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Familles & aidants · Langage oral

Séquenceur d'histoire en images : pour quels profils et comment l'adapter à chacun

Un même jeu de cartes illustrées, posé sur une table, peut servir à un enfant de quatre ans qui apprend à raconter, à un adolescent dyspraxique qui prépare une recette, à un adulte qui réapprend à parler après un accident vasculaire cérébral, et à une personne âgée qui cherche à remettre de l'ordre dans le fil de sa journée. C'est toute la force du séquenceur d'histoire en images, un support qui parle aux profils autisme, TDAH et dys comme à bien d'autres : il ne travaille pas une compétence isolée, mais la capacité à mettre le monde en ordre — dans le temps, dans le langage, dans l'action.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en septembre 2026

Encore faut-il l'adapter. Le même support de départ ne se manipule pas de la même manière selon que l'on accompagne un enfant qui fuit le regard, un enfant qui ne tient pas en place, ou un adulte fatigué par sa rééducation. Cet article passe en revue les principaux profils qui bénéficient du séquenceur, avec pour chacun l'intérêt spécifique de l'outil, les adaptations concrètes à mettre en place et le point de vigilance à ne pas manquer. L'objectif : que vous sachiez, en refermant la page, comment ajuster le support à la personne que vous accompagnez.

L'essentiel en 30 secondes

Le séquenceur d'histoire en images est un support de langage oral et de logique temporelle : on remet dans l'ordre des cartes illustrant les étapes d'une scène, puis on raconte. Sa polyvalence en fait un outil précieux pour de nombreux profils, à condition de l'adapter.

  • Autisme (TSA) — support visuel rassurant qui rend le temps prévisible ; on réduit le nombre d'étapes et on ancre dans des scènes du quotidien.
  • TDAH — canalise l'attention par une tâche courte et manipulable ; on limite les distracteurs et on valorise chaque réussite.
  • Dys — travaille le récit sans passer par l'écrit ; on soigne le contraste et on laisse le temps de traitement.
  • Adulte en rééducation, senior, personne non verbale — support d'évocation et de communication ; on part de l'histoire de la personne, pas d'une consigne scolaire.
  • Règle commune — un support ne remplace jamais un suivi : en cas de difficulté marquée, on oriente vers l'orthophoniste, le médecin ou le psychologue.

Séquenceur d'histoire en images et profils autisme, TDAH, dys : un même support, des usages différents

Concrètement, un séquenceur d'histoire en images se présente comme une série de cartes illustrées, chacune montrant une étape d'une même scène. Prenez la scène « planter une graine » : une première carte montre la main qui dépose la graine dans la terre, une deuxième l'arrosoir qui verse l'eau, une troisième une petite pousse verte, une quatrième une fleur épanouie. Mélangées, ces cartes n'ont pas de sens. Remises dans l'ordre, elles racontent une histoire — un début, un milieu, une fin.

Ce geste apparemment simple mobilise en réalité plusieurs compétences en même temps : la logique temporelle (comprendre l'avant et l'après, la cause et la conséquence), le langage oral (nommer, décrire, relier les images par des connecteurs comme « d'abord », « ensuite », « enfin »), l'attention visuelle et la mémoire de travail. C'est précisément parce qu'il touche à ces fondamentaux qu'il traverse les âges et les profils. Là où un support très spécialisé ne conviendrait qu'à un public, le séquenceur se prête à d'innombrables réglages.

Le principe des sections qui suivent est toujours le même. Pour chaque profil, on se demande : qu'est-ce que cet outil apporte de spécifique à cette personne ? Quelles adaptations concrètes faut-il prévoir pour qu'il soit accessible et utile ? Et quel est le point de vigilance à garder en tête pour ne pas mettre la personne en difficulté ? Rien de ce qui suit ne remplace l'évaluation d'un professionnel : ce sont des repères d'usage, pas un protocole de rééducation.

Enfant avec un trouble du spectre de l'autisme (TSA)

Pour beaucoup d'enfants avec un TSA, le support visuel n'est pas un confort supplémentaire : c'est le canal d'entrée privilégié. Là où la parole passe vite et laisse peu de traces, l'image reste sous les yeux, disponible, réexaminable. Le séquenceur répond à un autre besoin fréquent : rendre le temps prévisible. Une scène découpée en étapes visibles transforme un déroulement abstrait en une suite d'images concrètes, ce qui apaise souvent l'anxiété liée à l'incertitude.

