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🧠 Sclérose en plaques · Coordination · Neurologie · Kinésithérapie · Neuropsychologie

La coordination entre médecins, kinésithérapeutes et neuropsychologues dans la sclérose en plaques : une approche globale

Pourquoi la SEP nécessite une prise en charge pluridisciplinaire coordonnée — rôles de chaque professionnel, enjeux de la communication inter-équipe et ressources pour les patients et les aidants

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurologique chronique qui touche 120 000 personnes en France. Sa particularité est sa diversité clinique extraordinaire : deux patients avec le même diagnostic peuvent présenter des tableaux totalement différents — l'un principalement touché par des troubles moteurs, l'autre par des troubles cognitifs, un troisième par de la fatigue et des troubles visuels. Cette hétérogénéité rend la prise en charge de la SEP particulièrement complexe et explique pourquoi une approche pluridisciplinaire coordonnée n'est pas un luxe mais une nécessité médicale. Ce guide explore la coordination entre les différents professionnels impliqués dans la prise en charge de la SEP, avec un focus particulier sur les apports respectifs du médecin neurologue, du kinésithérapeute et du neuropsychologue.

1. La sclérose en plaques : comprendre la maladie pour mieux comprendre les besoins de coordination

1.1 Mécanismes et formes cliniques

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque la myéline — la gaine qui entoure et protège les fibres nerveuses du système nerveux central. Cette démyélinisation ralentit ou interrompt la conduction des influx nerveux, générant des symptômes qui dépendent de la localisation des plaques dans le cerveau ou la moelle épinière. La réparation partielle de la myéline explique les rémissions caractéristiques de la forme récurrente-rémittente, mais chaque poussée peut laisser des séquelles résiduelles qui s'accumulent avec le temps.

On distingue principalement quatre formes de SEP. La forme récurrente-rémittente (85 % des cas au diagnostic) alterne des poussées d'une durée de quelques jours à plusieurs semaines avec des périodes de stabilisation ou de récupération partielle. La forme secondairement progressive fait suite à la forme récurrente-rémittente et se caractérise par une progression continue des handicaps sans poussées distinctes. La forme primitivement progressive (10-15 % des cas) se manifeste d'emblée par une progression continue sans poussée, touchant préférentiellement la moelle épinière. Enfin, la forme progressive-récurrente associe une progression continue avec des poussées surajoutées. Chaque forme a ses propres besoins thérapeutiques et de rééducation.

1.2 Les différents symptômes qui justifient une approche pluridisciplinaire

La diversité des symptômes de la SEP est précisément ce qui rend la prise en charge monodisciplinaire insuffisante. Les troubles moteurs (spasticité, faiblesse des membres, ataxie, troubles de l'équilibre) relèvent de la kinésithérapie et de la rééducation fonctionnelle. Les troubles cognitifs (ralentissement du traitement de l'information, difficultés de mémoire de travail, troubles attentionnels, difficultés de planification) relèvent de la neuropsychologie. Les troubles de la communication (dysarthrie, troubles de la voix) relèvent de l'orthophonie. La fatigue — l'un des symptômes les plus invalidants, présent chez plus de 80 % des patients — nécessite une approche coordonnée entre tous les professionnels qui doivent adapter leurs interventions à cette contrainte énergétique. Les troubles psychologiques (dépression, anxiété) relèvent de la psychologie ou de la psychiatrie. Les troubles vésico-sphinctériens nécessitent une prise en charge spécialisée. La gestion pharmacologique de l'ensemble de ces symptômes revient au neurologue.

2. Le neurologue : chef d'orchestre et prescripteur

2.1 Le rôle du neurologue dans la coordination

Le neurologue est le médecin spécialiste référent de la SEP. Son rôle dépasse la seule gestion médicamenteuse pour englober la coordination globale de la prise en charge. C'est lui qui pose le diagnostic (selon les critères de McDonald), qui initie et adapte le traitement de fond (immunomodulateurs ou immunosuppresseurs), qui gère les poussées (corticoïdes en IV) et qui surveille l'évolution par IRM régulières. Mais c'est aussi lui qui prescrit les rééducations, oriente vers les différents spécialistes et coordonne l'ensemble du parcours de soins.

En France, le suivi neurologique des patients SEP est souvent organisé autour de centres de ressources et de compétences SEP (CRCSEP) qui offrent une prise en charge pluridisciplinaire coordonnée en un seul lieu. Ces centres regroupent neurologues, infirmières coordinatrices, neuropsychologues, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes et travailleurs sociaux. Leur existence illustre la reconnaissance officielle de la nécessité d'une approche pluridisciplinaire — mais leur accès géographique est inégal sur le territoire.

