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Elève TDAH : posture professionnelle, travail en équipe et montée en compétences

Accompagner un élève TDAH dans une classe ou un établissement met à l'épreuve trois compétences qu'aucune formation initiale n'outille vraiment : savoir exactement où s'arrête son rôle, savoir décrire un comportement de façon exploitable par le reste de l'équipe, et savoir parler à une famille inquiète sans jamais sortir de son périmètre. Ces savoir-faire ne relèvent pas d'un vague don pour les enfants : ils s'apprennent, se formulent et se transmettent, et c'est précisément l'objet d'une formation professionnelle pensée pour les équipes qui côtoient un élève TDAH au quotidien.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les professionnels
  • 🔄 Mis à jour en juillet 2026

Cet article ne présente pas un programme : il détaille la posture attendue, avec les phrases exactes qui fonctionnent et les gestes qui font la différence, puis aborde un sujet qu'on repousse toujours dans ces métiers : l'usure de celles et ceux qui accompagnent bien. Il s'adresse aux enseignants, AESH, personnels de direction, professionnels de santé scolaire et responsables de structures qui cherchent des repères concrets, pas des principes généraux.

L'essentiel en 30 secondes

La posture professionnelle face à un élève TDAH tient en une phrase : observer et décrire relèvent de vous, interpréter relève de l'équipe, diagnostiquer relève du médecin.

  • Une observation utile décrit un fait daté, situé et reproductible — jamais une étiquette collée à l'enfant.
  • En équipe éducative ou de suivi, trois minutes préparées pèsent plus lourd que dix minutes d'impressions.
  • Avec les familles, on décrit ce qu'on voit et ce qu'on met en place ; on ne pose pas de diagnostic et on ne promet pas de résultat.
  • L'usure professionnelle s'installe silencieusement quand on donne beaucoup pour des progrès lents : elle se repère à des signaux précis.
  • Se former allège une grande part de la charge mentale, car beaucoup de fatigue vient de l'incertitude sur ce qu'il faut faire.

La posture : jusqu'où va votre rôle

La difficulté, avec un élève TDAH, n'est presque jamais de manquer de bonne volonté : c'est de tenir une position juste entre deux dérives symétriques. D'un côté, en faire trop — répondre à une question qui relève du médecin, poser soi-même le mot « TDAH », décider seul d'un aménagement parce qu'il semble évident, rassurer une famille sur l'avenir. De l'autre, se retrancher derrière le règlement pour éviter une conversation inconfortable, ou renvoyer sans cesse à « quelqu'un d'autre ».

La bonne nouvelle, c'est que la ligne de partage est claire et qu'elle se dit en peu de mots. Ce que vous voyez en classe ou dans la cour est une donnée précieuse : personne d'autre ne l'observe autant que vous. Ce que ça signifie se décide à plusieurs. Et ce qui relève d'un diagnostic ou d'un traitement appartient au champ médical, point final.

Situation✅ Ce que vous pouvez dire ou faire❌ Ce qui sort de votre rôle
Une famille demande si son enfant « a un TDAH »« Je remarque qu'il a du mal à rester concentré sur une consigne longue. Pour savoir ce qui l'explique, c'est le médecin qui est le mieux placé. »Poser ou écarter un diagnostic, même prudemment
L'élève se lève sans cesse et coupe la paroleDécrire le fait, le moment, le contexte, et appliquer les aménagements déjà prévusDécider seul d'un nouveau dispositif hors cadre
Un comportement nouveau apparaîtNoter le fait, la date, l'heure, ce qui l'a précédé, et transmettreConclure à une opposition volontaire ou à un problème familial
Une famille critique un collègue devant vousÉcouter, ne pas commenter, orienter vers la directionDonner votre avis sur la pratique d'un collègue
L'enfant confie quelque chose d'intimeÉcouter, et transmettre ce qui est nécessaire à sa sécurité et à sa scolaritéPromettre le secret absolu, ou tout raconter en salle des maîtres
Un aménagement vous semble discutableLe questionner en équipe, avec des faits observés à l'appuiL'appliquer différemment sans en parler à personne

Le piège spécifique du TDAH : confondre le trouble et l'enfant

Le TDAH agit sur des fonctions précises — l'attention soutenue, l'inhibition, la gestion du temps, la régulation des émotions — mais il ne définit ni l'intelligence, ni la volonté, ni la valeur de l'élève. Or l'agitation, les oublis répétés et les réactions vives déclenchent presque mécaniquement des jugements de caractère : « il ne fait aucun effort », « elle le fait exprès », « il est mal élevé ». Ces phrases, même pensées sans les dire, orientent toute la relation.

