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Dyscalculie et troubles du calcul : posture professionnelle, travail en équipe et montée en compétences

Accompagner un enfant ou un adulte qui présente une dyscalculie met à l'épreuve trois compétences rarement enseignées dans les cursus initiaux : savoir où s'arrête son propre rôle, savoir écrire ce que l'on observe pour que d'autres puissent s'en servir, et savoir parler à une famille inquiète sans sortir de son périmètre. Ces savoir-faire ne relèvent pas d'un vague « bon sens » : ils s'apprennent, se formulent et s'évaluent, et c'est précisément l'objet d'une dyscalculie et troubles du calcul formation professionnelle pensée pour la pratique de terrain.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les professionnels
  • 🔄 Mis à jour en juillet 2026

Cet article ne parle ni des mécanismes cognitifs du trouble ni des exercices de rééducation : il parle de la posture. Comment tenir sa place au sein d'une équipe, comment tracer et transmettre, comment coordonner un accompagnement pluridisciplinaire, comment communiquer avec les proches, et comment ne pas s'user à faire ce métier correctement. Nous abordons ensuite un sujet qu'on repousse toujours : se former dans un cadre certifié et déployer ces acquis dans une équipe sans l'immobiliser.

L'essentiel en 30 secondes

La posture professionnelle face à la dyscalculie tient en une phrase : observer et décrire relève de vous, poser un diagnostic relève du professionnel habilité, et coordonner relève de l'équipe.

  • Une observation utile décrit une erreur datée, située et reproductible — jamais une étiquette du type « nul en maths ».
  • La traçabilité n'est pas de la paperasse : c'est ce qui permet à un collègue absent de reprendre l'accompagnement sans repartir de zéro.
  • Le travail pluridisciplinaire repose sur un principe simple : chacun apporte ce que lui seul voit, et personne ne parle à la place d'un autre métier.
  • Avec les familles, on décrit ce qu'on observe et ce qu'on met en place ; on ne promet ni un résultat ni un délai.
  • Se former allège une grande partie de la charge mentale : beaucoup de fatigue vient de l'incertitude sur ce qu'il faut faire.

La posture : soin, accompagnement et limites

La difficulté, avec la dyscalculie, n'est pas de connaître son métier. C'est de tenir une position juste entre deux dérives symétriques. D'un côté, en faire trop : poser soi-même un « diagnostic » pour ne pas laisser une famille sans réponse, promettre que « ça va rentrer », décider seul d'un aménagement lourd. De l'autre, se réfugier derrière son périmètre pour éviter une conversation difficile ou une observation qui dérange.

La dyscalculie est un trouble spécifique des apprentissages en mathématiques, durable, qui n'a rien à voir avec un manque de travail ou d'intelligence. Le diagnostic relève d'un bilan mené par des professionnels habilités — le plus souvent orthophoniste, parfois neuropsychologue, sur orientation médicale. L'enseignant, l'AESH, l'éducateur ou le parent observent et signalent ; ils ne diagnostiquent pas. Cette frontière est le socle de toute posture professionnelle solide.

Situation✅ Ce que vous pouvez dire ou faire❌ Ce qui sort de votre rôle
Un parent demande « est-ce qu'il est dyscalculique ? »« Je remarque des difficultés persistantes sur les nombres. Un bilan permettrait d'y voir clair ; je peux vous orienter »Poser ou écarter le diagnostic vous-même
Un élève bloque systématiquement sur les tablesNoter précisément où et quand, adapter le support, signaler à l'équipeDécider seul de supprimer toute évaluation chiffrée
Une erreur de calcul nouvelle et massive apparaîtDécrire le fait, le contexte, la date, et le transmettreConclure à une aggravation ou à un autre trouble
Un parent critique un collègue devant vousÉcouter, ne pas commenter, orienter vers le responsable ou le coordinateurDonner votre avis sur la pratique d'un collègue devant la famille
Un enfant confie qu'il « se déteste en maths »Accueillir la parole, valoriser un effort, transmettre le signe de souffranceMinimiser (« mais non tu es doué ») ou garder l'information pour soi
Un aménagement vous semble inadaptéLe questionner en réunion, avec des observations datéesL'appliquer différemment de votre côté sans en parler

Le piège spécifique de la dyscalculie : confondre lenteur et incapacité

La dyscalculie ralentit le traitement des nombres, mais ne dit rien du raisonnement ni de l'intelligence de la personne. Or la lenteur, les erreurs répétées et l'évitement déclenchent presque mécaniquement des réflexes qui, cumulés, deviennent décourageants : faire à la place, soupirer, corriger sans expliquer, comparer à voix haute avec un autre élève, ou parler de l'enfant à la troisième personne alors qu'il est présent.