2.2 La communication neurologue-rééducateurs : les enjeux

La qualité de la communication entre le neurologue et les rééducateurs (kinésithérapeutes, neuropsychologues, ergothérapeutes) conditionne l'efficacité de la prise en charge globale. Dans les faits, cette communication est souvent insuffisante : les prescriptions sont sommaires, les comptes-rendus de rééducation ne parviennent pas systématiquement au neurologue, et les objectifs de chaque professionnel ne sont pas toujours alignés. Le patient se retrouve souvent à jouer le rôle de courroie de transmission entre des professionnels qui travaillent en silos.

Des solutions simples améliorent cette communication. Un compte-rendu de bilan standardisé transmis systématiquement au neurologue après chaque évaluation neuropsychologique ou kinésithérapeutique permet un suivi partagé. La participation du kinésithérapeute ou du neuropsychologue à certaines consultations neurologiques — particulièrement lors des bilans annuels ou des décisions thérapeutiques importantes — permet un échange direct. Les outils numériques de partage de dossier (DMP, messagerie sécurisée de santé) facilitent la communication inter-professionnelle quotidienne. Le fiche de suivi de séance DYNSEO est un exemple d'outil simple qui formalise les observations des rééducateurs dans un format transmissible.

3. Le kinésithérapeute : maintenir la fonction motrice et gérer la fatigue

3.1 Les objectifs spécifiques de la kinésithérapie dans la SEP

La kinésithérapie dans la SEP poursuit plusieurs objectifs qui évoluent avec la progression de la maladie. Dans les formes récurrentes-rémittentes peu évoluées, l'objectif principal est le maintien et l'optimisation de la capacité fonctionnelle — travailler la force musculaire, l'équilibre, la coordination et la marche pour compenser les déficits résiduels des poussées et prévenir la déconditionnement physique. Dans les formes plus évoluées, l'objectif se déplace vers le maintien des capacités préservées, la prévention des complications (raideurs, douleurs, escares pour les patients en fauteuil), et l'optimisation du confort de vie.

La spasticité — contraction involontaire et permanente des muscles — est l'une des cibles principales de la kinésithérapie dans la SEP. Non traitée, elle génère des douleurs, des difficultés de mobilisation, des troubles du sommeil et une dégradation progressive de la fonction. Les techniques kinésithérapeutiques incluent les étirements passifs et actifs, les mobilisations articulaires, la cryothérapie locale, et diverses techniques de neurofacilitation. Ces interventions doivent être pratiquées régulièrement — idéalement tous les jours pour les formes sévères — ce qui soulève la question de la place cruciale des aidants et du patient lui-même dans la réalisation des exercices entre les séances.

3.2 La gestion de la fatigue : adapter l'intensité

La fatigue dans la SEP est qualifiée de "centrale" — elle est différente de la fatigue ordinaire liée à l'effort et résulte directement des lésions cérébrales. Elle ne cède pas avec le repos seul, survient de façon imprévisible et peut être invalidante même les jours sans effort important. Cette fatigue centrale est l'un des symptômes les plus mal compris par l'entourage ("tu n'as pourtant rien fait aujourd'hui") et représente l'une des principales causes de limitations professionnelles et sociales.

Le kinésithérapeute doit adapter son intervention à cette contrainte énergétique. Des séances trop intenses ou trop longues peuvent provoquer une aggravation temporaire des symptômes (phénomène de pseudo-poussée ou phénomène d'Uhthoff lié à l'hyperthermie) et générer une fatigue post-séance qui persiste plusieurs jours. La règle est de doser l'intensité en fonction de l'état du patient le jour de la séance — une même prescription peut nécessiter des adaptations importantes selon que le patient arrive en phase d'énergie ou d'épuisement. Le timer visuel DYNSEO peut être utilisé pour structurer des séances d'exercice à domicile en créneaux de durée limitée, avec des pauses intégrées.

4. Le neuropsychologue : évaluer et réhabiliter les fonctions cognitives

4.1 Les troubles cognitifs dans la SEP : une réalité sous-estimée

Les troubles cognitifs touchent 40 à 70 % des patients SEP à un moment ou un autre de leur maladie, mais ils restent souvent sous-diagnostiqués et sous-traités. Les patients eux-mêmes les attribuent parfois à la fatigue ou à des facteurs psychologiques, et les proches peuvent ne pas percevoir des difficultés subtiles de mémoire ou d'attention. Pourtant, ces troubles ont un impact direct sur la qualité de vie, la vie professionnelle et l'autonomie.

