Accompagner un enfant avec TDAH : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée
Le jour où le diagnostic tombe, on vous remet rarement un mode d'emploi. On vous parle de trouble déficit de l'attention, parfois d'hyperactivité, d'un suivi à mettre en place, d'une école à prévenir — et vous rentrez chez vous avec un mot compliqué et cent questions sans réponse. Accompagner un enfant avec TDAH, entre aides et accompagnement à trouver, ressemble au début à un labyrinthe : une dizaine d'interlocuteurs possibles, des sigles administratifs qui se ressemblent tous, et l'impression tenace de devoir tout découvrir seul, au plus mauvais moment.
Cet article remet de l'ordre dans ce parcours. Qui appeler pour quel problème, quels dispositifs existent en France et où déposer un dossier, comment tirer le maximum d'une consultation de vingt minutes, comment repérer votre propre épuisement avant qu'il ne vous rattrape, et comment tenir sur la durée sans y laisser votre santé. Nous restons volontairement prudents sur les montants et les conditions, qui évoluent d'une année à l'autre : l'objectif est de vous donner la carte, pas de remplacer le professionnel qui la précisera pour votre situation.
L'essentiel en 30 secondes
Deux portes d'entrée suffisent pour démarrer : le médecin qui suit votre enfant (médecin traitant, pédiatre), qui oriente vers le bon spécialiste, et l'école, qui met en place les premiers aménagements sans attendre un dossier administratif.
- Le diagnostic du TDAH est posé par un médecin spécialiste (pédopsychiatre, neuropédiatre, pédiatre formé) : aucun test en ligne ni bilan isolé ne le remplace.
- Plusieurs professionnels gravitent autour de l'enfant — psychologue, neuropsychologue, psychomotricien, orthophoniste, enseignant. Chacun couvre un besoin précis.
- Les aides passent surtout par l'école et la MDPH : PAP, PPS, AESH, AEEH. Les noms sont techniques, la logique est simple une fois expliquée.
- Une consultation se prépare — vos observations notées et trois questions écrites valent mieux qu'une heure d'échange improvisé.
- L'épuisement parental est un risque réel, pas une faiblesse. Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir longtemps.
Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs
Le TDAH ne se prend jamais en charge par une seule personne. Le suivi est pluridisciplinaire par nature, et personne ne détient l'ensemble du tableau — pas même le médecin qui a posé le diagnostic. Savoir qui fait quoi vous évite de poser la bonne question à la mauvaise porte, et d'attendre trois semaines un rendez-vous qui n'apportera rien.
Selon la Haute Autorité de Santé, le repérage commence le plus souvent en médecine de premier recours : c'est le médecin traitant ou le pédiatre qui reçoit les premières inquiétudes des parents, puis oriente vers un professionnel habilité à confirmer le diagnostic. Voici les principaux interlocuteurs que vous serez amené à croiser, et ce qu'il faut attendre de chacun.
Médecin traitant / pédiatre
La première porte. Il écoute vos observations, écarte d'autres causes possibles, coordonne le suivi et oriente vers le spécialiste. C'est aussi lui qui rédige les certificats nécessaires aux démarches.
Pédopsychiatre / neuropédiatre
Le médecin spécialiste qui confirme ou non le diagnostic de TDAH, évalue les troubles associés et, s'il y a lieu, initie et surveille un éventuel traitement médicamenteux.
Psychologue / neuropsychologue
Bilan cognitif et attentionnel, évaluation du fonctionnement, remédiation, guidance parentale. Le neuropsychologue objective ce qui est invisible : attention, mémoire de travail, organisation.
Psychomotricien
Motricité, gestion du corps, agitation, repérage dans l'espace et le temps. Il aide l'enfant à mieux habiter son corps et à canaliser un trop-plein d'énergie.
Orthophoniste
Langage oral et écrit, lecture, expression. Souvent sollicité quand le TDAH s'accompagne de troubles des apprentissages, fréquents mais distincts.
Ergothérapeute
Autonomie concrète : écriture, organisation du cartable, du bureau, des routines. Il propose des outils matériels qui allègent le quotidien à la maison et en classe.
Enseignant et équipe éducative
Ils passent avec votre enfant plus d'heures que quiconque. Alliés de première ligne pour les aménagements, à condition d'un dialogue régulier et non conflictuel.
CMP / CMPP
Centres médico-psychologiques (et médico-psycho-pédagogiques). Structures publiques qui regroupent plusieurs professionnels et proposent bilans et suivis, sans avance de frais.
Associations de familles
Elles informent, orientent, animent des groupes de parole et mettent en relation avec d'autres parents qui vivent la même chose — ce qu'aucune brochure ne remplace.