💡 Le test à s'appliquer

Est-ce que je viens de réagir à la difficulté, ou à la personne ? Adapter la forme — donner plus de temps, autoriser un support visuel, fractionner la consigne — est professionnel. Laisser entendre que la personne « ne pourra jamais » ou la traiter comme moins capable ne l'est pas. La dyscalculie se compense ; elle ne définit pas quelqu'un.

Une remarque importante lorsqu'il s'agit d'enfants : le ton compte autant que le contenu. Un enfant qui associe le calcul à l'humiliation développe un évitement qui aggrave le retard bien plus vite que le trouble lui-même. La posture protectrice — nommer la difficulté sans dramatiser, séparer la valeur de la personne de sa performance chiffrée — fait partie intégrante du soin. Tout signe de souffrance marquée (repli, pleurs à l'évocation des maths, phrases dévalorisantes répétées) se signale et s'oriente vers le médecin ou le psychologue.

Traçabilité et transmissions : quoi noter, comment transmettre

Une transmission a plusieurs destinataires : le collègue qui prend le relais, l'équipe pluridisciplinaire, parfois le médecin ou le professionnel qui a posé le diagnostic. Elle doit permettre à quelqu'un qui n'était pas là de comprendre ce qui s'est passé et d'agir. La plupart des transmissions échouent pour une seule raison : elles livrent une conclusion à la place d'une observation.

  1. Un fait, pas une étiquette. Ce qui a été vu ou entendu, pas ce qu'on en a déduit. « Inverse les chiffres » est plus utile que « n'accroche pas ».
  2. Daté et situé. Le moment de la journée et le contexte changent tout : la fatigue cognitive de fin de journée n'est pas la difficulté du matin.
  3. Le contexte immédiat. Ce qui précédait, le type de tâche, le niveau de bruit, la présence ou non d'un support visuel.
  4. Ce qui a fonctionné. C'est l'information la plus précieuse et la plus souvent oubliée : elle permet au collègue suivant de reproduire ce qui marche au lieu de tâtonner.
  5. Ce qui est nouveau. Signaler explicitement qu'une difficulté n'existait pas le mois précédent : c'est ce qui déclenche une réévaluation par le professionnel compétent.
❌ Transmission inexploitable✅ Transmission utile
Ne comprend rien aux mathsPose les additions à retenue à l'envers ; réussit à l'oral avec la bande numérique
Ne connaît pas ses tablesRécupère 2, 5 et 10 immédiatement ; recompte sur les doigts pour les autres
Ne se concentre pas en calculAbandonne après le 3e item quand la fiche comporte 20 opérations ; tient sur une fiche de 5
Ne sait pas lire l'heureLit l'heure numérique ; confond grande et petite aiguille sur l'horloge à aiguilles — stable depuis septembre
A régresséNe pose plus les soustractions qu'il réussissait en janvier ; à signaler à l'orthophoniste — nouveau
Famille pénibleLe père a exprimé son inquiétude sur les notes ; demande un rendez-vous avec l'enseignant référent
⚠️ La ligne à ne jamais oublier

Tout élément nouveau chez une personne jusque-là stabilisée — régression sur des acquis solides, évitement soudain et massif, signes de détresse, plaintes somatiques répétées avant les séances de maths — doit être signalé explicitement comme nouveau, et non noyé dans le compte rendu de la semaine. C'est ce mot qui déclenche une réévaluation par le professionnel de santé.

