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Entretenir sa mémoire au quotidien : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Au début, ce ne sont que des détails. Un rendez-vous oublié, une question posée deux fois dans la même conversation, des clés retrouvées dans le réfrigérateur. On relativise, on met ça sur le compte de la fatigue ou de l'âge. Puis les épisodes se rapprochent, et une inquiétude sourde s'installe : faut-il consulter ? Qui ? Et si le diagnostic tombe, vers qui se tourner pour l'accompagnement, les aides, l'organisation du quotidien ?

  • ⏱️ 16 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en juillet 2026

Cet article s'adresse aux familles et aux proches aidants qui cherchent à s'y retrouver. Il traite précisément de la question entretenir sa mémoire au quotidien : aides et accompagnement — c'est-à-dire à qui s'adresser, quels dispositifs existent en France, comment préparer une consultation utile et, surtout, comment tenir dans la durée sans s'épuiser. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé : il vous donne la carte du terrain pour ne pas avancer à l'aveugle.

L'essentiel en 30 secondes

Deux portes d'entrée suffisent pour démarrer : le médecin traitant, qui écoute, oriente et prescrit les bilans, et un point d'information local (CLIC, dispositif d'appui à la coordination, CCAS de votre commune) qui connaît les aides existantes près de chez vous.

  • La mémoire s'entretient à tout âge, et un trouble qui commence ne signifie pas une trajectoire fixée : seul un professionnel peut poser un diagnostic et un pronostic.
  • Plusieurs familles d'aides coexistent — aide humaine à domicile, soins, adaptation du logement, soutien financier, répit de l'aidant, stimulation cognitive. Les noms et les conditions changent ; les besoins, non.
  • Une consultation mémoire se prépare : quelques observations datées et trois questions écrites valent mieux qu'une longue discussion improvisée.
  • L'épuisement de l'aidant est un risque réel, pas une faiblesse morale. Il s'installe lentement et se repère à des signaux précis.
  • Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir longtemps. Attendre d'être au bout ferme des portes.

Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs

Quand la mémoire d'un proche vacille, la première difficulté n'est pas médicale : c'est de savoir à qui s'adresser. On imagine un interlocuteur unique qui aurait toutes les réponses. En réalité, l'accompagnement est réparti entre plusieurs professionnels, chacun avec un rôle précis. Poser la bonne question à la mauvaise personne, c'est perdre des semaines. Voici la carte.

🩺

Médecin traitant

Le pivot. Il écoute vos observations, réalise un premier repérage, prescrit les bilans et oriente vers la consultation mémoire. C'est lui qu'on appelle en premier, et c'est lui qui coordonne le reste du parcours.

🧠

Consultation mémoire

Structure hospitalière ou libérale spécialisée dans l'évaluation des troubles cognitifs. C'est là que se pose un diagnostic, avec bilans, imagerie et tests. On y accède sur orientation du médecin traitant.

👴

Gériatre / neurologue

Le spécialiste du vieillissement et des maladies neurologiques. Il précise le diagnostic, propose un suivi et répond aux questions sur l'évolution et les traitements de fond.

🧩

Neuropsychologue

Il évalue finement mémoire, attention, langage et fonctions exécutives, et explique à l'entourage ce qui relève du trouble et ce qui n'en relève pas. Un allié précieux pour comprendre ce qu'on observe.

💬

Orthophoniste

Mots qui manquent, phrases qui se perdent, difficultés de communication. Il propose une rééducation et vous apprend, à vous aussi, comment échanger autrement quand les mots se dérobent.

🏠

Ergothérapeute

L'autonomie concrète : repères visuels dans le logement, organisation des objets, aides techniques, sécurisation. Un bilan à domicile est souvent le conseil le plus utile de toute la période.

🧑‍⚕️

Psychologue

Pour la personne concernée comme pour l'aidant. La perte de repères génère de l'anxiété et de la tristesse ; un espace pour en parler fait partie de l'accompagnement, pas d'un luxe.

📋

Point d'information local

CLIC, CCAS de la commune, dispositif d'appui à la coordination : c'est l'interlocuteur des démarches, des dossiers d'aide et de l'organisation à domicile. Beaucoup de familles le découvrent trop tard.

J'ai ce problème, je m'adresse à qui ?

