Parkinson : 20 exercices de mémoire à faire chaque jour
La maladie de Parkinson fait d'abord penser au tremblement et à la lenteur des gestes. Pourtant, beaucoup de personnes concernées remarquent aussi que retrouver un mot, se souvenir d'un rendez-vous ou suivre une conversation à plusieurs demande soudain plus d'effort qu'avant. C'est à cet endroit précis que des exercices de mémoire pour la maladie de Parkinson, pratiqués un peu chaque jour, trouvent tout leur intérêt : non pour guérir la maladie, mais pour entretenir la mémoire, l'attention et la souplesse d'esprit, et préserver le plus longtemps possible le plaisir des échanges et l'autonomie du quotidien.
Cet article ne se contente pas d'expliquer : il propose 20 exercices concrets, simples à mettre en place à la maison, sans matériel coûteux, en quelques minutes par jour. Chacun est décrit pas à pas — ce qu'il faut dire, ce qu'il faut faire, ce qu'il vaut mieux éviter. Ces exercices s'adressent aux personnes vivant avec un Parkinson, à leurs proches et aux professionnels qui les accompagnent. Ils complètent la prise en charge médicale et rééducative ; ils ne la remplacent jamais. Toute difficulté nouvelle ou qui s'aggrave se signale au médecin traitant ou au neurologue.
L'essentiel en 30 secondes
Dans la maladie de Parkinson, la mémoire des connaissances est souvent bien préservée ; ce qui se fatigue plus vite, c'est la vitesse pour aller chercher l'information, l'attention et la mémoire de travail. Des exercices courts, quotidiens et bienveillants aident à entretenir ces capacités.
- La bonne dose — mieux vaut 10 à 15 minutes chaque jour qu'une longue séance une fois par semaine : le cerveau consolide ce qui est répété à intervalles rapprochés.
- Le bon niveau — un exercice doit être un peu difficile mais réussi la plupart du temps : trop facile, il n'apporte rien ; trop dur, il décourage.
- Les 4 mémoires à travailler — la mémoire du quotidien, la mémoire des mots, la mémoire de travail et l'attention, la mémoire visuelle et spatiale.
- La posture des proches — laisser le temps de répondre, valoriser l'effort plutôt que le résultat, ne jamais faire à la place trop vite.
- Le cadre — ces exercices sont un complément. Ils ne remplacent ni le neurologue, ni l'orthophoniste, ni le neuropsychologue, à qui l'on signale toute difficulté nouvelle.
Parkinson et mémoire : ce qui change, ce qui se travaille
Selon l'Inserm, la maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente en France, après la maladie d'Alzheimer. On la décrit d'abord par ses signes moteurs — lenteur, rigidité, tremblement — mais elle influence aussi la façon dont le cerveau mobilise ses ressources. Comprendre ce qui change réellement du côté de la mémoire est le meilleur point de départ : cela évite les inquiétudes excessives, et cela permet de choisir des exercices vraiment utiles plutôt que de s'épuiser sur ce qui n'a pas besoin d'être travaillé.
Première chose à savoir, et elle est rassurante : dans la maladie de Parkinson, la mémoire n'est pas « effacée » comme on l'imagine parfois. Les souvenirs anciens, la culture, le vocabulaire, les gestes appris de longue date restent le plus souvent bien présents. Ce qui se fatigue plus facilement, c'est le moteur de recherche du cerveau : la vitesse et la fluidité avec lesquelles on va chercher une information et on la ramène à la conscience. Le mot est là, il ne vient pas tout de suite. Le souvenir existe, il demande un indice pour ressortir.
Les difficultés les plus fréquentes
Les professionnels observent surtout trois types de gêne, d'intensité très variable d'une personne à l'autre. D'abord une lenteur de récupération : on retrouve l'information, mais après un délai. Ensuite une mémoire de travail plus sensible : garder plusieurs éléments en tête en même temps, comme suivre une consigne en trois étapes ou faire un calcul, devient plus coûteux. Enfin une attention plus fragile face aux distractions et à la double tâche : penser et bouger en même temps, ou suivre deux conversations à la fois, demande davantage d'énergie.
La mémoire de rappel
Le souvenir est là, mais il tarde à venir. Un indice — une première lettre, un contexte — l'aide souvent à ressortir. C'est pourquoi beaucoup d'exercices utilisent des repères plutôt que des questions abruptes.
La mémoire de travail
Garder plusieurs informations en tête et les manipuler : retenir une adresse le temps de la noter, suivre une recette, calculer une monnaie. C'est l'une des fonctions les plus utiles à entretenir.
