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Familles & aidants · Alzheimer & troubles cognitifs

Alzheimer : activités, supports et aménagements concrets à mettre en place

Quand un proche vit avec la maladie d'Alzheimer, l'entourage se retrouve vite devant une question très concrète : que faire, aujourd'hui, à la maison, pour l'accompagner sans se transformer en soignant ? Cet article rassemble des alzheimer activités outils directement applicables : quinze activités décrites pas à pas, une organisation de la journée et de la semaine, l'aménagement du logement pièce par pièce, et les supports gratuits à imprimer. Aucune ne demande de matériel spécialisé ni de compétence médicale.

  • ⏱️ 19 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en juillet 2026

L'objectif n'est pas de « faire travailler la mémoire » comme on réviserait un examen. La maladie d'Alzheimer ne se rééduque pas de cette façon. Ce que ces activités entretiennent, c'est l'autonomie qui reste, le plaisir d'agir, les repères qui rassurent et le lien avec les autres. Tout ce qui suit se veut réaliste : des propositions à ajuster à la personne, à son humeur du jour et au stade de la maladie, en lien étroit avec les professionnels qui la suivent.

L'essentiel en 30 secondes

Accompagner un proche atteint d'Alzheimer au quotidien tient en quelques principes simples : des repères stables, des activités courtes, du sens et du plaisir. On ne cherche pas la performance, on entretient ce qui fonctionne encore.

  • Le sens avant l'exercice — une tâche familière du quotidien est mieux acceptée qu'un jeu imposé et vaut tout autant.
  • Court et régulier — dix à quinze minutes, plusieurs fois par jour, plutôt qu'une longue séance qui fatigue.
  • Des repères constants — mêmes heures, mêmes lieux, mêmes gestes : la routine rassure et diminue l'anxiété.
  • Le plaisir comme boussole — si l'activité agace ou met en échec, on l'arrête et on change, sans insister.
  • L'environnement — quelques aménagements simples du logement préviennent les chutes et facilitent l'orientation.

Alzheimer : activités et outils, les 4 règles de départ

Avant de choisir telle ou telle activité, quelques repères évitent bien des découragements. Ils tiennent en quatre idées, valables quel que soit le stade de la maladie. Gardez-les en tête : ils comptent plus que le contenu précis de ce que vous proposez.

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Chercher le sens, pas la note

Une activité réussie n'est pas une activité « bien faite », c'est une activité qui a du sens et qui fait du bien. Éplucher des légumes, plier une serviette : cela vaut n'importe quel exercice.

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Court plutôt que long

Dix à quinze minutes suffisent. On s'arrête avant la fatigue et l'agacement, jamais après : une séance qui finit mal rend la suivante plus difficile.

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Des repères stables

Mêmes heures, mêmes lieux, mêmes gestes. La régularité rassure et compense en partie les troubles de la mémoire immédiate. La routine n'est pas une contrainte : c'est un soin.

😊

Suivre le plaisir

Si la personne s'énerve, se sent en échec ou se lasse, on change sans commenter. On valorise ce qui est fait, on ne corrige pas les erreurs : le climat émotionnel prime sur le résultat.

⚠️ Adapter au stade et demander l'avis des professionnels

Les propositions ci-dessous sont des activités du quotidien, pas des protocoles de soin. Ce qui convient à un stade léger peut mettre en échec à un stade plus avancé, et inversement. Parlez-en au médecin traitant, au neurologue, à l'orthophoniste, à l'ergothérapeute ou à l'équipe d'un accueil de jour qui suit votre proche : eux connaissent ses capacités actuelles et vous diront quoi privilégier, quoi éviter, et à quel moment.

Repères, mémoire et orientation

Ces activités n'ont pas pour but de « récupérer » des souvenirs perdus. Elles s'appuient sur la mémoire ancienne, souvent longtemps préservée, et sur les repères concrets qui aident à se situer dans le temps et l'espace. On raconte, on reconnaît, on nomme : sans jamais poser de question piège du type « tu te souviens ? ».