La situationLe bon interlocuteur
Oublis qui se répètent, inquiétude sur la mémoireMédecin traitant, en premier
Besoin d'un bilan cognitif approfondiConsultation mémoire, sur orientation du médecin
Le proche cherche ses mots, la conversation devient difficileMédecin traitant, puis orthophoniste
Il se perd chez lui, oublie le gaz, laisse l'eau coulerErgothérapeute pour un bilan, et sécurisation du logement
Humeur très basse, repli, perte d'envie durablesMédecin traitant — la dépression se traite et peut aggraver les oublis
Confusion brutale, apparue en quelques heures ou joursServices d'urgence de votre pays sans attendre : un changement rapide n'est pas normal
Je ne comprends rien aux démarches et aux dossiersCLIC, CCAS ou dispositif d'appui à la coordination
Je n'y arrive plus, je suis à boutVotre propre médecin, et un point d'information pour une solution de répit

Un mot sur l'entrée en matière avec la personne concernée. Beaucoup de proches redoutent d'aborder le sujet de peur de blesser ou de braquer. Une formulation qui passe bien : « J'aimerais qu'on aille voir le médecin ensemble, juste pour faire un point, comme un contrôle de routine. » On dédramatise, on parle de bilan et non de maladie, et on propose d'y aller à deux. ❌ À éviter : « Tu perds la tête, il faut voir un spécialiste. » Ce genre de phrase ferme la porte pour des mois.

Entretenir sa mémoire au quotidien : les familles d'aides et d'accompagnement

Les dispositifs d'aide portent des noms techniques et leurs conditions évoluent régulièrement. Plutôt que de retenir des sigles, repérez d'abord de quelle famille de besoin vous relevez. Vous demanderez ensuite au point d'information le nom exact du dispositif applicable chez vous, et surtout ses conditions à jour : elles changent selon l'âge, les ressources et le département.

Famille d'aideÀ quoi ça sertOù commencer
Aide humaine à domicilePrésence, aide aux repas, au ménage, aux courses, accompagnement des sortiesCLIC, CCAS, ou service d'aide à domicile de votre secteur
Soins à domicileInfirmier, aide-soignant, kinésithérapeute, orthophoniste au domicilePrescription du médecin traitant
Adaptation du logementRepères visuels, sécurisation, barres d'appui, éclairage, rangement lisibleBilan d'un ergothérapeute, puis point d'information pour les financements
Aide financière ou compensationParticipation aux frais liés à la perte d'autonomieConseil départemental et point d'information ; les conditions d'âge et de ressources varient
Répit et soutien de l'aidantAccueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile, groupes de parolePlateforme d'accompagnement et de répit des aidants, association
Stimulation cognitiveActivités structurées pour entretenir mémoire, attention et langageOrthophoniste, accueil de jour, ateliers mémoire, applications dédiées

Sur les montants, un principe simple : ne considérez rien comme acquis tant que le dossier n'est pas instruit. Des aides comme l'allocation personnalisée d'autonomie existent, mais leur attribution et leur niveau dépendent d'une évaluation individuelle. Formulez toujours au conditionnel dans vos calculs de famille, et faites confirmer chaque montant par l'organisme qui verse. La caisse de retraite peut, elle aussi, proposer des aides pour les personnes moins dépendantes : pensez à l'interroger.

La dernière ligne du tableau mérite une insistance particulière, car elle est souvent négligée. Entretenir la mémoire fait partie intégrante de l'accompagnement. Cela ne remplace ni un traitement ni un suivi médical, mais des activités régulières, adaptées et bienveillantes maintiennent l'engagement, la confiance et le lien. Une application comme EDITH, conçue pour les seniors, propose des exercices progressifs sur tablette ; pour un adulte plus jeune ou après un accident vasculaire, JOE est mieux adaptée. L'idée n'est jamais de « faire travailler » comme à l'école, mais de proposer un moment agréable et réussi.

💡 Les trois réflexes qui font gagner des mois

1. Contactez un point d'information local (CLIC, CCAS) dès les premières inquiétudes, sans attendre un diagnostic : les démarches prennent du temps à aboutir. 2. Rassemblez tous les documents — comptes rendus, ordonnances, courriers, justificatifs — dans une seule pochette dédiée. 3. Repérez tôt l'association de patients et de familles de votre secteur (par exemple France Alzheimer et maladies apparentées) : elle connaît les démarches locales mieux qu'aucune brochure.

Où déposer un dossier, à quel guichet s'adresser

Une fois la famille d'aide identifiée, reste la question la plus concrète : où va le dossier, et qui l'instruit ? Voici les grands guichets français et leur rôle. Retenez que les périmètres se recoupent parfois d'un département à l'autre : le point d'information local reste votre meilleure boussole pour savoir exactement où déposer quoi.