L'attention
Se concentrer malgré le bruit, revenir à sa tâche après une interruption, faire deux choses à la fois. Une attention soutenue nourrit directement la qualité de la mémorisation.
Cette nuance est importante, car elle distingue la mémoire dans la maladie de Parkinson de ce que l'on observe le plus souvent dans la maladie d'Alzheimer. Dans cette dernière, c'est fréquemment l'enregistrement même du souvenir qui est atteint : l'information ne s'imprime pas, et un indice n'aide pas à la retrouver. Dans la maladie de Parkinson, le souvenir est le plus souvent bien enregistré ; c'est son accès qui est ralenti, et un simple indice suffit alors souvent à le faire revenir. Concrètement, cela veut dire que les exercices les plus utiles ne cherchent pas à « forcer » la mémoire, mais à entraîner la récupération et à s'appuyer sur des repères. C'est tout l'esprit des activités qui suivent : fournir des amorces, associer les informations à un contexte, répéter à intervalles rapprochés.
Deuxième chose à retenir : ces difficultés ne sont ni systématiques, ni figées. Beaucoup de personnes vivant avec un Parkinson conservent longtemps une pensée fine et une mémoire fiable. Et surtout, la mémoire n'est pas un muscle qui s'use : c'est un réseau qui se renforce à l'usage. Une information que l'on cherche activement, que l'on répète, que l'on relie à autre chose, s'ancre plus solidement. C'est exactement le principe des 20 exercices qui suivent.
Quand une personne met du temps à répondre, son cerveau n'est pas « absent » : il est en train d'aller chercher l'information, plus lentement. Finir ses phrases à sa place, par gentillesse ou par impatience, revient à faire le travail que l'on cherchait justement à entraîner. Le geste le plus utile est souvent le plus simple : laisser quelques secondes de silence, sans pression.
Avant de commencer vos exercices de mémoire : 6 repères
Un exercice de mémoire n'est utile que s'il est pratiqué dans de bonnes conditions. Les mêmes minutes passées peuvent aider beaucoup ou décourager, selon la manière. Voici six repères simples à installer avant de se lancer : ils valent pour les 20 exercices, quel que soit le domaine travaillé.
- Choisir le bon moment de la journée. Dans la maladie de Parkinson, la forme varie selon les heures et l'effet des traitements. Repérez le moment où la personne est la plus disponible — souvent en fin de matinée — et réservez-le aux exercices. On ne travaille pas la mémoire quand on lutte déjà contre la fatigue.
- Faire court, mais chaque jour. Dix à quinze minutes quotidiennes valent mieux qu'une heure le dimanche. Le cerveau consolide ce qui revient à intervalles rapprochés. Mieux vaut deux petits exercices tenus dans la durée que dix abandonnés au bout d'une semaine.
- Viser le bon niveau de difficulté. L'exercice idéal est réussi la plupart du temps, avec un peu d'effort. Trop facile, il n'apprend rien ; trop difficile, il humilie et fait fuir. Réglez la difficulté comme on règle un thermostat : un cran plus haut quand c'est trop simple, un cran plus bas si l'agacement pointe.
- Supprimer les distractions. Télévision éteinte, téléphone en silence, table dégagée. L'attention étant fragile, chaque source de bruit détourne une part des ressources qui devraient servir à mémoriser.
- Valoriser l'effort, pas seulement la réussite. Dites « bravo d'avoir cherché », « tu y es presque, on reprend ensemble », plutôt que de souligner l'erreur. La mémoire fonctionne mieux quand la personne se sent en sécurité, pas jugée.
- Rendre l'exercice agréable. Un souvenir de vacances, une chanson aimée, une photo de famille mobilisent la mémoire bien plus efficacement qu'une liste de mots abstraits. L'émotion positive est un puissant fixateur de souvenirs.
Ces activités entretiennent et stimulent : elles ne diagnostiquent rien et ne mesurent pas la maladie. Un exercice raté un jour de fatigue ne veut rien dire. Si vous constatez un changement net et durable — oublis plus fréquents, désorientation, difficultés nouvelles à gérer les affaires courantes —, n'en tirez aucune conclusion vous-même : notez ce que vous observez et parlez-en au neurologue ou au médecin traitant, qui sont seuls à même d'évaluer la situation.