La posture professionnelle consiste à séparer en permanence le comportement de la personne. Un élève qui n'a pas rangé ses affaires n'est pas « négligent » : il a, ce jour-là, dans ce contexte, oublié une étape d'une routine. Cette nuance change tout, parce qu'un défaut de caractère se sanctionne alors qu'une difficulté de fonction cognitive se compense. C'est aussi ce que rappelle la littérature de référence sur le trouble, relayée en France notamment par la Haute Autorité de Santé : le TDAH est un trouble neurodéveloppemental, pas un problème d'éducation.

💡 Le test à s'appliquer

Avant de qualifier un comportement, demandez-vous : est-ce que je décris ce que j'ai vu, ou est-ce que j'interprète pourquoi il l'a fait ? « Il s'est levé quatre fois pendant l'exercice » est une observation. « Il ne veut pas travailler » est une interprétation déguisée en fait. La première est transmissible et utile ; la seconde ferme la discussion et enferme l'enfant.

Tracer et transmettre une observation utile

Une observation écrite a plusieurs destinataires : le collègue qui prendra le relais, l'équipe pluridisciplinaire, parfois le médecin scolaire, et souvent la famille via le cahier de liaison. Elle doit permettre à quelqu'un qui n'était pas là de comprendre ce qui s'est passé et d'agir en conséquence. La plupart des transmissions échouent pour une seule raison : elles livrent une conclusion à la place d'un fait.

  1. Un fait, pas une étiquette. Ce qui a été vu ou entendu, pas ce qu'on en a déduit. « A déchiré sa feuille », pas « était agressif ».
  2. Daté et situé. L'heure et le moment de la journée changent tout : la fatigue attentionnelle de fin de matinée n'a rien à voir avec un pic d'énervement en récréation.
  3. Le contexte immédiat. Ce qui s'est passé juste avant, le niveau de bruit, le nombre d'élèves autour, la nature de la consigne (orale, longue, à étapes multiples).
  4. Ce qui a fonctionné. L'information la plus précieuse et la plus souvent oubliée : elle permet à un collègue de reproduire ce qui a apaisé la situation.
  5. Ce qui est nouveau. Signaler explicitement qu'un comportement n'existait pas la semaine précédente : c'est ce qui déclenche une vigilance et, si besoin, une orientation.
❌ Observation inexploitable✅ Observation utile
Insupportable ce matinS'est levé 4 fois pendant l'exercice de maths de 10 h ; est resté assis quand je me suis placé près de lui
Ne veut pas travaillerN'a pas commencé la fiche recto (5 consignes) ; a fait les 3 premières après découpage en étapes une par une
Agressif avec ses camaradesA poussé un camarade à 11 h 05 dans le rang bruyant après le sport ; s'est calmé seul à l'écart en 3 minutes
Étourdi, tête en l'airA oublié son cahier 3 jours sur 4 cette semaine ; le rapporte quand un pictogramme est collé sur sa trousse
Très perturbateurFait des bruits avec sa règle pendant les temps d'écoute ; ne le fait pas quand il a une balle anti-stress en main
Insolent avec la famille aussiSa mère a exprimé son inquiétude sur les devoirs du soir ; demande un rendez-vous avec l'enseignant

Ce travail de traçabilité n'est pas de la paperasse : c'est la matière première de toute décision d'équipe et de tout dossier d'aménagement. Un tableau de suivi comportemental et une fiche de gestion de l'impulsivité, gratuits, permettent de structurer ces relevés sans y passer un temps qu'on n'a pas. L'enjeu est de repérer des régularités : à quelle heure, dans quelle configuration, après quel type de consigne les difficultés reviennent — car c'est là que se logent les leviers.

