience.
  • Métiers : variabilité culturelle importante.
  • Lettre P (puis M, R) : fluences phonologiques classiques. Norme adulte : ≥14 mots/minute.

Les normes varient selon l'âge, le niveau d'études et la langue. Un patient de 80 ans avec un faible niveau scolaire produira normalement moins de mots qu'un adulte de 30 ans très diplômé, sans que cela soit pathologique. C'est pourquoi les neuropsychologues utilisent des normes précises calibrées sur ces variables.

Pourquoi la fluence verbale est-elle si importante ?

La fluence verbale est l'un des tests cognitifs les plus sensibles, simples et rapides. En une minute, on obtient une mesure de plusieurs fonctions cognitives à la fois :

  • Stock lexical : combien de mots la personne possède dans la catégorie
  • Accès lexical : à quelle vitesse elle peut les activer
  • Stratégie de récupération : utilise-t-elle des sous-catégories (animaux de la ferme → animaux sauvages → animaux de compagnie) ?
  • Mémoire de travail : ne pas répéter les mots déjà cités
  • Inhibition : ne pas dire de mots hors catégorie
  • Attention soutenue : maintenir l'effort sur 60 secondes
  • Fonctions exécutives : passer d'une sous-catégorie à l'autre (flexibilité)

Cette richesse explique pourquoi la fluence est utilisée dans presque tous les bilans cognitifs et neuropsychologiques. C'est aussi un test extrêmement pratique : il ne nécessite aucun matériel, juste un chronomètre et un papier pour noter.

Les analyses qualitatives

Au-delà du simple décompte du nombre de mots, plusieurs analyses qualitatives apportent des informations diagnostiques précieuses :

  • Le décours temporel : la production se concentre-t-elle sur les 30 premières secondes (puis chute massive) ou est-elle régulière ? Une chute brutale après 30 secondes peut signer un trouble exécutif.
  • Les sous-catégories (clusters) : la personne organise-t-elle ses réponses (chien → chat → lapin → vache → mouton → cheval...) ou cite-t-elle au hasard ? Les clusters reflètent une bonne stratégie sémantique.
  • Les transitions (switches) : capacité à passer d'une sous-catégorie à l'autre. Diminuée dans les atteintes frontales.
  • Les persévérations : répétitions du même mot. Augmentées dans les pathologies frontales et démences.
  • Les intrusions : mots hors catégorie. Augmentées dans les troubles d'inhibition (TDAH, démences frontotemporales).
  • Les paraphasies : déformations phonémiques ou sémantiques. Présentes dans les aphasies.
  • Les néologismes : mots inventés. Très évocateurs d'aphasie de Wernicke.

Pour mesurer votre propre fluence verbale, vous pouvez utiliser notre test des fonctions exécutives en ligne qui inclut une évaluation de la fluence et donne un résultat immédiat avec interprétation.

Les troubles de la fluence verbale

Une chute de la fluence verbale est un signal d'alerte majeur en neurologie cognitive. Plusieurs pathologies l'affectent, chacune avec un profil propre.

La maladie d'Alzheimer

La maladie d'Alzheimer touche typiquement la fluence sémantique de manière précoce, avec préservation relative de la fluence phonologique au début. Ce profil reflète l'atteinte initiale des aires temporales, où sont stockées les connaissances sémantiques.

On observe :

  • Une réduction du nombre de mots cités, parfois dès les stades les plus précoces
  • Une production souvent limitée aux exemplaires typiques de la catégorie (chat, chien, vache, sans aller vers les animaux moins fréquents)
  • Des persévérations fréquentes (le patient répète le même mot sans s'en rendre compte)
  • Une dégradation progressive avec l'évolution de la maladie

La fluence verbale est donc un excellent outil de dépistage précoce de la maladie d'Alzheimer, et un excellent indicateur de suivi de l'évolution. Mesurer la fluence tous les 6 à 12 mois permet d'objectiver le rythme du déclin et d'adapter la prise en charge.

