Identifier et accompagner les troubles DYS à l’école primaire : posture professionnelle, travail en équipe et montée en compétences
Repérer un élève qui bute sur la lecture, inverse les sons, oublie la moitié d'une consigne ou s'effondre devant une dictée n'a rien d'exceptionnel dans une classe de primaire. Ce qui est difficile, c'est de savoir quoi en faire : jusqu'où va votre rôle d'enseignant, d'ATSEM ou d'AESH, à qui transmettre ce que vous observez, comment en parler aux parents sans les alarmer, et comment tenir dans la durée. Identifier et accompagner les troubles DYS à l'école primaire relève d'une compétence professionnelle qui s'apprend, et la formation professionnelle sur ce sujet a précisément pour objet de sécuriser votre posture au quotidien.
Cet article ne parle ni de rééducation ni de diagnostic : ce n'est pas votre métier, et c'est heureux. Il parle de ce qui est vraiment entre vos mains — observer finement, écrire ce que vous voyez de façon exploitable, coordonner une équipe, dialoguer avec les familles, et vous protéger de l'usure. Avec, à chaque fois, les mots exacts qui fonctionnent et la ligne à ne pas franchir.
L'essentiel en 30 secondes
Face à un trouble DYS suspecté, votre rôle tient en une phrase : observer et décrire relèvent de vous, coordonner relève de l'équipe, diagnostiquer relève des professionnels de santé (médecin, orthophoniste, neuropsychologue).
- Une observation utile décrit un fait daté, situé et reproductible — pas une étiquette collée à l'enfant.
- En équipe éducative, trois minutes préparées avec des faits pèsent plus que dix minutes d'impressions.
- Avec les familles, on décrit ce qu'on observe et les aménagements mis en place ; on ne pose aucun diagnostic et on ne promet aucun résultat.
- L'usure professionnelle guette celles et ceux qui accompagnent ces élèves : elle se repère à des signaux précis.
- Se former réduit une grande part de la charge mentale, car beaucoup de fatigue vient de l'incertitude sur ce qu'il faut faire.
La posture : jusqu'où va votre rôle
La difficulté n'est pas de connaître son métier, c'est de tenir une position juste entre deux dérives symétriques. D'un côté, en faire trop : annoncer aux parents que leur enfant « est sûrement dyslexique », improviser une rééducation, décider seul d'un aménagement lourd. De l'autre, se réfugier derrière son périmètre pour éviter une conversation difficile ou renvoyer l'enfant à ses seules difficultés.
Le trouble DYS a une particularité qui complique cette posture : il est invisible et durable. L'enfant travaille, parfois beaucoup, et le résultat ne suit pas. La tentation de conclure — « il ne fait pas d'efforts », « elle est étourdie », « c'est un problème d'attention » — est immédiate. Or votre valeur professionnelle est ailleurs : vous êtes la personne qui voit l'enfant chaque jour, dans la durée, en situation réelle. C'est une position d'observation qu'aucun professionnel de santé n'occupe. Encore faut-il ne pas la gâcher en la transformant en diagnostic de couloir.
| Situation | ✅ Ce que vous pouvez dire ou faire | ❌ Ce qui sort de votre rôle |
|---|---|---|
| Un enfant confond systématiquement b et d | Noter la fréquence, le contexte, proposer un support visuel de repère | Annoncer « c'est de la dyslexie » |
| Des parents demandent si leur enfant est « DYS » | Décrire ce que vous observez en classe et orienter vers le médecin | Poser ou écarter un diagnostic |
| Un élève s'effondre devant une dictée | Sécuriser, alléger la tâche du moment, transmettre à l'équipe | Conclure à un trouble anxieux ou dépressif |
| Un parent critique un collègue devant vous | Écouter, ne pas commenter, orienter vers la direction | Donner votre avis sur la pratique d'un collègue |
| Un aménagement vous semble inadapté | Le questionner en équipe éducative, faits à l'appui | L'appliquer différemment sans en parler |
| Un enfant confie une souffrance à la maison | Écouter, transmettre ce qui est nécessaire à sa protection | Promettre le secret absolu ou tout raconter en salle des maîtres |
Le piège spécifique des DYS : l'attribution morale
Un trouble DYS n'a rien à voir avec l'intelligence ni avec la volonté de l'enfant. Pourtant, la lenteur, les erreurs répétées et l'écart entre l'effort fourni et le résultat déclenchent presque mécaniquement des jugements : paresse, distraction, manque de sérieux. Ces attributions, même formulées avec bienveillance, sont perçues par l'enfant et par ses parents. Elles ajoutent une blessure d'estime de soi à une difficulté déjà lourde.