1

Le tableau d'orientation du jour

  • Objectif — se repérer dans le temps, réduire l'anxiété liée à la désorientation, ritualiser le début de journée.
  • Matériel et durée — un tableau effaçable ou une grande feuille affichée, un feutre, 5 minutes chaque matin.
  • Déroulé — écrire ensemble le jour, la date, la saison, la météo par la fenêtre et les deux temps forts du jour : « ce matin, la douche ; cet après-midi, la visite de Sophie ».
  • Plus facile — vous écrivez, la personne lit à voix haute et regarde par la fenêtre.
  • Plus difficile — la personne complète seule, puis anticipe le lendemain.
  • Signe que ça marche — elle va consulter le tableau d'elle-même dans la journée pour se rassurer.
2

La boîte à souvenirs

  • Objectif — solliciter la mémoire ancienne, favoriser la parole spontanée, entretenir le sentiment d'identité.
  • Matériel et durée — une boîte remplie d'objets qui comptent : une médaille, un ticket, un foulard, un outil, une photo, 15 minutes.
  • Déroulé — sortir un objet à la fois, le laisser dans la main de la personne, et écouter ce qui vient. On ne corrige pas les dates ni les prénoms : on suit le fil.
  • Plus facile — objets très familiers et chargés d'émotion positive uniquement.
  • Plus difficile — relier plusieurs objets par une histoire, situer l'époque.
  • Signe que ça marche — le visage s'anime, l'échange se prolonge de lui-même.
3

L'album photo commenté

  • Objectif — mobiliser la mémoire des personnes et des lieux, nourrir le lien familial, faire circuler la parole.
  • Matériel et durée — un album ancien ou des photos sur tablette, dix images maximum, 15 minutes.
  • Déroulé — on regarde ensemble, on nomme les personnes, on situe le lieu. Si un prénom manque, on le donne aussitôt, sans faire attendre ni tester.
  • Plus facile — uniquement des photos de proches très familiers, en gros format.
  • Plus difficile — raconter la scène, retrouver l'ordre chronologique de quelques photos.
  • Signe que ça marche — les phrases s'allongent, l'échange devient une vraie conversation.
4

Le tri et l'appariement

  • Objectif — attention soutenue, catégorisation, coordination des mains, geste répétitif apaisant.
  • Matériel et durée — des boutons, des pièces, des cartes à jouer, des chaussettes ou des couverts, 10 minutes.
  • Déroulé — proposer de trier par couleur, par taille ou par catégorie. Le geste compte autant que le résultat : manipuler et ranger apaise souvent l'agitation.
  • Plus facile — deux catégories très contrastées, peu d'éléments.
  • Plus difficile — plusieurs critères à la fois, comme trier des cartes par couleur puis par valeur.
  • Signe que ça marche — la personne s'installe dans la tâche et se détend visiblement.

Gestes du quotidien et autonomie

Ce sont souvent les activités les mieux acceptées, parce qu'elles ont un sens évident et un résultat visible. Participer à la vie de la maison entretient les gestes automatiques, le sentiment d'être utile et la dignité. La règle d'or : faire avec, jamais à la place, même si cela prend plus de temps et que le résultat n'est pas parfait.

Une astuce simple : décomposer chaque tâche en une seule consigne à la fois. Plutôt que « mets la table », on dira « pose les assiettes ici », puis, une fois le geste engagé, « maintenant les verres ». On prépare l'espace pour que tout soit à portée, on retire ce qui pourrait distraire ou mettre en danger, et on laisse le temps. Ce qui compte n'est pas que la serviette soit parfaitement pliée ou l'assiette parfaitement placée, mais que la personne ait agi par elle-même et se soit sentie compétente. On remercie, on souligne l'aide apportée : cette reconnaissance nourrit l'envie de recommencer bien plus que n'importe quelle correction.

5

Mettre et débarrasser la table

  • Objectif — enchaîner des gestes familiers, se repérer dans l'espace, participer à un moment collectif.
  • Matériel et durée — la vaisselle du repas, 5 à 10 minutes avant chaque repas.
  • Déroulé — donner une consigne à la fois : « les assiettes, d'abord », puis « les verres ». On montre au besoin en faisant le premier geste ensemble.
  • Plus facile — poser seulement les serviettes, ou suivre un set de table qui indique l'emplacement.
  • Plus difficile — mettre la table complète pour plusieurs convives, de mémoire.
  • Signe que ça marche — le geste s'enclenche à l'annonce du repas, sans qu'on ait à le demander.
6

