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Familles & aidants · Trisomie 21

Soutenir un adolescent trisomique : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Quand votre enfant était petit, le parcours semblait presque balisé : un pédiatre, un centre de référence, une équipe qui vous connaissait. À l'adolescence, tout se complique. Les besoins changent, les interlocuteurs se multiplient, les démarches administratives se durcissent, et la question de l'après — l'autonomie, la scolarité, l'orientation, l'âge adulte — s'invite pour de bon. C'est précisément à ce moment que la question « soutenir un adolescent trisomique : aides et accompagnement, par où passer ? » devient la plus pressante, et la plus déroutante.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

Cet article remet de l'ordre dans ce paysage. Qui appeler pour quel problème, quels dispositifs existent en France et où déposer les dossiers, comment tirer le maximum d'une consultation de vingt minutes, comment repérer votre propre épuisement avant qu'il ne vous submerge, et comment tenir sur des années sans vous oublier. Aucun montant présenté comme certain : les conditions évoluent, et c'est toujours l'organisme concerné qui fait foi.

L'essentiel en 30 secondes

Deux portes d'entrée suffisent pour démarrer : le médecin qui coordonne le suivi (médecin traitant, pédiatre ou médecin du centre de référence) et la MDPH de votre département, qui ouvre l'accès aux droits et aux dispositifs.

  • Le suivi est pluridisciplinaire : médecins spécialistes, professionnels paramédicaux, équipe éducative et sociale. Personne ne détient tout le tableau, savoir qui fait quoi fait gagner des semaines.
  • Plusieurs aides existent — allocations, compensation du handicap, aménagement de la scolarité, orientation. Elles passent presque toutes par la MDPH, avec des conditions qui évoluent : vérifiez-les à jour.
  • Une consultation se prépare : trois questions écrites et vos observations datées valent mieux qu'une heure de discussion improvisée.
  • L'adolescence rebat les cartes : puberté, émotions, désir d'autonomie, et l'anticipation de l'âge adulte (16 ans, puis 20 ans, sont des seuils administratifs clés).
  • L'épuisement de l'aidant est un risque réel, pas une faiblesse. Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir longtemps.

Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs

L'accompagnement d'un adolescent porteur de trisomie 21 est pluridisciplinaire par nature. Le suivi médical recommandé — la Haute Autorité de santé a publié un protocole national de diagnostic et de soins pour la trisomie 21 — associe plusieurs spécialités, parce que certaines particularités de santé demandent une surveillance régulière. À côté du médical, il y a le paramédical, l'éducatif, le scolaire et le social. Personne ne détient l'ensemble du tableau. Savoir qui fait quoi évite de poser la bonne question à la mauvaise personne et d'attendre trois semaines pour rien.

🩺

Médecin coordinateur

Médecin traitant, pédiatre ou médecin du centre de référence : le pivot. Il organise le suivi, prescrit les bilans et les soins, rédige les certificats nécessaires aux démarches. C'est lui qu'on appelle en premier en cas de doute.

❤️

Cardiologue

Le suivi cardiaque fait partie des surveillances recommandées dans la trisomie 21. Les modalités et la fréquence sont fixées par l'équipe médicale, selon l'histoire de votre adolescent.

👂

ORL et ophtalmologue

Audition et vision se surveillent régulièrement : un déficit sensoriel non repéré pèse directement sur les apprentissages, la communication et le comportement. À ne jamais négliger à l'adolescence.

💬

Orthophoniste

Langage, parole, communication, parfois déglutition. Un interlocuteur souvent central sur la durée ; il vous montre aussi comment soutenir la communication au quotidien à la maison.

🤸

Psychomotricien / kiné

Coordination, tonus, motricité globale et fine, posture. Ils valident aussi les activités physiques adaptées que vous pouvez proposer en dehors des séances.

🏠

Ergothérapeute

L'autonomie concrète : gestes du quotidien, aides techniques, aménagements, supports adaptés pour l'école et la maison. Un bilan est souvent le conseil le plus utile de toute une période.