J'ai ce problème, je m'adresse à qui ?
| La situation | Le bon interlocuteur |
|---|---|
| Je soupçonne un TDAH mais rien n'est posé | Médecin traitant ou pédiatre, qui orientera vers le spécialiste |
| Il faut confirmer le diagnostic | Pédopsychiatre, neuropédiatre ou pédiatre formé au TDAH |
| Difficultés massives de lecture ou d'écriture | Orthophoniste, sur prescription médicale |
| Agitation, maladresse, gestion du corps | Psychomotricien |
| Organisation du travail, écriture pénible | Ergothérapeute |
| Besoin d'un bilan attentionnel objectif | Neuropsychologue |
| L'école ne suit pas, les notes chutent | Enseignant et équipe éducative, pour un premier aménagement |
| Je ne comprends rien aux démarches administratives | Assistante sociale, MDPH, association de familles |
| Je suis au bout, moi, parent | Votre propre médecin, et une solution de répit ou de soutien |
Un principe à garder en tête : aucun de ces professionnels ne fonctionne en vase clos. Le suivi est d'autant plus efficace qu'ils communiquent entre eux. Vous êtes souvent, en pratique, le trait d'union — celui qui transmet un bilan de l'orthophoniste à l'enseignant, ou une observation de la maison au pédopsychiatre. Ce rôle de coordination est épuisant s'il n'est pas outillé ; nous y revenons plus loin.
Accompagner un enfant avec TDAH : les aides et l'accompagnement en France
En France, accompagner un enfant avec TDAH ouvre potentiellement droit à un ensemble d'aides et d'accompagnements qui passent par deux grands canaux : l'Éducation nationale, pour tout ce qui concerne la scolarité, et la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), pour ce qui relève de la reconnaissance d'un handicap et de sa compensation. Les deux ne s'opposent pas : ils se complètent, et l'un n'attend pas l'autre.
Les dispositifs qui suivent portent des noms techniques et leurs conditions d'accès évoluent régulièrement. Considérez ce tableau comme une carte à faire préciser par un professionnel — assistante sociale, enseignant référent, MDPH — et non comme une liste de droits acquis d'avance.
| Dispositif | À quoi ça sert | Où déposer / demander |
|---|---|---|
| PAP — Plan d'accompagnement personnalisé | Aménagements pédagogiques à l'école sans passer par la MDPH (temps supplémentaire, supports adaptés, place au calme) | Via le médecin scolaire et l'école ; ne nécessite pas de dossier handicap |
| PPRE — Programme personnalisé de réussite éducative | Soutien pédagogique ciblé et temporaire décidé par l'équipe | Directement avec l'équipe éducative |
| PPS — Projet personnalisé de scolarisation | Cadre de scolarisation quand un handicap est reconnu ; peut inclure une AESH ou du matériel | Sur décision de la MDPH, après dépôt d'un dossier |
| AESH — Accompagnant d'élève en situation de handicap | Accompagnement humain en classe, individuel ou mutualisé | Notifié par la MDPH dans le cadre d'un PPS |
| AEEH — Allocation d'éducation de l'enfant handicapé | Aide financière destinée à couvrir des frais liés au handicap de l'enfant | Dossier MDPH ; conditions et montants variables, à vérifier auprès de la MDPH et de la CAF |
| ULIS — Unité localisée pour l'inclusion scolaire | Dispositif de scolarisation adapté au sein d'un établissement ordinaire | Sur orientation de la MDPH |
Ce qui reste à l'école (PAP, PPRE) se met en place vite et sans reconnaissance de handicap. Ce qui passe par la MDPH (PPS, AESH, AEEH, ULIS) suppose un dossier, donc des délais : c'est plus lourd, mais c'est aussi ce qui ouvre les moyens humains et financiers. On peut commencer par le plus léger et compléter ensuite.
Le dossier MDPH, sans se décourager
Le dossier MDPH intimide, à juste titre : il est long et demande des pièces médicales. Trois conseils font gagner des mois. D'abord, ne le remplissez pas seul : l'assistante sociale de secteur, l'enseignant référent ou une association de familles connaissent les rubriques qui bloquent. Ensuite, soignez le « projet de vie », cette partie où vous décrivez le quotidien avec vos mots : c'est souvent elle qui fait la différence, pas les cases cochées. Enfin, joignez des éléments concrets et datés — bilans, exemples de situations — plutôt que des généralités.
Sur les montants et les conditions de l'AEEH ou de ses compléments, restons prudents : ils dépendent de la situation, évoluent et sont réévalués périodiquement. Ne considérez aucune somme comme acquise avant la notification officielle, et vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de la MDPH et de la Caisse d'allocations familiales de votre département.