Le profil cognitif de la SEP est assez caractéristique : le ralentissement du traitement de l'information (vitesse de traitement réduite) est le symptôme le plus universel et l'un des premiers à apparaître. Les troubles de la mémoire épisodique (mémoire des événements récents) et de la mémoire de travail sont fréquents. Les difficultés de planification, d'organisation et de flexibilité (fonctions exécutives) surviennent plus tardivement ou dans les formes plus sévères. La communication verbale (fluence verbale, dénomination) peut également être affectée. En revanche, le langage fondamental, la mémoire sémantique (connaissances générales) et les capacités visuo-constructives sont souvent préservées longtemps.

4.2 Le rôle du neuropsychologue dans la prise en charge globale

Le neuropsychologue remplit plusieurs fonctions dans l'équipe pluridisciplinaire SEP. La première est l'évaluation rigoureuse du profil cognitif par des batteries standardisées (BICAMS, MACFIMS, BRB-N) qui permettent d'objectiver les déficits, de les situer par rapport aux normes, et de suivre leur évolution dans le temps. Ces évaluations informent le neurologue sur la progression de la maladie, l'efficacité des traitements de fond sur les fonctions cognitives, et les besoins en rééducation. La deuxième fonction est la réhabilitation cognitive — des programmes d'entraînement ciblant les fonctions déficitaires, pratiqués en séance et à domicile. La troisième est le soutien psychologique pour aider les patients à accepter et s'adapter aux changements cognitifs, et à développer des stratégies de compensation efficaces.

Les outils DYNSEO complètent le travail du neuropsychologue dans la prise en charge à domicile. L'application JOE propose des activités cognitives adaptées aux adultes, avec une progression individualisée qui peut être coordonnée avec les objectifs du programme de rééducation neuropsychologique. Les tests cognitifs DYNSEO permettent un suivi régulier entre les bilans neuropsychologiques formels. Le test de mémoire et le test de concentration donnent des indicateurs accessibles en dehors des consultations.

5. Le patient au centre : sa participation active à sa propre prise en charge

L'approche pluridisciplinaire la plus sophistiquée ne produit ses plein effets que si le patient est un acteur actif de sa propre prise en charge. Dans la SEP, où la maladie évolue souvent sur plusieurs décennies, cette posture d'engagement actif est particulièrement déterminante. Le patient qui comprend sa maladie, connaît ses facteurs aggravants, participe aux décisions thérapeutiques, pratique régulièrement ses exercices entre les séances, et développe des stratégies de compensation pour ses difficultés quotidiennes obtient des résultats fonctionnels bien meilleurs que le patient passif.

Des formations spécifiques pour les patients SEP — et pour leurs aidants — sont disponibles sur la plateforme DYNSEO, notamment les formations sur les changements de comportement liés à la maladie et sur l'accompagnement des proches. Ces formations donnent les bases théoriques et pratiques pour comprendre la maladie, adapter le quotidien et maintenir une qualité de vie optimale malgré les contraintes imposées par la SEP. Le Coach IA DYNSEO offre un accès permanent à des réponses personnalisées sur les questions du quotidien — un soutien disponible 24h/24 entre les consultations médicales. Les outils de régulation émotionnelle DYNSEO aident à gérer les dimensions psychologiques de vivre avec une maladie chronique évolutive.

Évaluez les fonctions cognitives dans la SEP

Les tests cognitifs DYNSEO permettent un suivi accessible des fonctions mémorielles et attentionnelles entre les bilans neuropsychologiques formels.

6. L'ergothérapeute dans la SEP : autonomie et compensation au quotidien

6.1 Le bilan d'ergothérapie

L'ergothérapeute est le professionnel qui évalue et traite les difficultés d'accomplissement des activités de la vie quotidienne — s'habiller, cuisiner, utiliser les transports, travailler. Dans la SEP, son rôle est double : évaluer les limitations fonctionnelles dans les activités quotidiennes et recommander les adaptations techniques, environnementales et comportementales qui permettent de maintenir l'autonomie malgré les déficits. Le bilan ergothérapeutique doit être réalisé dès que les symptômes commencent à impacter le fonctionnement quotidien — pas en dernier recours quand la situation est déjà très limitante.