🧩

Psychologue / neuropsychologue

Évaluation des fonctions cognitives, soutien émotionnel, accompagnement des grands changements de l'adolescence. Il explique aussi à l'entourage ce qui relève du développement et ce qui doit alerter.

🎒

Enseignant référent

Le lien entre l'école, la famille et la MDPH. Il suit le parcours de scolarisation, prépare et fait vivre le projet personnalisé. Un allié précieux, encore trop peu sollicité par les familles.

📋

Assistante sociale

À l'hôpital, au centre communal d'action sociale ou dans un service de proximité. C'est l'interlocutrice des dossiers, des démarches et de l'organisation. Beaucoup de familles la découvrent trop tard.

J'ai ce problème, je m'adresse à qui ?

La situationLe bon interlocuteur
Signe de santé aigu et inhabituelServices d'urgence de votre pays, ou médecin coordinateur sans tarder
Il entend ou voit moins bien, il se replieMédecin coordinateur, puis ORL ou ophtalmologue
Fatigue inhabituelle, prise ou perte de poidsMédecin coordinateur — un bilan, dont la thyroïde, peut être indiqué
Difficultés de communication qui s'aggraventOrthophoniste, en lien avec le médecin coordinateur
Changements d'humeur, retrait, tristesse durablesMédecin coordinateur, puis psychologue — la souffrance psychique se prend en charge
Difficultés à l'école, aménagements insuffisantsEnseignant référent, équipe de suivi de scolarisation
Questions sur les allocations et les droitsMDPH et assistante sociale
Préparer l'orientation et l'âge adulteEnseignant référent, MDPH, structure médico-sociale
Je n'y arrive plus, je suis à boutVotre propre médecin, et l'assistante sociale pour une solution de répit
Je ne comprends rien aux démarchesAssistante sociale et association de familles

Un réflexe simple structure tout le reste : gardez une pochette unique — comptes rendus, bilans, notifications MDPH, ordonnances — et emportez-la à chaque rendez-vous. Vous serez souvent la seule personne à disposer de l'histoire complète ; les professionnels, eux, ne voient qu'une partie du puzzle.

Soutenir un adolescent trisomique : aides et accompagnement en France

Les dispositifs français sont nombreux, portent des sigles peu parlants et changent de conditions au fil des réformes. Le principe à retenir : repérez d'abord de quel besoin vous relevez, puis faites confirmer le nom exact et les conditions à jour du dispositif par la MDPH ou l'assistante sociale. Les montants existent, mais ils dépendent de la situation, des ressources et de la décision de la commission : aucun chiffre ne peut être promis à l'avance dans un article. Considérez le tableau ci-dessous comme une boussole, pas comme un barème.

BesoinDispositif (nom courant)Où déposer / vérifier
Compenser les frais liés au handicap de l'enfantAEEH (allocation d'éducation de l'enfant handicapé) et ses complémentsDossier MDPH ; versement par la CAF ou la MSA
Financer une aide humaine ou techniquePCH (prestation de compensation du handicap)Dossier MDPH ; conditions et articulation avec l'AEEH à vérifier
Aménager la scolaritéPPS (projet personnalisé de scolarisation), AESH, matériel pédagogique adapté, ULISMDPH, via l'enseignant référent et l'équipe de suivi
Faciliter les déplacements et l'accèsCMI (carte mobilité inclusion) — mentions priorité, invalidité, stationnementDossier MDPH
Accompagnement médico-socialSESSAD, IME et autres structures selon le projetOrientation notifiée par la MDPH
Préparer l'âge adulte (dès 16 ans)RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé), orientation professionnelleDossier MDPH
Ressources à l'âge adulteAAH (allocation aux adultes handicapés) — logique et conditions différentes de l'AEEHDossier MDPH ; anticiper la transition autour de 20 ans

Deux repères d'âge structurent tout le parcours de l'adolescence. À 16 ans, il devient possible d'engager la reconnaissance de travailleur handicapé et de réfléchir sérieusement à l'orientation. Autour de 20 ans, le passage de la logique « enfant » à la logique « adulte » se prépare : certaines aides s'arrêtent, d'autres prennent le relais, et rien ne s'enchaîne automatiquement. Anticiper ces bascules un à deux ans à l'avance évite les ruptures de droits, qui sont fréquentes et pénibles à rattraper.