Plier le linge et apparier

  • Objectif — coordination des deux mains, tâche répétitive rassurante, sentiment d'utilité.
  • Matériel et durée — une corbeille de linge propre, assis à table, 10 minutes.
  • Déroulé — commencer par les grandes pièces faciles à saisir : serviettes, torchons. On plie côte à côte, tranquillement, en discutant d'autre chose.
  • Plus facile — plier en deux seulement, ou empiler des serviettes déjà pliées.
  • Plus difficile — apparier les chaussettes, plier les chemises en quatre.
  • Signe que ça marche — la personne s'installe volontiers et poursuit sans relance.
7

Cuisiner une recette simple ensemble

  • Objectif — planifier une tâche en étapes, mobiliser les sens, retrouver des gestes anciens souvent bien conservés.
  • Matériel et durée — les ingrédients d'une recette de trois ou quatre étapes qu'elle a longtemps cuisinée, 20 minutes.
  • Déroulé — vous préparez le plan de travail et sécurisez ce qui coupe ou chauffe. La personne mélange, verse, pétrit, goûte. On nomme les ingrédients au fur et à mesure.
  • Plus facile — une seule étape sans danger : mélanger une pâte, éplucher à la main.
  • Plus difficile — suivre une recette illustrée du début à la fin.
  • Signe que ça marche — les gestes reviennent d'eux-mêmes, la fierté est visible au moment de servir.
8

Le soin des plantes et du jardin

  • Objectif — activité sensorielle et apaisante, responsabilité douce, repère dans le rythme des saisons.
  • Matériel et durée — quelques plantes en pot, un petit arrosoir, de la terre, 10 à 15 minutes.
  • Déroulé — arroser, nettoyer les feuilles, rempoter. Le contact avec la terre et les odeurs végétales détend et occupe agréablement les mains.
  • Plus facile — arroser une seule plante avec un petit arrosoir léger.
  • Plus difficile — semer, repiquer, tenir un carnet des soins à donner.
  • Signe que ça marche — la personne s'enquiert de ses plantes, y revient d'elle-même.

Comprendre la maladie pour choisir les bonnes activités

La formation DYNSEO « Alzheimer : comprendre la maladie et trouver des solutions pour le quotidien » explique ce qui se joue à chaque stade et comment adapter ces activités, la communication et l'environnement. 14 leçons, 100 % en ligne, accès illimité, à votre rythme. Organisme certifié Qualiopi (N° 11757351875), attestation de fin de formation.

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Communication, langage et lien

À mesure que la maladie évolue, trouver ses mots devient plus difficile. Ces activités visent moins la « performance verbale » que le maintien de l'échange et du lien. On ralentit, on laisse le temps, on s'appuie sur le regard, le geste et l'image. Pour tout ce qui touche au langage, l'avis d'un orthophoniste est précieux : il oriente vers ce qui aide le plus votre proche.

9

La lecture partagée à voix haute

  • Objectif — entretenir le langage, l'attention et le plaisir d'un texte, dans un cadre sans enjeu.
  • Matériel et durée — un texte court en gros caractères : poème connu, recette, article du journal local, 10 minutes.
  • Déroulé — vous lisez une phrase, la personne lit la suivante ou le dernier mot. On choisit des textes qu'elle aimait : les mots familiers reviennent plus facilement.
  • Plus facile — elle complète seulement le dernier mot d'une comptine ou d'un proverbe connu.
  • Plus difficile — lire un paragraphe entier, puis en dire un mot ou une image.
  • Signe que ça marche — le débit se pose, la lecture s'accompagne de sourires ou de commentaires.
10

Le carnet de communication imagé

  • Objectif — disposer d'un support d'échange quand les mots manquent, réduire la frustration et l'agitation qu'elle provoque.
  • Matériel et durée — un petit carnet avec des photos réelles : boire, manger, toilettes, douleur, personnes, lieux. L'application MON DICO remplit le même rôle sur tablette. 10 minutes.
  • Déroulé — on feuillette ensemble chaque jour, on désigne, on nomme. Le carnet reste à portée de main pour servir d'appui quand un besoin ne se dit pas.
  • Plus facile — la personne montre l'image quand vous nommez.
  • Plus difficile — elle nomme d'abord, puis fait une courte phrase.
  • Signe que ça marche — le carnet est utilisé spontanément pour se faire comprendre.
11