Un éventuel traitement médicamenteux du TDAH relève exclusivement d'un médecin spécialiste, qui décide de l'indication, de l'instauration et de la surveillance. Cet article ne donne aucune consigne de dose, de rythme ni d'ajustement. Toute question sur un traitement — bénéfice attendu, effets, arrêt — se pose au médecin prescripteur, et à lui seul.
L'école : PAP, PPS et aménagements concrets
L'école est l'endroit où le TDAH se voit le plus, et où les aménagements changent le plus vite le quotidien de l'enfant. Bonne nouvelle : beaucoup d'ajustements ne coûtent rien et ne demandent aucun dossier — seulement un dialogue avec l'enseignant. La difficulté n'est pas technique, elle est relationnelle : il s'agit d'installer une alliance plutôt qu'un rapport de force.
Ce qui se demande facilement à l'enseignant
- Une place éloignée des sources de distraction (fenêtre, porte, couloir).
- Des consignes courtes, une seule à la fois, reformulées si besoin.
- Du temps supplémentaire ou un allègement de la quantité pour les évaluations.
- La possibilité de bouger de façon cadrée : distribuer, effacer le tableau, une « pause légitime ».
- Un support écrit des devoirs, pour éviter que tout repose sur ce qui a été noté à la hâte.
Préparer la réunion avec l'école
Une réunion d'équipe éducative se prépare comme un rendez-vous médical. Arrivez avec des faits datés, pas des impressions. Présentez le TDAH comme un fonctionnement à contourner ensemble, pas comme une excuse. Et distinguez toujours ce qui relève d'un vrai blocage de ce qui relève de la mauvaise volonté supposée : c'est le malentendu le plus fréquent, et le plus douloureux pour l'enfant.
« Quand la consigne est courte et écrite au tableau, il s'y met. Est-ce qu'on peut essayer ça sur deux semaines et faire le point ? » — Une proposition concrète, limitée dans le temps, évaluable.
« Il faut le comprendre, il a un TDAH. » Formulée seule, cette phrase ferme la discussion au lieu de l'ouvrir. Elle laisse l'enseignant sans levier concret et peut être vécue comme une injonction.
À la maison, quelques outils simples soutiennent le travail de l'école. Nos cartes de stratégies d'attention et nos cartes de recentrage attentionnel donnent à l'enfant des repères visuels pour se remobiliser. Pour l'entraînement cognitif ludique des 5-10 ans, l'application COCO propose des jeux courts qui travaillent l'attention et la mémoire sans écraniser des heures. Ces supports complètent, mais ne remplacent jamais, le suivi des professionnels. Pour aller plus loin sur les aménagements, notre article dédié aux activités et supports concrets détaille chaque piste.
Préparer une consultation vraiment utile
Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Sans préparation, elle glisse vers les généralités et vous ressortez avec les questions mêmes que vous aviez en entrant. Or, avec un enfant, ces rendez-vous sont espacés et précieux : chacun compte.
- Observez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation dans un carnet ou dans un tableau de suivi comportemental : ce qui a changé, quand, dans quel contexte. Les faits datés valent mille fois « ça ne va pas fort ».
- Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée.
- Apportez les documents utiles : bulletins, bilans des autres professionnels, cahiers, exemples concrets. Une copie d'un devoir raté en dit plus qu'un long discours.
- Venez à deux quand c'est possible. L'un écoute, l'autre note. On retient beaucoup moins qu'on ne le croit d'un rendez-vous qui touche son enfant.
- Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on met en place X et on se revoit dans trois mois, c'est ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
- Demandez qui contacter entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question évite des semaines d'hésitation inutile.
Les questions qui rapportent le plus
- Ce comportement précis que j'observe, est-il lié au TDAH ou à autre chose ?
- Quels signes doivent me faire reconsulter sans attendre ?
- Y a-t-il un trouble associé à rechercher (apprentissages, sommeil, anxiété) ?
- Un bilan complémentaire est-il indiqué en ce moment ?
- Que puis-je faire, moi, à la maison, entre les séances ?
- Comment expliquer la situation à la fratrie, à l'école ?
- Y a-t-il un aspect que je devrais surveiller et que je ne surveille pas ?
Gardez tous les documents — bilans, comptes rendus, notifications, courriers — dans une seule pochette, physique ou numérique, classée par date. Ce dossier unique vous fera gagner un temps considérable à chaque nouvelle démarche, et vous évitera de reconstituer l'histoire à chaque nouvel interlocuteur.