Avant de commenter une production ou un comportement, posez-vous la question : est-ce que je décris ce que je vois, ou est-ce que j'attribue une intention ? « Il n'a pas terminé la fiche » est une observation. « Il n'a pas fait d'efforts » est un jugement. Le premier ouvre une piste de travail ; le second ferme la porte et abîme l'enfant.
Observer et tracer ce que vous voyez
Votre observation n'a de valeur que si elle est transmissible. Une intuition qui reste dans votre tête ne sert ni à l'équipe, ni au médecin, ni à l'enfant. La plupart des transmissions échouent parce qu'elles livrent une conclusion au lieu d'une observation : « il est en difficulté » ne dit rien d'actionnable. Ce qui aide un professionnel de santé à orienter son bilan, c'est le détail concret et daté.
- Un fait, pas une étiquette. Ce que vous voyez ou entendez, pas ce que vous en déduisez.
- Daté et situé. Le moment de la journée et le type de tâche changent tout : la fatigue cognitive s'accumule.
- Le contexte immédiat. Ce qui se passait juste avant, le niveau de bruit, le nombre de consignes données.
- Ce qui a fonctionné. L'information la plus précieuse et la plus souvent oubliée : elle permet de reproduire un aménagement efficace.
- Ce qui est nouveau. Signaler explicitement qu'une difficulté ou un comportement n'existait pas le trimestre précédent.
| ❌ Observation inexploitable | ✅ Observation utile |
|---|---|
| N'aime pas lire | Lit à voix haute deux lignes en cinq minutes ; suit mieux avec un cache-ligne |
| Fait beaucoup de fautes | Confond b/d et p/q en copie ; moins d'erreurs quand la police est agrandie |
| Est lent en maths | Aligne mal les chiffres en colonne ; réussit avec un quadrillage agrandi |
| N'écoute pas les consignes | Exécute la 1re consigne, oublie la 2e et la 3e ; réussit si on les donne une par une |
| Écrit mal | Tient le stylo crispé, se fatigue après trois lignes ; production plus lisible au clavier |
| Se décourage vite | Abandonne la dictée après la 4e ligne ; termine si le nombre de mots est réduit de moitié |
Ce niveau de détail transforme votre observation en matière première pour l'équipe éducative et pour le médecin. Il montre aussi une chose essentielle : vous ne cherchez pas à coller un nom sur une difficulté, vous cherchez à décrire dans quelles conditions l'enfant réussit. C'est exactement ce dont un plan d'accompagnement personnalisé (PAP) a besoin pour être écrit.
Observer par grandes familles de signes, sans conclure
Il est utile de savoir vers quel versant orienter votre attention, sans jamais poser d'étiquette. Les difficultés de décodage et de lecture, la lenteur et la fatigue devant un texte, orientent vers le champ du langage écrit. Les erreurs massives d'orthographe malgré les révisions, l'écart entre l'oral maîtrisé et l'écrit chaotique, relèvent d'un autre versant encore. Le geste graphique douloureux, la tenue crispée du stylo, la fatigue de main après quelques lignes, dessinent un profil différent. Les erreurs d'alignement des chiffres, les difficultés à mémoriser les tables ou à se repérer dans une suite numérique renvoient au domaine des mathématiques. Et un enfant qui se cogne, peine à s'habiller, organise mal son espace de travail signale peut-être des difficultés de coordination et de planification.
Ces regroupements ne sont pas des diagnostics : ce sont des boussoles d'observation. Un même enfant peut cumuler plusieurs de ces versants, et seul un bilan pluriprofessionnel permettra d'y voir clair. Votre travail consiste à décrire finement chaque signe, à noter dans quelles conditions il s'atténue, et à transmettre ce faisceau au médecin et à l'équipe. C'est cette précision qui accélère l'accès de l'enfant au bon interlocuteur.
Tout signe de souffrance de l'enfant — repli, larmes répétées, plaintes physiques avant l'école, propos dévalorisants sur lui-même, changement brutal de comportement — doit être signalé explicitement, sans attendre. Ce n'est pas à vous d'en analyser la cause. Transmettez au médecin scolaire, au psychologue de l'Éducation nationale et à la direction. En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays.