L'appel ou la visite préparée

  • Objectif — entretenir le lien social, maintenir la place de la personne dans la famille, structurer un échange rassurant.
  • Matériel et durée — un interlocuteur bienveillant et prévenu, quelques repères notés à l'avance, 5 à 10 minutes.
  • Déroulé — on prévient le proche appelé pour qu'il parle lentement, une idée à la fois, et qu'il ne teste pas la mémoire. On reste à côté sans intervenir sauf besoin.
  • Plus facile — un appel vidéo court avec un visage très familier.
  • Plus difficile — une visite préparée avec une petite activité commune, comme regarder des photos.
  • Signe que ça marche — la personne réclame elle-même des nouvelles ou demande à appeler quelqu'un.
💡 Bien communiquer : les mots et les gestes qui aident

Placez-vous de face, à hauteur des yeux, et attendez d'avoir capté le regard avant de parler. Une idée par phrase, un ton calme, des questions fermées : « tu veux du thé ? » plutôt que « qu'est-ce que tu veux boire ? ». Laissez le silence faire son travail : le temps de réponse est allongé. ❌ À éviter : corriger, contredire, dire « je viens de te le dire », poser plusieurs questions à la suite ou parler de la personne à la troisième personne devant elle.

Sens, musique et apaisement

Ces activités ne visent aucune performance : elles apaisent, procurent du plaisir et entretiennent l'humeur, ce qui conditionne tout le reste. Elles sont particulièrement utiles en fin de journée, quand l'anxiété et l'agitation ont tendance à monter.

Ce moment de la fin d'après-midi, parfois appelé agitation vespérale, est bien connu des familles : la fatigue, la baisse de lumière et l'accumulation de sollicitations peuvent rendre la personne plus inquiète, plus opposante, parfois désorientée. C'est précisément là que le sensoriel, la musique et un environnement calme et bien éclairé font le plus de bien. On évite à cette heure les exercices exigeants et les discussions compliquées, on baisse le volume sonore, on ferme les rideaux progressivement, et on privilégie la présence tranquille. Si ces moments deviennent réguliers ou intenses, notez-les dans le carnet de liaison et signalez-les au médecin : ils peuvent orienter les conseils d'accompagnement.

12

La playlist des chansons d'autrefois

  • Objectif — apaiser, faire remonter des souvenirs, retrouver la parole ou le chant. Les mélodies des jeunes années restent souvent accessibles très longtemps.
  • Matériel et durée — une enceinte, une sélection des musiques des 15-30 ans de la personne, 15 minutes.
  • Déroulé — on écoute, on laisse venir. Beaucoup de personnes chantent des paroles entières qu'elles ne parviennent plus à dire autrement.
  • Variante — associer une photo de la même époque, ou danser doucement ensemble.
  • Signe que ça marche — la personne fredonne, bat la mesure, se détend, ou se met à raconter.
13

L'atelier des sens

  • Objectif — stimuler le toucher, l'odorat et le goût, ancrer dans l'instant présent, apaiser l'agitation.
  • Matériel et durée — des matières variées (laine, bois, galets, tissu), des odeurs familières (lavande, café, agrumes), 10 minutes.
  • Déroulé — proposer de toucher, de sentir, de commenter. On reste sur des sensations agréables et connues, sans transformer cela en devinette.
  • Plus facile — une seule matière ou une seule odeur à la fois.
  • Plus difficile — associer une odeur à un souvenir, décrire une texture avec des mots.
  • Signe que ça marche — le visage s'apaise, la respiration ralentit, l'échange s'installe.
14

La marche et le mouvement doux

  • Objectif — entretenir l'équilibre et l'endurance, canaliser l'agitation, améliorer l'humeur et le sommeil.
  • Matériel et durée — des chaussures fermées, un parcours connu et sécurisé, 10 à 20 minutes.
  • Déroulé — même itinéraire, même moment de la journée, avec un point de repos identifié. On marche côte à côte, sans presser le pas.
  • Plus facile — quelques allers-retours dans le couloir ou le jardin, plusieurs fois par jour.
  • Plus difficile — une sortie un peu plus longue, ou quelques mouvements assis d'assouplissement.
  • Signe que ça marche — la personne est plus calme après la marche, le sommeil s'améliore.
15

