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La réminiscence thérapeutique : posture professionnelle, travail en équipe et montée en compétences

Faire raconter un souvenir semble simple, presque naturel. Dans un cadre professionnel, ce n'est pas la même chose : accompagner une personne âgée à revisiter son passé engage une posture, un cadre et des responsabilités précises. C'est tout l'enjeu de la réminiscence thérapeutique : formation professionnelle, posture juste et travail d'équipe sont ici indissociables, car un souvenir peut apaiser autant qu'il peut réveiller une douleur ancienne.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les professionnels
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

Cet article ne présente pas une méthode d'animation de plus. Il détaille ce qui, dans ce travail de mémoire, relève réellement du métier : jusqu'où va votre rôle, ce qu'il faut noter et transmettre, comment coordonner une équipe pluridisciplinaire, comment parler aux familles, et comment tenir dans la durée sans s'user. Avec, à chaque fois, les mots exacts qui fonctionnent et les gestes concrets à poser.

L'essentiel en 30 secondes

La réminiscence thérapeutique n'est pas une simple conversation sur le passé : c'est un accompagnement structuré qui demande une posture professionnelle claire. Proposer, accueillir et observer relèvent de vous ; interpréter relève de l'équipe ; diagnostiquer et soigner un trauma relèvent du professionnel de santé.

  • La posture consiste à ouvrir un espace de souvenir sans jamais forcer, et à savoir s'arrêter quand une émotion déborde.
  • Une transmission utile décrit ce qui a été proposé, la réaction observée et ce qui a fonctionné — jamais une étiquette.
  • Le travail d'équipe transforme une belle séance isolée en un fil rouge partagé autour de l'histoire de vie de la personne.
  • Avec les familles, on recueille des repères biographiques et on rend compte ; on ne promet ni guérison, ni retour de la mémoire perdue.
  • Se former réduit la charge mentale : beaucoup de l'inconfort vient de l'incertitude sur ce qu'il faut faire quand un souvenir fait pleurer.

La posture professionnelle dans la réminiscence

La réminiscence thérapeutique consiste à mobiliser les souvenirs — souvent anciens et bien conservés, même chez des personnes atteintes de troubles cognitifs — pour soutenir l'identité, la communication et le sentiment de valeur. C'est une approche non médicamenteuse reconnue et documentée par des organismes comme la Haute Autorité de santé dans le cadre des interventions psychosociales en établissement. Mais reconnue ne veut pas dire anodine.

La difficulté professionnelle tient dans un équilibre, entre deux dérives symétriques. D'un côté, en faire trop : transformer la séance en interrogatoire, insister pour « faire remonter » un souvenir, chercher à corriger une erreur de mémoire, ou glisser vers un travail psychothérapeutique qui n'est pas le vôtre. De l'autre, en faire trop peu : réduire la réminiscence à un bavardage sympathique, sans intention ni observation, où l'on passe à côté de ce qui se joue vraiment.

Situation✅ Ce que vous pouvez faire❌ Ce qui sort de votre rôle
La personne ne se souvient plus d'un événementAccueillir le présent, proposer un autre support, valoriser ce qui vientCorriger, insister, « tester » sa mémoire
Un souvenir déclenche des larmesRester, nommer l'émotion, laisser le temps, proposer d'arrêterDétourner brusquement le sujet ou minimiser la tristesse
Un souvenir traumatique affleure (deuil, guerre, violence)Sécuriser l'instant, cesser d'explorer, signaler au psychologue« Faire parler » pour « libérer » le trauma
La personne mélange souvenirs et présentEntrer dans son monde, valider l'émotion vécueLa ramener de force à la réalité « objective »
Une famille demande une « amélioration » de la mémoireExpliquer l'objectif réel : bien-être, lien, identitéPromettre un retour des souvenirs ou un ralentissement de la maladie
La personne refuse la séance ce jour-làRespecter, reproposer plus tard, noter le refusInsister ou culpabiliser

Proposer sans forcer : le principe fondateur

Le cœur de la posture tient dans un mot : l'invitation. On ouvre une porte, on ne pousse pas la personne à travers. Concrètement, cela change tout dans la manière de démarrer. On ne dit pas « racontez-moi votre mariage », injonction qui met en échec dès que le souvenir manque. On dit : « J'ai apporté cette photo de robe de mariée des années 1950. Qu'est-ce qu'elle vous évoque ? » L'objet porte la charge, la personne rebondit si elle le souhaite.

