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Familles & aidants · Trisomie 21

Aider un adulte trisomique à gérer ses émotions : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Accompagner un proche porteur d'une trisomie 21 à l'âge adulte, c'est souvent tenir seul une multitude de rôles à la fois : parent, référent administratif, traducteur des émotions, intermédiaire avec les professionnels. Et quand il s'agit d'aider un adulte trisomique à gérer ses émotions, les aides et l'accompagnement semblent partout et nulle part à la fois : on sait qu'il existe des dispositifs, des structures, des droits, mais personne ne vous remet un mode d'emploi le jour où vous en avez besoin. Vous avancez au fil des rendez-vous, des sigles et des formulaires, avec la sensation permanente d'arriver en retard sur une information que tout le monde semble déjà connaître.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en juillet 2026

Cet article remet de l'ordre dans ce parcours. Il répond à quatre questions concrètes : à qui vous adresser selon le problème rencontré, quelles catégories d'aides existent en France et où déposer les dossiers, comment transformer une consultation courte en rendez-vous vraiment utile, et surtout comment tenir dans la durée sans vous épuiser. Aucune promesse magique ici, mais des repères solides, des mots exacts à dire, et les bons interlocuteurs pour ne plus subir l'accompagnement au jour le jour.

L'essentiel en 30 secondes

Deux portes d'entrée suffisent pour démarrer : le médecin traitant, qui coordonne le suivi et oriente vers les spécialistes, et la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), guichet unique des droits et de l'orientation.

  • Plusieurs familles d'accompagnement existent — soin, paramédical, éducatif, social, financier, répit. Chacune a son interlocuteur : encore faut-il savoir lequel appeler pour quel besoin.
  • Les émotions font partie du sujet. Un trouble du comportement n'est pas une fatalité : il se comprend, s'observe et se travaille avec un professionnel formé.
  • Les associations spécialisées font gagner un temps considérable : elles connaissent les démarches locales et mettent en relation avec d'autres familles.
  • Une consultation se prépare — trois questions écrites et vos observations datées valent mieux qu'une heure de discussion improvisée.
  • L'épuisement de l'aidant est un risque réel, pas une faiblesse. Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir longtemps.

Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs

Autour d'un adulte porteur de trisomie 21, l'accompagnement est pluridisciplinaire par nature. Aucun professionnel ne détient l'ensemble du tableau — ni le médecin, ni l'éducateur, ni la famille. Chacun éclaire une facette : la santé, la communication, le comportement, l'autonomie, les droits. Savoir qui fait quoi évite de poser la bonne question à la mauvaise personne et d'attendre des semaines pour rien.

La gestion des émotions, en particulier, se situe à la croisée de plusieurs métiers. Une colère qui monte souvent au moment du repas peut relever d'un inconfort physique, d'une difficulté de communication, d'un environnement trop bruyant ou d'un besoin non exprimé. C'est en croisant les regards de plusieurs professionnels que l'on comprend ce qui se joue vraiment.

🩺

Médecin traitant

Le pivot. Il coordonne le suivi, dépiste les problèmes de santé fréquents dans la trisomie 21, oriente vers les spécialistes et rédige les certificats nécessaires aux démarches. C'est lui qu'on appelle en premier devant un changement de comportement inexpliqué.

🧠

Psychiatre / psychologue

Pour les émotions débordantes, l'anxiété, les épisodes dépressifs ou les troubles du comportement durables. Le psychiatre pose un diagnostic et peut proposer un traitement ; le psychologue accompagne par la parole et le suivi.

🕺

Psychomotricien

Travaille le lien entre le corps et l'émotion : détente, conscience corporelle, régulation de la tension. Souvent précieux quand la personne exprime son mal-être par le corps plutôt que par les mots.

💬

Orthophoniste

Langage, compréhension, communication. Beaucoup de crises émotionnelles naissent d'une frustration à ne pas se faire comprendre ; l'orthophoniste outille la personne et l'entourage pour communiquer autrement.