⚠️ La ligne à ne jamais oublier

Tout signe de souffrance — repli soudain, tristesse durable, propos inquiétants, marques physiques, décrochage brutal — doit être signalé sans délai à la direction et aux personnels de santé de l'établissement, et non noyé dans un compte rendu de comportement. Ce n'est pas à l'école de diagnostiquer, mais c'est à elle de repérer et d'alerter. Pour toute inquiétude sur la santé de l'enfant, orientez la famille vers le médecin, et en cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays.

Impulsivité, opposition, transmissions : des réponses concrètes

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Travailler en équipe autour de l'élève

Autour d'un élève TDAH gravitent souvent six à dix adultes qui, dans les faits, se croisent rarement au calme : enseignants, AESH, direction, personnels de santé scolaire, professionnels de rééducation en libéral, et bien sûr la famille. Les temps de coordination — équipe éducative, équipe de suivi de scolarisation, réunion de synthèse — sont les seuls moments où l'information circule vraiment. À condition que chacun y apporte autre chose qu'une impression générale.

ProfessionnelCe qu'il apporte de spécifique
EnseignantCe que l'élève fait réellement en classe, sur quelles tâches, à quels moments, avec quels déclencheurs
AESHLe fonctionnement fin au plus près de l'élève : ce qui l'aide à démarrer une tâche, à revenir au calme, à ne pas décrocher
Enseignant référent / coordinationLe cadre du parcours (PAP, PPS), le lien avec les instances, la cohérence entre les acteurs
Psychologue de l'Éducation nationaleLa lecture du fonctionnement cognitif et émotionnel, l'écoute de l'élève, l'appui aux équipes
Médecin et infirmier scolairesLa dimension santé, le lien avec le médecin traitant, l'avis sur les aménagements, le repérage
Direction / chef d'établissementLes arbitrages, les moyens, la formalisation et le suivi du dispositif
Rééducateurs en libéral (orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute)Le travail spécialisé hors école ; consignes transmissibles à l'équipe
FamilleCe qui se passe à la maison, l'histoire de l'enfant, ses intérêts, ce qui a déjà été essayé

Préparer trois minutes utiles

La parole des professionnels de terrain est souvent la mieux informée et la moins entendue. Un format simple change la donne : il transforme une plainte en décision.

  1. Un constat, formulé comme un fait daté : « depuis trois semaines, il ne finit pas les exercices écrits après 11 h ».
  2. Une hypothèse, présentée comme telle : « ça pourrait être lié à la fatigue attentionnelle de fin de matinée ».
  3. Une question précise : « peut-on placer les tâches écrites le matin et l'oral en fin de séance ? ».
  4. Une proposition testable : « je peux essayer deux semaines et noter ce que ça change ».

Ce cadre commun évite deux écueils classiques : l'aménagement décidé par un seul adulte que les autres ignorent, et la discussion qui tourne en rond faute de faits. Il rend aussi les décisions révisables : on teste, on note, on ajuste à la réunion suivante. Les cartes de recentrage attentionnel ou les cartes de stratégies d'attention sont, à ce titre, des outils partagés utiles : quand tous les adultes utilisent les mêmes repères, l'élève n'a pas à réapprendre un fonctionnement différent à chaque changement d'interlocuteur.

💡 Un principe qui simplifie tout

Une décision d'équipe ne vaut que si elle est écrite et attribuée. « On va faire attention à ses oublis » ne produit rien. « À partir de lundi, l'AESH colle le pictogramme cahier sur sa trousse chaque matin, on évalue dans deux semaines » produit un résultat observable. Une intention partagée par tout le monde n'est portée par personne ; une tâche datée et nommée survit aux absences et aux remplacements.

Communiquer avec les familles

Les parents d'un élève TDAH arrivent presque toujours avec un mélange d'inquiétude, d'épuisement et parfois de méfiance née d'échanges scolaires antérieurs où l'enfant a surtout été décrit par ses difficultés. Ce qu'ils expriment sous forme de reproche est très rarement dirigé contre vous personnellement : c'est le plus souvent la trace d'un long parcours.

Les trois situations les plus fréquentes

📉

Annoncer une difficulté

On décrit des faits observés, sans interpréter : « depuis quelques semaines, il ne termine plus les exercices écrits, alors qu'il démarre bien à l'oral. » Puis on propose de réfléchir ensemble, et on oriente vers le médecin pour tout ce qui touche à la santé.