Transformez l'incertitude en gestes assurés
Une grande partie de la fatigue vient de ne pas savoir si l'on fait bien. La formation DYNSEO donne aux parents les repères concrets du quotidien avec un enfant TDAH : comprendre, désamorcer, accompagner sans s'épuiser.
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Il ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous dites que ça va, que d'autres parents font bien plus, que ce n'est pas le moment de se plaindre. Accompagner un enfant avec TDAH demande une vigilance de tous les instants : gérer les crises, les devoirs qui s'éternisent, les rendez-vous, les regards des autres. Puis un matin, une remarque anodine fait tout basculer.
Le corps lâche
Sommeil qui ne répare plus, tensions dans le dos et la nuque, infections à répétition, migraines qui s'installent. Le corps encaisse ce que l'on refuse de regarder.
L'esprit se rétrécit
Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, sentiment de vide, impression de ne plus rien faire correctement, ni à la maison ni ailleurs.
La vie se réduit
Invitations déclinées, amis qui espacent, loisirs abandonnés, couple qui ne se parle plus que logistique. Plus une seule heure qui vous appartienne vraiment.
La relation s'abîme
Agacement contre votre enfant, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et la peur sourde de ne plus savoir aimer sans crier. Un cercle épuisant.
Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un simple passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple, et souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez. Un parent qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une — et l'enfant le ressent toujours.
Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. Ces situations se traitent. En cas de détresse aiguë, contactez sans attendre les services d'urgence de votre pays.
Le droit de souffler
Souffler n'est pas abandonner votre enfant : c'est une condition pour tenir. Un parent reposé accompagne mieux qu'un parent à bout. Plusieurs formules existent, sous des noms variables selon les territoires : renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent, car les délais d'accès sont rarement immédiats.
| Formule | Principe | Utile quand |
|---|---|---|
| Groupes de parole de parents | Rencontres animées, souvent via une association de familles | Vous vous sentez seul et incompris — le besoin le plus fréquent |
| Guidance parentale | Accompagnement par un professionnel pour ajuster les réactions du quotidien | Les crises se répètent et vos réponses ne fonctionnent plus |
| Soutien psychologique individuel | Consultations pour vous, en tant que parent | La charge émotionnelle déborde sur tout le reste |
| Accueil de loisirs adapté / séjours | L'enfant est pris en charge sur des créneaux dédiés | Vous avez besoin de temps pour vous, la fratrie, le couple |
| Relais familial organisé | Grands-parents, autre parent, proche formé qui prend le relais | Vous n'avez jamais une soirée ou un week-end à vous |
Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur. On croit devoir tout porter seul, alors que déléguer une partie est précisément ce qui permet de rester présent sur la durée.
La fratrie mérite une attention particulière. Les frères et sœurs d'un enfant TDAH captent moins l'attention, s'effacent parfois pour « ne pas en rajouter », ou intériorisent une injustice. Réserver, même dix minutes par jour, un temps qui n'appartient qu'à eux — sans l'autre enfant, sans écran — répare beaucoup. C'est un geste concret de prévention, pour eux et pour l'équilibre de toute la maison.
Concilier travail et accompagnement
Beaucoup de parents d'enfant TDAH sont aussi salariés, et tiennent en rognant sur leurs congés, leurs pauses déjeuner et leurs nuits. Rendez-vous en journée, coups de fil de l'école, devoirs interminables le soir : la charge mentale déborde vite sur la vie professionnelle. Plusieurs leviers existent, encore faut-il les connaître et les organiser avant d'être au pied du mur.
- Renseignez-vous avant d'être en difficulté, auprès du service des ressources humaines ou d'un service social du travail. Certains dispositifs pour proches aidants ou parents d'enfant en situation de handicap existent, avec des conditions variables : leur point commun est d'être largement méconnus. Les demandes anticipées aboutissent mieux que celles faites dans l'urgence.
- Distinguez ce qui exige votre présence — certains rendez-vous médicaux — de ce qui peut être délégué ou déplacé. Tout n'a pas à reposer sur une seule personne.
- Répartissez explicitement dans le couple et la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, évite la spirale où celui qui est le plus disponible finit par tout porter et s'épuiser en silence.
- Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, aussi peu négociables qu'un rendez-vous médical. Ce n'est pas un luxe, c'est de l'entretien.
Dire « je gère » à tout le monde finit par vous isoler : l'entourage croit que vous n'avez besoin de rien. Osez formuler une demande précise et bornée — « peux-tu récupérer les enfants mardi ? » plutôt que « ça va, merci ». Une demande concrète est beaucoup plus facile à accepter, pour vous comme pour celui qui aide.