La démence frontotemporale (DFT)

La démence frontotemporale, dans sa variante langagière (aphasie progressive primaire non fluente), touche au contraire la fluence phonologique de manière disproportionnée. La fluence sémantique peut rester préservée plus longtemps.

On observe :

  • Des difficultés majeures à initier la production
  • De nombreux blocages, des recherches stratégiques infructueuses
  • Des persévérations massives
  • Une frustration palpable du patient face à ses difficultés

L'aphasie post-AVC

L'aphasie consécutive à un AVC affecte la fluence verbale de manière variable selon la localisation lésionnelle :

  • Aphasie de Broca : fluence très réduite, blocages, anomie
  • Aphasie de Wernicke : fluence apparemment conservée mais avec paraphasies et néologismes (production « creuse »)
  • Aphasie anomique : fluence diminuée par les manques du mot fréquents
  • Aphasie globale : fluence quasi nulle

La rééducation orthophonique post-AVC inclut systématiquement un travail spécifique sur la fluence verbale, avec des exercices d'évocation par catégories et par lettres. L'application JOE de DYNSEO propose plusieurs jeux ciblés sur la fluence pour les adultes en rééducation.

La maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson, surtout dans ses formes évoluées avec atteinte cognitive, peut s'accompagner d'une réduction de la fluence verbale, particulièrement phonologique (composante exécutive). Cette atteinte peut être l'un des premiers signes de l'évolution cognitive vers une démence parkinsonienne.

Les autres atteintes

  • Dépression sévère : ralentissement global incluant le langage, fluence diminuée. Réversible avec le traitement.
  • TDAH : fluence souvent normale en quantité, mais avec intrusions, distractions, persévérations.
  • Traumatisme crânien : selon la localisation des lésions, atteinte sémantique ou phonologique.
  • Sclérose en plaques : atteinte fréquente à un stade évolué.
  • Schizophrénie : peut s'accompagner d'une réduction de la fluence, en particulier dans les formes déficitaires.
  • Démence vasculaire : atteinte variable selon la localisation des micro-infarctus.

Comment évaluer la fluence verbale ?

L'évaluation de la fluence verbale est un acte clinique simple en apparence mais rigoureux dans son protocole. Une variation de quelques secondes ou une consigne mal donnée peuvent fausser les résultats et conduire à des conclusions erronées.

Le bilan orthophonique de la fluence

L'évaluation de la fluence verbale s'inscrit dans un bilan orthophonique ou neuropsychologique global. Elle est rarement réalisée seule, mais accompagne d'autres tests langagiers et exécutifs. Le protocole classique se déroule ainsi :

  • Installation calme : pièce sans distraction, patient assis confortablement, examinateur en face avec chronomètre et papier.
  • Consigne précise : « Vous allez me citer le maximum d'animaux possibles en 60 secondes. Tous les animaux sont acceptés, sans répétition. Vous êtes prêt ? Allez-y. »
  • Chronométrage exact : déclencher à la fin de la consigne, arrêter exactement à 60 secondes.
  • Notation exhaustive : noter tous les mots cités, dans l'ordre, y compris les répétitions et les erreurs. Cela permettra l'analyse qualitative.
  • Pas d'encouragement directif : si le patient s'arrête, ne pas suggérer de catégorie (« et les oiseaux ? »). Un simple « continuez si vous pouvez » est neutre.
  • Plusieurs catégories : enchaîner avec une seconde catégorie sémantique (fruits, vêtements) puis une catégorie phonologique (lettres P, M, R) pour avoir un profil complet.

L'orthophoniste compile ensuite tous les résultats sur le tableau de suivi des compétences pour suivre l'évolution dans le temps. Cet outil est précieux dans les pathologies évolutives où une mesure unique ne reflète pas la dynamique réelle des capacités.