  1. Réduisez le nombre d'étapes au départ. Commencez à trois cartes, pas à six. On ajoute des étapes une fois la séquence courte parfaitement maîtrisée.
  2. Ancrez dans des scènes du quotidien réel de l'enfant. Se laver les mains, mettre le manteau, préparer le goûter : les routines qu'il vit tous les jours parlent bien plus qu'une histoire imaginaire.
  3. Laissez l'enfant manipuler à son rythme. Ne posez pas la main sur ses cartes. Nommez ce que vous voyez sans exiger de réponse verbale immédiate.
  4. Associez chaque carte à un mot-repère stable. Employez toujours le même mot pour la même image : la constance du vocabulaire rassure et aide à la généralisation.

Point de vigilance : évitez la surcharge sensorielle. Des illustrations trop chargées, trop colorées ou trop détaillées peuvent parasiter l'attention plutôt que la soutenir. Privilégiez des images épurées, un fond neutre, et un environnement de travail calme. ❌ À éviter : enchaîner plusieurs séquences dans la même séance « puisque ça marche », et corriger une erreur d'ordre par un « non, c'est faux » sec plutôt que par un « on regarde ensemble ce qui vient d'abord ».

💡 Un relais numérique pour la communication

Quand l'enfant peine à accéder au vocabulaire de la scène, l'application MON DICO peut compléter le support papier : pensée pour l'autisme, l'aphasie et les profils non verbaux, elle propose des pictogrammes et une aide à la communication qui prolongent naturellement le travail de séquençage.

Enfant avec un TDAH

Chez l'enfant porteur d'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, la difficulté n'est pas de comprendre la séquence, mais de rester assez longtemps concentré pour la mener à bout. Le séquenceur d'histoire en images a ici un atout précieux : c'est une tâche courte, concrète et manipulable, avec un objectif visible et une fin clairement identifiable. On sait quand c'est terminé — l'histoire est complète — ce qui donne un cadre à une attention qui a du mal à se poser seule.

  1. Épurez l'espace de travail. Une seule séquence sur la table, rien d'autre. Les cartes non utilisées restent hors de vue, dans une pochette fermée.
  2. Fixez un objectif visible et bref. « On range ces quatre images dans l'ordre, et après on a fini. » Un but net vaut mieux qu'une consigne ouverte.
  3. Valorisez chaque étape franchie. Un signe d'encouragement à chaque bonne carte entretient l'élan mieux qu'un compliment global à la toute fin.
  4. Autorisez le mouvement. L'enfant peut se lever, manipuler debout, poser les cartes au sol. Ce qui compte est la tâche accomplie, pas la posture.

Point de vigilance : ne prolongez pas l'exercice au-delà de la fenêtre d'attention disponible. Deux séquences réussies valent mieux qu'une longue séance qui se termine dans l'agacement. Repérez le moment où l'attention décroche et arrêtez avant la bascule. ❌ À éviter : multiplier les consignes verbales pendant qu'il manipule, et transformer l'erreur en reproche — l'enfant TDAH est déjà souvent surexposé aux remarques négatives.

Enfant dys (dyslexie, dysphasie, dyspraxie)

Sous le terme « dys » se regroupent des troubles très différents, mais qui partagent un point commun utile ici : le séquenceur permet de travailler le récit et la structuration de la pensée sans passer par l'écrit. Pour un enfant dyslexique que la lecture épuise, pour un enfant dysphasique dont le langage oral est fragile, pour un enfant dyspraxique que le geste graphique met en échec, raconter une histoire à partir d'images contourne l'obstacle et laisse la compétence narrative s'exprimer.