🧩

Éducateur spécialisé

L'autonomie et le quotidien concret. En foyer, en accueil de jour ou à domicile, il installe des repères, des routines et des stratégies d'apaisement adaptées à la personne.

📋

Assistant de service social

À l'hôpital, au CCAS de votre commune ou dans une structure spécialisée. C'est l'interlocuteur des dossiers, des droits et de l'organisation. Beaucoup de familles le découvrent trop tard.

🏛️

MDPH

La Maison départementale des personnes handicapées : guichet unique qui évalue les besoins, attribue les droits et prononce les orientations vers les structures. Le passage obligé de presque toutes les aides.

🤝

Association spécialisée

Trisomie 21 France, Unapei et leurs relais locaux informent, orientent et mettent en relation avec d'autres familles. La ressource la plus sous-utilisée, et souvent la plus précieuse.

J'ai ce problème, je m'adresse à qui ?

La situationLe bon interlocuteur
Signe de détresse vitale (malaise, difficulté à respirer)Services d'urgence de votre pays, immédiatement
Changement de comportement brutal et inexpliquéMédecin traitant sans tarder — une cause physique se cache souvent derrière
Colères, anxiété ou repli qui durent depuis des semainesMédecin traitant, puis psychiatre ou psychologue
Frustration liée à la communicationOrthophoniste, et outils de communication adaptée
Tension exprimée par le corps, agitationPsychomotricien, en lien avec le médecin
Besoin d'une place en structure ou en accueil de jourMDPH pour l'orientation, assistant social pour le dossier
Questions sur les droits et les aides financièresAssistant de service social et MDPH
Je me sens seul et dépassé par les démarchesAssociation spécialisée de votre département
Je n'y arrive plus, je suis à boutVotre propre médecin, et une solution de répit

Une règle simple pour ne pas s'égarer : devant tout changement soudain de comportement ou d'humeur chez un adulte trisomique, la première hypothèse à écarter est médicale. Une douleur dentaire, un trouble digestif, un problème de vue ou d'audition, un trouble thyroïdien s'expriment souvent par de l'irritabilité ou du repli, parce que la personne ne peut pas toujours dire « j'ai mal ici ». On observe, on note, on signale au médecin : c'est lui qui pose le diagnostic, jamais l'entourage seul.

Aider un adulte trisomique : les aides et l'accompagnement en France

Les dispositifs français portent des sigles qui découragent, mais ils répondent à des besoins simples. Repérez d'abord de quelle famille d'accompagnement vous relevez, puis demandez à l'assistant social ou à la MDPH le nom exact du dispositif adapté à votre situation. Aucun montant n'est présenté ici comme certain : les barèmes, les plafonds et les conditions évoluent régulièrement et dépendent de la situation individuelle. Vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de la MDPH, de la CAF ou de la caisse concernée.

Famille d'accompagnementÀ quoi ça sertOù commencer
Allocation aux adultes handicapés (AAH)Revenu minimum garanti selon le taux d'incapacité et les ressourcesDossier MDPH ; versement par la CAF ou la MSA — conditions à vérifier
Prestation de compensation du handicap (PCH)Participe aux frais liés à la perte d'autonomie : aide humaine, matériel, aménagementsDossier MDPH, après évaluation des besoins
Orientation en structureAccueil de jour, foyer de vie, foyer d'hébergement, ESAT, SAVS, SAMSAHDécision d'orientation de la CDAPH, via la MDPH
Accompagnement à la vie socialeSAVS et SAMSAH : soutien à domicile pour l'autonomie, la santé, les démarchesOrientation MDPH, puis contact avec le service
Soins paramédicauxOrthophonie, psychomotricité, kinésithérapie, suivi psychologiquePrescription du médecin ; certains soins pris en charge en structure
Répit et soutien des aidantsAccueil temporaire, relais à domicile, groupes de parole, soutien psychologiqueAssistant social, association spécialisée, plateforme de répit