Repères normatifs de la fluence verbale

Les normes varient selon l'âge, le niveau d'études et la langue. Voici des repères généraux pour la population francophone :

ÂgeFluence sémantique (animaux)Fluence phonologique (P)
20-50 ans, niveau d'études élevé≥ 24 mots≥ 18 mots
20-50 ans, niveau d'études moyen≥ 22 mots≥ 16 mots
50-70 ans≥ 18 mots≥ 15 mots
70-80 ans≥ 16 mots≥ 13 mots
80 ans et plus≥ 14 mots≥ 11 mots

Un score inférieur à ces repères, surtout s'il est associé à d'autres anomalies cognitives, doit conduire à un bilan complémentaire. Un score isolé bas peut aussi être lié à des facteurs non pathologiques : fatigue, stress du test, niveau d'études, langue maternelle non française. L'orthophoniste prend toujours en compte le contexte global.

Les examens complémentaires

Devant une chute de fluence isolée et inquiétante, plusieurs examens complémentaires sont indiqués :

  • Bilan neuropsychologique complet incluant mémoire (verbale et visuelle), attention, fonctions exécutives, raisonnement.
  • Évaluation langagière approfondie : dénomination d'images, compréhension orale et écrite, syntaxe.
  • Imagerie cérébrale : IRM pour rechercher atrophie focale (temporale, frontale), AVC silencieux, lésions vasculaires.
  • Bilan biologique : recherche de causes métaboliques réversibles (hypothyroïdie, carence en B12, syndrome inflammatoire).
  • Évaluation thymique : pour exclure une dépression masquée par la plainte cognitive.
  • Tests cognitifs en ligne en suivi : notre test des fonctions exécutives et notre test de mémoire peuvent compléter utilement le bilan en donnant des résultats objectifs sur d'autres dimensions cognitives.

Comment rééduquer la fluence verbale ?

La rééducation de la fluence verbale est un pilier classique de l'orthophonie cognitive. Elle s'adresse à des publics très variés : aphasiques post-AVC, patients Alzheimer débutants, patients post-traumatisme crânien, personnes en plainte cognitive subjective. Les principes diffèrent selon les profils, mais les outils se rejoignent.

Les principes-clés de la rééducation

Plusieurs principes font consensus dans la littérature internationale :

  • Précocité : intervenir le plus tôt possible, dès l'apparition des troubles. Plus la rééducation est précoce, meilleurs sont les résultats. En post-AVC, idéalement dès la phase subaiguë (premières semaines).
  • Intensité : 2 à 3 séances par semaine en phase active, complétées par un travail quotidien à domicile. La quantité de pratique est l'un des meilleurs prédicteurs de progrès.
  • Spécificité : adapter les exercices au profil exact du déficit. Une chute sémantique se rééduque différemment d'une chute phonologique.
  • Multimodalité : utiliser plusieurs entrées sensorielles (auditive, visuelle, gestuelle, écrite) pour stimuler plus efficacement les réseaux lexicaux.
  • Progressivité : du facile au difficile, des catégories restreintes aux catégories larges, avec aides au début puis retrait progressif.
  • Maintien d'une vie communicationnelle riche : la rééducation ne doit pas se limiter aux exercices isolés. Conversations, lectures, jeux de société sont essentiels en complément.

Les techniques de rééducation

Plusieurs techniques classiques de rééducation de la fluence existent :

  • L'entraînement par catégories sémantiques : on travaille successivement des catégories restreintes (animaux de la ferme), puis larger (animaux), puis très larges (êtres vivants). Cela renforce les liens sémantiques et les stratégies d'organisation.
  • L'analyse des traits sémantiques (Semantic Feature Analysis) : pour chaque mot cible, le patient doit en explorer les caractéristiques (catégorie, usage, lieu, apparence). Ces explorations renforcent l'accès et facilitent l'évocation.
  • L'indiçage progressif : devant un blocage, l'orthophoniste donne des indices de plus en plus précis (catégorie → fonction → forme → première lettre → première syllabe). On retire progressivement les aides au fil des séances.
  • La génération guidée : on aide le patient à construire des stratégies de récupération (« cherche par sous-catégories : animaux domestiques, puis sauvages, puis marins »).
  • L'évocation par contraintes phonologiques : trouver des mots commençant par P, contenant un son particulier, rimant avec...
  • Le travail conversationnel : entraîner la fluence directement dans des situations de communication réelle, plus écologique que les exercices isolés.
  • Les jeux de mots et de société : Petit Bac, Pyramide, Taboo, Time's Up — autant de jeux qui entraînent naturellement la fluence dans un contexte ludique et motivant.