Concrètement, une bonne traçabilité s'appuie sur des supports simples et partagés : une fiche de suivi de séance, un tableau des compétences travaillées, un cahier ou carnet de liaison entre l'école, la famille et le professionnel de rééducation. L'objectif n'est jamais de produire du document pour le document, mais de garantir la continuité : qu'un remplacement, un week-end ou un changement d'année ne fasse pas perdre trois mois de progrès. Un accompagnement qui repart de zéro à chaque relais est un accompagnement qui n'avance pas.

Quatre repères pour une transmission écrite exploitable

La transmission écrite obéit à des règles un peu différentes de la transmission orale : elle sera lue hors contexte, parfois des semaines plus tard, par quelqu'un qui n'a aucun souvenir de la scène. Elle doit donc se suffire à elle-même.

  1. Une observation par ligne. Mélanger trois constats dans une phrase rend le tout illisible et empêche d'isoler ce qui est nouveau de ce qui est habituel.
  2. Un vocabulaire neutre. « A fait », « a dit », « a réussi avec tel support » — pas de jugement de valeur ni de supposition d'intention.
  3. La donnée chiffrée quand elle existe. « Trois erreurs sur cinq soustractions à retenue » vaut mieux que « beaucoup d'erreurs » : cela permet de comparer d'une semaine à l'autre.
  4. Une piste d'action. Ce que vous proposez ou ce que vous avez déjà tenté, pour que le lecteur sache où en est la démarche et ne recommence pas ce qui a échoué.

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Travailler en équipe pluridisciplinaire : qui fait quoi

Autour d'une personne dyscalculique gravitent souvent plusieurs professionnels qui ne se croisent presque jamais. La réunion — équipe éducative, équipe de suivi de scolarisation, point de coordination — est le seul moment où l'information circule vraiment, à condition que chacun apporte ce que lui seul voit, et rien de plus.

ProfessionnelCe qu'il apporte de spécifique
OrthophonisteBilan, nature précise du trouble, objectifs de rééducation, consignes de compensation
EnseignantCe que la personne réussit et échoue réellement en classe, dans quelles conditions et sur quelles tâches
AESH, accompagnantCe qui se passe minute par minute : fatigue, évitement, ce qui débloque, ce qui décourage
NeuropsychologueProfil cognitif, mémoire de travail, attention, lecture fine des mécanismes en jeu
PsychologueRetentissement émotionnel, estime de soi, anxiété liée aux évaluations
ErgothérapeuteAménagements matériels, outils numériques, aides techniques adaptées
Médecin (scolaire ou traitant)Orientation vers les bilans, coordination, aménagements officiels et PAP/PPS
Coordinateur, chef d'établissementArbitrages, moyens, cohérence du projet et des aménagements

Préparer trois minutes utiles

Le format qui transforme une plainte en décision tient en quatre temps. Il donne aussi du poids à la parole des professionnels de terrain, souvent les mieux informés et les moins entendus.

  1. Un constat, formulé comme un fait daté : « depuis trois semaines, il abandonne les fiches de calcul dès qu'elles dépassent cinq opérations ».
  2. Une hypothèse, présentée comme telle : « ça pourrait être une saturation de la mémoire de travail plutôt qu'un refus ».
  3. Une question précise : « peut-on fractionner les fiches et autoriser la calculatrice pour la vérification ? ».
  4. Une proposition que vous êtes prêt à tester : « je peux essayer deux semaines et noter le résultat ».

La coordination échoue presque toujours au même endroit : quand chacun applique sa propre version de l'accompagnement sans que les autres le sachent. Un enfant qui a le droit à la bande numérique avec l'orthophoniste mais pas en classe reçoit un message contradictoire. La cohérence des aménagements, d'un intervenant à l'autre, est aussi importante que leur pertinence.

Une règle de courtoisie professionnelle facilite grandement ces réunions : ne jamais parler à la place d'un autre métier. L'enseignant décrit ce qu'il voit en classe, il ne se prononce pas sur la nature du trouble ; l'orthophoniste explicite les objectifs de rééducation, il ne juge pas la gestion de classe. Chacun reste sur son terrain d'observation, et c'est précisément ce croisement de regards non concurrents qui donne une image fidèle de la personne. Quand les périmètres se respectent, la réunion dure moins longtemps et décide davantage. Quand ils se chevauchent, elle s'enlise en débats d'interprétation où l'enfant finit par disparaître.