Quelques précisions utiles pour ne pas se tromper de porte. La CDAPH (Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées) est l'instance qui, au sein de la MDPH, prend les décisions : elle attribue l'AAH, la PCH et prononce les orientations. Vous ne la rencontrez pas directement : vous déposez un dossier, une équipe pluridisciplinaire évalue les besoins, puis la commission décide. Les SAVS (services d'accompagnement à la vie sociale) et SAMSAH (services d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés) permettent de rester à domicile avec un appui régulier ; le SAMSAH ajoute une dimension de soins. L'ESAT (établissement et service d'aide par le travail) offre une activité professionnelle adaptée, souvent structurante sur le plan émotionnel parce qu'elle donne un cadre, un rythme et une place.

💡 Les trois réflexes qui font gagner des mois

1. Ouvrez ou renouvelez le dossier MDPH avant l'échéance des droits, pas après : les délais d'instruction sont longs et une rupture de droits est difficile à rattraper. 2. Gardez une copie de tout — comptes rendus, notifications, certificats — dans une seule pochette, papier ou numérique. 3. Contactez l'association spécialisée de votre département dès maintenant : elle connaît les délais réels, les structures qui ont de la place et les erreurs à ne pas commettre dans le dossier.

Sur le versant des émotions et du comportement, sachez qu'un projet d'accompagnement peut inscrire noir sur blanc des objectifs précis : apprendre à identifier une montée de tension, disposer d'un endroit pour s'apaiser, utiliser un support visuel pour exprimer un ressenti. Ces objectifs figurent dans le projet personnalisé élaboré avec la structure ou le service : n'hésitez pas à demander qu'ils y soient formalisés, car ce qui est écrit est suivi, et ce qui n'est pas écrit s'oublie.

Où déposer les dossiers et comment s'y prendre

Le point de passage central, en France, c'est la MDPH de votre département. Presque tout part de là : l'AAH, la PCH, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, les orientations vers les structures. Le dossier est unique, mais dense : il combine un formulaire administratif et un certificat médical récent, complété par le médecin. Prenez le temps de le remplir sérieusement, car il détermine l'évaluation de vos besoins.

  1. Retirez le dossier auprès de la MDPH de votre département, en ligne ou sur place. Un assistant social peut vous aider à le compléter : n'hésitez pas à le solliciter, c'est son métier.
  2. Faites remplir le certificat médical par le médecin qui connaît le mieux la situation. Un certificat précis, qui décrit le retentissement au quotidien, pèse plus qu'un certificat général.
  3. Décrivez le quotidien réel, pas le quotidien « de façade ». Dans la partie « projet de vie », racontez concrètement ce qui est difficile : les moments de tension, ce qui aide, ce qui manque. C'est ce texte qui fait la différence.
  4. Joignez les comptes rendus utiles — bilans d'orthophonie, de psychomotricité, courriers de spécialistes. Ils objectivent la demande.
  5. Notez la date de dépôt et gardez une copie complète. En cas de perte ou de contestation, vous serez content de l'avoir.
  6. Anticipez le renouvellement. Certains droits sont attribués pour une durée limitée : déposez la demande de renouvellement plusieurs mois avant l'échéance.

Un mot sur les délais, sans chiffre inventé : l'instruction d'un dossier MDPH prend souvent plusieurs mois, avec des écarts importants d'un département à l'autre. C'est la principale raison pour laquelle il faut anticiper. Si une décision vous semble inadaptée, sachez qu'il existe des voies de recours : un recours amiable auprès de la MDPH, puis, le cas échéant, un recours contentieux. Un assistant social ou une association spécialisée vous guidera pour ne pas laisser passer les délais.