Les supports numériques

Les supports numériques se sont largement développés ces dernières années pour la rééducation cognitive. Ils offrent plusieurs avantages décisifs : variété infinie d'exercices, adaptation automatique au niveau, répétition sans lassitude, traçabilité des progrès via des courbes objectives.

L'application JOE de DYNSEO est conçue pour les adultes, en particulier ceux en rééducation post-AVC, post-traumatisme crânien, ou souhaitant entretenir leurs capacités cognitives. Elle propose plusieurs jeux directement ciblés sur la fluence verbale : génération de mots par catégorie, par lettre, par contrainte sémantique, dans un cadre ludique et motivant. La difficulté s'adapte automatiquement aux performances, et les progrès sont visualisés par le patient comme par l'orthophoniste.

JOE n'est pas conçue pour remplacer la rééducation orthophonique, mais pour la compléter à domicile. À raison de 15 à 20 minutes par jour, le patient multiplie l'intensité globale de sa rééducation, ce qui est l'un des facteurs les plus déterminants de réussite. De nombreux orthophonistes la prescrivent à leurs patients comme complément structuré de leurs séances.

📱 JOE : entraînez votre fluence verbale à votre rythme

L'application JOE de DYNSEO propose plus de 30 jeux cognitifs adaptatifs, dont plusieurs spécifiquement dédiés à la fluence verbale. Conçue avec des orthophonistes, utilisée dans des centaines de cabinets en France pour la rééducation post-AVC et l'entretien cognitif des adultes.

Découvrir l'application JOE

Exercices à pratiquer chez soi pour entretenir sa fluence verbale

Au-delà de la rééducation orthophonique, plusieurs exercices simples peuvent être pratiqués au quotidien pour entretenir ou améliorer sa fluence verbale. Ils s'adressent autant aux personnes en rééducation qu'aux seniors souhaitant préserver leurs capacités, ou aux adultes en plainte cognitive subjective.

Les jeux de mots du quotidien

  • Mots croisés et mots fléchés : exercice classique mais redoutablement efficace. Sollicitent l'évocation par définition, le stock lexical, la flexibilité. À pratiquer 15-20 minutes par jour.
  • Scrabble : combine évocation lexicale, contraintes phonologiques (lettres disponibles), stratégie. Excellent en groupe pour ajouter une dimension sociale.
  • Petit Bac : pour chaque lettre tirée, trouver un nom de pays, métier, animal, plante, prénom. Entraîne à la fois la fluence sémantique et phonologique.
  • Anagrammes : reformer des mots à partir de lettres mélangées. Sollicite l'accès lexical par la forme.
  • Charades et devinettes : entraînement à l'évocation par indices.
  • Boggle : trouver le maximum de mots dans une grille de lettres, en temps limité.

Les exercices de génération en autonomie

Voici quelques exercices à pratiquer seul, simplement avec un crayon et un chronomètre :

  • Une catégorie par jour : choisir une catégorie au matin (fruits, métiers, sports, fleurs...) et y revenir plusieurs fois dans la journée pour ajouter des mots.
  • Une lettre par semaine : choisir une lettre, et tenter d'allonger sa liste chaque jour. Le défi de la durée maintient la motivation.
  • Les mots de l'environnement : pendant un trajet, citer mentalement tous les objets visibles, ou tous les mots associés à un thème (la cuisine, le bureau, le jardin).
  • L'écriture quotidienne : tenir un journal, écrire de courts textes. La production écrite favorise indirectement la fluence orale.
  • Les conversations enrichies : se forcer à utiliser des mots variés et précis, plutôt que des mots passe-partout.
  • La lecture variée : alterner journaux, romans, essais, magazines. La diversité lexicale entrante enrichit le stock disponible.

