Alzheimer : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée
Le diagnostic tombe rarement au bon moment. Il arrive au milieu d'une vie déjà pleine, et il ouvre d'un coup un territoire administratif dont personne ne vous a remis la carte. En matière d'alzheimer, aides et accompagnement ne manquent pas en France : le problème n'est presque jamais l'absence de dispositifs, mais la difficulté à savoir qu'ils existent, à qui s'adresser, dans quel ordre, et comment tenir soi-même quand le quotidien devient une seconde journée de travail qui ne s'arrête jamais.
Cet article remet de l'ordre dans ce paysage. Vous y trouverez qui appeler pour quel problème, quelles catégories d'aides existent et où déposer les dossiers, comment transformer une consultation de quinze minutes en rendez-vous vraiment utile, comment repérer votre propre épuisement avant qu'il ne vous rattrape, et comment concilier tout cela avec le reste de votre vie. Aucun montant n'est présenté comme certain : les conditions changent souvent, et seul l'organisme concerné peut vous donner le chiffre à jour.
L'essentiel en 30 secondes
Trois portes d'entrée suffisent pour démarrer : le médecin traitant, qui coordonne le suivi et oriente vers une consultation mémoire ; le point d'information local (CLIC, dispositif d'appui à la coordination, CCAS de votre commune) qui connaît les dispositifs près de chez vous ; et France Alzheimer, l'association qui informe, forme et met en relation avec d'autres familles.
- Plusieurs familles d'aides coexistent — prise en charge médicale à 100 %, aide humaine à domicile, adaptation du logement, matériel, compensation financière, répit de l'aidant. Chacune a son guichet.
- Le nerf de la guerre, c'est la coordination. Un seul interlocuteur qui centralise vous évite de refaire dix fois les mêmes démarches.
- Une consultation se prépare — vos observations notées et trois questions écrites valent mieux qu'une heure de discussion improvisée.
- L'épuisement de l'aidant est un risque réel, pas une faiblesse. Il s'installe lentement et se repère à des signaux précis.
- Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir longtemps. Attendre d'être au bout ferme des options et allonge les délais.
Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs
La maladie d'Alzheimer n'a pas un seul interlocuteur, elle en a une dizaine, et aucun ne détient l'ensemble du tableau — pas même le neurologue. Savoir qui fait quoi évite de poser la bonne question à la mauvaise personne, d'attendre trois semaines pour une réponse qu'un autre professionnel aurait donnée en deux minutes, et de laisser des besoins sans réponse faute d'avoir identifié le bon guichet.
Médecin traitant
Le pivot. Il oriente vers la consultation mémoire, coordonne le suivi, renouvelle les traitements, rédige les certificats et déclenche la reconnaissance en affection longue durée. C'est lui qu'on appelle en premier en cas de doute.
Consultation mémoire / neurologue
Pose et affine le diagnostic, assure le suivi spécialisé, ajuste la stratégie de soin. Les centres mémoire de ressources et de recherche (CMRR) prennent en charge les situations complexes.
Orthophoniste
Travaille le langage, la communication et, aux stades plus avancés, la déglutition. Il apprend aussi à l'entourage comment maintenir l'échange quand les mots se dérobent.
Ergothérapeute
L'autonomie concrète : aménagement du logement, repères visuels, matériel adapté, sécurisation. Un bilan à domicile est souvent le conseil le plus utile de toute la période.
Neuropsychologue
Évalue la mémoire, l'attention, l'orientation, les fonctions exécutives. Il explique à l'entourage ce qui relève de la maladie et non d'un manque de volonté ou d'une mauvaise foi.
Infirmier à domicile
Soins, surveillance, aide à la prise des traitements selon les prescriptions. Souvent le professionnel qui voit la personne le plus régulièrement et repère les changements en premier.
Équipe Spécialisée Alzheimer (ESA)
Intervient à domicile sur prescription, pour un accompagnement limité dans le temps centré sur les gestes du quotidien et le maintien des capacités restantes.
Point d'information local
CLIC, CCAS de la commune, dispositif d'appui à la coordination. C'est l'interlocuteur des démarches, des dossiers d'aide et de l'organisation à domicile. Beaucoup de familles le découvrent trop tard.