ℹ️ À vérifier systématiquement

Les montants de l'AAH et de la PCH, les plafonds de ressources, les conditions de cumul avec un revenu d'activité et les modalités de renouvellement changent régulièrement. Ne vous fiez jamais à un montant entendu « quelque part » : confirmez toujours auprès de la MDPH, de la CAF ou de la MSA selon votre situation. Ce qui était vrai il y a deux ans ne l'est pas forcément aujourd'hui.

Préparer un rendez-vous vraiment utile

Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Sans préparation, elle passe en généralités et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant. Avec un peu de méthode, le même quart d'heure devient un vrai levier — pour la santé, pour le comportement, pour l'orientation.

  1. Notez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation : ce qui a changé, quand, dans quelles circonstances, ce qui a apaisé. Les faits datés valent mille fois « ça ne va pas fort en ce moment ».
  2. Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée.
  3. Apportez le suivi complet : traitements en cours, y compris ce qui vient d'autres prescripteurs, dernières notifications MDPH, comptes rendus récents.
  4. Venez à deux si possible. L'un écoute, l'autre note. On retient beaucoup moins qu'on ne le croit d'un rendez-vous qui touche un proche.
  5. Associez la personne concernée autant que possible. Un adulte trisomique peut souvent exprimer un ressenti si on lui laisse le temps et si on adapte les mots. Sa parole compte.
  6. Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on essaie ceci pendant un mois et on se revoit : c'est bien ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.

Les mots exacts pour décrire un trouble émotionnel

Les professionnels ont besoin de descriptions concrètes, pas d'interprétations. Voici la différence :

Ce qui aide le professionnel

« Depuis trois semaines, il se met en colère surtout le soir, au moment de passer à table. Ça dure cinq à dix minutes, puis ça retombe si on l'isole au calme. Il dormait bien avant, il se réveille maintenant vers 4 h. »

⚠️

Ce qui n'aide pas

« Il est devenu invivable, il fait des caprices, je pense qu'il le fait exprès. » Ces phrases jugent au lieu de décrire : elles ferment des pistes au lieu d'en ouvrir.

❌ À éviter : attribuer d'emblée un comportement à la « mauvaise volonté » ou au caractère. Chez un adulte porteur de trisomie 21, un changement émotionnel a presque toujours une cause qu'on peut chercher : douleur, fatigue, changement d'environnement, deuil, ennui, besoin non entendu. Décrire les faits sans les interpréter, c'est déjà aider le professionnel à faire son travail — et se protéger soi-même d'une lecture culpabilisante.

Comprendre les émotions pour mieux les accompagner

La formation en ligne DYNSEO donne aux proches et aux professionnels les repères concrets qui manquent : décoder une émotion, désamorcer une crise, installer des outils d'apaisement au quotidien.

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L'épuisement de l'aidant : le repérer à temps

Il ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous dites que ça va, que d'autres font bien plus, que ce n'est pas le moment de se plaindre. L'accompagnement d'un adulte trisomique est souvent une histoire longue — parfois toute une vie — et c'est justement cette durée qui expose à l'usure. Puis un matin, une remarque anodine fait tout basculer.

😴

Le corps lâche

Sommeil qui ne répare plus, douleurs de dos ou de nuque, infections à répétition, tension ou glycémie qui se dérèglent alors qu'elles étaient stables jusque-là.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, sentiment de vide, impression de ne plus rien faire correctement quoi qu'on tente.

🚪

La vie se réduit

Invitations déclinées systématiquement, amis qui ne rappellent plus, loisirs abandonnés, plus une seule heure qui vous appartienne vraiment.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre proche, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et le sentiment d'être devenu accompagnant à plein temps plutôt que parent, frère ou sœur.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et pourtant souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez, sans minimiser. Un aidant qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une — et l'accompagnement du proche en pâtit toujours.

⚠️ Quand il faut consulter sans attendre

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays. Ces situations se traitent, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe.