  1. Soignez le contraste et la lisibilité. Des images nettes, bien détourées, sur fond clair : un support difficile à percevoir ajoute une charge inutile.
  2. Laissez le temps de traitement. Comptez quelques secondes de silence après votre question. Le mot ou l'ordre juste arrive souvent dans cet intervalle, si on ne le comble pas à sa place.
  3. Distinguez ce que vous travaillez. Un jour l'ordre logique, un autre jour la richesse du récit. Ne cumulez pas toutes les exigences dans la même consigne.
  4. Pour le profil dyspraxique, allégez la manipulation. De grandes cartes faciles à saisir, ou une version numérique où l'on déplace l'image d'un glissement, évitent que la coordination du geste ne parasite la tâche cognitive.

Point de vigilance : ne confondez pas la difficulté de la tâche avec la difficulté du trouble. Si un enfant échoue, demandez-vous d'abord si l'obstacle vient du support (trop d'étapes, images ambiguës) avant d'en conclure quoi que ce soit sur ses capacités. Le diagnostic et le suivi des troubles dys relèvent de l'orthophoniste et de l'équipe pluridisciplinaire, jamais du support seul. ❌ À éviter : demander de lire un texte associé aux images, ce qui réintroduit exactement l'obstacle qu'on cherchait à contourner.

Enfant porteur de trisomie 21

Chez l'enfant porteur de trisomie 21, la mémoire visuelle est souvent un point d'appui solide, tandis que le langage oral et la mémoire de travail auditive peuvent demander davantage de soutien. Le séquenceur d'histoire en images joue précisément sur ce point fort visuel : il donne à voir ce qui, dit à l'oral, risquerait de se perdre. Il soutient aussi l'apprentissage des routines du quotidien, un enjeu majeur vers l'autonomie.

  1. Avancez par très petits paliers. Consolidez longuement une séquence de trois cartes avant d'en ajouter une quatrième. La répétition espacée aide à ancrer durablement.
  2. Reliez la séquence à un geste réel. Après avoir remis dans l'ordre les images du lavage des mains, allez le faire ensemble au lavabo : le passage de l'image à l'action renforce l'un et l'autre.
  3. Nommez lentement et articulez. Donnez un modèle verbal clair pour chaque carte, sans forcer la répétition, en laissant l'enfant reprendre les mots à son rythme.
  4. Célébrez la réussite de façon explicite. Un enfant qui associe l'activité à un moment agréable y revient volontiers, et c'est la régularité qui fait progresser.

Point de vigilance : respectez le rythme d'apprentissage propre à l'enfant sans le comparer à une norme d'âge. Les repères de développement varient beaucoup ; l'orthophoniste et le médecin qui suivent l'enfant restent les interlocuteurs pour évaluer les progrès. ❌ À éviter : accélérer parce qu'« il a réussi une fois », au risque de fragiliser un acquis encore récent.

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Découvrir le séquenceur d'histoire en images

Adolescent

Passé un certain âge, le principal risque avec le séquenceur d'histoire en images n'est plus cognitif : il est relationnel. Un adolescent — qu'il présente un trouble des apprentissages, un trouble du neurodéveloppement ou qu'il soit en rééducation après un accident — refuse à juste titre tout ce qui ressemble à un exercice « pour les petits ». L'outil garde pourtant tout son intérêt : structurer un récit, organiser des étapes, préparer une prise de parole. Il suffit d'en changer l'habillage et l'enjeu.

  1. Choisissez des contenus de son âge. Étapes d'une recette, montage d'un meuble, déroulé d'un match, tutoriel : des séquences ancrées dans ses centres d'intérêt réels.
  2. Donnez-lui un rôle actif. Proposez-lui de créer sa propre séquence, de la photographier, de la faire deviner. Concevoir vaut mieux que subir.
  3. Reliez la tâche à un objectif concret. « On prépare comment tu vas expliquer ça à l'oral » donne du sens là où « on fait un exercice » braque.
  4. Respectez son besoin d'autonomie. Reculez, laissez-le se tromper et se reprendre seul : l'adolescent supporte mal d'être guidé pas à pas.

Point de vigilance : le refus de coopérer masque souvent une peur de l'échec ou une lassitude d'être évalué. Un adolescent qui se replie, s'isole ou exprime une souffrance durable relève d'un accompagnement adapté : le médecin ou le psychologue sont là pour cela. ❌ À éviter : employer un matériel visiblement destiné aux jeunes enfants, et commenter chaque geste comme s'il s'agissait d'une leçon.

