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Professionnels · Troubles DYS

Identifier et accompagner les troubles DYS à l’école primaire : 10 situations difficiles du quotidien et comment y répondre

Les difficultés liées aux troubles DYS se voient rarement dans les bilans : elles se voient dans la classe, à des moments très ordinaires. Un enfant qui n'a jamais fini de copier la leçon quand la cloche sonne. Une dictée illisible rendue à contrecœur. Un élève qui connaissait sa poésie hier soir et qui « sèche » le lendemain matin. C'est là, dans ces scènes du quotidien, que se joue vraiment la question : comment identifier et accompagner les troubles DYS à l'école primaire sans attendre un diagnostic qui prendra parfois des mois ?

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les professionnels
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

Voici dix de ces situations, décrites comme elles se produisent vraiment. Pour chacune : ce qui se joue côté élève, la réaction spontanée de l'adulte qui aggrave les choses sans le vouloir, puis la réponse pas à pas qui fonctionne — avec les mots exacts à dire et le geste précis. L'objectif n'est pas de poser un diagnostic : cela relève des professionnels de santé. L'objectif est de mieux observer, mieux répondre, et mieux transmettre.

L'essentiel en 30 secondes

En classe, la plupart des comportements lus comme de la « paresse », de la « lenteur » ou du « manque de volonté » chez un enfant DYS ne sont pas des choix : ce sont des tâches devenues coûteuses qui rencontrent une organisation scolaire pensée pour tous.

  • L'enseignant repère, il ne diagnostique pas : il observe, décrit des faits précis et oriente vers le médecin scolaire, l'orthophoniste ou le RASED.
  • La double tâche épuise : lire en même temps qu'écrire, écouter en même temps que copier, voilà ce qui bloque le plus souvent.
  • Punir la lenteur ou l'orthographe résout la minute et abîme le mois suivant.
  • Un aménagement écrit (PAP) vaut mieux qu'un arrangement qui disparaît à chaque remplacement.
  • Un signe de souffrance — mal au ventre du matin, découragement profond, repli — fait toujours passer par le médecin ou le psychologue.

1. Il n'a jamais fini de copier le tableau

10 h 15, CE2. Vous effacez le tableau pour passer à l'exercice suivant. Lui n'a copié que la moitié de la leçon, l'écriture devient de plus en plus grosse et penchée vers la fin de la ligne. Il proteste : « j'avais pas fini ! » Sur son cahier, trois leçons de suite s'arrêtent au milieu.

Ce qui se joue : la copie du tableau est une double tâche redoutable. L'enfant doit lire un mot au loin, le garder en mémoire, retrouver sa ligne sur le cahier, puis tracer chaque lettre — un geste qui, en cas de dysgraphie ou de dyspraxie, n'est pas automatisé et consomme presque toute son attention. Il ne perd pas de temps : il paie un geste graphomoteur coûteux. Lu comme de la lenteur ou de l'inattention, cela conduit à en demander toujours plus, exactement là où l'enfant n'a plus de réserve.

  1. Réduisez la quantité à écrire, pas les apprentissages. Fournissez la leçon photocopiée ou un texte à trous : l'enfant complète les mots-clés au lieu de tout recopier.
  2. Dites-le simplement : « tu as la fiche, tu écris seulement les mots en gras, le reste est déjà là. » L'enfant comprend que ce n'est pas une faveur mais une organisation.
  3. Rapprochez-le du tableau et donnez un temps de copie annoncé : « il reste deux minutes, écris ce que tu peux, on garde la fiche pour le reste. »
  4. Transmettez un fait, pas un jugement dans le cahier de liaison ou l'équipe : « copie du tableau non terminée sur 3 séances, terminée avec support photocopié ». C'est une information exploitable.

❌ À éviter : « tu finiras de recopier pendant la récréation ». On supprime la seule vraie pause d'un enfant déjà en surcharge, et on transforme l'écrit en punition.

2. Il bute sur des mots simples et saute des lignes

CE1, lecture d'un texte court. Il déchiffre « bateau » comme « dateau », revient en arrière, saute une ligne entière puis se perd. La classe attend. Un camarade souffle. Lui rougit et ferme un peu son livre.