Communiquer avec les familles

Les parents d'un enfant dyscalculique arrivent presque toujours avec un mélange de culpabilité, d'épuisement et d'inquiétude sur l'avenir scolaire. Ce qu'ils expriment parfois sous forme de reproche est très rarement dirigé contre vous : c'est l'expression d'une impuissance. Accueillir l'émotion avant de répondre sur le fond désamorce l'essentiel des tensions.

Les trois situations les plus fréquentes

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Annoncer une difficulté persistante

On décrit des faits observés, sans étiqueter : « les difficultés sur les nombres durent malgré le travail, ce n'est pas une question d'effort ». Puis on oriente vers un bilan par le professionnel habilité pour poser les choses.

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Recadrer une demande

« Je comprends votre demande. Ce n'est pas à moi d'en décider seul, je la transmets à l'équipe qui reviendra vers vous. » Une formulation qui ne rejette pas la personne et ne promet rien qu'on ne pourrait tenir.

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Le parent qui fait à la place

Fréquent et bien intentionné. On explique le bénéfice concret : « quand il pose lui-même l'opération, même lentement, il ancre la méthode. C'est plus long, mais c'est ce qui compte pour lui. »

💡 La phrase qui désamorce le plus de tensions

« Je comprends que ce soit difficile de voir votre enfant en difficulté. » Accuser réception de l'émotion avant de répondre sur le fond fait retomber la plupart des échanges de couloir. Et cet échange se transmet ensuite, même bref : une inquiétude non transmise revient quelques semaines plus tard, amplifiée, au niveau de la direction.

❌ À éviter : promettre un résultat (« dans six mois ce sera réglé »), avancer un pronostic chiffré, ou minimiser le trouble (« ça passera avec l'âge »). Ce qu'on peut dire relève du fait observé et de ce que l'équipe met en place. Le diagnostic, le pronostic et l'annonce d'un trouble reviennent aux professionnels de santé habilités ; votre rôle est de décrire, d'orienter et de rassurer sur l'accompagnement, jamais sur l'issue.

Prévenir l'usure professionnelle

Les métiers de l'accompagnement des troubles des apprentissages cumulent charge cognitive, charge émotionnelle et contrainte de temps. Accompagner des personnes dont les progrès sont lents, parfois en dents de scie, expose particulièrement : on donne beaucoup pour des résultats peu visibles à court terme, et la reconnaissance vient rarement au bon moment.

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Les signaux

Fatigue qui ne cède plus au repos, appréhension avant certaines séances, irritabilité inhabituelle, troubles du sommeil, sentiment de tourner en rond.

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La mise à distance

Se surprendre à parler des personnes suivies comme de dossiers, à expédier les séances, à éviter les échanges avec les familles. C'est un mécanisme de protection, et un signal.

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Ce qui protège

Pouvoir parler des situations difficiles en équipe, avoir des repères clairs sur son rôle, et voir les progrès — d'où l'utilité de tracer ce qui évolue, même lentement.

🩺

Quand consulter

Si les signaux durent plusieurs semaines, en parler à la médecine du travail ou à son médecin. C'est un acte professionnel, pas un aveu de faiblesse.

Un point mérite d'être dit explicitement : une part importante de la fatigue dans ces métiers ne vient pas des gestes, mais de l'incertitude. Ne pas savoir si une difficulté relève du trouble ou d'un autre facteur, si l'on peut insister, si l'on aurait dû signaler plus tôt, si l'aménagement choisi est le bon. Comprendre les mécanismes du trouble et disposer d'une méthode d'évaluation allège cette charge mentale de façon très concrète — c'est l'un des retours les plus fréquents des professionnels après une formation structurée sur le sujet.

ℹ️ Un repère utile

La compétence n'est pas un rempart contre l'épuisement, mais elle en retire une cause majeure : le doute permanent. Savoir précisément quoi observer, comment le mesurer et quand orienter transforme un flou anxiogène en une pratique lisible. C'est aussi vrai pour un enseignant que pour un orthophoniste débutant sur ces prises en charge.