Cette nuance protège la personne du sentiment d'échec, si fréquent chez les personnes désorientées. Elle protège aussi la relation : une réminiscence réussie ne se mesure pas au nombre de souvenirs exacts restitués, mais à la qualité de l'échange, au plaisir partagé, à l'émotion positive qui reste après le départ du professionnel.

Il est utile aussi de distinguer les registres de réminiscence, car ils n'engagent pas la même posture. La réminiscence dite « simple » consiste à évoquer des souvenirs agréables pour le plaisir et le lien : c'est le registre le plus courant et le plus accessible à toute l'équipe. La revue de vie, plus structurée, retrace un parcours et demande davantage de préparation et de cadre. Enfin, tout ce qui touche à la relecture douloureuse d'événements marquants relève d'un accompagnement clinique et sort du champ de l'animation quotidienne. Savoir dans quel registre on se trouve évite bien des maladresses : on n'aborde pas une revue de vie complète au détour d'un couloir, entre deux soins.

💡 Le test à s'appliquer

Après une séance, posez-vous une question simple : ai-je cherché à obtenir quelque chose de la personne, ou lui ai-je offert un espace ? Si vous êtes reparti frustré parce qu'« elle n'a pas parlé », l'objectif était probablement mal placé. La réminiscence sert la personne, pas la performance de la séance.

La limite claire : réminiscence n'est pas psychothérapie

C'est la frontière la plus importante à tenir. La réminiscence thérapeutique soutient le bien-être par le souvenir ; elle ne traite pas un traumatisme, ne dénoue pas un deuil pathologique, ne relève pas d'une prise en charge psychologique spécialisée. Lorsqu'un souvenir douloureux surgit — et cela arrive —, votre rôle est de sécuriser l'instant, d'accueillir l'émotion sans la fuir, puis de transmettre au psychologue ou au professionnel de santé compétent. Chercher à « travailler » ce trauma soi-même, sans formation clinique dédiée, expose la personne et vous met en difficulté.

Traçabilité et transmissions : quoi noter, comment transmettre

Une séance de réminiscence qui n'est pas tracée est une séance à moitié perdue. Non parce qu'il faudrait tout consigner, mais parce que l'information la plus précieuse — ce qui apaise cette personne précise, quel objet ouvre la parole, quel sujet est à éviter — disparaît avec la mémoire de celui qui l'a vécue. La transmission transforme une intuition individuelle en savoir d'équipe.

Comme pour toute transmission, la règle d'or est de livrer une observation, pas une conclusion. « Bonne séance » ne dit rien d'exploitable. La relève et l'équipe ont besoin de faits reproductibles.

  1. Le support utilisé. Photo, objet, musique, odeur, texture : notez précisément ce qui a servi de déclencheur.
  2. La réaction observée. Ce qui a été dit, fait, ressenti — les mots exacts quand c'est possible, sans interprétation.
  3. Ce qui a fonctionné. Le thème, l'objet ou la posture qui a ouvert la parole ou apaisé : l'information reine, celle qui permet de reproduire.
  4. Ce qui a heurté. Le sujet à éviter, l'objet qui a provoqué un retrait ou des larmes : aussi important à noter que ce qui a marché.
  5. Ce qui est nouveau. Une réaction inhabituelle, une émotion inattendue, un souvenir jamais évoqué : à signaler explicitement comme nouveau.
❌ Transmission inexploitable✅ Transmission utile
Séance sympa, elle a bien participéPhoto de son village natal : a nommé la boulangerie, souri, parlé 10 min sans sollicitation
Ça n'a pas marché aujourd'huiMusique de bal proposée : s'est fermée, a demandé à rentrer ; le calme la mettait mieux la semaine dernière
Un peu tristePhoto de son mari : larmes silencieuses, a voulu garder la photo ; l'a apaisée de rester en silence près d'elle
Elle raconte n'importe quoiSe situe en 1960, cherche ses enfants petits : rassurée quand on parle d'eux au présent affectif
Refus de participerA décliné la séance à 15 h ; a accepté volontiers le lendemain matin après le café
Souvenir difficileÉvocation spontanée de la guerre, angoisse visible — nouveau ; séance arrêtée, à signaler au psychologue

Un outil structuré aide beaucoup à tenir ce cap. Une fiche de suivi de séance et un tableau de suivi des compétences, gratuits dans le catalogue d'outils DYNSEO, donnent un cadre commun où chacun note de la même façon. La régularité du format compte autant que le contenu : une équipe qui trace pareil se relit sans effort.