Ce qui se joue : dans la dyslexie, le décodage — associer les lettres aux sons et les assembler — n'est pas automatisé. Chaque mot demande un effort conscient, les confusions visuelles (b/d, p/q, m/n) et sonores (f/v, ch/j) sont fréquentes, et le suivi de ligne est instable. L'enfant lit lentement non par manque d'entraînement, mais parce que le mécanisme même est coûteux. Le faire lire davantage à voix haute « pour s'exercer » dans l'urgence ne renforce que l'angoisse.

  1. Ne le faites jamais lire à l'improviste devant le groupe. Prévenez-le : « demain tu liras ce paragraphe-là », pour qu'il le prépare chez lui ou avec vous.
  2. Donnez un repère visuel de ligne : une règle, un cache, ou un doigt sous la ligne. Cela réduit à lui seul beaucoup de sauts de ligne.
  3. Agissez sur le support : police sans empattement, texte aéré, interligne large, découpage en syllabes de couleur pour les mots difficiles.
  4. Valorisez la compréhension, pas la vitesse : « raconte-moi ce que tu as compris » plutôt que « plus vite ».

Un aide-mémoire visuel des confusions b/d p/q collé dans la trousse donne à l'enfant un repère autonome pour se corriger seul.

❌ À éviter : corriger chaque erreur à voix haute pendant qu'il lit. On casse le fil, on l'humilie, et on augmente le nombre d'erreurs suivantes.

3. La dictée est illisible et pleine de fautes

Vendredi, dictée bilan. Sa copie est raturée, l'écriture serrée, et les fautes sont nombreuses : « il mange » devient « il manje ». Le total en rouge est vertigineux. Il regarde la note, hausse les épaules et range sa feuille très vite.

Ce qui se joue : la dysorthographie, souvent associée à la dyslexie. Les fautes sont majoritairement phonétiquement plausibles (« manje » pour « mange ») : l'enfant entend le son mais n'a pas mémorisé la forme écrite du mot ni automatisé les règles. Sous chronomètre et en double tâche (écouter, retenir, orthographier, écrire), la charge dépasse ses capacités. Compter chaque faute et sanctionner le résultat ne mesure que le trouble, pas les connaissances.

  1. Aménagez la dictée : texte plus court, dictée à trous, ou dictée « négociée » où seuls les mots travaillés sont évalués.
  2. Évaluez la compétence visée, pas tout à la fois. Si la séance porte sur l'accord du verbe, comptez les accords, pas l'orthographe d'usage de chaque mot.
  3. Donnez un temps de relecture ciblée avec une grille de relecture orthographique : un point à vérifier à la fois (majuscules, puis accords, puis mots outils).
  4. Notez ce qui progresse : « accords du pluriel réussis, orthographe d'usage encore fragile » est plus utile qu'un chiffre rouge.

❌ À éviter : souligner toutes les fautes en rouge sans hiérarchie. L'enfant ne voit qu'une page saignante et en conclut qu'il est « nul », ce qui éteint tout effort.

4. Il refuse de lire à voix haute devant la classe

Vous distribuez les tours de lecture. Quand vient le sien, il dit qu'il a mal au ventre, ou qu'il a oublié ses lunettes, ou simplement il se tait, tête baissée. Ces « maux de ventre » reviennent surtout les jours de lecture et d'évaluation.

Ce qui se joue : une anxiété de performance, très fréquente chez les enfants DYS. Lire à voix haute devant les autres cumule l'effort de décodage et la peur du regard des camarades. Le corps traduit cette angoisse en signes réels — maux de ventre, envie d'aller aux toilettes, blocage. Ce n'est pas de la comédie : c'est un évitement de protection. Forcer « pour qu'il s'habitue » renforce l'association lecture = danger.

  1. Supprimez la surprise. Convenez à l'avance de ce qu'il lira, et laissez-le le préparer : un passage court, connu, réussi.
  2. Proposez des formats moins exposants : lecture à deux, en petit groupe, ou à l'oreille de l'enseignant avant de lire au groupe.
  3. Nommez l'effort, pas la performance : « tu as lu ta phrase jusqu'au bout, c'est ça qui compte aujourd'hui. »
  4. Repérez la souffrance qui dure. Si les plaintes physiques ou le refus s'installent, transmettez-le et orientez vers le médecin scolaire ou le psychologue de l'éducation nationale.

❌ À éviter : « tout le monde y passe, ce n'est pas grave » sur un ton qui banalise. On invalide une angoisse réelle et on obtient l'effet inverse.