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Recadrer une demande

« Je comprends votre demande. Ce n'est pas moi qui peux en décider seul, je la porte à l'équipe et la direction reviendra vers vous. » Une formulation qui n'écarte pas la personne et ne promet rien qu'on ne pourrait tenir.

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Impliquer sans culpabiliser

On valorise ce qui marche déjà à la maison : « ce que vous avez mis en place pour les devoirs fonctionne, on peut s'en inspirer en classe. » La famille devient partenaire plutôt que convoquée pour un bilan de problèmes.

Un point mérite d'être posé clairement : l'école n'annonce jamais un diagnostic de TDAH. Elle décrit des observations, elle propose des aménagements pédagogiques, et elle oriente vers le médecin — traitant, scolaire, puis le cas échéant un spécialiste — qui seul peut évaluer, poser un diagnostic et déterminer une prise en charge. Confondre ces rôles expose l'enfant à une étiquette non validée et la famille à une angoisse mal fondée.

✅ À dire

« Je vois qu'il a beaucoup de mal à rester concentré sur les consignes longues, et je remarque qu'il s'y remet bien quand on découpe le travail. Pour comprendre ce qui l'explique et savoir comment l'aider au mieux, je vous encourage à en parler avec votre médecin. » On décrit, on partage ce qui aide, on oriente.

❌ À éviter

« Il a tous les signes du TDAH, il faudrait le faire suivre et sans doute lui donner un traitement. » Ce n'est ni votre rôle, ni votre champ de compétence, et cela peut fermer le dialogue avec une famille qui n'est pas prête à l'entendre ainsi. Le mot « diagnostic » comme le mot « traitement » appartiennent au médecin.

💡 La phrase qui désamorce le plus de tensions

« Je comprends que ce soit difficile à vivre, pour lui comme pour vous. » Accuser réception de l'émotion avant de répondre sur le fond fait retomber la plupart des tensions de couloir. Et l'échange se transmet ensuite : une inquiétude non remontée revient trois semaines plus tard, amplifiée, au niveau de la direction ou de l'inspection. Deux minutes d'écoute évitent souvent une escalade.

Prévenir l'usure professionnelle

Accompagner un élève TDAH, jour après jour, cumule une charge attentionnelle constante, une charge émotionnelle réelle et une contrainte de temps permanente. On répète les mêmes cadrages, on reprend les mêmes oublis, on encaisse des réactions vives, et les progrès sont lents, parfois en dents de scie. On donne beaucoup pour des résultats peu visibles, et la reconnaissance vient rarement. C'est un terrain propice à l'épuisement professionnel, dont l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) rappelle qu'il s'installe progressivement, sans bascule spectaculaire.

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Les signaux

Fatigue qui ne cède plus au repos, appréhension avant certaines heures ou certains élèves, irritabilité inhabituelle, troubles du sommeil, sentiment de faire du sur-place malgré l'effort.

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La mise à distance

Se surprendre à parler de l'élève comme d'un problème, à l'éviter du regard, à ne plus attendre grand-chose de lui. C'est un mécanisme de protection — et un signal à ne pas ignorer.

💬

Ce qui protège

Pouvoir parler des situations difficiles en équipe, avoir des repères clairs sur son rôle, et voir concrètement les progrès — d'où l'utilité de tracer ce qui évolue, même à petits pas.

🩺

Quand se faire aider

Si les signaux durent plusieurs semaines, en parler à la médecine du travail ou à son médecin. C'est un acte professionnel, pas un aveu de faiblesse.

Un point mérite d'être dit franchement : une part importante de la fatigue, dans ce contexte, ne vient pas des élèves eux-mêmes, mais de l'incertitude. Ne pas savoir si un comportement est de l'opposition ou de l'impulsivité, si l'on peut insister ou si l'on aggrave les choses, si l'on aurait dû signaler plus tôt. Cette charge mentale-là s'allège quand on comprend les mécanismes en jeu : on cesse de se demander en permanence « est-ce que je fais bien ? », parce qu'on dispose de repères stables. C'est d'ailleurs le retour le plus fréquent des équipes après une formation dédiée : le trouble n'a pas disparu, mais la sensation d'improviser en permanence, oui.