Un mot sur les associations, car elles sont la ressource la plus sous-utilisée. Les fédérations et associations dédiées à la trisomie 21, ainsi que les grands réseaux du handicap intellectuel, informent, orientent, animent des groupes de parole et mettent en relation avec d'autres familles qui vivent la même chose — ce qu'aucune brochure ne remplace. Elles connaissent aussi les usages concrets de votre département : quelle structure a des places, quel professionnel accepte de nouveaux patients, comment tel dossier est réellement instruit sur votre territoire. Leurs périmètres et coordonnées évoluent : vérifiez l'information à jour directement auprès de l'organisme. Et si votre adolescent est suivi par un centre de référence ou une structure médico-sociale, demandez à l'équipe quelles associations elle recommande localement : c'est souvent la piste la plus courte.

💡 Les trois réflexes qui font gagner des mois

1. Déposez ou renouvelez le dossier MDPH bien avant l'échéance : les délais d'instruction sont longs et une notification qui expire peut interrompre un accompagnement. 2. Demandez toujours par écrit le détail de ce qui est accordé et pour quelle durée : gardez chaque notification. 3. Contactez une association de familles dès maintenant : elle connaît les usages de votre département mieux que n'importe quelle brochure officielle.

La MDPH, passage obligé : comment ça marche

La Maison départementale des personnes handicapées est le guichet unique. C'est par elle que transitent l'essentiel des droits : allocations, orientation scolaire, compensation, carte de mobilité, préparation à l'âge adulte. Comprendre sa logique évite beaucoup de découragement. Le dossier n'est pas une simple formalité : c'est lui qui raconte, à des personnes qui ne connaissent pas votre adolescent, ce qu'il vit et ce dont il a besoin. Un dossier bien construit change concrètement les décisions.

  1. Retirez le dossier et le certificat médical à jour. Le certificat se remplit par un médecin qui connaît la situation, dans un délai de validité limité : ne le faites pas trop tôt, ni au dernier moment.
  2. Soignez le « projet de vie ». C'est la partie que vous écrivez librement. Décrivez le quotidien concret, les difficultés, mais aussi les besoins et les souhaits de votre adolescent. Des faits datés et précis valent mille fois « il a besoin d'aide ».
  3. Joignez les bilans utiles : comptes rendus des professionnels, bilans orthophonique, psychomoteur, psychologique, éléments de l'école. Plus la commission dispose d'éléments concordants, plus la décision est ajustée.
  4. Gardez une copie complète de tout ce que vous envoyez. En cas de recours ou de renouvellement, vous serez content de l'avoir.
  5. Anticipez le renouvellement. Notez la date d'expiration de chaque notification dès que vous la recevez, et relancez la démarche plusieurs mois avant.
  6. En cas de désaccord, un recours est possible. Une décision n'est pas gravée dans le marbre ; l'assistante sociale et l'association de familles vous guideront.

Un point que beaucoup de familles ignorent : vous n'êtes pas obligé de tout construire seul. L'assistante sociale, l'enseignant référent et les associations peuvent vous aider à rédiger le projet de vie et à rassembler les pièces. Demander cet appui n'est pas un aveu de faiblesse ; c'est ce qui distingue un dossier solide d'un dossier bâclé dans l'urgence.