Les habitudes globales protectrices

Au-delà des exercices ciblés, plusieurs habitudes de vie protègent durablement la fluence verbale :

  • Maintenir une vie sociale active : la solitude accélère le déclin langagier ; les échanges quotidiens le ralentissent.
  • Apprendre régulièrement : nouvelle langue, instrument de musique, technique manuelle. Chaque apprentissage stimule la plasticité cérébrale.
  • Faire de l'exercice physique : 30 minutes de marche par jour réduit significativement le risque de déclin cognitif et langagier.
  • Soigner son sommeil : 7-8 heures par nuit. Le sommeil consolide les apprentissages langagiers et préserve l'accès lexical.
  • Adopter un régime alimentaire de type méditerranéen : huile d'olive, poissons gras, fruits et légumes. Bénéfice prouvé sur la cognition globale.
  • Limiter l'alcool et le tabac : facteurs aggravants du déclin cognitif.
  • Gérer le stress chronique : méditation, sophrologie, respiration. Le cortisol chronique altère la mémoire et l'accès lexical.

Foire aux questions sur la fluence verbale

Faut-il s'inquiéter d'une baisse de fluence verbale ?

Pas nécessairement. La fluence verbale fluctue selon la fatigue, le stress, la motivation, l'âge. Une baisse ponctuelle dans un contexte expliqué (surmenage, période difficile, fatigue chronique) n'est pas inquiétante. Une baisse persistante, progressive, associée à d'autres troubles cognitifs (oublis, désorientation, manque du mot quotidien) doit conduire à un bilan médical et orthophonique. La règle est : si vous ou votre entourage avez l'impression d'un changement durable, consultez plutôt qu'attendre.

Quel est un score normal de fluence verbale ?

Pour un adulte sain de 30-50 ans, on attend environ 22 à 24 mots/minute en fluence sémantique (animaux) et 16 à 18 mots/minute en fluence phonologique (lettre P). Ces seuils diminuent avec l'âge : à 70-80 ans, 16 et 13 sont des seuils acceptables. Mais ces normes sont indicatives : il faut toujours interpréter en tenant compte du niveau d'études, de la langue maternelle, de l'état émotionnel au moment du test. Un seul résultat bas isolé ne signifie pas pathologie.

Quelle est la différence entre fluence verbale et manque du mot ?

Ces deux phénomènes sont liés mais distincts. La fluence verbale est une mesure quantitative de la production sur consigne (combien de mots dans un temps donné). Le manque du mot est un symptôme subjectif vécu en situation de communication (ne pas trouver un mot précis qu'on cherche). Une personne avec un manque du mot fréquent aura souvent une fluence verbale réduite, mais l'inverse n'est pas toujours vrai. Les deux peuvent coexister ou se dissocier selon les pathologies.

Comment stimuler ma fluence verbale au quotidien ?

Plusieurs stratégies simples : pratiquer mots croisés et scrabble régulièrement, tenir un journal, lire varié, jouer à Petit Bac ou Time's Up en famille, apprendre une nouvelle langue, maintenir des conversations riches. Les applications comme JOE proposent des exercices spécifiques à raison de 15-20 minutes par jour. La régularité prime sur l'intensité : mieux vaut 15 minutes par jour que 2 heures une fois par semaine.

Le bilinguisme affecte-t-il la fluence verbale ?

Oui, mais de manière nuancée. Les personnes bilingues ont en moyenne une fluence verbale légèrement plus basse dans chaque langue prise isolément, mais une fluence cumulée (les deux langues additionnées) supérieure aux monolingues. Paradoxalement, le bilinguisme est aussi un facteur protecteur contre les démences : les personnes bilingues développent les troubles cognitifs en moyenne 4 à 5 ans plus tard que les monolingues. Donc une fluence un peu plus basse au quotidien, mais une réserve cognitive plus solide sur la durée.

Combien de temps faut-il pour récupérer une fluence verbale après un AVC ?