Pour outiller cette observation au quotidien, des supports gratuits existent et évitent de tout reconstruire : l'aide-mémoire des confusions b/d p/q, la grille de relecture orthographique ou encore la fiche d'auto-correction de dictée. Ils vous aident à documenter précisément dans quelles conditions un élève progresse.
Posture, observation, équipe, familles : le cadre complet
La formation « Identifier et accompagner les troubles DYS à l'école primaire » traite exactement ces sujets, avec des mises en situation concrètes, pour sécuriser votre pratique au quotidien.
Découvrir la formation — 24 leçons, 150 €Travailler en équipe pluridisciplinaire
Autour d'un enfant avec un trouble DYS gravitent des professionnels qui se croisent rarement : enseignant, AESH, ATSEM, RASED, médecin scolaire, psychologue de l'Éducation nationale, mais aussi, en dehors de l'école, orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien, neuropsychologue. Chacun voit une facette. L'équipe éducative est souvent le seul moment où ces regards se croisent — à condition que chacun y apporte autre chose qu'une impression générale.
| Professionnel | Ce qu'il apporte de spécifique |
|---|---|
| Enseignant | Ce que l'enfant fait réellement en classe, sur quelles tâches, à quels moments |
| AESH | L'aide effective apportée, ce qui fonctionne, ce qui reste bloquant au plus près de l'élève |
| ATSEM (maternelle) | Les premières observations sur le langage, la motricité fine, l'autonomie |
| RASED | L'aide spécialisée, l'analyse pédagogique fine des difficultés |
| Médecin scolaire | Le lien avec le soin, l'orientation vers les bilans, la coordination du PAP |
| Psychologue de l'Éducation nationale | Le fonctionnement cognitif et le retentissement psychologique |
| Orthophoniste, ergothérapeute (hors école) | Le bilan spécialisé, les rééducations, les préconisations concrètes |
| Directeur, coordonnateur | La cohérence du parcours, les moyens, le lien avec la MDPH le cas échéant |
Préparer trois minutes utiles en équipe éducative
- Un constat, formulé comme un fait daté : « depuis la rentrée, la copie du tableau n'est jamais terminée dans le temps donné ».
- Une hypothèse, présentée comme telle : « ça pourrait être lié à la vitesse d'écriture, pas à la compréhension ».
- Une question précise : « peut-on lui fournir la trace écrite photocopiée de façon systématique ? ».
- Une proposition que vous êtes prêt à tester : « je peux essayer trois semaines et noter si ça change quelque chose ».
Ce format transforme une plainte en décision. Il donne aussi du poids à la parole des professionnels de terrain, souvent les mieux informés et pas toujours les plus entendus. Un point mérite d'être rappelé : l'école n'est pas le lieu du diagnostic. Le rôle de l'équipe est de repérer, de décrire, d'aménager et d'orienter vers les professionnels de santé qui, eux, poseront le bilan et le diagnostic. Cette répartition n'est pas une limite frustrante : c'est ce qui protège l'enfant d'étiquettes hâtives.
Le PAP (plan d'accompagnement personnalisé) relève de l'école et du médecin scolaire, sans passer par la MDPH ; le PPS (projet personnalisé de scolarisation) relève d'une reconnaissance de handicap notifiée par la MDPH ; le PAI concerne les besoins de santé. Les règles précises et leur mise en œuvre varient : renseignez-vous auprès de votre direction et du médecin scolaire pour votre situation.
Communiquer avec les familles
Les parents d'un enfant en difficulté arrivent souvent avec un mélange d'inquiétude, de culpabilité et, parfois, de déni protecteur. Ce qu'ils expriment sous forme de reproche est très rarement dirigé contre vous : c'est l'expression d'une peur pour leur enfant. Votre rôle n'est pas de les convaincre d'un diagnostic — vous n'en posez pas — mais de partager des faits et d'ouvrir une porte vers le soin.
Les trois situations les plus fréquentes
Alerter sans diagnostiquer
On décrit des faits observés, sans nommer de trouble : « en classe, la lecture reste très coûteuse pour lui malgré ses efforts. Je vous propose d'en parler avec le médecin scolaire, qui pourra vous orienter. » On ouvre, on n'affirme pas.