Ce bilan comprend une évaluation des capacités motrices des membres supérieurs et inférieurs, une observation des activités de la vie quotidienne dans un contexte simulé ou réel, une évaluation des besoins en aides techniques, et une analyse du domicile et du poste de travail si nécessaire. Il produit des recommandations concrètes : quels ustensiles de cuisine adapter, comment aménager la salle de bain pour sécuriser les transferts, quelles aides techniques pour l'écriture ou l'utilisation de l'ordinateur, comment optimiser l'organisation du travail pour gérer la fatigue.

6.2 La compensation de la fatigue : stratégies ergothérapeutiques

La gestion de la fatigue est probablement la contribution la plus importante de l'ergothérapie dans la SEP. La fatigue centrale affecte toutes les activités fonctionnelles — et sa gestion demande une réorganisation profonde de la façon dont on planifie ses journées, distribue ses efforts et intègre les pauses. L'ergothérapeute enseigne la gestion de l'énergie (energy conservation) : identifier les activités les plus coûteuses en énergie, les planifier pendant les meilleures fenêtres de la journée, simplifier les gestes (utiliser des aides qui réduisent l'effort), et planifier les pauses avant de ressentir la fatigue plutôt qu'après. Cette approche proactive, qui peut sembler contre-intuitive ("pourquoi me reposer si je ne suis pas encore fatigué ?"), est bien plus efficace que la récupération réactive.

Le principe des "3 P" — Planifier, Prioriser, Positionner — est enseigné aux patients comme cadre de gestion de l'énergie. Planifier signifie organiser les activités à l'avance en tenant compte de la charge énergétique de chacune. Prioriser signifie distinguer les activités essentielles des activités secondaires et accepter que certaines choses ne seront pas faites les jours difficiles. Positionner signifie adapter sa posture et son environnement pour accomplir les activités avec le minimum d'effort biomécanique — s'asseoir pour les tâches qui peuvent être faites assis, utiliser des plans de travail à la bonne hauteur, utiliser des outils qui réduisent la résistance.

7. L'orthophoniste dans la SEP : communication, déglutition et cognition

7.1 Les troubles de la communication dans la SEP

Les troubles de la communication dans la SEP sont moins connus que les troubles moteurs, mais touchent une proportion significative des patients à différents stades. La dysarthrie — difficulté à articuler clairement, voix monotone, débit irrégulier — résulte des lésions affectant le contrôle moteur de la parole. Elle peut aller d'une légère impression de "parole pâteuse" à une parole très difficile à comprendre par les interlocuteurs non habituels. La dysphonie (altération de la qualité vocale) et les difficultés de déglutition (dysphagie) peuvent également apparaître, particulièrement dans les formes progressives.

L'orthophoniste évalue ces troubles et met en place des programmes de rééducation ciblés. Pour la dysarthrie, les exercices de renforcement et de coordination des muscles oro-phonatoires, les techniques de ralentissement du débit, et l'entraînement à l'intelligibilité dans différentes conditions acoustiques constituent les principaux axes. Pour la dysphagie, les adaptations des textures alimentaires, les postures de sécurité pendant les repas, et les techniques de déglutition compensatoires permettent de maintenir une alimentation sécurisée plus longtemps. L'application MON DICO de DYNSEO peut être un outil de communication augmentative précieux pour les patients dont la parole est très affectée.

7.2 Le soutien orthophonique aux fonctions cognitivo-langagières

L'orthophoniste contribue également à la rééducation des fonctions cognitivo-langagières — mémoire verbale, fluence verbale, compréhension de textes complexes — qui peuvent être affectées dans la SEP. Ce travail est complémentaire de celui du neuropsychologue et se concentre sur les dimensions langagières des troubles cognitifs : trouver ses mots, suivre une conversation rapide, lire efficacement. Des stratégies compensatoires (prises de notes, enregistrement audio, reformulation des informations importantes) permettent de maintenir une communication efficace malgré ces difficultés.

8. La dimension psychologique de la SEP : dépression, anxiété et ajustement

8.1 Les troubles psychologiques dans la SEP

La dépression touche 50 à 70 % des patients SEP au cours de leur vie — un taux bien supérieur à celui de la population générale et même à celui d'autres maladies chroniques comparables. Cette dépression est à la fois réactionnelle (réponse psychologique à l'annonce du diagnostic, aux pertes successives, à l'incertitude du pronostic) et neurobiologique (certaines lésions de la SEP, notamment dans les régions frontales, génèrent directement des symptômes dépressifs). Sa sous-détection et son sous-traitement sont des problèmes réels — les symptômes dépressifs sont souvent confondus avec la fatigue ou l'apathie liées à la maladie elle-même.