Se former à la dyscalculie et aux troubles du calcul : cadre, certification et financement

La formation continue des professionnels de santé et de l'éducation relève à la fois d'une attente des employeurs et de la démarche qualité des structures. Les modalités varient selon les statuts : obligations de développement professionnel continu, entretiens professionnels périodiques, plans de formation annuels, exigences des référentiels qualité. Pour un professionnel libéral comme pour un salarié, une dyscalculie et troubles du calcul formation professionnelle bien cadrée coche plusieurs cases à la fois : mise à jour des pratiques, traçabilité, et valorisation du parcours.

Sur le plan pratique, trois éléments sont demandés dans presque toutes les configurations : un programme écrit avec des objectifs pédagogiques, un organisme identifiable et certifié, et une preuve individuelle de réalisation.

Élément demandéCe que fournit la formation DYNSEO
Programme détaillé16 leçons structurées, de l'évaluation à la rééducation du calcul mental
Organisme certifiéOrganisme de formation certifié Qualiopi — N° 11757351875
Preuve de réalisationAttestation de fin de formation nominative
Souplesse100 % en ligne, accès illimité, avancement à son rythme
Coût maîtrisé90 €, sans frais annexes ni déplacement

Concernant le financement, la certification Qualiopi est la condition qui permet à un employeur d'envisager une prise en charge au titre du plan de développement des compétences ou par son opérateur de compétences (OPCO). Les règles, plafonds et procédures varient selon les statuts, les branches et les financeurs, et rien n'est automatique. Le principe à retenir : faites valider le programme et le devis par votre service RH ou votre financeur avant l'inscription, jamais après. Aucun montant de prise en charge ne peut être présenté comme acquis à l'avance ; il dépend de votre situation précise.

Pour situer cette formation dans un parcours plus large, l'article « programme, contenu et à qui s'adresse la formation » détaille chaque leçon, et le catalogue de formations DYNSEO propose des parcours complémentaires sur les autres troubles des apprentissages.

Déployer une formation dans une équipe

Le vrai risque d'une formation en ligne n'est pas qu'elle soit mal suivie : c'est qu'elle soit suivie, appréciée, puis sans effet trois semaines plus tard. Déployer une formation dans une équipe demande un minimum d'organisation, mais quelques mécanismes simples suffisent à ancrer les acquis.

  1. Un calendrier réaliste. 16 leçons en ligne se répartissent sur les temps disponibles ; mieux vaut un rythme lent et tenu qu'un marathon abandonné. Fixez une échéance commune, pas un créneau imposé.
  2. Un suivi des présences et des attestations. L'espace de formation permet de suivre l'avancement de chacun ; l'attestation nominative constitue la preuve individuelle attendue lors des évaluations qualité.
  3. Un point de cinq minutes en réunion après chaque bloc de leçons : qu'est-ce qu'on garde, appliqué à qui, dès quand.
  4. Une décision par module, écrite dans le projet d'accompagnement. Une seule, mais réelle : la fiche fractionnée, la calculatrice autorisée en vérification, la bande numérique généralisée à tous les intervenants.
  5. Un référent identifié vers qui aller en cas de doute, plutôt qu'un savoir diffus que personne n'incarne.
  6. Un point à trois mois avec une question unique : qu'est-ce qui a changé pour les personnes accompagnées ? C'est ce qui distingue une formation utile d'une formation consommée.

Un mot sur la charge que représente le déploiement lui-même. Beaucoup d'équipes renoncent non par manque d'intérêt, mais parce que la formation apparaît comme une contrainte de plus dans un emploi du temps déjà saturé. Le format en ligne à son rythme résout une partie du problème : il n'impose pas de journée bloquée, pas de remplacement à organiser, pas de déplacement. La contrepartie, c'est qu'une formation qu'on peut faire « quand on veut » est aussi une formation qu'on repousse indéfiniment. D'où l'importance d'une échéance commune et d'un point d'équipe régulier : ce qui structure le collectif, ce n'est pas le créneau imposé, c'est le rendez-vous partagé autour de ce qu'on en fait.

Pour outiller la pratique au quotidien, DYNSEO propose des supports gratuits utiles au repérage et à la compensation, à explorer dans le catalogue d'outils, ainsi que des tests cognitifs pour objectiver certaines observations. Côté entraînement des enfants de 5 à 10 ans, l'application COCO propose des jeux de logique et de calcul progressifs qui complètent un accompagnement, sans jamais s'y substituer. Pour les adultes concernés par la remédiation cognitive, l'application JOE peut prolonger le travail entre les séances.