Recadrer une demande
« Je comprends votre demande. Ce n'est pas moi qui peux en décider seul, je la transmets à l'équipe et à la direction qui reviendront vers vous. » Une formulation qui ne rejette pas la personne et ne promet rien qu'on ne pourra tenir.
Le parent qui fait à la place
Fréquent et bien intentionné : dictées refaites, devoirs corrigés à l'avance. On explique le bénéfice concret : « quand il fait ses erreurs, je vois où l'aider. Sans elles, je ne peux pas adapter. »
« Je comprends que ce soit difficile à entendre. » Accuser réception de l'émotion avant de répondre sur le fond fait retomber la plupart des situations. Et l'échange se transmet ensuite à l'équipe, même s'il a duré deux minutes : une inquiétude non transmise revient plus tard, amplifiée, parfois au niveau de la direction ou de l'inspection.
Un mot sur ce qu'il ne faut pas dire, parce que ces phrases circulent encore : « c'est sûrement de la dyslexie », « il faut consulter un orthophoniste tout de suite », « à son âge il devrait déjà lire ». La première pose un diagnostic qui n'est pas le vôtre ; la deuxième court-circuite le médecin ; la troisième culpabilise sans rien apporter. On peut dire les faits, on peut dire l'inquiétude, on oriente toujours vers le professionnel de santé.
Prévenir l'usure professionnelle
Accompagner des élèves dont les progrès sont lents, parfois invisibles d'une semaine sur l'autre, expose particulièrement à l'usure. On donne beaucoup pour des résultats peu spectaculaires, on gère l'incompréhension de certains parents, on jongle avec des effectifs chargés et des moyens comptés. La fatigue qui en résulte n'est pas un défaut personnel : c'est un risque du métier, qu'il faut savoir repérer.
Les signaux
Fatigue qui ne cède plus au repos, appréhension le dimanche soir, irritabilité inhabituelle, troubles du sommeil, sentiment de ne jamais en faire assez.
La mise à distance
Se surprendre à parler des élèves comme de dossiers, à éviter les échanges, à « faire cours » sans plus vraiment voir les enfants. Un mécanisme de protection, et un signal.
Ce qui protège
Pouvoir parler des situations difficiles en équipe, avoir des repères clairs sur son rôle, et voir les progrès — d'où l'utilité de tracer ce qui évolue, même à petits pas.
Quand consulter
Si les signaux durent plusieurs semaines, en parler à la médecine du travail ou à son médecin. C'est un acte professionnel, pas un aveu de faiblesse.
Un point mérite d'être dit explicitement : une part importante de la fatigue, dans ce contexte, ne vient pas des tâches, mais de l'incertitude. Ne pas savoir si l'on doit alerter, si l'on peut insister, si l'on aurait dû repérer plus tôt, si l'aménagement proposé est le bon. Comprendre les mécanismes des troubles DYS et connaître son périmètre allègent cette charge mentale de manière très concrète. Savoir précisément ce qui relève de vous — et ce qui n'en relève pas — supprime une source d'angoisse permanente.
Se protéger, c'est aussi accepter de ne pas tout porter seul. Un enfant DYS a besoin d'une chaîne de professionnels ; vous en êtes un maillon essentiel, pas la totalité. Renvoyer vers le médecin, le RASED ou l'orthophoniste n'est pas se décharger, c'est faire son travail correctement. Cette clarté est l'un des meilleurs remparts contre l'épuisement.
Se former : cadre, certification et financement de la formation professionnelle
Identifier et accompagner les troubles DYS à l'école primaire suppose des compétences qui ne s'improvisent pas : connaître les grands troubles (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, dysgraphie, dysphasie), savoir repérer sans diagnostiquer, maîtriser les aménagements pédagogiques, et tenir une communication juste avec les familles et l'équipe. La formation professionnelle continue est le cadre naturel de cette montée en compétences, qu'on soit enseignant, AESH, ATSEM ou intervenant en périscolaire.