J'ai ce problème, j'appelle qui ?
| La situation | Le bon interlocuteur |
|---|---|
| Perte de connaissance, chute grave, malaise inhabituel | Services d'urgence de votre pays, immédiatement |
| Premiers oublis inquiétants, mots qui manquent, désorientation | Médecin traitant, pour une orientation vers la consultation mémoire |
| Confusion soudaine, très différente de d'habitude | Médecin traitant sans tarder — une cause aiguë peut se cacher derrière |
| Il s'agite en fin de journée, il devient agressif | Médecin traitant, puis neuropsychologue : chercher la cause avant tout |
| Elle refuse de manger, elle maigrit | Médecin traitant, puis orthophoniste si la déglutition est en cause |
| Le logement n'est plus sûr, il se perd chez lui | Ergothérapeute pour un bilan, puis point d'information local pour le financement |
| Je ne comprends rien aux démarches administratives | CLIC, CCAS ou dispositif d'appui à la coordination, et France Alzheimer |
| Je n'y arrive plus, je suis à bout | Votre propre médecin, et la plateforme d'accompagnement et de répit |
Demandez très tôt qui centralise votre situation. En France, les dispositifs d'appui à la coordination et les CLIC sont conçus pour cela : un professionnel qui connaît le parcours, garde le fil et vous évite de tout réexpliquer à chaque nouvel intervenant. Sans ce point de coordination, chaque démarche repart de zéro, et c'est l'aidant qui joue, épuisé, le rôle de chef d'orchestre.
Alzheimer : les grandes familles d'aides et d'accompagnement
En matière d'alzheimer, les aides et l'accompagnement s'organisent par grandes familles. Les noms des dispositifs et leurs conditions évoluent régulièrement, et les montants dépendent de nombreux critères : repérez d'abord de quelle famille vous relevez, puis faites confirmer le nom exact et les conditions à jour par le point d'information local ou l'organisme payeur. Rien de ce qui suit ne doit être considéré comme un droit acquis d'avance : tout se vérifie au cas par cas.
| Famille d'aide | À quoi ça répond | Où commencer |
|---|---|---|
| Prise en charge médicale | Reconnaissance en affection longue durée, pouvant ouvrir une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie | Médecin traitant, qui remplit le protocole avec l'Assurance Maladie |
| Compensation de la perte d'autonomie | Allocation personnalisée d'autonomie (APA) pour les 60 ans et plus ; prestation de compensation via la MDPH avant 60 ans | Conseil départemental (APA) ou MDPH selon l'âge |
| Aide humaine à domicile | Aide à la toilette, aux repas, au ménage, présence de journée, portage de repas | Point d'information local, CCAS, services d'aide à domicile |
| Soins et accompagnement à domicile | Infirmier, kiné, orthophoniste, Équipe Spécialisée Alzheimer, service de soins infirmiers à domicile | Prescription du médecin traitant |
| Adaptation du logement et matériel | Barres d'appui, repères visuels, sécurisation, dispositifs anti-errance, aides techniques | Bilan d'un ergothérapeute, puis point d'information local pour les financements |
| Répit et soutien de l'aidant | Accueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile, groupes de parole, formation des aidants | Plateforme d'accompagnement et de répit, France Alzheimer |
Quelques repères pour ne pas se tromper de porte. L'affection longue durée relève du médecin traitant et de l'Assurance Maladie : elle peut alléger considérablement le reste à charge des soins, sans être automatique. L'APA est instruite par le conseil départemental, avec une évaluation à domicile de la perte d'autonomie ; son montant dépend du niveau de dépendance et des ressources, et se calcule au cas par cas. Avant 60 ans, c'est la MDPH qui est compétente. Ces guichets ne communiquent pas toujours entre eux : c'est précisément le rôle du point de coordination de faire le lien.
1. Lancez les démarches d'aide humaine et d'adaptation du logement avant d'en avoir un besoin urgent : les délais d'instruction et de mise en place sont rarement immédiats. 2. Gardez une copie de tout — comptes rendus, ordonnances, notifications, courriers — dans une seule pochette dédiée. 3. Contactez France Alzheimer dès les premières semaines : l'association connaît les démarches locales souvent mieux qu'un site officiel, et son écoute vaut de l'or.
Où déposer les dossiers et dans quel ordre
La logique administrative française paraît opaque, mais elle suit un fil que l'on peut résumer. Le médical passe par le médecin traitant et l'Assurance Maladie ; la perte d'autonomie passe par le conseil départemental (ou la MDPH avant 60 ans) ; l'information et la coordination passent par le point local ou l'association. Trois circuits, trois guichets, qu'il vaut mieux ne pas confondre.