GuichetCe qu'il traiteBon à savoir
CLIC / point info seniorsInformation, orientation, aide au montage des dossiersGratuit, neutre ; la meilleure première porte quand on ne sait rien
CCAS de la communeAides sociales locales, aide à domicile, portage de repasSitué en mairie ; connaît les dispositifs de proximité
Conseil départementalAides liées à la perte d'autonomie des personnes âgéesL'évaluation se fait souvent à domicile par une équipe médico-sociale
Caisse de retraiteAides pour les personnes moins dépendantes, préventionÀ solliciter tôt ; parfois oubliée alors qu'elle peut agir vite
Plateforme de répit des aidantsSolutions pour souffler, information, soutienS'adresse à vous, l'aidant, autant qu'à votre proche
Dispositif d'appui à la coordinationSituations complexes nécessitant plusieurs intervenantsCoordonne quand le parcours devient difficile à tenir seul

Un conseil qui vaut pour tous ces guichets : notez systématiquement, à chaque contact, la date, le nom de la personne, ce qui a été dit et la prochaine étape. Un simple cahier suffit. Les dossiers médico-sociaux passent par plusieurs mains, et c'est vous, l'aidant, qui assurez la continuité. Cette trace écrite vous évitera de tout réexpliquer à chaque appel et vous protègera en cas de désaccord sur ce qui avait été convenu.

Attention aux délais : entre le dépôt d'un dossier, l'évaluation et la mise en place effective d'une aide, plusieurs semaines s'écoulent souvent. C'est précisément pour cela qu'il faut lancer les démarches avant d'être en difficulté aiguë. Anticiper, ici, n'est pas de la sur-anticipation anxieuse : c'est de la logistique élémentaire.

Comprendre pour accompagner sans s'épuiser

La formation en ligne DYNSEO donne aux proches des méthodes simples pour entretenir la mémoire au quotidien : gestes concrets, activités adaptées, repères pour ne pas tout porter seul. 10 leçons courtes, 100 % en ligne, à suivre à votre rythme.

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Préparer une consultation mémoire vraiment utile

Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Sans préparation, elle glisse vers les généralités, et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant — parfois même avec de nouvelles. Un peu de méthode change tout, et ce que vous apportez au professionnel oriente directement ce qu'il pourra faire pour vous.

  1. Notez au fil des semaines, pas la veille. Une ligne par observation dans un carnet de liaison : ce qui a changé, quand, dans quelles circonstances. Les faits datés valent mille fois « ça se dégrade ».
  2. Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée dans le temps imparti.
  3. Apportez l'ordonnance complète, y compris ce qui vient d'autres prescripteurs et ce qui est pris sans prescription : certains médicaments et associations pèsent sur la mémoire.
  4. Venez à deux si possible. L'un écoute, l'autre note. On retient beaucoup moins qu'on ne le croit d'une consultation qui touche un proche, surtout sous le coup de l'émotion.
  5. Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on fait ce bilan et on se revoit dans deux mois, c'est bien ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
  6. Demandez qui appeler entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question évite des semaines d'hésitation solitaire.

Les questions qui rapportent le plus

  • Ces oublis relèvent-ils du vieillissement normal ou faut-il aller plus loin ?
  • Un bilan cognitif approfondi est-il indiqué, et auprès de qui ?
  • Le traitement actuel peut-il avoir un effet sur la mémoire ou la vigilance ?
  • Une rééducation orthophonique serait-elle utile ?
  • Un bilan à domicile par un ergothérapeute est-il justifié pour sécuriser le logement ?
  • Que puis-je faire, moi, concrètement, entre deux consultations ?
  • Y a-t-il un signe précis que je devrais surveiller et qui devrait me faire reconsulter ?

Avant de partir, deux vérifications toutes simples : repartez-vous avec un compte rendu écrit, et savez-vous quelle est la prochaine étape et qui la déclenche ? Un proche accompagné efficacement, c'est presque toujours une famille qui a compris ces deux points. Les tests cognitifs proposés par DYNSEO peuvent, entre deux rendez-vous, vous donner des éléments d'observation à partager avec le professionnel — sans jamais se substituer à son évaluation.

L'épuisement de l'aidant : le repérer à temps

Il ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous dites que ça va, que d'autres font bien plus, que ce n'est pas le moment de se plaindre. La charge est particulière avec les troubles de la mémoire : il faut répéter, rassurer, réparer, surveiller — et souvent essuyer une méfiance ou une opposition qui n'ont rien de personnel, mais qui usent. Puis un matin, une remarque anodine fait tout basculer.

😴

Le corps lâche

Sommeil qui ne répare plus, douleurs de dos ou de nuque, infections à répétition, tension ou glycémie qui se dérèglent alors qu'elles étaient stables.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, sentiment de vide, impression de ne plus rien faire correctement.