Un dernier repère, pour les proches : vous n'êtes pas un professeur qui interroge, mais un partenaire de jeu. Le meilleur exercice est celui que l'on a envie de refaire le lendemain. Si une séance vire à la tension, mieux vaut s'arrêter et y revenir plus tard : on ne muscle pas une mémoire dans le stress. Pour situer les points forts et les points fragiles avant de commencer, un test de mémoire en ligne peut servir de premier repère — à considérer comme une simple indication, sans aucune valeur diagnostique, et non comme un bilan.
5 exercices de mémoire ancrés dans le quotidien
Les meilleurs exercices de mémoire ne ressemblent pas à des exercices. Ils s'appuient sur ce qui arrive déjà chaque jour : le programme de la journée, les repas, les objets, les courses, le calendrier. En transformant ces moments ordinaires en petits défis de mémoire, on travaille sans y penser, et on entretient précisément les capacités qui servent à rester autonome. Voici les cinq premiers.
Exercice 1 — La revue du matin
Au petit-déjeuner, avant de consulter l'agenda, essayez de reconstituer de mémoire le programme de la journée. Comment faire : demandez-vous à voix haute « Qu'est-ce que je fais aujourd'hui ? Y a-t-il un rendez-vous, une visite, un coup de fil à passer ? », puis vérifiez ensuite sur le calendrier. Pourquoi ça aide : cet exercice sollicite la mémoire prospective, celle qui sert à se souvenir de ce que l'on doit faire — souvent la plus utile au quotidien. Le fait de vérifier juste après renforce l'ancrage. Pour un proche : posez la question ouvertement, sans donner la réponse, et laissez le temps de chercher.
❌ À éviter : réciter le programme à la place de la personne, ou transformer l'exercice en interrogatoire anxiogène du type « alors, tu te rappelles au moins de ton rendez-vous ? ». Le but est d'entraîner, pas de vérifier une défaillance.
Exercice 2 — Le récit du repas de la veille
Chaque midi, prenez une minute pour vous remémorer ce que vous avez mangé la veille au soir, avec le plus de détails possible. Comment faire : reconstituez le menu, mais aussi le contexte — « étions-nous seuls ? qui a cuisiné ? de quoi avons-nous parlé ? ». Pourquoi ça aide : c'est un exercice de mémoire épisodique, celle des événements vécus. Reconstituer une scène complète, avec ses détails sensoriels, renforce le rappel bien mieux qu'une simple question fermée. En famille, chacun peut compléter le souvenir de l'autre : le récit à plusieurs voix est à la fois un exercice et un plaisir partagé.
Exercice 3 — La chasse aux objets bien rangés
Les clés, les lunettes, la télécommande, le portefeuille : ces objets qui « disparaissent » sont une source d'agacement quotidienne. Comment faire : choisissez pour chaque objet un emplacement unique et prononcez à voix haute où vous le posez — « je pose mes clés dans la coupelle de l'entrée ». Le soir, essayez de citer de mémoire l'emplacement de cinq objets du quotidien. Pourquoi ça aide : verbaliser un geste en le faisant crée un double encodage, visuel et verbal, qui facilite énormément le rappel. C'est une stratégie que les neuropsychologues enseignent, autant qu'un exercice.
Exercice 4 — La liste de courses de tête
Avant d'écrire votre liste de courses, essayez d'abord de la construire de mémoire. Comment faire : parcourez mentalement les pièces de la maison ou les rayons du magasin et citez ce qui manque, puis notez et comparez. Commencez par cinq articles, augmentez progressivement. Pourquoi ça aide : retenir une liste courte mobilise la mémoire de travail, et l'associer à un parcours mental (la cuisine, la salle de bain, le cellier) fournit des indices de récupération. En magasin, tentez de retrouver un ou deux articles sans regarder la liste, puis vérifiez : l'autocontrôle fait partie de l'entraînement.
Exercice 5 — Le calendrier commenté
Chaque matin, situez-vous dans le temps à voix haute : jour, date, mois, saison, et un événement à venir. Comment faire : « Nous sommes mardi 14, au mois d'octobre, en automne ; ce week-end, ma fille vient déjeuner. » Ajoutez une date personnelle à retrouver — un anniversaire, une fête à venir. Pourquoi ça aide : l'orientation dans le temps est une base de l'autonomie, et la relier à des événements affectifs la rend plus solide. Un calendrier mural bien visible, coché chaque jour, sert de support sans faire le travail à la place de la mémoire.
Tous transforment une routine existante en petit défi de mémoire, sans ajouter de tâche à la journée. C'est le secret de la régularité : un exercice greffé sur une habitude (le café du matin, le repas, les courses) se tient dans la durée, là où un exercice « en plus » finit souvent par être oublié ou abandonné.