5. Ses cahiers sont en désordre, il perd tout

Sa trousse est vide à moitié, le cahier de textes est à peine rempli, la fiche du jour est déjà froissée au fond du cartable. Il a de nouveau oublié de faire signer le mot. « Encore lui », soupire-t-on. Pourtant, à l'oral, il suit très bien.

Ce qui se joue : des difficultés d'organisation qui relèvent des fonctions exécutives — planifier, ranger, se souvenir de faire. Elles accompagnent souvent la dyspraxie et les troubles de l'attention. L'enfant n'est pas négligent : il n'a pas les automatismes d'organisation que d'autres ont acquis seuls. Le gronder pour ses oublis répétés ne lui apprend pas à s'organiser ; cela lui apprend qu'il est « celui qui oublie ».

  1. Rendez l'organisation visible et externe : pochettes de couleur par matière, une seule chemise « maison / école », un code couleur simple et stable.
  2. Installez une check-list du soir collée dans l'agenda : cartable, mot à signer, matériel du lendemain. On coche, on ne mémorise pas.
  3. Vérifiez avec lui, pas à sa place : « on regarde ensemble ta liste avant de partir », jusqu'à ce que le geste devienne autonome.
  4. Réduisez la copie du cahier de textes : devoirs photocopiés ou pris en photo, pour que l'oubli ne soit pas mécaniquement produit par la lenteur d'écriture.

❌ À éviter : les punitions à répétition pour oubli de matériel. On sanctionne un déficit d'automatisme comme s'il s'agissait de mauvaise volonté.

Ces situations, expliquées et outillées

La formation DYNSEO « Identifier et accompagner les troubles DYS à l'école primaire » reprend chacun de ces mécanismes — dyslexie, dysorthographie, dyspraxie, fonctions exécutives — et les traduit en aménagements applicables dès le lendemain en classe. 24 leçons, 100 % en ligne, à votre rythme, accès illimité.

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6. Il savait sa leçon hier soir, plus rien ce matin

Sa mère vous l'a écrit dans le cahier : « il connaissait parfaitement sa poésie hier soir ». Ce matin, à l'interrogation, il bloque au deuxième vers, cherche, s'énerve. Les tables de multiplication, c'est pareil : sues un jour, envolées le lendemain.

Ce qui se joue : une fragilité de la mémoire de travail et de la consolidation, fréquente dans les troubles DYS. L'information a été apprise sur le moment mais mal stockée à long terme, et le rappel sous pression — devant la classe, en temps limité — sature la mémoire de travail déjà sollicitée. Ce n'est pas qu'il n'a « pas révisé » : c'est que le passage à la mémoire durable est instable.

  1. Aménagez le rappel : interrogation en petit comité, sans public, avec un support (premier mot de chaque vers, table affichée puis retirée progressivement).
  2. Fractionnez et espacez : mieux vaut trois courts rappels dans la semaine qu'un long bachotage la veille. La répétition espacée consolide.
  3. Passez par plusieurs canaux : dire, chanter, mimer, dessiner. Un souvenir ancré sur plusieurs sens se rappelle mieux.
  4. Autorisez des aides mémoire : table de multiplication sous les yeux pour un exercice qui vise le raisonnement, pas le par-cœur.

Pour entraîner mémoire et attention de façon ludique, l'application COCO, les jeux éducatifs pour enfants de 5 à 10 ans, propose des activités courtes et progressives, utilisables à l'école comme à la maison.

❌ À éviter : « tu n'as pas appris » devant la classe. On accuse à tort un enfant qui a fourni l'effort, et on décourage les révisions suivantes.

7. Il n'arrive pas à poser une opération en colonnes

Exercice de calcul posé. Il connaît ses résultats à l'oral, mais sur le cahier les chiffres se chevauchent, les colonnes glissent, la retenue se perd. Le résultat est faux alors qu'il « savait ». Il barre, recommence, finit par abandonner la case.

Ce qui se joue : souvent une dyspraxie visuo-spatiale, parfois une dyscalculie. Aligner des chiffres dans un quadrillage, tenir les colonnes, suivre la retenue de droite à gauche mobilise le repérage dans l'espace — pas seulement le calcul. L'erreur vient de la mise en page, pas du raisonnement mathématique. Refaire l'opération « plus proprement » sans changer le support ne change rien.