⚠️ La ligne à ne jamais oublier

Tout élément émotionnel intense et nouveau — angoisse marquée, évocation d'un trauma, tristesse profonde qui persiste après la séance, propos exprimant une souffrance ou un désespoir — doit être signalé explicitement et sans délai au professionnel de santé référent (médecin, psychologue). La réminiscence peut faire remonter ce qui était enfoui ; savoir passer le relais fait partie du métier.

Poser un cadre solide autour du souvenir

La formation « La réminiscence thérapeutique : revisiter le passé pour mieux vivre le présent » détaille posture, supports et gestion des émotions à travers 16 leçons, avec des mises en situation professionnelles concrètes.

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Travail pluridisciplinaire : qui fait quoi, comment coordonner

La réminiscence n'appartient à personne en particulier, et c'est précisément ce qui fait sa force et sa fragilité. Elle peut être portée par un animateur, une aide-soignante, un psychologue, un ergothérapeute, un bénévole formé. Sa force : elle s'infiltre dans tous les moments de la journée. Sa fragilité : sans coordination, elle se réduit à des initiatives isolées qui ne se parlent pas.

ProfessionnelCe qu'il apporte de spécifique
Aide-soignant, auxiliaire de vieLa réminiscence au fil du soin : un mot sur un souvenir pendant la toilette, un objet familier dans la chambre
AnimateurAteliers collectifs, supports thématiques, repérage de ce qui motive chacun
Psychologue, neuropsychologueLecture des réactions émotionnelles, accompagnement des souvenirs douloureux, cadre clinique
ErgothérapeuteAdaptation des supports sensoriels, aménagement de l'espace, boîtes à souvenirs
OrthophonisteSoutien du langage et de la communication, consignes adaptées aux troubles
Infirmier, médecinContexte clinique, traitements, orientation en cas de retentissement
Famille, bénévolesMatière biographique, objets et photos, présence affective

Un fil rouge : l'histoire de vie partagée

La coordination repose sur un support central : le recueil de l'histoire de vie, souvent intégré au projet personnalisé. Ce document rassemble les repères biographiques — métier, région d'origine, passions, événements marquants, sujets sensibles — accessibles à toute l'équipe. Il évite que chacun reparte de zéro et, surtout, il empêche les faux pas : on ne propose pas une chanson de bal à une personne qui a perdu son conjoint sur une piste de danse, si l'information a été notée.

La coordination se joue aussi dans le temps de transmission : quelques minutes en réunion pour partager ce qui apaise telle personne, quel objet ouvre la parole, quel thème est à éviter. Ce partage transforme des séances isolées en un accompagnement cohérent, qui survit aux week-ends, aux remplacements et aux départs.

La dimension sensorielle mérite une attention particulière dans cette coordination. Les souvenirs anciens se réveillent souvent mieux par une odeur, une texture, un goût ou une musique que par des mots. Une chanson de jeunesse, l'odeur du savon d'autrefois, le contact d'un tissu familier peuvent rouvrir un accès à la parole là où les questions échouent. L'ergothérapeute et l'animateur peuvent construire ensemble des boîtes à souvenirs thématiques, propres à chaque personne, que l'ensemble de l'équipe apprend à utiliser. Ce travail sensoriel partagé donne des points d'appui concrets, réutilisables par un remplaçant qui découvre la personne : il ne part pas de rien, il sait déjà ce qui ouvre la porte.

Préparer trois minutes utiles en réunion

  1. Un constat daté : « depuis trois semaines, les photos de son jardin l'apaisent nettement en fin d'après-midi ».
  2. Une observation partagée : « le sujet de son fils décédé revient et la bouleverse ».
  3. Une question précise : « peut-on convenir ensemble de la manière d'accueillir ce sujet quand il surgit ? ».
  4. Une proposition testable : « je propose d'installer un coin souvenirs dans sa chambre, on évalue dans quinze jours ».