5 exercices pour la mémoire des mots et le langage
Le fameux mot « sur le bout de la langue » est l'une des gênes les plus courantes et les plus frustrantes. Le langage mobilise à la fois la mémoire du vocabulaire et la vitesse pour aller le chercher. Bonne nouvelle : c'est un terrain qui se travaille très bien, avec des exercices ludiques, verbaux, qui se pratiquent partout — en voiture, à table, en marchant. Voici les cinq suivants.
Exercice 6 — La fluence par catégorie
Nommez le plus de mots possible d'une même famille en une minute. Comment faire : choisissez une catégorie — fruits, animaux, prénoms, métiers, villes de France — et citez à voix haute tout ce qui vient, sans vous interrompre. Le lendemain, changez de catégorie. Pourquoi ça aide : cet exercice, appelé fluence verbale, entraîne directement la vitesse de récupération des mots, souvent ralentie dans la maladie de Parkinson. Il se corse en variant la contrainte : des mots commençant par une lettre donnée, ou en alternant deux catégories. Comptez sans juger : le progrès se mesure sur plusieurs semaines, pas d'un jour à l'autre.
Exercice 7 — Les proverbes à compléter
Un proverbe entamé, à terminer. Comment faire : « Qui va lentement… » (va sûrement), « Petit à petit… » (l'oiseau fait son nid), « L'habit ne fait pas… » (le moine). Puis inversez les rôles : c'est à la personne de proposer un début. Pourquoi ça aide : les proverbes s'appuient sur la mémoire ancienne, souvent bien préservée, ce qui procure des réussites motivantes. Ils sollicitent aussi le rappel indicé — le début sert d'amorce. En variant avec des paroles de chansons connues ou des titres de films, on garde l'exercice frais et joyeux.
Exercice 8 — L'histoire à se raconter
Racontez un souvenir précis, du début à la fin, comme une petite histoire. Comment faire : choisissez un événement — un mariage, un voyage, un premier emploi — et déroulez-le dans l'ordre : qui, où, quand, ce qui s'est passé, comment cela s'est terminé. Pourquoi ça aide : construire un récit organisé fait travailler à la fois la mémoire des souvenirs et la mise en ordre des idées, une fonction souvent sollicitée dans la maladie. Pour un proche : relancez avec des questions ouvertes — « et ensuite ? qui était là ? » — plutôt que de corriger un détail. L'objectif est le déroulé, pas l'exactitude parfaite.
Exercice 9 — La chaîne de mots
Un jeu de mémoire cumulative qui se joue à deux ou plus. Comment faire : le premier dit « je pars en voyage et j'emporte une valise », le suivant répète et ajoute un objet, et ainsi de suite. La chaîne s'allonge à chaque tour. Pourquoi ça aide : il faut retenir une liste qui grandit tout en y ajoutant un élément : c'est un excellent entraînement de la mémoire de travail et de l'attention soutenue, dans une ambiance de jeu. Adaptez la longueur : une chaîne de trois ou quatre objets vaut mieux qu'une chaîne de dix qui décourage.
Exercice 10 — La lecture puis le résumé
Lisez à voix haute un court article de journal, puis fermez-le et racontez-le. Comment faire : choisissez un texte d'un ou deux paragraphes sur un sujet qui vous intéresse, lisez-le posément, puis résumez les idées principales sans le regarder. Pourquoi ça aide : la lecture à voix haute améliore l'attention et l'articulation, et le résumé oblige à trier l'essentiel du secondaire, une compétence directement utile dans la conversation. Commencez court ; allongez progressivement. Un même article peut être résumé le jour même, puis de nouveau le lendemain pour travailler la mémoire à plus long terme.
Ces exercices ne servent pas qu'à « faire travailler le cerveau ». Ils entretiennent surtout ce qui permet de rester en lien : participer à une conversation, raconter, plaisanter, ne pas se sentir en retard sur les autres. Une mémoire des mots entretenue, c'est d'abord une vie sociale préservée — et l'isolement est l'un des pires ennemis de la cognition.
Des exercices guidés, chaque jour, sur tablette
Pour prolonger ces exercices avec des jeux progressifs et adaptés aux seniors, EDITH propose une stimulation quotidienne guidée, dont le niveau s'ajuste automatiquement. Simple à prendre en main, à la maison, à son rythme.