Une erreur revient souvent : minimiser les difficultés dans le dossier, par pudeur ou par fierté. On a envie de dire tout ce que son adolescent réussit, et c'est humain. Mais la commission décide à partir de ce qui est écrit : si vous ne décrivez que les progrès, les besoins réels risquent d'être sous-évalués, et les aides accordées avec eux. Décrivez donc honnêtement une journée type, y compris les moments qui coincent, sans dramatiser ni gommer. Le bon curseur : des faits concrets, datés, observables, plutôt que des jugements ou des généralités. « Il a besoin d'être accompagné pour la douche et pour préparer ses affaires chaque matin » dit plus qu'« il manque d'autonomie ».

Préparer une consultation utile

Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Sans préparation, elle part en généralités et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant. À l'adolescence, l'enjeu est double : obtenir des réponses, mais aussi apprendre à impliquer peu à peu votre adolescent dans les décisions qui le concernent.

  1. Notez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation : ce qui a changé, quand, dans quelles circonstances. Le tableau de routines illustrées aide aussi à repérer ce qui coince dans le quotidien.
  2. Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée.
  3. Apportez la pochette de suivi : ordonnances, derniers bilans, notifications, carnet de santé. Tout ce qui donne le contexte au professionnel.
  4. Associez votre adolescent à sa mesure. Préparez avec lui, en amont, une chose qu'il souhaite dire ou demander. Une fiche de communication adaptée peut l'y aider.
  5. Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on fait ce bilan et on revoit dans trois mois, c'est ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
  6. Demandez qui appeler entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question évite des semaines d'hésitation.

Les questions qui rapportent le plus

  • Quels signes doivent me faire consulter rapidement, et lesquels peuvent attendre ?
  • Ce changement de comportement que j'observe, est-il lié à la puberté, à l'humeur, ou à un problème de santé ?
  • Les surveillances recommandées à son âge sont-elles toutes à jour ?
  • La fréquence des séances (orthophonie, psychomotricité…) est-elle suffisante ?
  • Que puis-je faire, moi, entre les séances, pour prolonger le travail à la maison ?
  • Comment préparer, dès maintenant, la transition vers le suivi adulte ?
  • Y a-t-il un aspect que je devrais surveiller et que je ne surveille pas ?

❌ À éviter : parler de votre adolescent à la troisième personne, devant lui, comme s'il n'était pas là. Même lorsque la communication est difficile, il perçoit le ton et l'attitude. Adressez-vous aussi à lui, à son rythme, et laissez au professionnel le temps d'entrer en relation directement avec lui.

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L'épuisement de l'aidant : le repérer à temps

Il ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous dites que ça va, que d'autres familles font bien plus, que ce n'est pas le moment de se plaindre. Puis un matin, une remarque anodine fait tout basculer. Chez les parents d'adolescents, cet épuisement a une couleur particulière : à la fatigue s'ajoute l'inquiétude de l'avenir, qui tourne en boucle la nuit.

😴

Le corps lâche

Sommeil qui ne répare plus, douleurs de dos ou de nuque, infections à répétition, migraines. Le corps encaisse d'abord en silence, puis il proteste.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, sentiment de vide, impression de ne jamais rien faire correctement.

🚪

La vie se réduit

Invitations déclinées systématiquement, amis qui ne rappellent plus, loisirs abandonnés, plus une seule heure qui vous appartienne vraiment.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre adolescent, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et le sentiment d'être devenu gestionnaire de rendez-vous plutôt que parent.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et pourtant souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez. Un aidant qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une. Prendre soin de vous n'est pas égoïste ; c'est la condition pour continuer à être présent.

⚠️ Quand il faut consulter sans attendre

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. En cas de détresse aiguë, contactez les services d'urgence de votre pays. Ces situations se prennent en charge, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe.

Le droit de souffler

Le répit n'est pas un abandon, c'est une condition de durabilité. Plusieurs formules existent, sous des noms variables selon les territoires : renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent, car les délais d'accès sont rarement immédiats. Anticiper, c'est se donner le choix le jour où le besoin devient pressant.