Sur le plan pratique, trois éléments sont demandés dans la plupart des configurations : un programme écrit avec des objectifs pédagogiques clairs, un organisme identifiable et certifié, et une preuve individuelle de réalisation. La certification Qualiopi est devenue la référence en France sur ce dernier point, car elle atteste de la qualité du processus de formation.
| Élément demandé | Ce que fournit la formation DYNSEO |
|---|---|
| Programme structuré | 24 leçons couvrant repérage, posture, aménagements et communication |
| Organisme certifié | Organisme de formation certifié Qualiopi — N° 11757351875 |
| Preuve de réalisation | Attestation de fin de formation |
| Souplesse d'organisation | 100 % en ligne, accès illimité, à son rythme |
| Coût maîtrisé | Tarif de 150 €, sans immobiliser l'équipe sur des journées entières |
Concernant le financement, la certification Qualiopi est la condition qui permet à un employeur d'envisager une prise en charge au titre du plan de développement des compétences ou par un opérateur de compétences (OPCO). Les règles, plafonds et procédures varient selon les statuts, les employeurs et les financeurs. Le conseil pratique tient en une phrase : faites valider le programme et le devis par votre service RH, votre coordonnateur ou votre financeur avant l'inscription, jamais après. Rien n'est automatique, et présenter une prise en charge comme certaine serait une erreur.
Avant de vous engager, il est légitime de vouloir savoir précisément ce que contient un parcours et à qui il s'adresse. L'article consacré au programme, au contenu et au public de la formation détaille ces points. Pour comprendre les troubles eux-mêmes en profondeur, le guide complet pour comprendre ce qui se joue derrière les DYS constitue un socle utile.
Déployer une formation dans une équipe
Le vrai risque d'une formation en ligne n'est pas qu'elle soit mal suivie : c'est qu'elle soit suivie, appréciée, puis sans effet trois semaines plus tard. Déployer une formation dans une équipe d'école ou de circonscription demande donc un minimum d'organisation, mais rien de lourd.
- Un lancement commun : présenter l'objectif en réunion, préciser le délai (par exemple un trimestre) et rappeler que le rythme est libre grâce à l'accès en ligne illimité.
- Un suivi des présences léger : un tableau partagé où chacun coche les leçons terminées. L'attestation de fin de formation fait foi individuellement.
- Un point de cinq minutes en équipe après chaque bloc de leçons : qu'est-ce qu'on retient, appliqué à quel élève, dès quand.
- Une décision concrète par thème, écrite dans le PAP ou le cahier de suivi : une seule, mais réelle — le cache-ligne systématisé, la consigne fractionnée, la dictée à trous.
- Un référent identifié vers qui aller en cas de doute, plutôt qu'un savoir diffus que personne n'incarne.
- Un bilan à trois mois avec une question unique : qu'est-ce qui a changé pour les élèves ? C'est ce qui distingue une formation utile d'une formation consommée.
Pour ancrer les acquis, appuyez-vous sur des supports prêts à l'emploi : les cartes de lecture flash de syllabes et le plan de rédaction visuel se glissent facilement dans le quotidien de la classe. Côté élèves, l'application COCO, conçue pour les enfants de 5 à 10 ans, propose des jeux d'entraînement cognitif qui peuvent compléter — jamais remplacer — le travail des professionnels de santé.
Pensez aussi à la continuité : un élève DYS change de classe chaque année, et une partie du travail se perd si rien n'est transmis. Une fiche synthétique par élève concerné — ce qui a été essayé, ce qui fonctionne, ce qui reste bloquant — permet à l'enseignant suivant de reprendre là où l'on s'est arrêté, sans repartir de zéro. Cette transmission d'une année sur l'autre est l'un des gestes professionnels qui changent le plus la trajectoire d'un enfant.
Enfin, gardez en tête que la formation ne remplace ni le bilan orthophonique, ni le diagnostic médical, ni l'accompagnement spécialisé. Elle vous rend meilleur là où vous êtes légitime : repérer tôt, décrire juste, aménager efficacement et orienter au bon moment. Identifier et accompagner les troubles DYS à l'école primaire n'est pas une affaire d'improvisation ni de bonne volonté isolée : c'est une compétence collective qui se construit, se transmet et se soutient dans la durée.
Pour aller plus loin
Boîte à outilsActivités, supports et aménagements concrets à mettre en place en classe
Guide de fondLes troubles DYS à l'école primaire : le guide complet pour comprendre ce qui se joue
La formationProgramme, contenu et public de la formation « Identifier et accompagner les troubles DYS »
Pour compléter votre trousse d'observation, l'ensemble du catalogue d'outils gratuits DYNSEO est librement accessible, tout comme les tests cognitifs qui aident à mieux cerner certains fonctionnements. Ces ressources ne se substituent à aucun bilan professionnel : elles outillent votre repérage et vos transmissions.