L'anxiété est également très fréquente, souvent liée à l'imprévisibilité de l'évolution ("est-ce que je vais avoir une poussée ?", "est-ce que je vais pouvoir continuer à travailler ?"), à la peur des rechutes, et à l'incertitude du pronostic à long terme. Elle peut se manifester par une hypervigilance aux symptômes (la moindre sensation nouvelle est interprétée comme signe de poussée), par une anticipation anxieuse des situations sociales ou professionnelles, ou par des attaques de panique. Un soutien psychologique régulier — thérapie cognitive et comportementale (TCC) ou autre approche validée — est indiqué dans ces situations.

8.2 Soutenir la qualité de vie au-delà des symptômes

La qualité de vie dans la SEP ne se réduit pas à l'absence de symptômes ou au niveau de handicap fonctionnel. Des patients avec des déficits neurologiques importants peuvent maintenir une qualité de vie élevée s'ils bénéficient d'un soutien social robuste, d'un sens du contrôle sur leur vie, et d'une capacité à trouver du sens et des sources de plaisir malgré les limitations. À l'inverse, des patients avec des symptômes relativement légers peuvent souffrir d'une qualité de vie dégradée si la maladie a fortement impacté leur identité professionnelle ou leurs projets de vie.

L'équipe pluridisciplinaire a un rôle à jouer dans cette dimension souvent négligée. Des activités de groupe, le sport adapté, les associations de patients, et les initiatives d'éducation thérapeutique permettent aux patients de maintenir un réseau social, de partager des expériences et des stratégies, et de ne pas se définir uniquement par leur maladie. Les outils de régulation émotionnelle DYNSEO — thermomètre des émotions, fiche de restructuration cognitive — peuvent soutenir le travail de régulation émotionnelle dans le quotidien, entre les séances de suivi.

9. Le travail et la SEP : maintenir une activité professionnelle

Le maintien dans l'emploi est l'un des enjeux les plus importants pour les patients SEP, dont beaucoup sont diagnostiqués entre 20 et 40 ans — en pleine vie professionnelle active. Les troubles cognitifs, la fatigue centrale et les fluctuations des symptômes sont les obstacles les plus fréquents à la vie professionnelle — plus que les handicaps moteurs dans les formes récurrentes-rémittentes peu évoluées. Des aménagements du poste de travail — télétravail partiel pour éviter les déplacements fatigants, horaires flexibles pour tenir compte des fenêtres d'énergie, logiciels d'aide à la communication et à l'organisation — permettent souvent de maintenir une activité professionnelle significativement plus longtemps.

La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) est un droit que les patients SEP peuvent faire valoir dès que la maladie commence à impacter leur vie professionnelle. Elle ouvre accès à des aménagements du poste de travail financés, à une protection renforcée contre le licenciement, et aux services de Cap Emploi pour le maintien dans l'emploi ou la reconversion professionnelle. Le médecin du travail est l'interlocuteur privilégié pour initier ces démarches, en lien avec le neurologue qui peut rédiger les attestations médicales nécessaires. Divulguer ou non son diagnostic à l'employeur est une décision personnelle qui doit être prise avec discernement — un accompagnement par Cap Emploi ou une assistante sociale peut aider à prendre la meilleure décision selon la situation spécifique.

10. Coordination pratique : outils et ressources pour l'équipe et le patient

10.1 Les réseaux et structures de référence pour la SEP en France

La prise en charge de la SEP en France s'appuie sur un réseau structuré de centres de compétences et de ressources. Les Centres de Ressources et de Compétences pour la Sclérose En Plaques (CRCSEP), dont il existe une vingtaine sur le territoire, proposent une prise en charge pluridisciplinaire intégrée avec neurologie, neuropsychologie, kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie et travail social en un seul lieu. Ils organisent également des programmes d'éducation thérapeutique du patient (ETP) qui enseignent aux patients et à leurs proches à mieux comprendre la maladie, à gérer les symptômes au quotidien, et à optimiser les stratégies d'adaptation. L'accès à ces centres se fait sur prescription du neurologue.

La Société Française de Neurologie (SFN) et l'ARSEP (Association pour la Recherche sur la Sclérose En Plaques, www.arsep.org) publient des informations médicales validées et accessibles au grand public. La SEP-Mag et SEPconnaître sont des magazines et bulletins d'information dédiés aux patients SEP et à leurs proches. Ces ressources permettent aux patients d'être acteurs éclairés de leur parcours de soins — une posture qui améliore significativement les résultats à long terme.