Le droit de souffler

Le répit n'est pas un abandon, c'est une condition de durabilité. Plusieurs formules existent, sous des noms variables selon les départements et les structures. Renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent, car les délais d'accès sont rarement immédiats et une place ne se libère pas en une semaine.

FormulePrincipeUtile quand
Accueil de jourVotre proche passe une ou plusieurs journées par semaine dans une structure adaptéeVous avez besoin de créneaux réguliers et prévisibles
Accueil temporaireSéjour de quelques jours à quelques semaines en établissementVacances, hospitalisation de l'aidant, période d'épuisement
Relais à domicileUn professionnel prend le relais chez vous, quelques heures ou plusieurs joursVotre proche supporte mal de quitter son environnement
Groupes de parole d'aidantsRencontres animées, souvent via une association spécialiséeVous vous sentez seul et incompris — c'est le besoin le plus fréquent
Soutien psychologiqueConsultations individuelles pour l'aidantLa charge émotionnelle déborde sur tout le reste

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur. On se dit qu'on devrait y arriver seul, qu'accepter un relais serait trahir. C'est l'inverse : accepter du répit, c'est se donner les moyens de tenir des années plutôt que des mois. Les plateformes de répit et les associations spécialisées sont là précisément pour organiser ces relais : leur en parler ne vous engage à rien.

Concilier vie pro, vie perso et accompagnement

Beaucoup d'aidants sont aussi salariés, et tiennent en rognant sur leurs congés, leurs week-ends et leurs nuits. La France prévoit des dispositifs pour les proches aidants — congé de proche aidant, aménagements d'horaires, don de jours de repos entre collègues, télétravail selon les employeurs. Leurs conditions varient ; leur point commun, c'est qu'ils restent largement méconnus. Se renseigner avant d'être en difficulté change tout.

  1. Renseignez-vous en amont auprès du service des ressources humaines, de la médecine du travail ou d'un assistant social. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que celles faites dans l'urgence.
  2. Distinguez ce qui exige votre présence — certains rendez-vous médicaux, par exemple — de ce qui peut être délégué à une structure, un service ou un autre membre de la famille. Tout n'a pas à reposer sur vous.
  3. Répartissez explicitement dans la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, évite la spirale où celui qui est le plus disponible finit par tout porter et s'épuise en silence.
  4. Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, considérées comme non négociables au même titre qu'un rendez-vous médical. Ce n'est pas un luxe, c'est une maintenance.

Pensez aussi à préparer l'avenir sans dramatiser. La question « et après nous ? » hante beaucoup de parents d'adultes trisomiques. L'anticiper — orientation vers un habitat adapté, mesure de protection juridique si elle est pertinente, transmission des informations à un proche de confiance — n'est pas morbide : c'est un cadeau que l'on fait à son enfant devenu adulte, et une source d'apaisement pour soi. Un assistant social, un notaire ou une association spécialisée peuvent vous guider selon votre situation.

Se former, pour ne plus subir

Une grande partie de la fatigue des aidants ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce comportement est grave, si l'on réagit bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher. Comprendre ce qui se joue derrière une émotion transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés. On cesse d'improviser, on cesse de culpabiliser, on retrouve une forme de calme intérieur qui se transmet directement à la personne accompagnée.

C'est l'objet de la formation en ligne « Aider un adulte trisomique à gérer ses émotions » : 14 leçons courtes, 100 % en ligne, à suivre à votre rythme avec un accès illimité, pour 20 €. Elle s'adresse aussi bien aux familles qu'aux professionnels du secteur médico-social. DYNSEO est un organisme de formation certifié Qualiopi (N° 11757351875) et délivre une attestation de fin de formation.

Au-delà de la formation, des supports gratuits accompagnent le quotidien : le thermomètre des émotions et la roue des choix aident la personne à identifier et exprimer un ressenti ; le tableau de routines illustrées et la fiche de communication adaptée installent des repères apaisants. Côté stimulation, l'application COCO propose des jeux simples et bienveillants, et l'application JOE s'adresse à un public adulte. Tout le catalogue d'outils et les tests cognitifs sont en libre accès.