  1. Changez le support : cahier à gros carreaux, gabarit avec colonnes pré-tracées, ou une couleur par colonne (unités, dizaines, centaines).
  2. Séparez le raisonnement du geste : proposez aussi le calcul en ligne ou l'usage de matériel manipulable, pour vérifier ce qu'il comprend vraiment.
  3. Autorisez la calculatrice quand la compétence visée est la résolution de problème et non la technique opératoire.
  4. Distinguez dans vos transmissions : « calcul juste à l'oral, erreurs de pose en colonnes » oriente vers le repérage spatial, pas vers un manque en mathématiques.

❌ À éviter : « applique-toi, écris plus droit ». L'enfant s'applique déjà énormément ; le problème n'est pas l'effort mais le support.

8. En fin de matinée, il « explose » ou se bloque

11 h 30. Depuis le début de la matinée il a lu, écrit, copié, écouté. D'un coup, il pose la tête sur les bras, refuse de continuer, ou se met en colère pour un crayon cassé. Le matin, à 9 h, tout se passait bien.

Ce qui se joue : la fatigue cognitive, séquelle très sous-estimée des troubles DYS. Le cerveau d'un enfant dyslexique ou dyspraxique dépense beaucoup plus d'énergie pour des tâches devenues coûteuses. En fin de matinée, la réserve est vide : le blocage ou la crise est une protection, pas un caprice. Le même exercice, proposé à 9 h, passerait sans difficulté.

  1. Regardez l'horloge avant de conclure : si les difficultés se concentrent en fin de matinée ou de journée, la cause est la fatigue, pas la tâche.
  2. Placez les apprentissages exigeants tôt, et allégez volontairement les fins de séquence : relecture, dessin, tâche déjà maîtrisée.
  3. Prévoyez de vraies micro-pauses : un coin calme, la permission de bouger, un temps sans écrit. Anticiper la surcharge évite la crise.
  4. Restez calme pendant l'épisode : voix posée, une consigne simple, « on fait une pause, tu reprends après », sans public et sans sanction immédiate.

❌ À éviter : ajouter du travail « pour qu'il se calme » ou punir la crise. On empile de la charge sur un enfant déjà en surcharge ; l'escalade est garantie.

9. « À la maison il y arrive », disent les parents

Réunion de milieu d'année. Les parents sont surpris : « chez nous, il lit sa leçon sans problème, on ne comprend pas vos remarques ». Le ton se tend un peu : on a l'impression de parler de deux enfants différents.

Ce qui se joue : un décalage réel entre la maison et l'école, et non une contradiction. À la maison, l'enfant travaille au calme, en tête-à-tête, sans limite de temps, le soir après avoir récupéré. En classe, il affronte le bruit, le groupe, le chronomètre et la fatigue accumulée. Les deux observations sont vraies. Les opposer fait perdre l'alliance dont l'enfant a le plus besoin.

  1. Validez leur observation : « je vous crois totalement, à la maison les conditions sont différentes et ça change tout pour lui. »
  2. Décrivez des faits datés et situés, pas des jugements : « en dictée chronométrée, en groupe, il décroche ; en petit comité, il réussit ».
  3. Faites de la maison un allié : un outil commun et un cahier de liaison régulier évitent le sentiment d'être contredit.
  4. Orientez sans dramatiser : proposez, si les difficultés persistent, un avis du médecin et un bilan orthophonique, seuls habilités à poser un diagnostic.

❌ À éviter : « vous le couvez trop » ou « vous ne le faites pas assez travailler ». On culpabilise des parents inquiets et on rompt la coopération.

10. Le remplaçant n'a pas ses aménagements

Jeudi, vous êtes absente. Le remplaçant fait copier toute la leçon, interroge l'élève à l'improviste en lecture, compte chaque faute de la dictée. Rien de tout cela n'était écrit : les aménagements vivaient dans votre tête et dans l'habitude de la classe.

Ce qui se joue : l'accompagnement d'un enfant DYS repose sur une poignée d'ajustements précis. Tant qu'ils ne sont pas écrits, ils disparaissent à chaque remplacement, à chaque intervenant extérieur (sport, musique, décloisonnement) et à chaque changement d'année — et avec eux, une partie des progrès. C'est précisément le rôle d'un document formel comme le PAP (plan d'accompagnement personnalisé).