La séance numérique avec EDITH

  • Objectif — stimulation cognitive douce et ludique, avec un niveau qui s'ajuste, dans un cadre rassurant.
  • Matériel et durée — une tablette et l'application EDITH, pensée pour les seniors et les personnes atteintes d'Alzheimer, 10 à 15 minutes à heure fixe.
  • Déroulé — deux ou trois jeux courts, toujours dans le même ordre pour créer un rituel. On reste à côté, on encourage, on arrête à la fin du temps prévu.
  • Plus facile — un seul jeu au niveau le plus accessible, avec votre aide.
  • Plus difficile — enchaîner deux ou trois jeux, laisser la personne guider.
  • Signe que ça marche — la tablette devient un rendez-vous attendu, pris avec plaisir.

Une journée type et une semaine type

Le piège le plus courant, c'est de vouloir tout proposer chaque jour. Inutile. Quelques temps forts bien placés, dans un rythme stable, valent mieux qu'un programme chargé. La journée d'une personne atteinte d'Alzheimer gagne à suivre toujours la même trame : les repères réguliers réduisent l'anxiété et les moments d'agitation, souvent plus marqués en fin d'après-midi.

MomentCe qu'on y metDurée
Matin, après le petit-déjeunerLe tableau d'orientation, puis l'activité la plus exigeante du jour15-20 min
Fin de matinéeUne tâche du quotidien réelle — table, linge, cuisine10-15 min
Après le déjeunerTemps calme, repos, sans sollicitation30-60 min
Milieu d'après-midiMarche ou sortie courte10-20 min
Fin d'après-midiActivité apaisante — musique, sens, plantes, séance EDITH15 min
SoirAlbum photo ou lecture, lumière douce, ambiance rassurante15 min

Sur la semaine, on varie la dominante sans changer la structure. L'idée est d'alterner les registres pour éviter la lassitude, tout en gardant les mêmes horaires et les mêmes lieux.

JourDominante de la journée
LundiRepères et mémoire — tableau du jour, boîte à souvenirs
MardiQuotidien — cuisiner une recette simple ensemble
MercrediLien — album photo, appel ou visite préparée
JeudiSens et mouvement — atelier des sens, marche
VendrediAutonomie — linge, table, soin des plantes
SamediSocial — visite d'un proche, moment musical à plusieurs
DimancheRythme allégé. Le repos et le calme font partie du soin.

Aménager le logement, pièce par pièce

L'environnement fait une grande partie du travail. Un logement bien pensé prévient les chutes, limite la désorientation et réduit les situations d'angoisse. La plupart des modifications utiles coûtent peu ; pour les autres, un bilan à domicile par un ergothérapeute est souvent le meilleur investissement, et il peut ouvrir droit à des aides. Deux principes guident tout : sécuriser sans infantiliser, et donner des repères visuels clairs.

PièceCe qui pose problèmeCe qu'on change
Entrée et couloirsTapis, fils, encombrement, obscurité, sortie non surveilléeRetirer les tapis, fixer les câbles, veilleuse à détecteur, repère sur la porte des toilettes
SéjourFauteuil trop bas, passage encombré, trop de stimulationsRehausser l'assise, dégager la circulation, réduire le désordre visuel et sonore
CuisinePlaque, couteaux, produits ménagers, objets en hauteurSécuriser gaz et électricité, ranger hors de vue ce qui est dangereux, descendre l'usage courant à hauteur de main
Salle de bainSol mouillé, baignoire, station debout, confusion des robinetsBarre d'appui fixée au mur, tapis antidérapant, siège de douche, repères de couleur chaud/froid
ChambreLever nocturne, obscurité, désorientation au réveilInterrupteur accessible depuis le lit, chemin lumineux vers les toilettes, horloge à date visible
Toutes piècesPlacards, produits toxiques, portes qui se ressemblentÉtiquettes avec photos sur les portes et tiroirs, produits dangereux sous clé, contraste des interrupteurs
💡 Les repères visuels qui rassurent

Une porte de couleur vive vers les toilettes, une photo de la personne jeune sur la porte de sa chambre, une étiquette illustrée sur chaque tiroir de la cuisine : ces repères simples soutiennent l'autonomie et diminuent les recherches anxieuses. Une horloge indiquant clairement le jour et le moment (matin, midi, soir) aide à se situer. Évitez à l'inverse les miroirs qui peuvent troubler, et les motifs de sol trop marqués, parfois perçus comme des trous ou des marches.