🚪

La vie se réduit

Invitations déclinées systématiquement, amis qui ne rappellent plus, loisirs abandonnés, plus une seule heure qui vous appartienne vraiment.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre proche, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et le sentiment d'être devenu surveillant plutôt que conjoint, fils ou fille.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un simple passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et pourtant souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez, sans minimiser. Un aidant qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une.

⚠️ Quand il faut consulter sans attendre

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. En cas de détresse immédiate, contactez les services d'urgence de votre pays. Ces situations se traitent, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe.

Ce qui aide vraiment, au jour le jour

Au-delà des dispositifs, quelques habitudes changent la texture des journées. Accepter une aide même quand « on pourrait encore faire soi-même » : la question n'est pas de pouvoir, mais de tenir dans la durée. Fractionner : mieux vaut trois relais d'une heure qu'un effort continu jusqu'à l'épuisement. Et se rappeler qu'un proche apaisé bénéficie d'un aidant reposé : prendre soin de vous n'est pas égoïste, c'est une partie de l'accompagnement.

Le droit de souffler : les solutions de répit

Le répit n'est pas un abandon, c'est une condition de durabilité. Plusieurs formules existent, sous des noms qui varient selon les territoires : renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent, car les délais d'accès sont rarement immédiats et les places parfois comptées.

FormulePrincipeUtile quand
Accueil de jourVotre proche passe une ou plusieurs journées par semaine dans une structure adaptéeVous avez besoin de créneaux réguliers et prévisibles
Hébergement temporaireSéjour de quelques jours à quelques semaines en établissementVacances, hospitalisation de l'aidant, coup de fatigue majeur
Relais à domicileUn professionnel prend le relais chez vous, quelques heures ou plusieurs joursVotre proche supporte mal de quitter son environnement
Groupes de parole d'aidantsRencontres animées, souvent via une associationVous vous sentez seul et incompris — c'est le besoin le plus fréquent
Soutien psychologiqueConsultations individuelles pour l'aidantLa charge émotionnelle déborde sur tout le reste

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur. On croit qu'accepter du répit, c'est reconnaître qu'on ne suffit pas. C'est l'inverse : c'est ce qui permet de rester présent longtemps, et de meilleure qualité de présence.

Concrètement, comment enclencher ? Une plateforme d'accompagnement et de répit des aidants recense les solutions de votre secteur et vous aide à choisir. Le point d'information local ou la consultation mémoire peuvent vous y orienter. Et si votre proche oppose une résistance, présentez la première étape comme un essai limité : « on teste une demi-journée, on voit comment ça se passe », plutôt qu'un changement définitif imposé.

Concilier travail, vie perso et accompagnement

Beaucoup d'aidants sont aussi salariés, parents, conjoints, et tiennent en rognant sur leurs congés et leurs nuits. La France, comme la plupart des pays, prévoit des dispositifs pour les proches aidants — congés spécifiques, aménagements d'horaires, télétravail, temps partiel. Leurs conditions varient et évoluent ; leur point commun, c'est qu'ils restent largement méconnus de ceux qui pourraient en bénéficier.

  1. Renseignez-vous avant d'être en difficulté, auprès du service des ressources humaines ou de la médecine du travail. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que celles faites dans l'urgence.
  2. Distinguez ce qui exige votre présence — un rendez-vous médical, par exemple — de ce qui peut être délégué. Tout n'a pas à reposer sur vous, même si vous êtes le plus disponible.
  3. Répartissez explicitement dans la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, casse la spirale où celui qui est sur place fait tout et s'épuise en silence pendant que les autres « ne savaient pas ».
  4. Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, considérées comme non négociables au même titre qu'un rendez-vous médical.

Organiser la famille sans conflit

Les tensions familiales autour d'un parent qui perd la mémoire sont fréquentes, et rarement dues à de la mauvaise volonté : chacun vit la situation à sa manière, avec sa culpabilité et son déni. Un cadre concret désamorce beaucoup. Fixez un rendez-vous familial régulier, court, avec un ordre du jour simple : qui fait quoi cette semaine, quelles décisions prendre, qui contacte tel professionnel. Écrire les décisions évite le classique « je croyais que tu t'en occupais ». Et gardez en tête que le proche concerné, tant qu'il le peut, doit rester partie prenante des décisions qui le concernent.

Se former, pour arrêter de subir

Une grande partie de la fatigue des aidants ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si tel comportement est grave, si l'on fait bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher, comment réagir face à une répétition ou à une opposition. Comprendre ce qui se joue transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés — et rend le quotidien nettement moins anxiogène.