10.2 Les outils DYNSEO dans le parcours SEP

L'application JOE de DYNSEO est particulièrement adaptée au profil cognitif des patients SEP. Ses activités courtes (15-20 minutes), sa progression individuelle calibrée et la variété de ses exercices — mémoire, attention, vitesse de traitement, raisonnement — correspondent précisément aux fonctions cognitives les plus souvent affectées dans la SEP. Elle peut être utilisée dans le cadre d'un programme de réhabilitation cognitive domiciliaire en complément des séances avec le neuropsychologue. Le test de mémoire, le test de concentration et le test des fonctions exécutives DYNSEO offrent des évaluations accessibles entre les bilans neuropsychologiques formels — avec la possibilité de comparer les résultats dans le temps pour objectiver l'évolution.

Le tableau de motivation DYNSEO et le timer visuel peuvent soutenir la pratique régulière des exercices à domicile en offrant une structure externe et un renforcement positif visuel — précieux dans les périodes de fatigue intense ou de faible motivation. L'objectif ultime n'est pas de remplacer l'équipe soignante par des outils numériques — c'est d'offrir un continuum de soutien accessible 24h/24 qui renforce l'efficacité du travail fait en séance et maintient la qualité de vie dans les interstices entre les consultations médicales.

La coordination pluridisciplinaire dans la SEP est un défi organisationnel et communicationnel permanent. Elle demande l'engagement actif de tous les acteurs — le patient, sa famille, et chaque professionnel de l'équipe — et bénéficie d'outils simples de liaison et de suivi. DYNSEO contribue à cet écosystème par des ressources adaptées aux différentes dimensions de la prise en charge : évaluation cognitive, stimulation, régulation émotionnelle, et soutien aux aidants. L'objectif commun est toujours le même : permettre à chaque personne atteinte de SEP de vivre la vie la plus riche et la plus autonome possible, aussi longtemps que possible.

5. La kinésithérapie dans la SEP : techniques spécifiques et adaptation à la fatigue

5.1 Les techniques kinésithérapeutiques spécifiques à la SEP

La kinésithérapie dans la SEP utilise des techniques particulières adaptées à la spécificité neurologique de la maladie. La proprioception — la perception de la position du corps dans l'espace — est souvent altérée dans la SEP, en particulier dans les membres inférieurs. Des exercices proprioceptifs sur surfaces instables, des entraînements à l'équilibre et des techniques de sensibilisation des pieds sont des composantes spécifiques à la rééducation neurologique qui ne figurent pas dans une rééducation orthopédique classique.

Le phénomène d'Uhthoff — aggravation transitoire des symptômes avec l'augmentation de la température corporelle — est une réalité clinique importante que le kinésithérapeute doit intégrer dans sa pratique. Des séances trop intenses, pratiquées dans des locaux surchauffés ou pendant les mois d'été, peuvent déclencher des pseudo-poussées qui découragent les patients et les éloignent de la rééducation. L'utilisation de vêtements de refroidissement, la climatisation des salles de rééducation, et la réduction de l'intensité pendant les périodes chaudes sont des adaptations pratiques qui maintiennent l'accès à la kinésithérapie tout au long de l'année.

La spasticité, présente chez 60 à 80 % des patients SEP à un stade ou un autre, nécessite une approche kinésithérapeutique spécifique incluant les étirements passifs et actifs, les techniques de facilitation neuromusculaire proprioceptive (PNF), la cryothérapie locale, les postures de correction, et la prévention des rétractions. Ces techniques doivent être pratiquées régulièrement — la spasticité non traitée génère des rétractions musculo-tendineuses progressives qui deviennent irréversibles. Pour les patients à domicile, l'apprentissage par l'ergothérapeute des autostirements quotidiens est un investissement indispensable.

5.2 L'intégration de la rééducation dans le quotidien

L'un des défis majeurs de la kinésithérapie dans la SEP est l'intégration des bénéfices acquis en séance dans les activités de la vie quotidienne. Un patient qui marche correctement pendant la séance de kinésithérapie mais qui reprend ses anciens patterns de marche dès qu'il sort du cabinet n'intègre pas les bénéfices de la rééducation dans son fonctionnement réel. Les kinésithérapeutes spécialisés en neurologie travaillent sur ce transfert en utilisant des tâches fonctionnelles réelles (marcher jusqu'à la boîte aux lettres, monter les escaliers de l'immeuble) plutôt que des exercices artificiels en cabinet.