Les supports gratuits à imprimer

Structurer la routine et garder une trace de ce qui fonctionne change tout, à la maison comme dans les échanges avec les professionnels. Ces supports DYNSEO sont téléchargeables et imprimables librement depuis le catalogue des outils gratuits. Trois d'entre eux suffisent à cadrer tout ce qui précède ; voici comment les utiliser ici, concrètement.

  • Tableau de suivi des progrès — une ligne par activité, une case par jour. On y note ce qui s'est bien passé, plus que ce qui a échoué. C'est ce support qui rend visibles des évolutions lentes et qui aide à relancer la motivation, la vôtre comme celle de votre proche.
  • Fiche de suivi de séance — ce qui a été proposé, ce qui a fatigué ou agacé, ce qui a apaisé. À remplir en une minute, elle permet d'ajuster les activités au fil des jours et de repérer les bons moments.
  • Carnet de liaison — pour transmettre vos observations au médecin, à l'orthophoniste, à l'ergothérapeute ou à l'accueil de jour, sans rien oublier en consultation. Un changement de comportement, un trouble du sommeil, une perte d'appétit : tout ce qui s'y note aide au suivi.
  • Tableau de suivi des compétences — pour visualiser sur plusieurs semaines ce qui reste stable et ce qui devient plus difficile, et adapter les propositions en conséquence.

Pour tester ou situer les capacités du moment, vous trouverez aussi des repères du côté des tests cognitifs, à utiliser comme point d'observation et non comme diagnostic : seul un professionnel de santé pose un diagnostic et un pronostic.

La place du numérique et l'application EDITH

Une tablette ne remplace ni le suivi médical, ni les activités réelles, ni la présence. Elle apporte deux choses utiles : un ajustement automatique de la difficulté, qui évite la mise en échec, et un cadre rituel apprécié quand il est régulier. Encore faut-il choisir un outil pensé pour ce public et un usage raisonnable.

ApplicationPour quiUsage type
EDITHSeniors, Alzheimer, Parkinson — interface simplifiée10 à 15 minutes par jour, 2 à 3 jeux, à heure fixe, avec un accompagnant
JOEAdultes, santé mentale, après un AVCMême principe, jeux de mémoire, attention et logique pour un public adulte
MON DICOCommunication difficile, aphasie, non verbalSupport visuel d'échange au quotidien, en complément du carnet imagé

Pour la maladie d'Alzheimer, EDITH est l'application la plus adaptée : navigation épurée, gros caractères, jeux calibrés et accompagnement possible. Le bon dosage : une courte séance par jour, à la même heure, plutôt qu'une longue session occasionnelle. On garde l'écran hors de la soirée, pour ne pas perturber un sommeil souvent déjà fragile, et on reste à côté : le numérique est un support d'échange, pas une occupation solitaire.

Les 5 erreurs les plus fréquentes

  1. Tester la mémoire. « Tu te souviens de mon prénom ? de ce qu'on a mangé ? » Ces questions mettent en échec et génèrent de l'angoisse. On affirme, on rappelle en douceur, on ne fait jamais réciter.
  2. Corriger et contredire. Reprendre chaque erreur ou nier ce que la personne affirme nourrit l'agitation. Mieux vaut valider l'émotion et détourner en douceur que d'avoir raison.
  3. Faire à la place. Par gain de temps, on prive la personne de gestes qu'elle peut encore accomplir. C'est une cause majeure de perte d'autonomie évitable : on ralentit, on accompagne, on laisse faire.
  4. Trop stimuler. Enchaîner les activités, la télévision et les visites épuise et déclenche des crises. Le calme, les temps de repos et un environnement peu bruyant sont aussi importants que les activités elles-mêmes.
  5. Viser la performance. Chercher le progrès mesurable, comme pour une rééducation, mène à la déception. Ici, l'objectif est le bien-être, le lien et l'autonomie du jour : une bonne journée est une journée sereine.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

À quelle fréquence proposer ces activités ?