Adulte en rééducation (post-AVC, traumatisme crânien)

Après un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme crânien, la séquence d'une action autrefois automatique peut se désorganiser. Préparer un café, s'habiller dans le bon ordre, raconter ce qui s'est passé : autant de suites d'étapes que la lésion peut fragiliser. Le séquenceur devient alors un support de rééducation du langage et de la logique séquentielle, mais aussi un appui pour l'aphasie, quand le mot ne vient pas et que l'image aide à le retrouver.

  1. Partez de scènes utiles et adultes. Gestes du quotidien, démarches, activités que la personne veut retrouver : le sens soutient l'engagement bien mieux qu'un exercice abstrait.
  2. Adaptez au champ visuel et à la fatigue. En cas de négligence spatiale, disposez les cartes du côté perçu ; fractionnez la séance, car la fatigue post-lésionnelle est réelle et n'est pas un manque de volonté.
  3. Acceptez l'autre canal. Si le mot ne vient pas, laissez la personne montrer, mimer ou décrire autrement. L'objectif est de communiquer, pas d'être exact du premier coup.
  4. Travaillez en lien avec l'orthophoniste. Le support prolonge la rééducation à domicile ; il ne la remplace pas et ne fixe aucun objectif à la place du professionnel.

Point de vigilance : ne transformez pas chaque moment en séance de travail. L'adulte en rééducation a besoin aussi de temps de relation ordinaire. ❌ À éviter : finir ses phrases à sa place et enchaîner les propositions de mots, ce qui coupe la recherche en cours et ajoute de la frustration.

💡 Prolonger la stimulation avec une application

Pour ajuster finement le niveau de difficulté et varier les exercices cognitifs entre deux séances, l'application JOE, pensée pour les adultes et les situations de rééducation après un AVC, constitue un complément utile au support papier.

Senior avec troubles cognitifs

Chez une personne âgée présentant des troubles cognitifs, le séquenceur d'histoire en images ne vise pas un apprentissage nouveau, mais l'entretien des capacités préservées et le maintien du lien. Remettre en ordre les étapes d'une scène connue sollicite la logique, la mémoire et le langage, tout en offrant un support de conversation. Bien choisi, l'exercice peut aussi ouvrir sur les souvenirs : une scène de jardinage, de cuisine ou de métier réveille parfois tout un récit personnel.

  1. Choisissez des scènes familières et de sa génération. Des situations qu'elle a vécues mobilisent la mémoire ancienne, souvent mieux préservée que la mémoire récente.
  2. Restez dans une difficulté qui met en réussite. Le but n'est pas de tester, mais de faire vivre un moment agréable et valorisant. On dose pour que ça marche.
  3. Ouvrez sur l'échange. « Ça vous rappelle quelque chose ? » transforme l'exercice en conversation et prolonge le bénéfice relationnel.
  4. Adaptez à la vue et à la préhension. Grandes cartes, bon contraste, éclairage suffisant : on retire les obstacles sensoriels avant de parler de difficulté cognitive.

Point de vigilance : ne mettez jamais la personne en situation d'échec répété, qui blesse et décourage. Une aggravation des troubles, une désorientation nouvelle ou un changement de comportement doivent être signalés au médecin traitant. ❌ À éviter : corriger sèchement, insister quand la personne fatigue, ou présenter l'activité comme un contrôle de mémoire — ce qui génère anxiété et refus.

Personne non verbale ou peu verbale

Pour une personne non verbale ou dont le langage oral est très limité — quel que soit son âge ou l'origine de sa situation —, le séquenceur d'histoire en images change de fonction : il devient un support de communication à part entière. L'image n'est plus un déclencheur de parole, elle est le message. Pointer, désigner, ordonner des cartes permet d'exprimer un besoin, de comprendre un déroulement, d'anticiper ce qui va se passer — autant de communication qui se passe de mots.