Enfin, protéger l'équipe passe aussi par la répartition de la charge. Un même adulte ne peut pas être seul en première ligne toute la journée. Alterner les intervenants sur les temps difficiles, ménager des respirations, et acter collectivement qu'une difficulté persistante relève de l'équipe et non d'un échec personnel : ce sont des mesures d'organisation, pas des faveurs.

Se former à l'élève TDAH : cadre, Qualiopi et financement

Pour un établissement, un service ou une structure d'accueil, la formation professionnelle des équipes autour d'un élève TDAH relève à la fois d'une logique de qualité et, souvent, d'obligations d'employeur. Les modalités varient selon les statuts et les contextes : plans de formation, entretiens professionnels, exigences des démarches qualité, développement des compétences des personnels. Mais trois éléments sont attendus dans presque toutes les configurations.

Un programme écrit avec des objectifs pédagogiques clairs. Un organisme identifiable et certifié. Une preuve individuelle de réalisation pour chaque professionnel formé. La certification Qualiopi est précisément le repère qui atteste qu'un organisme respecte un référentiel national qualité — condition, par ailleurs, pour envisager certains financements.

Élément demandéCe que fournit la formation DYNSEO
Programme détaillé19 leçons structurées avec objectifs, centrées sur l'impulsivité et l'opposition en classe
Organisme certifiéOrganisme de formation certifié Qualiopi — N° 11757351875
Preuve de réalisationAttestation de fin de formation pour chaque apprenant
Souplesse d'organisation100 % en ligne, accès illimité, à son rythme — sans immobiliser l'équipe une journée entière
Coût maîtrisé90 €, tarif clair, sans frais annexes

Concernant le financement, la certification Qualiopi est la condition qui permet à un employeur d'envisager une prise en charge, par exemple au titre du plan de développement des compétences ou via son opérateur de compétences (OPCO). Les règles, plafonds et procédures varient selon les structures, les branches et les financeurs, et rien n'est automatique : aucune aide ne peut être présentée comme acquise à l'avance. La démarche prudente est toujours la même — faire valider le programme et le devis par votre service RH, votre gestionnaire ou votre financeur avant l'engagement, jamais après.

Se former présente un dernier intérêt, moins visible mais décisif : cela homogénéise les pratiques. Quand tous les adultes autour d'un même élève partagent un vocabulaire commun et des réponses cohérentes, l'enfant cesse de rencontrer des règles différentes à chaque porte. C'est cette cohérence, plus qu'une technique isolée, qui produit les effets les plus durables.

Déployer une formation dans une équipe

Le vrai risque d'une formation en ligne n'est pas qu'elle soit mal suivie : c'est qu'elle soit suivie, appréciée, puis sans effet trois semaines plus tard. Le passage du savoir à la pratique ne se fait pas tout seul. Quelques mécanismes simples d'organisation évitent que les acquis se dissolvent.

  1. Un cadre de déploiement clair. Qui suit la formation, dans quel délai, sur quels créneaux. Le format en ligne et l'accès illimité permettent de répartir les 19 leçons sur plusieurs semaines, sans bloquer une journée entière.
  2. Un suivi des présences et des attestations. On centralise les attestations de fin de formation, pièce utile pour la démarche qualité et pour tout dossier de prise en charge.
  3. Un point court en réunion après chaque étape. Cinq minutes : qu'est-ce qu'on garde, appliqué à quel élève, dès quand ? On transforme le contenu en décisions concrètes.
  4. Une décision par module, écrite. Une seule, mais réelle : le pictogramme sur la trousse, la consigne découpée en étapes, la balle anti-stress autorisée, l'horaire d'écrit avancé.
  5. Un référent identifié. Une personne ressource vers qui aller en cas de doute, plutôt qu'un savoir diffus que personne n'incarne.
  6. Un bilan à trois mois. Une question unique : qu'est-ce qui a changé pour l'élève ? C'est ce qui distingue une formation utile d'une formation simplement consommée.