Découvrir EDITH5 exercices pour la mémoire de travail et l'attention
La mémoire de travail, c'est ce petit espace mental où l'on garde et manipule des informations quelques secondes : retenir un numéro le temps de le composer, suivre une consigne en plusieurs étapes, calculer une monnaie. C'est l'une des fonctions les plus sollicitées dans la maladie de Parkinson, et l'une des plus payantes à entretenir, car elle sert à presque tout. Les cinq exercices suivants la travaillent, ainsi que l'attention qui va avec.
Exercice 11 — Le compte à rebours
Compter à l'envers, avec un pas régulier. Comment faire : partez de 100 et retirez 3 à chaque fois — 100, 97, 94… — à voix haute et sans support. Trop difficile ? Retirez 2, ou partez de 50. Trop facile ? Retirez 7. Pourquoi ça aide : il faut à la fois calculer, retenir le résultat précédent et garder le fil, ce qui mobilise pleinement la mémoire de travail et l'attention. Réglez la difficulté finement : l'objectif est un exercice exigeant mais réussi, pas un échec répété. On peut aussi énumérer les mois à l'envers, ou les jours de la semaine en partant du dimanche.
Exercice 12 — Les chiffres à retenir
Répéter une suite de chiffres, à l'endroit puis à l'envers. Comment faire : un proche énonce lentement une suite — « 4… 7… 2 » — que la personne répète. On allonge d'un chiffre à chaque réussite. Variante plus corsée : répéter la suite dans l'ordre inverse. Pourquoi ça aide : c'est l'exercice de mémoire de travail le plus direct qui soit, et il se dose au chiffre près. Restez dans la zone de réussite : si trois chiffres passent bien et quatre coincent, on consolide à trois avant de pousser. Le progrès vient de la répétition régulière, pas de la performance d'un jour.
Exercice 13 — La double tâche assise
Faire deux choses en même temps, en toute sécurité. Comment faire : assis confortablement, tapez un rythme régulier sur la table d'une main tout en citant des prénoms de la famille ; ou pliez du linge en récitant les mois de l'année. Pourquoi ça aide : dans la maladie de Parkinson, associer pensée et geste est justement ce qui devient coûteux ; l'entraîner en douceur peut aider au quotidien. ❌ À éviter absolument : pratiquer la double tâche en marchant sans encadrement. Penser en marchant augmente le risque de blocage et de chute ; ce type d'exercice en mouvement se fait uniquement avec un kinésithérapeute, dans un cadre sécurisé.
Exercice 14 — Le jeu de paires
Le classique jeu de mémoire, avec des cartes ou des images. Comment faire : disposez des paires de cartes face cachée et retournez-en deux à chaque tour ; le but est de reconstituer les paires en se souvenant des emplacements. Commencez avec six cartes, augmentez ensuite. Pourquoi ça aide : il faut mémoriser des positions et les mettre à jour à chaque tour, ce qui sollicite la mémoire visuelle, la mémoire de travail et l'attention. C'est ludique, se joue à deux, et le nombre de cartes règle la difficulté sans effort. Les jeux de cartes traditionnels — la bataille, le rami, la belote — offrent le même bénéfice en famille.
Exercice 15 — La recette en plusieurs étapes
Suivre, puis restituer, une consigne en trois ou quatre temps. Comment faire : énoncez une petite séquence — « on prend un bol, on casse deux œufs, on ajoute du sucre, on mélange » — que la personne répète dans l'ordre, puis exécute si le contexte s'y prête (cuisine, jardinage, bricolage). Pourquoi ça aide : retenir une suite d'actions ordonnées est exactement ce qui sert à cuisiner, prendre un traitement dans le bon ordre, ou suivre un itinéraire. Réaliser vraiment la tâche ajoute le plaisir et le sens : la mémoire retient mieux ce qui débouche sur un résultat concret et gratifiant.
La mémoire de travail fait partie de ce qu'on appelle les fonctions exécutives — planifier, organiser, s'adapter — souvent sollicitées dans la maladie de Parkinson. Pour un premier repère, sans aucune valeur diagnostique, un test des fonctions exécutives peut donner une indication. Il ne remplace jamais le bilan d'un neuropsychologue, seul à même d'évaluer précisément ces capacités.
5 exercices pour la mémoire visuelle et spatiale
Se souvenir d'un visage, retrouver son chemin, remarquer qu'un objet a changé de place : la mémoire visuelle et spatiale est partout dans la vie quotidienne. Elle se travaille avec des exercices concrets, souvent visuels et agréables, qui font appel à l'observation. Voici les cinq derniers, pour compléter votre série de 20.