FormulePrincipeUtile quand
Accueil de jour ou temporaireVotre adolescent est accueilli dans une structure adaptée, ponctuellement ou régulièrementVous avez besoin de créneaux réguliers et prévisibles
Séjours adaptés et vacancesSéjours de loisirs encadrés, proposés par des organismes spécialisésSouffler quelques jours, tout en offrant une expérience à votre adolescent
Relais à domicileUn professionnel prend le relais chez vous, quelques heures ou plusieurs joursVotre adolescent supporte mal de quitter son environnement
Groupes de parole de parentsRencontres animées, souvent via une associationVous vous sentez seul et incompris — c'est le besoin le plus fréquent
Soutien psychologiqueConsultations individuelles pour vous, l'aidantLa charge émotionnelle déborde sur tout le reste

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur. On croit qu'accepter une aide, c'est reconnaître qu'on n'y arrive pas. C'est l'inverse : c'est ce qui permet de continuer à y arriver longtemps.

Concilier travail, vie perso et accompagnement

Beaucoup de parents aidants sont aussi salariés, et tiennent en rognant sur leurs congés et leurs nuits. La France prévoit des dispositifs pour les proches aidants — congé de proche aidant, aménagements d'horaires, temps partiel, télétravail selon les situations. Leurs conditions varient et évoluent ; le point commun, c'est qu'ils sont largement méconnus. Vérifiez ce à quoi vous avez droit auprès des ressources humaines, d'un service social du travail ou de l'organisme concerné.

  1. Renseignez-vous avant d'être en difficulté. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que les demandes faites dans l'urgence, une fois le mur atteint.
  2. Distinguez ce qui exige votre présence — certains rendez-vous médicaux, par exemple — de ce qui peut être délégué. Tout n'a pas à reposer sur vous seul.
  3. Répartissez explicitement dans la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, évite la spirale où celui qui est le plus présent fait tout et s'épuise en silence. La fratrie a aussi sa place, à son échelle et selon son âge.
  4. Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, considérées comme non négociables au même titre qu'un rendez-vous médical.

Un mot sur la fratrie : les frères et sœurs d'un adolescent porteur de handicap portent souvent, sans le dire, une charge invisible — inquiétude, sentiment de devoir être « celui qui va bien », parfois jalousie mêlée de culpabilité. Leur ménager des temps d'attention exclusive, et nommer ce qu'ils traversent, fait partie de l'équilibre familial. Les associations proposent parfois des groupes dédiés aux fratries ; c'est une ressource précieuse et méconnue.

S'informer et se former pour tenir dans la durée

Une grande partie de la fatigue des aidants ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce comportement est grave, si l'on fait bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher, comment répondre à un ado qui affirme son autonomie. Comprendre ce qui se joue transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés. S'informer, ce n'est pas devenir soignant à la place des soignants ; c'est cesser de subir.

Plusieurs ressources y contribuent. Les associations de familles — comme les fédérations dédiées à la trisomie 21 — restent la source la plus utile pour l'ancrage local et le partage d'expérience. Côté outils du quotidien, DYNSEO met à disposition en libre accès un guide d'adaptation pédagogique trisomie, une fiche de communication adaptée, un thermomètre des émotions et une roue des choix pour soutenir l'expression et les décisions au quotidien. Le catalogue complet est en accès libre.

Pour la stimulation cognitive, l'application COCO propose des jeux ludiques et progressifs, à adapter au niveau et aux centres d'intérêt de votre adolescent : mémoire, logique, langage, le tout dans un cadre motivant. Vous pouvez aussi explorer les tests cognitifs pour mieux situer certains besoins, en gardant à l'esprit qu'un test ludique n'a jamais valeur de diagnostic : seul un professionnel évalue et oriente.

Pour aller plus loin

Ces approfondissements prolongent, chacun sous un angle, ce que cet article ne fait qu'effleurer : le fond, les situations concrètes, les outils. Ils forment, avec cet article sur les aides et l'accompagnement, un parcours cohérent pour les familles.