| Vous voulez… | Où déposer / à qui demander | À prévoir |
|---|---|---|
| Une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie | Médecin traitant → Assurance Maladie (ALD) | Un rendez-vous dédié avec le médecin, qui remplit le protocole |
| Une aide à domicile financée (60 ans et plus) | Conseil départemental (dossier APA) | Une évaluation à domicile par une équipe médico-sociale |
| Une compensation avant 60 ans | MDPH de votre département | Un dossier avec certificat médical et projet de vie |
| De l'information et de l'orientation | CLIC, CCAS, dispositif d'appui à la coordination | Un simple appel suffit pour démarrer |
| Du répit et du soutien pour vous, aidant | Plateforme d'accompagnement et de répit, France Alzheimer | Rien d'obligatoire : un premier contact ouvre les possibilités |
| Un relais quand vous travaillez | Employeur / RH, caisse de retraite, service social | Se renseigner en amont, pas dans l'urgence |
Un mot sur les montants : vous lirez partout des chiffres, sur des forums, dans de vieilles brochures, sur des sites non mis à jour. Ne vous y fiez pas. Les barèmes de l'APA, les plafonds, les participations et les conditions changent, et ils dépendent de votre situation personnelle. La seule information fiable est celle que vous donne l'organisme instructeur pour votre dossier, à la date où vous le déposez. Formulez toujours vos attentes au conditionnel tant que la notification officielle n'est pas arrivée : cela évite bien des déceptions.
Pour vous repérer dans les organismes de référence, deux ressources publiques centralisent une information tenue à jour : le portail national d'information pour les personnes âgées et leurs proches, et les sites des conseils départementaux. France Alzheimer, de son côté, publie des guides destinés aux familles et dispose d'antennes locales dans la plupart des départements. Et si votre proche est suivi en consultation mémoire, demandez à l'équipe quelles structures elle recommande près de chez vous : c'est souvent la piste la plus courte.
Comprendre la maladie pour mieux accompagner
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Découvrir la formation — 20 €Préparer une consultation vraiment utile
Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Sans préparation, elle glisse vers les généralités et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant, plus la frustration d'avoir « oublié de demander ». Or ce temps est précieux : bien préparé, il oriente tout l'accompagnement des mois suivants.
- Notez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation : ce qui a changé, quand, dans quelles circonstances, à quelle heure de la journée. Les faits datés valent mille fois « ça ne va pas fort ». Un carnet suffit ; le carnet de liaison gratuit de DYNSEO est pensé pour cet usage.
- Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée sérieusement.
- Apportez l'ordonnance complète, y compris ce qui vient d'autres prescripteurs et ce qui est pris sans prescription. Les interactions et la lourdeur du traitement pèsent sur le comportement.
- Venez à deux si possible. L'un écoute, l'autre note. On retient beaucoup moins qu'on ne le croit d'une consultation qui touche un proche, surtout sous le coup de l'émotion.
- Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on introduit X, on surveille Y et on se revoit dans trois mois, c'est bien ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
- Demandez qui appeler entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question évite des semaines d'hésitation et des passages aux urgences évitables.
Les questions qui rapportent le plus
- Ce comportement que j'observe, est-il lié à la maladie ou à autre chose (douleur, infection, médicament) ?
- Quels signes doivent me faire consulter en urgence, et lesquels peuvent attendre ?
- Le traitement actuel peut-il être simplifié ou allégé ?
- Un bilan à domicile par un ergothérapeute est-il indiqué ?
- Une intervention d'une Équipe Spécialisée Alzheimer serait-elle utile maintenant ?
- Que puis-je faire, moi, au quotidien, pour soutenir les capacités qui restent ?
- Vers qui m'orienter pour souffler, sans attendre d'être au bout ?
Avant d'aborder un changement de comportement, posez-vous d'abord la question du corps : a-t-il mal quelque part, dort-il mal, boit-il assez, y a-t-il une infection ? Une agitation nouvelle cache souvent une cause physique que la personne ne sait plus exprimer avec des mots. Observez, notez, signalez au professionnel de santé : c'est à lui de poser le diagnostic, à vous d'apporter les faits.
L'épuisement de l'aidant : le repérer à temps
Il ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous dites que ça va, que d'autres font bien plus, que ce n'est pas le moment de se plaindre. La vigilance permanente, les nuits hachées, la répétition des mêmes gestes et des mêmes questions usent lentement. Puis un matin, une remarque anodine fait tout basculer.
Le corps lâche
Sommeil qui ne répare plus, douleurs de dos ou de nuque, infections à répétition, tension ou glycémie qui se dérèglent alors qu'elles étaient stables, appétit qui change.
L'esprit se rétrécit
Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, sentiment de vide, impression de ne plus rien faire correctement quoi que l'on entreprenne.
La vie se réduit
Invitations déclinées systématiquement, amis qui ne rappellent plus, loisirs abandonnés, plus une seule heure qui vous appartienne vraiment.