Pour aller plus loin

Ces approfondissements se lisent indépendamment : le guide de fond pour comprendre les mécanismes, l'article de situations pour les réponses concrètes du quotidien, et la boîte à outils pour les aménagements directement applicables en séance ou en classe.

Questions fréquentes

Puis-je dire à un parent que son enfant est dyscalculique ?

Non : le diagnostic relève d'un bilan mené par un professionnel habilité, le plus souvent orthophoniste, sur orientation médicale. Ce que vous pouvez faire, c'est décrire des faits observés et persistants — « les difficultés sur les nombres durent malgré le travail » — puis orienter vers un bilan. Cette posture apporte quelque chose de concret à la famille sans empiéter sur le champ diagnostique, et sans la laisser avec le sentiment d'avoir été éconduite. Poser ou écarter soi-même un trouble expose l'enfant à une erreur et vous met hors de votre rôle.

Comment signaler un désaccord sur un aménagement ?

En réunion, avec des observations datées plutôt qu'une opinion, et en proposant une alternative testable. « J'ai noté qu'il abandonne les fiches au-delà de cinq opérations, alors qu'il tient sur des fiches courtes : peut-on tester un mois avec des fiches fractionnées ? » Ce format permet une décision collective et vérifiable. Appliquer un aménagement différent de son côté sans en parler crée des écarts que les enfants et les familles perçoivent immédiatement, et fragilise la cohérence de tout l'accompagnement.

La formation est-elle réservée aux orthophonistes ?

La formation « Dyscalculie et troubles du calcul » est conçue pour l'évaluation et la rééducation du calcul mental, avec une orientation orthophonique. Cela dit, ses repères sur le trouble, l'observation et la transmission éclairent utilement d'autres professionnels — enseignants, AESH, éducateurs — qui côtoient les mêmes situations sans en avoir la charge rééducative. Chacun y trouve ce qui relève de son périmètre. Pour choisir, l'article détaillant le programme et le public visé précise les objectifs de chaque leçon et aide à décider si le contenu correspond à votre pratique.

Cette formation peut-elle être financée ?

La certification Qualiopi de l'organisme (N° 11757351875) est la condition qui permet à un employeur d'envisager une prise en charge, au titre du plan de développement des compétences ou via un OPCO. Rien n'est automatique : les règles, plafonds et procédures dépendent de votre statut, de votre branche et de votre financeur. La bonne démarche consiste à faire valider le programme et le devis par votre service RH ou votre financeur avant l'inscription. Aucun montant de prise en charge ne doit être considéré comme acquis tant qu'il n'a pas été confirmé par écrit par l'organisme financeur.

Comment éviter qu'une formation reste sans effet dans l'équipe ?

En transformant chaque module en une décision unique, écrite et appliquée à une personne précise, plutôt qu'en intention générale. Un point de cinq minutes en réunion après chaque bloc de leçons, un référent identifié, une décision par module inscrite dans le projet d'accompagnement, et un bilan à trois mois portant sur ce qui a changé pour les personnes suivies. Le suivi des présences et les attestations nominatives sécurisent le volet qualité. Sans ces mécanismes, même une formation bien suivie s'efface en quelques semaines.

ℹ️ Information générale

Cet article propose des repères professionnels généraux. Le diagnostic de la dyscalculie relève des professionnels de santé habilités ; les obligations de formation, les règles de financement et les périmètres de responsabilité varient selon les statuts et les employeurs. Référez-vous à votre encadrement, à votre service RH et aux protocoles applicables. En cas de signe de souffrance chez un enfant, orientez vers le médecin ou le psychologue. Ce contenu ne constitue ni un avis médical ni un avis juridique.

Monter en compétences sur la dyscalculie, sans immobiliser l'équipe

Une dyscalculie et troubles du calcul formation professionnelle 100 % en ligne : 16 leçons à répartir sur vos temps disponibles, accès illimité, organisme certifié Qualiopi et attestation nominative pour chaque professionnel.

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Famille d'une personne âgée
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