Pour aller plus loin

Ces approfondissements complètent le parcours décrit ici : là où cet article cartographie les interlocuteurs et les aides, ils entrent dans le détail des situations concrètes, des outils et de la compréhension de fond. À lire dans l'ordre qui correspond à votre besoin du moment.

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?

Par deux contacts. Le premier avec le médecin traitant, qui coordonne le suivi de santé et oriente vers les spécialistes. Le second avec la MDPH de votre département, guichet unique des droits et des orientations ; un assistant de service social peut vous aider à monter le dossier. Contactez ensuite une association spécialisée comme Trisomie 21 France ou l'Unapei : elle connaît les délais réels, les structures disponibles et les erreurs à éviter. Ces trois appels posent des bases solides et vous évitent de perdre des mois à chercher seul la bonne porte.

Quelles aides financières existent pour un adulte trisomique ?

Les principales sont l'allocation aux adultes handicapés (AAH) et la prestation de compensation du handicap (PCH), attribuées après évaluation par la MDPH. D'autres droits existent selon la situation : orientation en structure, reconnaissance de travailleur handicapé, aides au logement. Les montants, plafonds et conditions changent régulièrement et dépendent de chaque situation : aucun chiffre ne doit être considéré comme certain. Confirmez toujours l'information à jour auprès de la MDPH, de la CAF ou de la MSA. Un assistant social vous aidera à identifier ce à quoi votre proche peut prétendre.

Mon proche exprime ses émotions par la colère : est-ce grave ?

Une colère n'est pas en soi une maladie : c'est souvent une manière d'exprimer un besoin, une douleur ou une frustration que la personne ne peut pas formuler autrement. La première étape est d'écarter une cause physique avec le médecin, car un inconfort non exprimé se traduit fréquemment par de l'irritabilité. Si les colères sont fréquentes, intenses ou durables, un psychiatre ou un psychologue peut aider à comprendre ce qui se joue. Observez, notez les circonstances, signalez au professionnel : le diagnostic et l'accompagnement relèvent de lui, jamais de l'entourage seul.

Existe-t-il des aides pour moi, en tant qu'aidant ?

Oui. La France prévoit des dispositifs destinés spécifiquement aux proches aidants : solutions de répit (accueil de jour, accueil temporaire, relais à domicile), congé de proche aidant, groupes de parole, soutien psychologique. Ils restent largement sous-utilisés, souvent par méconnaissance ou par culpabilité. L'assistant de service social, la plateforme de répit de votre secteur et les associations spécialisées sont les mieux placés pour vous dire ce qui existe près de chez vous. Demander de l'aide tôt n'est pas un renoncement : c'est la condition pour accompagner votre proche dans la durée sans vous épuiser.

Combien de temps prennent les démarches auprès de la MDPH ?

Il n'y a pas de durée type : l'instruction d'un dossier MDPH prend souvent plusieurs mois, avec des écarts importants selon les départements. C'est la principale raison d'anticiper, notamment pour les renouvellements de droits, afin d'éviter toute rupture. Déposez un dossier complet et précis dès que possible, gardez une copie et notez la date de dépôt. Si une décision vous paraît inadaptée, des voies de recours existent, avec des délais à respecter. Un assistant social ou une association spécialisée peut vous accompagner à chaque étape pour ne rien laisser passer.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'interlocuteurs, d'aides et de démarches applicables en France. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès et leurs montants évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné (MDPH, CAF, MSA, structure d'accueil). Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil juridique ou social personnalisé. Pour tout signe de souffrance physique ou psychique de votre proche, adressez-vous à un professionnel de santé ; en cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays.

Aider un adulte trisomique à gérer ses émotions, cela s'apprend

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