La relation s'abîme
Agacement contre votre proche, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et le sentiment insupportable d'être devenu soignant plutôt que conjoint, fille ou fils.
Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et pourtant souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez, sans minimiser. Un aidant qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une, et parfois une entrée en institution précipitée qui aurait pu être évitée.
❌ À éviter : vous convaincre que « personne ne fera aussi bien que moi », refuser toute aide extérieure par principe, et repousser vos propres rendez-vous médicaux. Cette logique du sacrifice total, très fréquente et très humaine, est précisément celle qui mène à la rupture. Accepter d'être relayé n'est pas trahir votre proche : c'est vous donner les moyens de tenir la distance.
Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. Ces situations se traitent, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe. En cas de détresse immédiate, contactez les services d'urgence de votre pays.
Le droit de souffler : le répit sans culpabiliser
Le répit n'est pas un abandon, c'est une condition de durabilité. En France, plusieurs formules existent, portées par les plateformes d'accompagnement et de répit, les établissements et les associations. Renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent : les délais d'accès sont rarement immédiats, et anticiper vous laisse le choix.
| Formule | Principe | Utile quand |
|---|---|---|
| Accueil de jour | Votre proche passe une ou plusieurs journées par semaine dans une structure adaptée, avec des activités | Vous avez besoin de créneaux réguliers et prévisibles |
| Hébergement temporaire | Séjour de quelques jours à quelques semaines en établissement | Vacances, hospitalisation de l'aidant, épuisement, période de crise |
| Relais à domicile | Un professionnel prend le relais chez vous, quelques heures ou plusieurs jours d'affilée | Votre proche supporte mal de quitter son environnement |
| Groupes de parole d'aidants | Rencontres animées, souvent via France Alzheimer ou la plateforme de répit | Vous vous sentez seul et incompris — c'est le besoin le plus fréquent |
| Soutien psychologique | Consultations individuelles pour l'aidant | La charge émotionnelle déborde sur tout le reste de votre vie |
Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur. On se dit qu'on « devrait » y arriver seul, qu'accepter un accueil de jour c'est « se débarrasser » de son proche. C'est l'inverse : c'est ce qui vous permet de rester présent, disponible et patient le reste du temps.
Concrètement, pour amorcer : appelez la plateforme d'accompagnement et de répit de votre secteur, ou l'antenne locale de France Alzheimer, et dites simplement « J'accompagne un proche atteint de la maladie d'Alzheimer et j'aurais besoin de savoir ce qui existe pour souffler. » Vous n'avez pas à justifier, ni à prouver que vous êtes « assez » épuisé. Le seul fait d'accompagner ouvre la porte.
Concilier travail, vie perso et accompagnement
Beaucoup d'aidants sont aussi salariés, et tiennent en rognant sur leurs congés et leurs nuits. En France, plusieurs dispositifs existent pour les proches aidants — congé de proche aidant, allocation journalière du proche aidant, aménagements d'horaires, don de jours entre collègues, temps partiel, télétravail. Leurs conditions varient et évoluent ; leur point commun, c'est qu'ils restent largement méconnus, y compris des services RH.
- Renseignez-vous avant d'être en difficulté, auprès du service des ressources humaines, de la médecine du travail ou de votre caisse de retraite. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que celles faites dans l'urgence, un lundi matin, la voix tremblante.
- Distinguez ce qui exige votre présence — les rendez-vous médicaux, certaines décisions — de ce qui peut être délégué à un service ou à un autre membre de la famille. Tout n'a pas à reposer sur vous.
- Répartissez explicitement dans la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, évite la spirale silencieuse où celui qui est sur place fait tout et s'épuise pendant que les autres « ne savaient pas ».
- Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, considérées comme non négociables au même titre qu'un rendez-vous médical. Ce n'est pas du luxe, c'est de l'entretien.
Sur le plan personnel, un principe aide à ne pas se perdre : vous n'êtes pas seulement l'aidant de votre proche, vous êtes aussi son conjoint, son enfant, son ami. Préserver un peu de la relation d'avant — une promenade, une musique, un rituel qui n'a rien de médical — nourrit autant la personne malade que vous. La maladie prend beaucoup ; elle n'a pas à tout prendre.
Se former, pour ne plus subir
Une grande partie de la fatigue des aidants ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce comportement est grave, si l'on fait bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher, pourquoi la personne réagit ainsi ce soir alors que tout allait ce matin. Comprendre ce qui se joue dans le cerveau transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés, et remplace le sentiment de subir par celui d'agir.