Questions fréquentes
Un enseignant ou un AESH peut-il dire à des parents que leur enfant est « DYS » ?
Non. Le diagnostic d'un trouble DYS relève des professionnels de santé : médecin, orthophoniste, neuropsychologue selon les cas. Votre rôle est de décrire ce que vous observez en classe, avec des faits précis et datés, puis d'orienter la famille vers le médecin scolaire qui coordonnera les bilans nécessaires. Dire « c'est sûrement une dyslexie » sort de votre périmètre, peut être erroné et fait peser une étiquette sur l'enfant. En revanche, alerter sur une difficulté persistante et proposer d'en parler au bon interlocuteur est non seulement autorisé, mais attendu de vous.
Comment noter mes observations pour qu'elles soient vraiment utiles ?
Décrivez un fait, pas une conclusion : ce que vous voyez ou entendez, daté et situé, avec le contexte immédiat. Précisez surtout ce qui a fonctionné : c'est l'information la plus précieuse pour l'équipe et le médecin. Par exemple, « copie du tableau jamais terminée dans le temps donné, mais complète quand la trace écrite est photocopiée » vaut infiniment mieux que « est lent ». Signalez explicitement tout élément nouveau, qui n'existait pas le trimestre précédent. Cette rigueur transforme votre observation en matière première pour un plan d'accompagnement et pour l'orientation vers le soin.
La formation continue sur les troubles DYS est-elle obligatoire ?
Les obligations varient selon les statuts, les employeurs et les fonctions. La formation continue relève cependant presque partout à la fois d'une obligation d'employeur et des démarches qualité des établissements et des collectivités. En pratique, ce qui est valorisé et parfois exigé, c'est un programme écrit, un organisme identifiable et certifié Qualiopi, et une preuve individuelle de réalisation comme une attestation de fin de formation. Pour savoir ce qui s'applique à votre situation précise et si un financement est possible, renseignez-vous auprès de votre service RH, de votre coordonnateur ou de votre employeur avant toute inscription.
Un aménagement peut-il être mis en place sans diagnostic posé ?
Oui, des aménagements pédagogiques peuvent être décidés en équipe éducative sur la base des besoins observés, sans attendre un diagnostic. Le plan d'accompagnement personnalisé (PAP) répond précisément à cette logique : il s'appuie sur les difficultés constatées et l'avis du médecin scolaire, sans passer par la MDPH. Cela dit, l'aménagement ne remplace ni le bilan ni le suivi spécialisé : il s'articule avec eux. L'idéal est d'aménager rapidement pour soulager l'enfant tout en engageant, en parallèle et via le médecin, la démarche de bilan qui précisera la nature du trouble.
Comment éviter qu'une formation reste sans effet dans l'équipe ?
En transformant chaque bloc de leçons en une décision unique, écrite et appliquée à un élève précis, plutôt qu'en intention générale. Prévoyez un point de cinq minutes en réunion après chaque module, un référent identifié vers qui aller en cas de doute, une décision consignée dans le PAP ou le cahier de suivi, et un bilan à trois mois centré sur ce qui a changé pour les élèves. Sans ces mécanismes simples, même une formation bien suivie et appréciée s'efface en quelques semaines. Le suivi léger des présences et l'attestation individuelle aident à structurer ce déploiement.
Cet article propose des repères professionnels généraux. Il ne constitue ni un avis médical, ni un avis juridique. Le diagnostic et la prise en charge des troubles DYS relèvent des professionnels de santé. Les obligations de formation, les règles de financement, les dispositifs d'aménagement et les périmètres de responsabilité varient selon les statuts et les employeurs : référez-vous à votre encadrement, à votre service RH, au médecin scolaire et aux textes en vigueur. Pour tout signe de souffrance chez un enfant, orientez sans délai vers le médecin ou le psychologue.
Identifier et accompagner les troubles DYS, avec le bon cadre
24 leçons, 100 % en ligne, accès illimité, à votre rythme. Organisme certifié Qualiopi N° 11757351875, attestation de fin de formation à la clé — pour sécuriser votre posture et gagner en sérénité au quotidien.
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