Communiquer avec les familles autour des souvenirs

Les familles sont à la fois la ressource la plus précieuse et la source d'attentes parfois délicates à recadrer. Précieuse, car elles détiennent la matière : photos, objets, anecdotes, chansons, recettes. Délicate, car elles espèrent souvent que la réminiscence « fasse revenir la mémoire » ou ralentisse la maladie. Poser le bon cadre dès le départ évite les malentendus douloureux.

Les trois situations les plus fréquentes

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Recueillir la matière biographique

On explique l'usage : « vos photos et anecdotes nous aident à créer des moments de plaisir et de lien. Ce qui compte, ce n'est pas qu'il se souvienne, c'est qu'il se sente lui-même. » On précise aussi les sujets sensibles à connaître.

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Recadrer une attente de guérison

« La réminiscence ne fait pas revenir la mémoire perdue et ne soigne pas la maladie. Ce qu'elle apporte, on le voit : du bien-être, de la parole, des moments d'apaisement. C'est déjà beaucoup. » Honnête, sans casser l'espoir.

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Rendre compte d'une séance

On décrit un fait observé : « quand on a écouté la chanson de son enfance, il a chantonné et souri. » On partage un moment concret plutôt qu'un jugement global, sans jamais interpréter ce que la personne « ressent vraiment ».

💡 La phrase qui redonne une place à la famille

« Vous êtes la personne qui le connaît le mieux. Vos souvenirs à vous nous sont précieux. » Beaucoup de proches se sentent inutiles face à la maladie. Leur confier un rôle actif — apporter une photo, enregistrer une chanson, raconter une anecdote — apaise leur culpabilité et enrichit réellement l'accompagnement. C'est un des rares terrains où la famille redevient contributrice, pas seulement spectatrice.

❌ À éviter : promettre un résultat sur la mémoire ou sur l'évolution de la maladie, interpréter les émotions de la personne à la place du professionnel de santé, ou transmettre à la famille un souvenir intime que la personne a confié dans la confidentialité de la séance. On rend compte de ce qui sert le lien, on protège ce qui relève de l'intime.

Prévenir l'usure professionnelle dans ce travail de mémoire

Accompagner la mémoire de personnes qui, souvent, oublieront la séance dès le lendemain, engage émotionnellement plus qu'on ne le dit. On donne beaucoup, on reçoit des émotions fortes, on assiste à la répétition d'un deuil ou d'une angoisse, et la reconnaissance visible manque. Les métiers de l'accompagnement des personnes âgées figurent, selon les travaux de la DREES et des observatoires du secteur, parmi les plus exposés à la charge physique et émotionnelle. Nommer ce risque, c'est déjà commencer à s'en protéger.

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Les signaux

Fatigue qui ne cède plus au repos, appréhension avant la prise de poste, irritabilité inhabituelle, troubles du sommeil, sentiment que « rien ne sert à rien ».

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La mise à distance

Se surprendre à expédier les séances, à parler des personnes comme de tâches, à éviter les échanges émotionnels. Mécanisme de protection, et signal à entendre.

💬

Ce qui protège

Parler des séances difficiles en équipe, avoir des repères clairs sur son rôle, et voir les progrès — d'où l'utilité de tracer ce qui apaise et ce qui évolue.

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Quand consulter

Si les signaux durent plusieurs semaines, en parler à la médecine du travail ou à son médecin. C'est un acte professionnel, pas un aveu de faiblesse.

Un point mérite d'être dit clairement : une part importante de la fatigue, dans ce travail, ne vient pas des gestes mais de l'incertitude. Ne pas savoir quoi faire quand un souvenir fait pleurer, se demander si l'on aurait dû insister ou s'arrêter, craindre d'avoir « mal fait ». Cette charge mentale s'allège nettement quand on dispose de repères solides. C'est d'ailleurs un des retours les plus fréquents des professionnels après une formation : non pas « j'ai appris des techniques », mais « je sais enfin ce qui relève de moi ».