Plusieurs courts moments dans la journée valent mieux qu'une longue séance. On peut viser deux ou trois temps d'activité de dix à quinze minutes, insérés dans un rythme régulier, avec de vrais temps de repos entre eux. L'important n'est pas la quantité mais la constance et le plaisir : mieux vaut une petite activité chaque jour, aux mêmes heures, qu'un programme chargé tenu deux jours puis abandonné. Certains jours, la personne sera moins disponible : on allège sans culpabiliser, on garde surtout les repères et le calme.

Combien de temps doit durer une activité ?

Dix à quinze minutes suffisent le plus souvent, parfois moins. On observe les signes de fatigue ou d'agacement — le regard qui fuit, l'agitation, les gestes qui se désorganisent — et on arrête avant, pas après. Une activité écourtée sur une note positive donne envie de recommencer ; une activité prolongée jusqu'à l'échec décourage tout le monde. Adaptez aussi au moment de la journée : le matin est souvent plus propice, tandis que la fin d'après-midi demande des propositions plus apaisantes. En cas de doute sur le rythme adapté, demandez conseil à l'équipe qui suit votre proche.

Comment motiver un proche qui refuse tout ?

Le refus est souvent une réaction de protection face à la peur de l'échec. Trois leviers aident plus que l'insistance : proposer une tâche qui a du sens plutôt qu'un exercice — plier le linge, cuisiner, arroser les plantes —, commencer soi-même le geste pour donner l'exemple, et s'appuyer sur ce que la personne aimait faire. On ne force jamais : si c'est non, on n'insiste pas et on retentera plus tard, autrement. Parfois, changer de moment, d'ambiance ou de personne qui propose suffit à débloquer la situation.

Faut-il du matériel particulier ou coûteux ?

Non. L'essentiel de ce qui est proposé ici s'appuie sur des objets déjà présents à la maison : linge, vaisselle, photos, musique, plantes, journal. Les supports de suivi DYNSEO sont gratuits et imprimables. Une tablette avec une application comme EDITH est un plus, mais reste optionnelle. Le vrai « matériel », ce sont votre présence, votre patience et un environnement calme et bien repéré. Pour les aménagements plus lourds du logement, un ergothérapeute peut vous orienter vers les dispositifs adaptés et les aides possibles, sans que rien ne soit à engager à l'aveugle.

Ces activités conviennent-elles à tous les stades ?

Elles s'adaptent, mais pas à l'identique. À un stade léger, on peut proposer des versions plus exigeantes et davantage d'autonomie. À un stade plus avancé, on simplifie : une consigne à la fois, davantage de sensoriel, de musique et de gestes accompagnés, moins de langage et de mémoire. Le fil conducteur reste le même : du sens, du plaisir, des repères. Comme les capacités évoluent, l'avis des professionnels — médecin, orthophoniste, ergothérapeute, accueil de jour — reste la meilleure boussole pour ajuster ce qui convient à chaque étape.

ℹ️ Information et non avis médical

Ces activités sont des propositions générales du quotidien. Elles ne remplacent ni le suivi médical, ni un diagnostic, ni les recommandations des professionnels qui accompagnent votre proche. En cas de changement de comportement, de chute, de douleur ou de tout signe inquiétant, parlez-en au médecin ; en cas d'urgence, contactez les services d'urgence de votre pays. Faites valider par l'équipe soignante ce qui convient le mieux à la personne et à son stade.

Accompagner au quotidien, avec des repères clairs

Ces activités et outils prennent tout leur sens quand on comprend ce que vit la personne. La formation DYNSEO « Alzheimer : comprendre la maladie et trouver des solutions pour le quotidien » réunit les alzheimer activités outils, la communication et l'aménagement du cadre de vie en 14 leçons courtes. 100 % en ligne, accès illimité, à votre rythme. Organisme certifié Qualiopi (N° 11757351875), attestation de fin de formation.

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Marie L.
Famille d'une personne âgée
Application formidable pour ma mère atteinte d'Alzheimer. Les jeux la stimulent vraiment et l'équipe est à l'écoute. Un grand merci à toute l'équipe DYNSEO !
S
Sophie R.
Orthophoniste
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Patrick D.
Directeur d'EHPAD
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