Se former, pour arrêter de subir
Une grande partie de la fatigue des parents ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce comportement est grave, si l'on réagit bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher. Comprendre ce qui se joue derrière l'agitation, l'impulsivité ou l'inattention transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés. On cesse de subir les crises : on les anticipe, on les désamorce.
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Voir le programme des 14 leçonsLa formation ne remplace évidemment aucun professionnel de santé, et ne pose aucun diagnostic. Elle vous donne un langage commun avec les intervenants et une longueur d'avance sur le quotidien : à la maison, à l'école, dans la fratrie. Vous pouvez la compléter avec nos outils gratuits — la fiche de gestion de l'impulsivité et la fiche de régulation émotionnelle TDAH — et avec notre série de tests cognitifs pour mieux situer les points d'appui de votre enfant.
Pour aller plus loin
Situations du quotidien10 situations difficiles avec un enfant TDAH et comment y répondre
Boîte à outilsActivités, supports et aménagements concrets à mettre en place
La formationProgramme, contenu et à qui s'adresse la formation TDAH de DYNSEO
Ces quatre approfondissements se lisent indépendamment : le guide de fond pour comprendre le trouble, les situations difficiles pour le concret des crises, la boîte à outils pour les aménagements, et la présentation détaillée de la formation. L'ensemble de nos outils gratuits reste par ailleurs en libre accès.
Questions fréquentes
Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?
Par deux contacts simples. D'abord le médecin qui suit votre enfant — médecin traitant ou pédiatre — qui écoute vos observations et oriente vers le spécialiste habilité à poser le diagnostic. Ensuite l'école, pour signaler les difficultés et enclencher un premier aménagement, qui ne demande pas de dossier handicap. En parallèle, contactez une association de familles : elle connaît les démarches locales, les délais et les bons interlocuteurs, et vous fera gagner un temps considérable sur ce que les sites officiels expliquent mal.
Faut-il un diagnostic avant de demander des aménagements à l'école ?
Pas forcément. Certains aménagements pédagogiques simples se mettent en place à l'initiative de l'équipe éducative, sans attendre un diagnostic officiel ni un dossier MDPH. Le PAP, par exemple, passe par le médecin scolaire et l'école. En revanche, les aides qui engagent des moyens humains ou financiers — AESH, AEEH, orientation spécifique — supposent une reconnaissance par la MDPH, donc un dossier et des délais. On peut commencer par le plus léger et compléter ensuite : rien n'oblige à tout lancer en même temps.
Le dossier MDPH est intimidant : comment ne pas se décourager ?
Ne le remplissez pas seul. L'assistante sociale de secteur, l'enseignant référent ou une association de familles connaissent les rubriques qui bloquent et relisent votre dossier. Soignez particulièrement la partie « projet de vie », où vous décrivez le quotidien avec vos mots : c'est souvent elle qui pèse le plus. Joignez des éléments concrets et datés plutôt que des généralités. Enfin, gardez une copie de tout : en cas de désaccord avec une décision, des voies de recours existent, et un dossier bien tenu les facilite grandement.
Puis-je être aidé, moi, en tant que parent ?
Oui, et c'est essentiel. Des solutions existent pour les parents : groupes de parole, guidance parentale, soutien psychologique individuel, formations dédiées, parfois dispositifs pour proches aidants. Elles sont largement sous-utilisées, souvent par méconnaissance ou par culpabilité. Votre propre médecin, l'assistante sociale et les associations de familles sont les mieux placés pour vous dire ce qui existe près de chez vous. Prendre soin de vous n'est pas égoïste : un parent qui tient est la première ressource de son enfant, sur la durée.
Sur combien de temps s'étale l'accompagnement d'un enfant TDAH ?
Il n'y a pas de durée type, et cela dépend de chaque enfant, des troubles éventuellement associés et de son évolution. Ce qui est constant, c'est que l'intensité varie dans le temps : certaines périodes, comme les changements d'école ou l'adolescence, sont plus exigeantes. Le pronostic appartient au médecin qui suit votre enfant ; lui seul peut le préciser. Ce que vous pouvez organiser dès maintenant, c'est un accompagnement souple et des relais, même sans besoin immédiat : c'est ce qui permet de tenir sans s'épuiser.
Cet article décrit des catégories d'interlocuteurs et de dispositifs valables en France. Les noms des aides, leurs conditions d'accès et leurs montants varient selon les départements et évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné (MDPH, CAF, Éducation nationale). Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil social ou juridique personnalisé. Pour tout signe de souffrance de votre enfant, adressez-vous à son médecin ou à un psychologue.
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