Exercice 16 — Le plateau d'objets
Observer, mémoriser, puis restituer. Comment faire : disposez cinq à sept objets du quotidien sur un plateau, observez-les pendant une minute, couvrez le plateau d'un torchon, puis citez de mémoire tout ce qui s'y trouvait. Variante : retirez discrètement un objet et demandez lequel manque. Pourquoi ça aide : ce jeu, connu de longue date, entraîne la mémoire visuelle et l'attention aux détails. Le nombre d'objets règle la difficulté ; les objets familiers et bien contrastés facilitent l'encodage. On peut le pratiquer à deux, en alternant celui qui prépare le plateau.
Exercice 17 — Le trajet mental
Parcourir un lieu connu en pensée, dans l'ordre. Comment faire : les yeux fermés, décrivez à voix haute le chemin de la porte d'entrée jusqu'à votre chambre, pièce par pièce, en nommant ce que vous croisez. Ou reconstituez le trajet jusqu'à la boulangerie. Pourquoi ça aide : ce parcours mobilise la mémoire spatiale et la représentation de l'espace, utiles pour rester autonome dans ses déplacements. C'est aussi la base d'une vieille technique de mémorisation : associer des informations à retenir aux étapes d'un trajet familier, pour les retrouver plus facilement ensuite.
Exercice 18 — La photo décrite de mémoire
Regarder une image, la cacher, puis la décrire. Comment faire : choisissez une photo de famille ou une image riche en détails, observez-la trente secondes, retournez-la, puis décrivez tout ce dont vous vous souvenez — les personnes, les couleurs, l'arrière-plan, les vêtements. Pourquoi ça aide : la description force à encoder activement une scène visuelle, et les photos personnelles ajoutent l'émotion et le souvenir, qui renforcent la mémorisation. C'est aussi un moment de partage précieux : les albums de famille sont un support d'exercice à la fois efficace et chaleureux.
Exercice 19 — Les différences entre deux images
Comparer et repérer ce qui change. Comment faire : les jeux des différences, dans les revues ou en ligne, demandent de trouver les détails qui distinguent deux images presque identiques. À défaut, comparez la table du petit-déjeuner à celle d'hier, ou repérez ce qui a bougé dans une pièce. Pourquoi ça aide : cet exercice entraîne l'attention visuelle, la concentration et la capacité à balayer méthodiquement une scène — utile pour ne pas « perdre » les objets ou les mots dans un environnement chargé. Il se dose facilement, du plus simple au plus subtil.
Exercice 20 — Le dessin de mémoire
Reproduire une forme simple, de tête. Comment faire : regardez un dessin simple — une maison, une fleur, un visage schématique — pendant quinze secondes, cachez-le, puis reproduisez-le au crayon. Comparez ensuite. Pourquoi ça aide : il faut mémoriser une organisation spatiale puis la restituer par le geste, ce qui relie mémoire visuelle et motricité fine — deux dimensions souvent concernées dans la maladie. ❌ À éviter : juger le résultat sur sa beauté. Peu importe la ressemblance parfaite : ce qui compte, c'est d'avoir cherché à reconstituer les grandes lignes de mémoire. On valorise l'essai, jamais l'esthétique.
| Domaine de mémoire | Exercices | Ce que ça entretient au quotidien |
|---|---|---|
| Mémoire du quotidien | 1 à 5 | Rendez-vous, objets, courses, orientation dans le temps |
| Mémoire des mots | 6 à 10 | Trouver ses mots, raconter, participer aux conversations |
| Mémoire de travail & attention | 11 à 15 | Suivre une consigne, calculer, se concentrer malgré le bruit |
| Mémoire visuelle & spatiale | 16 à 20 | Reconnaître, se repérer, retrouver son chemin |
Assembler vos 20 exercices en une routine quotidienne
Vingt exercices, ce n'est pas vingt tâches à caser dans une journée. L'idée n'est pas de tout faire chaque jour, mais de composer une petite routine variée, tenable, qui touche à tour de rôle les quatre grands domaines de la mémoire. La régularité prime toujours sur la quantité : mieux vaut trois exercices tenus tous les jours que vingt abandonnés au bout d'une semaine.