  1. Écrivez les aménagements, pas les diagnostics : « leçon photocopiée », « pas de lecture à l'improviste », « dictée à trous », « temps majoré » sont directement applicables.
  2. Une fiche courte et visible, dix lignes maximum, au même endroit pour chaque élève concerné. Trop longue, elle n'est pas lue.
  3. Formalisez dans le PAP avec l'équipe, le médecin scolaire et la famille : le document devient officiel, transmissible et révisé, et non dépendant de la bonne volonté de chacun.
  4. Vérifiez au retour ce qui a été appliqué : c'est ainsi qu'on repère les consignes mal formulées et qu'on ajuste la fiche.

❌ À éviter : compter sur la transmission orale et sur l'habitude de la classe — les deux choses qui s'effacent le plus vite dès que vous n'êtes pas là.

Identifier et accompagner les troubles DYS : le tableau récapitulatif

Pour identifier et accompagner les troubles DYS à l'école primaire au quotidien, on peut résumer les dix situations en un même réflexe : observer un fait précis, comprendre le mécanisme, ajuster le support ou le format plutôt que de forcer, et écrire ce qui fonctionne.

SituationCe dont il s'agit souvent✅ Le réflexe à avoir❌ À éviter
Copie du tableau jamais finieDysgraphie, geste non automatisé, double tâcheLeçon photocopiée, texte à trous, quantité réduiteFaire recopier sur la récréation
Bute sur les mots, saute des lignesDyslexie, décodage coûteuxLecture préparée, cache-ligne, support adaptéFaire lire à l'improviste et corriger à voix haute
Dictée illisible et fautiveDysorthographieDictée aménagée, évaluer la compétence viséeTout souligner en rouge sans hiérarchie
Refus de lire devant la classeAnxiété de performancePrévenir, préparer, formats moins exposantsForcer « pour l'habituer »
Cahiers en désordre, oublisFonctions exécutives, dyspraxieCheck-list, code couleur, vérifier avec luiPunir chaque oubli de matériel
Leçon sue puis oubliéeMémoire de travail, consolidationRappel aménagé, répétition espacée, multicanal« Tu n'as pas appris » en public
Opération en colonnes ratéeDyspraxie visuo-spatiale, dyscalculieGros carreaux, gabarit, calcul en ligne« Applique-toi, écris plus droit »
Blocage ou crise en fin de matinéeFatigue cognitiveApprentissages tôt, micro-pauses, rester calmeAjouter du travail ou punir la crise
« À la maison il y arrive »Décalage des conditions, fatigue accumuléeValider, décrire les faits, allier la familleOpposer maison et école, culpabiliser
Remplaçant sans consignesSavoir non écritFiche courte d'aménagements, PAPCompter sur l'oral et l'habitude
⚠️ Repérer n'est pas diagnostiquer

L'enseignant observe, décrit et oriente ; il ne pose pas de diagnostic. Seuls les professionnels de santé — médecin, orthophoniste, neuropsychologue, ergothérapeute — établissent un diagnostic DYS. Si un enfant présente des signes de souffrance qui durent (maux de ventre les matins d'école, découragement profond, perte de l'estime de soi, repli, refus scolaire), signalez-le sans tarder au médecin scolaire, au RASED et à la famille, et orientez vers un psychologue de l'éducation nationale. En cas de danger immédiat pour l'enfant, contactez les services d'urgence de votre pays.

Pour aller plus loin

Côté supports directement utiles aux scènes décrites ici : les cartes de lecture flash par syllabes, le plan de rédaction visuel et la fiche d'auto-correction de dictée se glissent facilement dans un cahier ou une trousse. Pour situer les points forts et les points d'appui d'un élève, les tests cognitifs DYNSEO offrent un premier éclairage — sans valeur diagnostique.

Un réflexe transversal aux dix situations

Quel que soit le trouble, trois gestes reviennent : alléger la double tâche (ne jamais demander de lire et d'écrire en même temps sous pression), rendre l'aide visible et stable (support, couleur, check-list), et transmettre un fait plutôt qu'une étiquette. Ces réflexes ne remplacent pas les prises en charge spécialisées : ils rendent la classe vivable pendant qu'elles se mettent en place, et souvent bien au-delà.

Questions fréquentes

Comment savoir si un élève a un trouble DYS ou s'il est juste en difficulté ?