Le timer visuel DYNSEO peut être un outil utile pour structurer les sessions d'exercice à domicile — en délimitant des créneaux d'exercice de durée définie, avec des pauses intégrées qui respectent la contrainte de fatigue centrale. Le fiche de suivi de séance DYNSEO permet de documenter les exercices réalisés à domicile et les observations du patient, facilitant le suivi du kinésithérapeute lors des consultations suivantes.

6. Les enjeux cognitifs de la SEP : ce que le neuropsychologue apporte

6.1 Évaluation et profil cognitif dans la SEP

Le bilan neuropsychologique dans la SEP utilise des batteries spécifiques développées pour cette population. La BICAMS (Brief International Cognitive Assessment for Multiple Sclerosis) est la batterie standardisée internationalement recommandée pour le suivi cognitif en pratique clinique quotidienne. Elle comprend trois tests : le BVMT-R (mémoire visuelle), le CVLT-II (mémoire verbale) et le SDMT (Symbol Digit Modalities Test — vitesse de traitement et attention soutenue). Le SDMT est particulièrement sensible aux atteintes cognitives précoces dans la SEP et constitue un excellent marqueur de suivi longitudinal. Des études ont montré que le SDMT est plus sensible au déclin cognitif dans la SEP que l'IRM cérébrale dans certaines configurations.

Les tests cognitifs en ligne de DYNSEO ne remplacent pas ces évaluations cliniques standardisées, mais peuvent constituer un complément utile pour un suivi entre les bilans formels. Le test de concentration et le test des fonctions exécutives donnent des indicateurs accessibles que le patient peut réaliser à domicile et partager avec son équipe médicale. Le test de mémoire évalue la mémoire épisodique verbale, souvent atteinte dans la SEP.

6.2 La réhabilitation cognitive dans la SEP

Les programmes de réhabilitation cognitive dans la SEP visent principalement la vitesse de traitement, la mémoire de travail et les fonctions exécutives. Des méta-analyses récentes montrent des effets positifs modérés des programmes d'entraînement cognitif sur ces fonctions, avec des transferts limités mais réels vers le fonctionnement quotidien. Les programmes les plus efficaces combinent l'entraînement spécifique de la fonction déficitaire (mémoire, vitesse) avec l'apprentissage de stratégies compensatoires (techniques mnémotechniques, planification externalisée, outils de rappel). L'application JOE de DYNSEO peut s'intégrer dans ce programme de rééducation cognitive à domicile — ses activités de mémoire, d'attention et de logique sont progressives et calibrées pour les adultes.

7. Vivre avec la SEP : qualité de vie et soutien psychosocial

7.1 L'impact sur la qualité de vie

La SEP affecte la qualité de vie dans toutes ses dimensions. La vie professionnelle — les arrêts de travail liés aux poussées, l'adaptation du poste, le risque de licenciement — est l'une des préoccupations majeures des patients en âge de travailler. La RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) ouvre des droits à des aménagements du poste de travail et une protection renforcée — elle doit être envisagée dès que la maladie impacte l'activité professionnelle, même modérément. La vie familiale — les ajustements du rôle parental, la gestion des relations de couple face à la maladie, l'impact sur la vie sexuelle — sont des dimensions souvent négligées dans la prise en charge médicale et qui bénéficient d'un accompagnement psychologique et social dédié.

La SEP-L (Ligue française contre la Sclérose en Plaques) et son réseau d'associations régionales offrent un soutien social et psychologique aux patients et aux aidants qui complète la prise en charge médicale. Les groupes de parole entre patients, les programmes d'éducation thérapeutique (ETP) et les séjours de répit pour les aidants sont des ressources précieuses que les équipes médicales devraient systématiquement mentionner à leurs patients.

7.2 La recherche dans la SEP : des espoirs concrets

La recherche dans la SEP est parmi les plus actives en neurologie. Les traitements modificateurs de la maladie de haute efficacité (natalizumab, ocrelizumab, cladribine, alemtuzumab) ont transformé le pronostic des formes récurrentes-rémittentes dans les quinze dernières années. Les études sur la neuroprotection — protéger les axones non encore démyélinisés de la dégénérescence progressive — et sur la remyélinisation — réparer la myéline endommagée — ouvrent des perspectives thérapeutiques prometteuses pour les formes progressives, encore insuffisamment traitées. La thérapie cellulaire et les approches géniques font l'objet d'essais précoces.