  1. Valorisez toute forme de désignation. Un regard, un pointage, une main posée sur la bonne carte : chaque geste intentionnel est une prise de parole à accueillir.
  2. Utilisez les images pour préparer et rassurer. Montrer les étapes à venir d'un soin ou d'une activité rend le déroulement prévisible et diminue l'inquiétude.
  3. Restez cohérent avec les autres supports. Si la personne utilise déjà des pictogrammes ou un classeur de communication, harmonisez le vocabulaire visuel pour ne pas la perdre.
  4. Ne présumez pas de la compréhension. L'absence de parole n'est pas l'absence de pensée : adressez-vous à la personne avec le même respect qu'à toute autre.

Point de vigilance : la mise en place d'un système de communication alternative relève d'un accompagnement spécialisé, généralement orthophonique. Le séquenceur peut s'y intégrer, mais l'évaluation des besoins de communication appartient au professionnel. ❌ À éviter : parler de la personne à la troisième personne devant elle, et interpréter systématiquement à sa place sans lui laisser le temps de désigner.

Adapter le support selon le contexte : cabinet, classe, domicile, établissement

Le profil de la personne n'est pas la seule variable. Le lieu où l'on utilise le séquenceur d'histoire en images en modifie l'usage, les objectifs et les contraintes. Un même jeu de cartes ne se manipule pas de la même façon dans le cadre feutré d'un cabinet d'orthophonie et au milieu d'une classe de vingt-cinq élèves.

En cabinet d'orthophonie ou de rééducation

Le professionnel s'appuie sur le support pour un objectif de rééducation précis : logique temporelle, évocation lexicale, structuration du récit, travail de l'aphasie. Le cadre individuel permet un ajustement fin de la difficulté et une observation attentive. Le séquenceur y sert souvent de point de départ à d'autres activités langagières.

En classe ou en dispositif adapté

L'enseignant ou l'AESH cherche à faire travailler le langage et la chronologie, parfois en petit groupe. L'enjeu est de différencier : proposer trois cartes à l'un, six à l'autre, à partir du même support. Le format imprimable permet de multiplier les exemplaires et de créer des ateliers autonomes.

À domicile, en famille

Le parent prolonge, sans se substituer au professionnel, ce qui a été travaillé ailleurs. L'atout majeur du domicile est le lien avec la vie réelle : on remet en ordre la scène, puis on va la vivre. La règle d'or : garder l'activité brève, régulière et agréable, jamais scolaire ni sous tension.

En établissement (EHPAD, IME, foyer)

L'animateur ou le soignant utilise le support en individuel ou en petit groupe pour entretenir les capacités, structurer un moment et soutenir le lien social. On veille à choisir des scènes adaptées à l'âge et au parcours des personnes, et à valoriser la participation plus que la performance.

Dans tous les cas, le support imprimable et gratuit facilite ces adaptations : on imprime autant d'exemplaires que nécessaire, on plastifie pour la durabilité, on découpe des versions à trois, quatre ou six cartes selon les besoins. Cette souplesse est ce qui permet à un même outil de traverser des contextes aussi différents. Pour élargir la palette, le catalogue complet des outils DYNSEO propose d'autres supports de langage oral complémentaires, et les tests aident à situer les besoins avant de choisir.

Tableau récapitulatif : profil, adaptation, point de vigilance

À garder sous les yeux au moment de préparer une séance : pour chaque profil, l'adaptation prioritaire et le point sur lequel rester attentif.

ProfilAdaptation prioritairePoint de vigilance
Enfant TSAPeu d'étapes, scènes du quotidien, mot-repère stableÉviter la surcharge sensorielle des images
Enfant TDAHTâche courte, espace épuré, objectif visibleNe pas dépasser la fenêtre d'attention
Enfant dysRécit sans écrit, contraste soigné, temps de traitementNe pas réintroduire de lecture
Trisomie 21Petits paliers, lien à un geste réel, répétitionRespecter le rythme, ne pas accélérer
AdolescentContenus de son âge, rôle actif, objectif concretRefus = peur de l'échec, orienter si souffrance
Adulte en rééducationScènes utiles, gestion fatigue et champ visuelTravailler avec l'orthophoniste, ne pas finir ses phrases
Senior troubles cognitifsScènes familières, mise en réussite, ouverture au souvenirJamais d'échec répété, signaler toute aggravation
Personne non verbaleSupport de communication, valoriser toute désignationSystème alternatif = affaire de professionnel
💡 Le principe qui vaut pour tous les profils

Avant d'ajuster quoi que ce soit, posez une question simple : qu'est-ce que je cherche à faire vivre à cette personne ? Une réussite, un moment d'échange, un progrès concret. Le réglage du support découle de cette intention, jamais l'inverse. Un séquenceur trop difficile qui met en échec dessert son objectif, aussi bien conçu soit-il.

