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L’éducation des enfants est une question essentielle à aborder lorsque l’on devient parent.

Nous entendons de plus en plus parler d’éducation positive et des moyens mis en place pour favoriser le développement des enfants dans une société de plus en plus connectée et en proie à de nouveaux styles d’éducation. 

Aujourd’hui, nous voulions aborder la psychopédagogie, qui se caractérise par l’étude des comportements des enseignants et des élèves. Cette discipline s’adresse en grande partie aux enfants et adolescents ayant des difficultés d’apprentissage. 

Nous avons donc posé quelques questions à Sylvie Sheirlinck pour éclairer nos lanternes. 

On parle beaucoup de l’éducation positive, qu’est-ce que la psychopédagogie positive ?

 

« En fait, pratiquer la psychopédagogie positive, c’est une approche globale : tête/cœur/corps.

Grâce aux découvertes en neurosciences éducatives, il est prouvé que l’on apprend bien mieux si :

  • LE CŒUR : On prend en compte les émotions. Les apprenants sont forcément moins disponibles pour les apprentissages s’ils sont tristes, en colère, s’ils ont été humiliés, harcelés. La pédiatre, Catherine Gueguen, développe dans son ouvrage
    Heureux d’apprendre à l’école (2018), ce qu’elle appelle « la maltraitance émotionnelle ». De ce fait, nous proposons des outils qui vont aider à accueillir [et] exprimer ses émotions. Ensuite, d’autres outils permettront par exemple le retour au calme : la méditation, la cohérence cardiaque, l’hypnose symbolique, en sont quelques-uns.

 

  • LE CERVEAU : on n’apprend pas seulement avec son cerveau. Toutefois, les neurosciences cognitives nous aident à comprendre comment les élèves entrent dans les apprentissages et donc nous permettent de mieux les accompagner, les aider à trouver la méthode, la stratégie qui correspond le mieux à leur fonctionnement propre. Certains outils de pensée visuelle tels que la carte mentale ou le sketchnoting sont précieux pour la mémorisation. D’autres outils aideront des élèves porteurs de troubles DYS par exemple.

 

  • LE CORPS : Le cerveau ne peut fonctionner correctement que si une bonne hygiène de vie est respectée. On parle ainsi de l’importance du sommeil, d’une alimentation équilibrée. On explique pourquoi il est important de boire de l’eau, élément essentiel à notre corps et notre cerveau. Enfin, on peut aussi éduquer à une bonne utilisation des écrans.

Quel est votre parcours, comment en êtes vous arrivée là ?

 

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé aider les gens et plus particulièrement les enfants. J’ai été enseignante en Lycée Professionnel Horticole pendant plus de 30 ans. J’ai accompagné des apprenants, notamment en cours de français, de la classe de 4ème aux BTS.

Je partais régulièrement me former pour répondre aux mieux à leur besoin ; je ne peux pas envisager le métier de professeur sans formation continue.

J’ai observé une évolution dans les difficultés des jeunes. Ils avaient certes souvent des difficultés scolaires, ils disaient ne pas aimer l’école. Mais, de plus en plus, ils souffraient d’autres difficultés que je qualifierais d’environnementales, sociétales.

J’éprouvais une frustration à ne pas pouvoir les aider vraiment puisque je courais d’une classe à une autre.

C’est la raison pour laquelle je suis tout d’abord devenue formateur de formateurs, et j’ai rejoint depuis bientôt 5 ans, le centre de formation AMIFOR. J’ai besoin de partager avec les enseignants des pratiques pédagogiques qui fonctionnement et au contraire des postures obsolètes.

D’autre part, le désir d’aider les enfants étaient toujours présent. Les amener à retrouver le plaisir d’apprendre, les soutenir, les valoriser, pour qu’ils retrouvent confiance en eux.

Je me suis donc formée en psychopédagogie positive.

Comment la pédagogie aujourd’hui a évolué ?

 

Comme je le disais plus haut, nous ne pouvons pas faire abstraction des découvertes en neurosciences éducatives et leur application à l’école.

Nous ne pouvons plus :

  • nier les bienfaits d’une pédagogie positive et bienveillante, qui bien évidemment ne remet pas en cause un cadre bien explicité, mais qui valorise l’élève dans ses progrès, aussi infimes qu’ils soient. L’objectif étant évidemment de former des enfants qui ont confiance en eux et en leur possible réussite.
  • laisser les élèves assis toute la journée devant leur table puisqu’on sait que le cerveau fonctionne mieux quand le corps est autorisé à bouger.
  • bannir l’expression des émotions à l’école sans craindre de développer chez l’enfant des comportements inappropriés.
  • ne pas accompagner les enfants qui « fonctionnent autrement » : DYS, TDA, TDA-H, autistes… puisque nous connaissons des outils leur permettant de mettre en place des stratégies compensatoires pour réussir à l’école.

Que pensez-vous de l’usage du numérique à l’école ?

 

Il est de mon avis qu’il ne serait pas judicieux d’interdire le numérique à l’école sous prétexte que les enfants sont déjà trop souvent devant les écrans.

Les élèves du 21ème siècle sont nés avec internet, un outil extraordinaire si l’on en fait une bonne utilisation.

Pourquoi bannir les téléphones portables, par exemple, alors que la plupart des apprenants du secondaire en ont un et qu’ils peuvent être une véritable valeur ajoutée si leur exploitation est bien cadrée.

De plus en plus d’enseignants qui ont mis en place des pratiques de classes flexibles, utilisent des logiciels éducatifs permettant aux élèves d’être de plus en plus autonomes et acteurs de leurs apprentissages.

Qui accompagnez vous et de quelle façon ?

Les accompagnements peuvent prendre plusieurs formes :

  • En individuel, je reçois au cabinet des enfants de tous âges voire des adultes. La première séance, l’anamnèse, permet de poser les choses et de clarifier l’objectif à atteindre lors de l’accompagnement.
    Il peut s’agir de redonner confiance en soi. Certains enfants travaillent avec moi sur les émotions, que faire, par exemple, de la colère qui les traverse…
    Au niveau cognitif, je donne des outils pédagogiques qui correspondent mieux au fonctionnement de l’enfant ou qui complètent ceux donnés par son enseignant. L’objectif étant de trouver la bonne entrée dans les apprentissages.
    Je mets aussi en place des stratégies de compensation pour les élèves porteurs d’un trouble du neurodéveloppement.
    Enfin, les adultes cherchent une aide quand ils retournent sur les bancs de l’école, quand ils n’ont pas une bonne estime d’eux-mêmes ou encore quand ils cherchent simplement à savoir comment accompagner leurs enfants.

 

  • En groupes, j’anime des ateliers parentalité pour donner aux parents des astuces pour le temps des devoirs, le coucher, les colères… Je leur explique simplement comment fonctionne le cerveau de leur enfant, à quel âge ce cerveau sera mâture… Ces ateliers sont souvent organisés par les centres sociaux ou à l’initiative des écoles. »

Nous en savons maintenant plus sur le métier de psychopédagogue, pour accompagner les enfants et les adolescents dans leur développement et appétence pour l’apprentissage. 

DYNSEO est très impliqué dans la recherche de ressources visant à aider les enfants.

Découvrez donc tous nos articles pour accompagner les enfants grâce au programme COCO, sur notre catalogue

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