Une semaine type, sans se surcharger
Une manière simple d'organiser les choses est de garder deux ou trois exercices « quotidiens » — greffés sur les habitudes du matin — et de faire tourner les autres selon les jours. Par exemple : la revue du matin (exercice 1) et le calendrier commenté (exercice 5) chaque jour, puis un exercice de langage un jour, un exercice de mémoire de travail le lendemain, un exercice visuel le surlendemain. En dix à quinze minutes, on couvre l'essentiel sans lasser.
| Jour | Exercice quotidien | Exercice du jour |
|---|---|---|
| Lundi | Revue du matin + calendrier | Fluence par catégorie (6) |
| Mardi | Revue du matin + calendrier | Compte à rebours (11) |
| Mercredi | Revue du matin + calendrier | Plateau d'objets (16) |
| Jeudi | Revue du matin + calendrier | Proverbes à compléter (7) |
| Vendredi | Revue du matin + calendrier | Jeu de paires (14) |
| Samedi | Revue du matin + calendrier | Photo décrite de mémoire (18) |
| Dimanche | Repos ou activité plaisir | Histoire à se raconter (8), en famille |
Ce planning n'est qu'un exemple. Le meilleur programme est celui qui s'adapte à la forme du jour : un jour de fatigue, on allège ; un jour de belle énergie, on ose un cran de difficulté supplémentaire. L'important est de garder un rythme, pas de tenir un tableau à la lettre.
Suivre les progrès sans se mettre la pression
Noter simplement ce que l'on a fait, et comment cela s'est passé, aide à tenir dans la durée et à repérer ce qui progresse. Un petit carnet suffit : la date, l'exercice, une impression en un mot. Vous y verrez que les progrès viennent par paliers, avec des jours moins bons, ce qui est parfaitement normal. Le catalogue d'outils DYNSEO propose des supports gratuits à imprimer — tableaux de suivi, cartes d'exercices — utiles pour objectiver ce qui évolue et le partager, si besoin, avec l'orthophoniste ou le neuropsychologue.
Un dernier mot sur le sens de tout cela. Ces exercices de mémoire pour la maladie de Parkinson ne sont pas une contrainte de plus : bien menés, ils deviennent des moments de complicité, de rire parfois, et de fierté quand une réussite arrive. C'est là leur vraie force. Un cerveau stimulé dans le plaisir, en lien avec les autres, travaille mieux qu'un cerveau contraint dans l'inquiétude. Entretenir sa mémoire, dans cette maladie, c'est d'abord continuer à vivre pleinement les échanges du quotidien.
Les erreurs qui découragent au lieu d'aider
Bien intentionnés, les proches peuvent parfois, sans le savoir, transformer un exercice en source de tension. Connaître ces écueils permet de les éviter et de rendre chaque séance vraiment utile.
| ✅ Ce qui aide | ❌ Ce qui décourage |
|---|---|
| Laisser quelques secondes de silence pour chercher | Finir les phrases ou donner la réponse trop vite |
| Valoriser l'effort : « bravo d'avoir cherché » | Souligner l'erreur ou soupirer |
| Régler la difficulté pour réussir la plupart du temps | Choisir un exercice trop dur « pour bien travailler » |
| Faire court et chaque jour | Enchaîner une longue séance épuisante |
| Choisir le moment où la personne est en forme | Insister un jour de fatigue ou de blocage |
| Traiter la lenteur comme un symptôme, pas un manque de volonté | Prendre le retard pour de la distraction ou de l'indifférence |
| S'arrêter quand la tension monte, reprendre plus tard | Aller au bout coûte que coûte « pour le principe » |
Une erreur mérite d'être soulignée : vouloir « rattraper » la maladie par des exercices intensifs. Ces activités entretiennent et accompagnent ; elles ne remplacent pas les traitements ni la rééducation, et elles ne se substituent pas à l'orthophoniste ou au kinésithérapeute. Les présenter comme un remède crée une pression inutile et des attentes qui ne pourront pas être tenues. Leur juste place est celle d'un complément quotidien, agréable et régulier — ni plus, ni moins.
Tout ce qui associe la pensée et la marche — compter en marchant, parler en franchissant un obstacle — augmente le risque de blocage et de chute chez les personnes vivant avec un Parkinson. Ces exercices en mouvement ne s'improvisent pas à la maison : ils relèvent du kinésithérapeute, dans un cadre sécurisé. À domicile, on privilégie les exercices assis. En cas de chute ou de malaise, contactez les services d'urgence de votre pays.
Pour aller plus loin
Ces 20 exercices s'inscrivent dans une démarche plus large de stimulation et d'accompagnement. D'autres ressources permettent d'aller plus loin, selon ce que vous cherchez.
Bien pratiquerLes 6 repères pour que chaque exercice soit vraiment utile
S'organiserComposer une routine quotidienne tenable, sans se surcharger
Éviter les piègesLes erreurs qui découragent, et comment les remplacer
Questions fréquentes
Les exercices de mémoire peuvent-ils ralentir la maladie de Parkinson ?