Vous ne pouvez pas le savoir seul, et ce n'est pas votre rôle : le diagnostic relève de professionnels de santé. Ce qui doit alerter, c'est la persistance et l'intensité de la difficulté malgré un enseignement adapté, ainsi qu'un écart marqué avec les autres compétences de l'enfant. Notez des faits précis et datés (nature des erreurs, contexte, moment de la journée) sur plusieurs semaines, transmettez-les au médecin scolaire et au RASED, et proposez à la famille un bilan, notamment orthophonique. Votre observation régulière est précieuse : elle guide et accélère la démarche diagnostique.

Faut-il attendre le diagnostic pour mettre en place des aménagements ?

Non. Les aménagements pédagogiques n'ont pas besoin d'attendre un diagnostic : ils reposent sur les difficultés observées, pas sur une étiquette. Réduire la copie, aménager une dictée, prévenir avant une lecture à voix haute ou fournir un support adapté relève de la souplesse pédagogique ordinaire et peut se mettre en place immédiatement. Cela soulage l'enfant tout de suite et évite l'installation d'une souffrance scolaire. Le diagnostic, lui, ouvrira ensuite des dispositifs plus formels comme le PAP et des prises en charge spécialisées. Agir tôt ne préjuge de rien ; attendre, en revanche, laisse le découragement s'installer.

Aménager, n'est-ce pas créer une injustice envers les autres élèves ?

Non : aménager, c'est rétablir l'équité, pas créer un privilège. Donner une leçon photocopiée à un enfant dysgraphique ne lui offre pas un avantage, cela lui permet d'accéder au même apprentissage que ses camarades sans être bloqué par un geste non automatisé. On évalue ainsi ce qu'il sait, et non l'intensité de son trouble. Beaucoup de ces aménagements — consignes claires, supports aérés, temps de relecture — profitent d'ailleurs à toute la classe. Expliquer simplement aux autres élèves que « chacun a besoin d'aides différentes » installe un climat de coopération plutôt que de comparaison.

Comment parler d'une suspicion de trouble DYS aux parents sans les inquiéter ?

Partez de faits concrets et bienveillants, jamais d'un diagnostic : décrivez ce que vous observez en classe et ce que vous avez déjà mis en place. Reconnaissez ce que l'enfant réussit, pour ne pas réduire l'échange à ses difficultés. Proposez une démarche, pas un verdict : « un avis du médecin et un bilan permettraient d'y voir plus clair et de mieux l'aider ». Écoutez leur point de vue, souvent riche d'observations utiles, et positionnez-vous comme un allié. L'objectif est d'ouvrir une coopération autour de l'enfant, pas de désigner un problème ; le ton fait toute la différence.

Quels signes doivent faire alerter au-delà des difficultés d'apprentissage ?

Au-delà des erreurs scolaires, surveillez les signes de souffrance psychique : maux de ventre ou de tête récurrents les matins d'école, refus d'aller en classe, perte d'estime de soi, phrases de dévalorisation (« je suis nul »), repli, tristesse durable ou irritabilité inhabituelle. Ces signaux imposent de transmettre à l'équipe, d'alerter le médecin scolaire et le RASED, et d'orienter vers un psychologue de l'éducation nationale. Un trouble DYS non accompagné peut retentir lourdement sur le moral d'un enfant : l'objectif est de le protéger. En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays.

ℹ️ Information et non avis médical

Cet article propose des repères pédagogiques généraux. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un bilan orthophonique, ni l'avis du médecin, ni les dispositifs officiels de votre établissement. Toute suspicion de trouble DYS doit être orientée vers les professionnels de santé compétents. En cas de doute sur une situation précise, référez-vous à votre équipe et au médecin scolaire.

Identifier et accompagner les troubles DYS à l'école primaire ne suppose ni de devenir soignant, ni d'attendre passivement un diagnostic. Cela commence par un regard plus juste sur ces dix scènes du quotidien : comprendre le mécanisme derrière un comportement, ajuster le support plutôt que forcer l'enfant, écrire ce qui fonctionne pour que cela survive à votre absence. C'est un métier qui s'apprend, et chaque réflexe acquis change concrètement la journée d'un enfant.

Passez du repérage à l'accompagnement outillé

La formation « Identifier et accompagner les troubles DYS à l'école primaire » détaille chaque mécanisme et donne des aménagements prêts à l'emploi pour la lecture, l'écriture, l'orthographe, le calcul et l'organisation. 24 leçons, 100 % en ligne, accès illimité, à votre rythme. Organisme certifié Qualiopi (N° 11757351875), attestation de fin de formation remise.

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