Cela dépend de la sévérité initiale, de la localisation lésionnelle, de l'âge, et surtout de l'intensité de la rééducation. La récupération est maximale dans les 6 premiers mois post-AVC, période de plasticité cérébrale aiguë. Avec une rééducation orthophonique intensive (2-3 séances/semaine + travail à domicile), on observe généralement une amélioration de 30 à 50 % de la fluence en 6 mois. Au-delà, les progrès continuent mais à un rythme plus lent. Certains patients continuent à progresser plusieurs années après l'AVC.

La rééducation de la fluence verbale fonctionne-t-elle vraiment ?

Oui, son efficacité est bien documentée dans la littérature scientifique. Pour les aphasies post-AVC, les méta-analyses montrent un bénéfice clair de la rééducation orthophonique sur la fluence et l'évocation lexicale. Pour les démences débutantes, la rééducation ne « guérit » pas mais ralentit le déclin et préserve l'autonomie communicationnelle plus longtemps. Pour les troubles cognitifs réversibles (dépression, fatigue chronique), la fluence peut récupérer complètement avec le traitement de la cause sous-jacente.

Existe-t-il des médicaments pour améliorer la fluence verbale ?

Aucun médicament ne traite spécifiquement la fluence verbale. Cependant, dans certaines pathologies, le traitement de la maladie sous-jacente peut améliorer indirectement la fluence : antidépresseurs (en cas de dépression), anti-cholinestérasiques (Alzheimer débutant), traitement vasculaire (séquelles d'AVC), traitement hormonal (hypothyroïdie). Le pilier du traitement reste la rééducation orthophonique et la stimulation cognitive régulière, qui ont fait leurs preuves.

Pour aller plus loin

La fluence verbale est l'une des fonctions cognitives les plus utiles à entretenir, à évaluer et à rééduquer. Voici les ressources qui peuvent vous accompagner :

La fluence verbale est un marqueur fin et sensible du fonctionnement cognitif. Sa mesure régulière est un outil précieux pour dépister, suivre et rééduquer les troubles cognitifs. Sa stimulation au quotidien, par des exercices simples et plaisants, est l'un des meilleurs investissements pour préserver son cerveau dans la durée. Que vous soyez en rééducation, en plainte cognitive subjective, ou simplement soucieux d'entretenir vos capacités, n'oubliez jamais cette règle d'or de la cognition : ce qui n'est pas pratiqué se perd, ce qui est régulièrement sollicité se consolide. À vous de jouer !

How useful was this post?

Click on a star to rate it!

Average rating 0 / 5. Vote count: 0

No votes so far! Be the first to rate this post.

We are sorry that this post was not useful for you!

Let us improve this post!

Tell us how we can improve this post?

Ce contenu vous a aidé ? Soutenez DYNSEO 💙

Nous sommes une petite équipe de 14 personnes basée à Paris. Depuis 13 ans, nous créons gratuitement des contenus pour aider les familles, les orthophonistes, les EHPAD et les professionnels du soin.

Vos retours sont notre seule façon de savoir si ce travail vous est utile. Un avis Google nous aide à toucher d'autres familles, soignants et thérapeutes qui en ont besoin.

Un seul geste, 30 secondes : laissez-nous un avis Google ⭐⭐⭐⭐⭐. Ça ne coûte rien, et ça change tout pour nous.

Avis Google DYNSEO
4,9 · 49 avis
Voir tous les avis →
M
Marie L.
Famille d'une personne âgée
Application formidable pour ma mère atteinte d'Alzheimer. Les jeux la stimulent vraiment et l'équipe est à l'écoute. Un grand merci à toute l'équipe DYNSEO !
S
Sophie R.
Orthophoniste
J'utilise les jeux DYNSEO tous les jours en cabinet avec mes patients. Variés, bien conçus, et adaptés à tous les niveaux. Mes patients adorent et progressent vraiment.
P
Patrick D.
Directeur d'EHPAD
Nous avons fait former toute notre équipe par DYNSEO sur la stimulation cognitive. Formation Qualiopi sérieuse, contenu pertinent et applicable au quotidien. Vraie valeur ajoutée pour nos résidents.
🛒 2 Mon panier