Ces avancées thérapeutiques ne réduisent pas l'importance de la prise en charge pluridisciplinaire — elles la renforcent. Avec des patients qui vivent plus longtemps avec une maladie mieux contrôlée, les besoins en rééducation, en maintien cognitif et en soutien psychosocial s'étendent sur des décennies. Le partenariat entre le neurologue, le kinésithérapeute, le neuropsychologue et les équipes sociales et psychologiques est plus que jamais la colonne vertébrale d'une prise en charge qui permet aux patients SEP de vivre pleinement, malgré les contraintes de leur maladie.

Questions fréquentes

La kinésithérapie est-elle remboursée par la Sécurité sociale dans la SEP ?

Oui. La SEP est une Affection de Longue Durée (ALD) qui ouvre droit à la prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie de l'ensemble des soins directement liés à la maladie, y compris la kinésithérapie. Le neurologue établit le protocole de soins ALD qui permet cette prise en charge. Certaines formes de rééducation intensive (hôpitaux de jour, centres de rééducation) peuvent nécessiter une hospitalisation ou une prise en charge MDPH selon leur intensité.

Un neuropsychologue est-il nécessaire même si je ne ressens pas de difficultés cognitives ?

Les troubles cognitifs dans la SEP peuvent être objectivés par des tests standardisés avant d'être ressentis subjectivement par le patient — c'est particulièrement vrai pour le ralentissement de la vitesse de traitement, qui s'installe progressivement et pour lequel les patients développent des stratégies de compensation sans en être conscients. Un bilan neuropsychologique de référence dès le diagnostic permet d'établir un profil de base pour suivre l'évolution. Il est recommandé tous les deux à trois ans ou après chaque poussée touchant potentiellement les sphères cognitives.

Comment trouver un kinésithérapeute spécialisé SEP ?

La Société Française de Kinésithérapie (SFK) et l'Association Française pour la Réadaptation dans la Sclérose En Plaques (AFSEP) peuvent orienter vers des kinésithérapeutes formés à la neurologie et à la SEP. Les centres de ressources et de compétences SEP (CRCSEP) proposent souvent une liste de professionnels libéraux partenaires dans leur région. Le neurologue est également un interlocuteur précieux pour des recommandations de professionnels qu'il connaît et avec lesquels il a l'habitude de travailler.

La charge cognitive des séances de rééducation peut-elle aggraver la fatigue centrale ?

Oui — et c'est un point important que les professionnels bien formés à la SEP prennent en compte. La fatigue centrale est aggravée par l'effort cognitif autant que par l'effort physique. Des séances trop chargées cognitivement ou physiquement peuvent générer une fatigue post-séance invalidante. La règle est d'adapter l'intensité et la durée à l'état du patient le jour de la séance, et de planifier les séances les plus exigeantes pendant les périodes de meilleure énergie — généralement le matin pour la plupart des patients SEP. Un suivi de la fatigue par une échelle simple (MFIS ou similaire) aide à ajuster le programme.

Les traitements de fond améliorent-ils les fonctions cognitives dans la SEP ?

Les traitements de fond réduisent le nombre de poussées et ralentissent l'accumulation des lésions, ce qui prévient l'aggravation des troubles cognitifs à long terme. Certains traitements à haute efficacité (natalizumab, ocrelizumab, alemtuzumab) ont montré des effets positifs sur certaines mesures cognitives dans les essais cliniques. En revanche, ils ne récupèrent pas les fonctions cognitives déjà perdues — la réhabilitation neuropsychologique est nécessaire pour cela. La décision thérapeutique de fond doit intégrer l'impact cognitif comme un objectif à part entière, aux côtés de la prévention des poussées et des handicaps moteurs.

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Avis Google DYNSEO
4,9 · 49 avis
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M
Marie L.
Famille d'une personne âgée
Application formidable pour ma mère atteinte d'Alzheimer. Les jeux la stimulent vraiment et l'équipe est à l'écoute. Un grand merci à toute l'équipe DYNSEO !
S
Sophie R.
Orthophoniste
J'utilise les jeux DYNSEO tous les jours en cabinet avec mes patients. Variés, bien conçus, et adaptés à tous les niveaux. Mes patients adorent et progressent vraiment.
P
Patrick D.
Directeur d'EHPAD
Nous avons fait former toute notre équipe par DYNSEO sur la stimulation cognitive. Formation Qualiopi sérieuse, contenu pertinent et applicable au quotidien. Vraie valeur ajoutée pour nos résidents.
Bonjour, je suis Coach JOE !
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