Pour ancrer les acquis, il est précieux d'associer la montée en compétences des adultes à des supports que l'élève utilise vraiment. Côté enfant, l'application JOE pour les plus grands et adolescents, et les jeux cognitifs pensés pour les 5-10 ans, permettent de travailler attention et régulation dans un cadre motivant. Côté équipe, les outils gratuits du catalogue DYNSEO et les tests cognitifs offrent des repères partagés. La formation donne le cadre ; ces supports le font vivre au quotidien.

Pour aller plus loin

Pour outiller concrètement les observations et les aménagements décrits ici, la fiche de gestion de l'impulsivité, le tableau de suivi comportemental et les cartes de recentrage attentionnel sont gratuits, comme l'ensemble du catalogue d'outils DYNSEO.

Questions fréquentes

Un enseignant ou un AESH peut-il dire à une famille que l'enfant « a un TDAH » ?

Non. L'école observe, décrit et propose des aménagements pédagogiques, mais elle ne pose aucun diagnostic. Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental dont l'évaluation relève du médecin — traitant, scolaire, puis le cas échéant d'un spécialiste. Le rôle professionnel consiste à partager des observations concrètes (« il a du mal à rester concentré sur les consignes longues ») et à encourager la famille à consulter, sans jamais employer le mot diagnostic ni parler de traitement. Cette prudence protège l'enfant d'une étiquette non validée et préserve le dialogue avec des parents parfois inquiets ou méfiants.

Comment tracer les comportements sans y passer un temps déraisonnable ?

En notant des faits brefs mais précis plutôt que des impressions. L'objectif n'est pas d'écrire beaucoup, mais de repérer des régularités : à quelle heure, dans quelle configuration, après quel type de consigne les difficultés reviennent. Un tableau de suivi comportemental structuré, rempli d'une ligne par situation notable, suffit largement. Le gain est double : on identifie les leviers concrets, et on dispose d'une matière solide pour les réunions d'équipe et les dossiers d'aménagement. Quelques secondes de notation ciblée valent mieux qu'un long récit rédigé le soir de mémoire, forcément approximatif.

La formation continue est-elle obligatoire pour accompagner ces élèves ?

Les obligations varient selon les statuts, les employeurs et les contextes, mais la formation continue relève presque partout à la fois d'une obligation d'employeur et des exigences des démarches qualité. En pratique, ce qui est attendu est un programme écrit avec des objectifs, un organisme identifiable et certifié — la certification Qualiopi en est le repère — et une preuve individuelle de réalisation, comme une attestation de fin de formation. Renseignez-vous auprès de votre service RH ou de votre encadrement pour connaître les règles applicables à votre structure, qui restent la référence en la matière.

Une formation en ligne peut-elle vraiment être financée ?

C'est possible, mais jamais automatique. La certification Qualiopi de l'organisme est la condition qui permet à un employeur d'envisager une prise en charge, par exemple au titre du plan de développement des compétences ou via un opérateur de compétences. Les règles, les plafonds et les procédures dépendent de votre structure, de votre branche et de votre financeur. Aucune aide ne peut être présentée comme acquise d'avance : la seule démarche fiable consiste à faire valider le programme et le devis par votre service RH ou votre financeur avant tout engagement, et non après l'achat.

Comment éviter qu'une formation reste sans effet une fois terminée ?

En transformant chaque module en une décision unique, écrite et appliquée à un élève précis, plutôt qu'en bonne intention générale. Un point de cinq minutes en réunion après chaque étape, un référent identifié vers qui aller en cas de doute, une décision concrète par module, et un bilan à trois mois portant sur ce qui a changé pour l'élève. L'accès illimité et le format en ligne permettent aussi de revenir sur une leçon au moment où une situation se présente. Sans ces mécanismes simples, même une formation bien suivie s'efface en quelques semaines.

ℹ️ Information générale

Cet article propose des repères professionnels généraux. Il ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un médecin : toute évaluation du TDAH et toute décision de prise en charge relèvent du professionnel de santé. Les obligations de formation, les règles de financement et les périmètres de responsabilité varient selon les statuts, les employeurs et les contextes : référez-vous à votre encadrement, à votre service RH et aux dispositifs applicables dans votre établissement. En cas de danger immédiat pour un enfant, contactez les services d'urgence de votre pays.

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