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne connaît rien aux démarches ?

Par deux contacts. Le premier auprès du médecin qui coordonne le suivi — médecin traitant, pédiatre ou médecin du centre de référence —, qui organise le versant médical et rédige les certificats nécessaires. Le second auprès de la MDPH de votre département, guichet unique des droits et des orientations. Sollicitez ensuite une association de familles : elle connaît les usages locaux et vous fera gagner un temps considérable sur des démarches souvent opaques. N'hésitez pas non plus à demander l'appui d'une assistante sociale pour constituer le premier dossier.

Quelles aides financières peut-on demander, et à quel âge ?

Plusieurs dispositifs existent et passent par la MDPH : l'AEEH et ses compléments, la PCH, la carte mobilité inclusion, puis, vers l'âge adulte, l'AAH. À partir de 16 ans, la reconnaissance de travailleur handicapé et l'orientation professionnelle peuvent aussi être engagées. Les conditions d'attribution, les articulations entre dispositifs et les montants dépendent de la situation et évoluent régulièrement : aucun montant ne peut être garanti à l'avance. Faites toujours confirmer les conditions à jour par la MDPH, la CAF ou l'assistante sociale avant de vous projeter.

Faut-il anticiper le passage à l'âge adulte ?

Oui, et le plus tôt est le mieux. Autour de 20 ans, la logique administrative bascule de « l'enfant » vers « l'adulte » : certaines aides s'arrêtent, d'autres prennent le relais, et rien ne s'enchaîne automatiquement. Préparez cette transition un à deux ans à l'avance avec l'enseignant référent, la MDPH et, le cas échéant, la structure médico-sociale. Anticiper permet d'éviter les ruptures de droits, longues et pénibles à rattraper, et de construire un projet d'orientation qui a du sens pour votre adolescent plutôt que de le subir dans l'urgence.

Mon adolescent refuse certaines aides ou certains suivis, que faire ?

C'est fréquent : l'adolescence est l'âge de l'affirmation de soi, y compris ici. Associez-le aux décisions autant que possible, expliquez à son rythme, avec des supports adaptés, et laissez-lui de vrais choix quand c'est possible. Faites porter certaines demandes par un professionnel, dont la parole a un autre statut que la vôtre. Et distinguez ce qui se négocie de ce qui relève de la sécurité et ne se négocie pas. En cas de blocage durable ou de signe de souffrance, parlez-en à un psychologue ou au médecin : ce sont eux qui évaluent et orientent.

En tant que parent, ai-je droit à un soutien pour moi ?

Oui. Plusieurs dispositifs s'adressent spécifiquement aux proches aidants : solutions de répit, congé de proche aidant, groupes de parole, soutien psychologique, parfois formations. Ils sont largement sous-utilisés, le plus souvent par méconnaissance. L'assistante sociale et les associations de familles sont les mieux placées pour vous dire ce qui existe près de chez vous et selon votre situation. Ne repoussez pas ces démarches à « quand j'aurai le temps » : c'est précisément parce que vous n'avez pas le temps que ce soutien devient nécessaire. Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'aide, d'interlocuteurs et de démarches valables en France. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès, leurs seuils d'âge et leurs montants évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné (MDPH, CAF, MSA, assistante sociale). Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil juridique ou social personnalisé. Pour tout signe de souffrance physique ou psychique de votre adolescent, adressez-vous à un professionnel de santé ; en cas d'urgence, contactez les services d'urgence de votre pays.

Soutenir un adolescent trisomique, en matière d'aides et d'accompagnement, ne consiste pas à tout savoir ni à tout porter : c'est apprendre à s'appuyer sur les bons interlocuteurs, à faire valoir des droits qui existent, à préparer les rendez-vous et les échéances, et à protéger votre propre équilibre pour tenir dans la durée. Vous n'êtes pas censé maîtriser seul ce paysage complexe — et vous n'avez pas à le faire.

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