Il faut rester honnête : aucun exercice ne guérit la maladie de Parkinson ni n'en modifie l'évolution biologique, et il faut se méfier de toute promesse en ce sens. Ce que ces exercices apportent, c'est l'entretien des capacités sollicitées — mémoire, attention, langage — et le maintien du plaisir de penser et d'échanger. Cette stimulation régulière contribue à préserver l'autonomie et la qualité de vie au quotidien. Elle vient en complément de la prise en charge médicale et rééducative, jamais à sa place. Pour toute question sur votre situation, le neurologue reste votre interlocuteur de référence.
Combien de temps faut-il pratiquer chaque jour ?
Dix à quinze minutes par jour suffisent, et valent bien mieux qu'une longue séance hebdomadaire. Le cerveau consolide ce qui revient à intervalles rapprochés : la régularité prime largement sur la durée. Mieux vaut deux ou trois exercices courts, tenus tous les jours, que vingt exercices ambitieux abandonnés au bout d'une semaine. Adaptez aussi à la forme du moment : un jour de fatigue, on allège sans culpabiliser ; un jour de belle énergie, on peut oser un exercice un peu plus difficile. L'essentiel est de garder un rythme agréable et durable, pas de tenir une performance.
Mon proche se décourage vite : comment faire ?
Le découragement vient presque toujours d'un exercice trop difficile ou vécu comme un jugement. Réglez d'abord la difficulté vers le bas : un exercice doit être réussi la plupart du temps. Valorisez l'effort de recherche plutôt que le résultat, avec des mots comme « bravo d'avoir cherché ». Choisissez un moment où la personne est en forme, supprimez les distractions, et privilégiez ce qui est agréable — souvenirs, photos, chansons. Si la tension monte malgré tout, arrêtez et reprenez plus tard : on ne renforce pas une mémoire dans le stress. Le meilleur exercice reste celui que l'on a envie de refaire.
Faut-il préférer les applications ou les exercices « à la main » ?
Les deux se complètent et n'ont pas à s'opposer. Les exercices sans matériel — récits, fluence, jeux de mots — ont l'avantage de se pratiquer partout et de nourrir le lien avec les proches. Les applications de stimulation, elles, ajoutent la variété, la progressivité automatique du niveau et un suivi des progrès, ce qui aide à tenir dans la durée. L'important est que le support convienne à la personne et lui plaise. Une tablette avec des jeux adaptés aux seniors peut motiver et structurer la pratique quotidienne ; un simple jeu de cartes en famille reste tout aussi précieux.
Ces exercices remplacent-ils l'orthophoniste ou le neuropsychologue ?
Non, en aucun cas. Les professionnels de la rééducation posent un bilan individualisé, identifient précisément les difficultés et proposent une prise en charge sur mesure, que rien ne remplace. Les exercices présentés ici sont un complément à faire à la maison, entre les séances, pour prolonger et entretenir ce travail. Ils ne servent pas non plus à évaluer la maladie : un exercice raté un jour de fatigue ne veut rien dire. Si vous constatez un changement net et durable, ne tirez aucune conclusion vous-même : notez vos observations et parlez-en au neurologue ou au médecin traitant.
Cet article a une visée d'information générale et propose des activités de stimulation. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un avis médical, ni une rééducation. La maladie de Parkinson évolue différemment chez chaque personne : pour toute question concernant une situation particulière, adressez-vous au médecin traitant, au neurologue ou aux professionnels de la rééducation qui suivent votre proche.
Plus de 30 jeux de stimulation cognitive pensés pour les seniors et les personnes fragilisées, avec un accompagnement doux et progressif, sur tablette.
Découvrir →Prolongez ces exercices, chaque jour, en douceur
EDITH réunit des jeux de mémoire, d'attention et de langage pensés pour les seniors, avec un niveau qui s'ajuste tout seul et une prise en main très simple sur tablette. De quoi transformer ces 20 exercices en une habitude quotidienne motivante.
Découvrir EDITHCe contenu vous a aidé ? Soutenez DYNSEO 💙
Nous sommes une petite équipe de 14 personnes basée à Paris. Depuis 13 ans, nous créons gratuitement des contenus pour aider les familles, les orthophonistes, les EHPAD et les professionnels du soin.
Vos retours sont notre seule façon de savoir si ce travail vous est utile. Un avis Google nous aide à toucher d'autres familles, soignants et thérapeutes qui en ont besoin.
Un seul geste, 30 secondes : laissez-nous un avis Google ⭐⭐⭐⭐⭐. Ça ne coûte rien, et ça change tout pour nous.