Pour aller plus loin

Dans la même catégorie « langage oral », d'autres supports gratuits se combinent bien avec le séquenceur : l'imagier des sons complexes, les cartes d'évocation lexicale et le loto des catégories sémantiques enrichissent le travail du vocabulaire mobilisé pendant le récit.

Questions fréquentes

À partir de quel âge peut-on utiliser un séquenceur d'histoire en images ?

Il n'y a pas d'âge fixe, car tout dépend du développement et du profil de la personne plus que de son année de naissance. On commence généralement avec des séquences très courtes de deux à trois images dès que l'enfant montre un intérêt pour les images et les scènes du quotidien. Le support s'utilise ensuite jusqu'à l'âge adulte et chez la personne âgée, avec des contenus adaptés à chaque étape. La règle est de choisir une difficulté qui met en réussite, quel que soit l'âge : c'est la réussite qui donne envie de continuer.

Le séquenceur convient-il à un enfant à la fois autiste et TDAH ?

Oui, et c'est même un cas fréquent, car les deux profils coexistent souvent. On combine alors les adaptations : peu d'étapes et images épurées pour le versant autistique, espace de travail dégagé et tâche brève avec objectif visible pour le versant attentionnel. On observe ce qui gêne le plus l'enfant au moment présent et on ajuste en priorité de ce côté. Chaque enfant étant unique, l'orthophoniste ou le professionnel qui le suit reste le mieux placé pour affiner ces réglages et vérifier que le support est bien adapté à ses besoins réels.

Faut-il corriger l'enfant quand il se trompe dans l'ordre des images ?

Pas frontalement. Un « c'est faux » décourage sans aider à comprendre. Mieux vaut relire l'histoire ensemble à voix haute : en racontant la séquence telle qu'elle est posée, l'incohérence apparaît d'elle-même et l'enfant se corrige souvent seul. Vous pouvez aussi poser une question ouverte : « qu'est-ce qui se passe en premier, d'après toi ? ». L'objectif est que l'enfant construise la logique, pas qu'il applique une bonne réponse dictée. Cette posture bienveillante préserve l'envie de recommencer, qui est le vrai moteur des progrès sur la durée.

Ce support peut-il remplacer une prise en charge orthophonique ?

Non, et il ne le prétend pas. Le séquenceur d'histoire en images est un support de stimulation et d'entraînement, utile en complément d'un suivi mais jamais à sa place. Il ne permet pas de poser un diagnostic ni de conduire une rééducation, qui relèvent d'un professionnel de santé. Si vous observez chez un enfant ou un adulte des difficultés de langage, d'attention ou d'organisation qui vous inquiètent, parlez-en au médecin, qui pourra orienter vers l'orthophoniste ou le spécialiste concerné. Le support est un outil du quotidien, pas un dispositif de soin.

Comment adapter le séquenceur pour une personne non verbale ?

On change son objectif : l'image devient un moyen de communication et non un déclencheur de parole. On valorise toute forme de désignation — regard, pointage, main posée sur la carte — comme une prise de parole. On utilise les séquences pour rendre les événements prévisibles et rassurer, par exemple en montrant les étapes d'un soin avant de le réaliser. Si la personne dispose déjà de pictogrammes ou d'un support de communication alternative, on veille à rester cohérent avec ce vocabulaire visuel. La mise en place d'un tel système reste du ressort de l'orthophoniste et de l'équipe qui accompagne la personne.

ℹ️ Information et non avis médical

Cet article propose des repères d'usage généraux. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un avis médical, ni une prise en charge spécialisée. Chaque personne et chaque trouble étant différents, adressez-vous au professionnel qui suit l'enfant ou l'adulte concerné pour tout ce qui touche au diagnostic, au pronostic et à la rééducation.

Un support, tous les profils

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