C'est l'objet de la formation en ligne « Entretenir sa mémoire au quotidien : méthodes simples et efficaces » : 10 leçons courtes, pensées pour des proches et des aidants, qui donnent des méthodes concrètes pour stimuler la mémoire sans transformer chaque moment en exercice scolaire. Le format est 100 % en ligne, avec un accès illimité pour revenir sur une leçon au moment où vous en avez besoin, et un tarif de 20 €. DYNSEO est un organisme de formation certifié Qualiopi (N° 11757351875) et délivre une attestation de fin de formation.

Concrètement, ce que vous en retirez : des activités simples à proposer à un proche, une manière de communiquer qui réduit les tensions, des repères pour distinguer ce qui relève du quotidien de ce qui doit être signalé au médecin, et surtout la sérénité de ne plus improviser. À suivre le soir, quand la maison est calme, sans pression et sans échéance.

Pour aller plus loin

Plusieurs outils gratuits accompagnent directement les démarches décrites ici : le carnet de liaison, pour ne rien oublier en consultation, la fiche de suivi de séance, et le tableau de suivi des progrès, qui donne des éléments concrets à présenter aux professionnels. L'ensemble du catalogue d'outils est en libre accès.

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?

Par deux contacts. Le premier avec le médecin traitant, qui écoute vos observations, réalise un premier repérage et oriente si besoin vers une consultation mémoire. Le second avec un point d'information local — un CLIC, le CCAS de votre commune ou un dispositif d'appui à la coordination — qui connaît les aides applicables là où vous vivez et vous aide à monter les dossiers. Contactez ensuite l'association de patients et de familles de votre secteur : elle vous fera gagner un temps considérable sur les démarches locales et vous mettra en lien avec d'autres proches.

Faut-il attendre un diagnostic pour lancer des demandes d'aide ?

Non, et attendre est souvent l'erreur la plus coûteuse. Beaucoup d'aides à domicile, d'aménagements et de solutions de répit prennent des semaines à se mettre en place. Vous pouvez contacter un point d'information dès les premières inquiétudes pour comprendre ce qui existe et anticiper. Le diagnostic reste indispensable pour certaines aides spécifiques et pour le suivi médical, mais il ne conditionne pas toutes les démarches. Renseignez-vous en parallèle du parcours de soins, sans considérer aucun montant comme acquis tant que le dossier n'est pas instruit.

Mon proche refuse toute aide extérieure, que faire ?

Commencez petit et limité dans le temps : une aide ponctuelle pour une tâche précise, plutôt qu'une réorganisation complète du quotidien. Faites porter la demande par un professionnel de santé, qui la présentera comme un conseil médical et non comme une décision familiale. Et présentez-la comme un soutien pour vous : « c'est pour que je puisse continuer à être là » passe souvent mieux que « tu ne peux plus rester seul ». Enfin, laissez le temps faire : un premier essai qui se passe bien lève souvent des résistances qui semblaient inébranlables.

Existe-t-il des aides destinées à moi, l'aidant ?

Oui. La France, comme la plupart des pays, prévoit des dispositifs spécifiquement pensés pour les proches aidants : solutions de répit, congés dédiés, groupes de parole, soutien psychologique, parfois des formations. Ils restent largement sous-utilisés, souvent par simple méconnaissance de leur existence. Une plateforme d'accompagnement et de répit des aidants, un point d'information local ou une association sont les mieux placés pour vous dire ce qui existe près de chez vous. N'attendez pas d'être au bout du rouleau pour les solliciter : ces aides servent justement à éviter d'en arriver là.

Les jeux et applications de mémoire remplacent-ils un suivi médical ?

Non, et il faut être clair là-dessus. Les activités de stimulation cognitive, y compris les applications comme EDITH ou JOE, entretiennent l'engagement, la confiance et le lien, et font partie d'un accompagnement de qualité. Mais elles ne posent aucun diagnostic, ne soignent aucune maladie et ne remplacent ni la consultation, ni le suivi, ni les rééducations prescrites. Voyez-les comme un complément agréable et régulier, à côté du parcours médical. En cas de doute sur un changement, c'est toujours vers le médecin qu'il faut se tourner, jamais vers un score obtenu dans une application.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'aides et d'interlocuteurs valables dans la plupart des situations en France. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès et leurs montants varient selon les territoires et évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné. Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil juridique ou social personnalisé. Pour tout diagnostic, pronostic ou décision de soin, adressez-vous à un professionnel de santé.

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