C'est l'objet de la formation en ligne « Alzheimer : comprendre la maladie et trouver des solutions pour le quotidien » : 14 leçons courtes, 100 % en ligne, en accès illimité et à suivre à votre rythme, pensées pour des proches et non pour des spécialistes. Elle aide à décoder les comportements, à désamorcer les situations tendues et à retrouver de la sérénité. DYNSEO est un organisme de formation certifié Qualiopi (N° 11757351875) et délivre une attestation de fin de formation, pour un tarif de 20 €.
En complément, des supports numériques peuvent soutenir la stimulation cognitive à la maison. L'application EDITH, conçue pour les seniors et adaptée aux personnes concernées par la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson, propose des jeux de mémoire progressifs à faire ensemble, sans mise en échec. Vous pouvez aussi explorer les tests cognitifs et le catalogue d'outils gratuits pour outiller votre accompagnement.
Pour aller plus loin
Situations du quotidien10 situations difficiles du quotidien et comment y répondre, pas à pas
Boîte à outilsActivités, supports et aménagements concrets à mettre en place
La formationProgramme, contenu et à qui s'adresse la formation Alzheimer de DYNSEO
Deux outils gratuits accompagnent directement les démarches décrites ici : le carnet de liaison, pour ne rien oublier en consultation et faire circuler l'information entre les professionnels, et le tableau de suivi des progrès, qui donne des éléments concrets à présenter aux professionnels. L'ensemble du catalogue d'outils est en libre accès.
Questions fréquentes
Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?
Par deux appels. Le premier au médecin traitant, qui coordonne le suivi médical, oriente vers une consultation mémoire et déclenche la reconnaissance en affection longue durée. Le second au point d'information local de votre secteur — CLIC, CCAS de la commune ou dispositif d'appui à la coordination — qui connaît les dispositifs applicables là où vous vivez et vous aide à monter les dossiers. Contactez ensuite l'antenne locale de France Alzheimer : son écoute et sa connaissance des démarches vous feront gagner un temps considérable, et vous ne serez plus seul face au parcours.
Quelles aides financières existent pour la maladie d'Alzheimer ?
Plusieurs dispositifs peuvent se combiner : la reconnaissance en affection longue durée, qui peut alléger le reste à charge des soins liés à la maladie ; l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) pour les 60 ans et plus, instruite par le conseil départemental ; une compensation via la MDPH avant 60 ans ; et parfois des aides des caisses de retraite ou des communes. Les montants dépendent du niveau de dépendance et des ressources, se calculent au cas par cas et évoluent régulièrement. Ne vous fiez à aucun chiffre trouvé en ligne : seule la notification de l'organisme instructeur, pour votre dossier, fait foi.
Faut-il attendre un stade avancé pour lancer les demandes ?
Non, et c'est même l'erreur la plus coûteuse. Les demandes d'APA, d'aide humaine et d'adaptation du logement prennent du temps à aboutir, et les places en accueil de jour ou en hébergement temporaire ne sont pas toujours immédiatement disponibles. Anticiper, dès le diagnostic posé, permet de mettre en place les relais avant la crise, quand vous avez encore le temps de comparer et de choisir. Un dossier lancé tôt, même « au cas où », ouvre des options que l'urgence referme.
Mon proche refuse toute aide extérieure, que faire ?
Commencez petit et limité dans le temps : une aide ponctuelle pour une tâche précise, plutôt qu'une réorganisation complète du quotidien. Faites porter la demande par un professionnel de santé, qui la présentera comme un soin et non comme une décision familiale. Et présentez-la comme un soutien pour vous : « c'est pour que je puisse continuer à être là » est souvent mieux accepté que « tu ne peux plus rester seul ». Ne forcez pas de front : laissez le temps à l'habitude de s'installer, et signalez au médecin toute opposition qui met la sécurité en jeu.
Existe-t-il des aides pour moi, en tant qu'aidant ?
Oui, et elles sont largement sous-utilisées. Les plateformes d'accompagnement et de répit proposent accueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile, groupes de parole et soutien psychologique. Côté travail, le congé de proche aidant, l'allocation journalière du proche aidant et divers aménagements existent, sous conditions. France Alzheimer organise aussi des formations gratuites pour les familles. Le point d'information local et l'association sont les mieux placés pour vous dire ce qui existe près de chez vous. Demander de l'aide pour vous n'est pas un luxe : c'est ce qui vous permet de tenir dans la durée.
Cet article décrit des catégories d'aides et d'interlocuteurs existant en France pour la maladie d'Alzheimer. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès et leurs montants varient selon les situations et évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné. Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil juridique ou social personnalisé. Pour tout diagnostic, pronostic ou décision de soin, adressez-vous à un professionnel de santé.
Vous n'êtes pas censé savoir tout ça
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