Trois réflexes d'équipe qui protègent

  1. Un temps de parole régulier sur les séances qui ont remué : pouvoir dire « ça m'a touché » sans que ce soit un problème.
  2. Un référent clairement identifié vers qui aller en cas de doute sur une réaction émotionnelle intense.
  3. La valorisation des petits signes : un sourire, un mot, un apaisement. Les tracer, c'est se rappeler que le travail porte.

Se former : cadre, certification et financement de la réminiscence thérapeutique

Dans la plupart des configurations, la formation continue des professionnels du médico-social relève à la fois d'une obligation d'employeur et de la démarche qualité des établissements. Les modalités varient selon les statuts et les pays : développement professionnel continu, entretiens professionnels périodiques, plans de formation annuels, exigences des autorités de contrôle et des référentiels d'évaluation. Sur le fond, se former à la réminiscence thérapeutique en formation professionnelle répond à un besoin réel du terrain, souvent sous-outillé face aux émotions que ces séances soulèvent.

En pratique, trois éléments sont attendus dans presque toutes les situations : un programme écrit avec des objectifs pédagogiques, un organisme identifiable et, de plus en plus, certifié, et une preuve individuelle de réalisation.

Élément demandéCe que fournit DYNSEO
Programme détailléFormation structurée en 16 leçons avec objectifs pédagogiques
Organisme certifiéOrganisme de formation certifié Qualiopi — N° 11757351875
Preuve de réalisationAttestation de fin de formation par apprenant
Souplesse d'organisation100 % en ligne, accès illimité, à son rythme
Tarif lisible90 € par apprenant, sans frais cachés

Concernant le financement, la certification Qualiopi est la condition qui permet à un employeur d'envisager une prise en charge au titre du plan de développement des compétences ou par son opérateur de compétences (OPCO). Les règles, plafonds et procédures varient selon les branches et les financeurs. Un principe simple : faites valider le programme et le devis par votre service RH ou votre organisme financeur avant l'achat, jamais après. Une prise en charge n'est jamais acquise d'avance ; elle se prépare.

Le format 100 % en ligne présente ici un avantage organisationnel décisif : pas de coût de déplacement, pas de journée entière à couvrir en remplacement, un suivi à répartir sur les temps disponibles. C'est souvent ce qui rend une montée en compétences réaliste dans une équipe déjà tendue sur les plannings.

Déployer la formation dans une équipe

Le vrai risque d'une formation en ligne n'est pas qu'elle soit mal suivie : c'est qu'elle soit suivie, appréciée, puis sans effet trois semaines plus tard. Déployer une formation dans une équipe, ce n'est pas seulement acheter des accès : c'est organiser l'apprentissage et son ancrage. Quelques mécanismes simples font toute la différence.

  1. Un référent formation identifié qui suit l'avancement, relance en douceur et centralise les questions. Sans pilote, une formation en ligne s'étire indéfiniment.
  2. Un calendrier réaliste : répartir les 16 leçons sur plusieurs semaines, en fléchant des créneaux concrets plutôt qu'un vague « quand vous aurez le temps ».
  3. Un point de cinq minutes en réunion après chaque bloc de leçons : qu'est-ce qu'on retient, appliqué à qui, dès quand.
  4. Une décision concrète par thème, écrite dans les projets personnalisés : une boîte à souvenirs pour telle personne, un coin photos pour telle autre, un sujet à éviter noté pour tous.
  5. Le suivi des attestations : conserver les attestations nominatives de fin de formation, utiles pour la traçabilité qualité et les évaluations externes.
  6. Un bilan à trois mois avec une seule question : qu'est-ce qui a changé pour les personnes accompagnées ? C'est ce qui distingue une formation utile d'une formation consommée.

Pour outiller ce déploiement, des supports simples suffisent souvent : un tableau de suivi des progrès visuel pour rendre les évolutions lisibles, un carnet de liaison pour relier équipe et famille, et des applications de stimulation cognitive comme EDITH, conçue pour les seniors, ou JOE pour les adultes, qui prolongent le travail de mémoire au-delà des séances de réminiscence. Vous pouvez aussi situer le niveau cognitif avec les tests cognitifs proposés en accès libre.

Pour aller plus loin

Ces quatre approfondissements complètent l'angle professionnel traité ici. Le premier détaille le contenu même de la formation ; le deuxième pose les fondements théoriques ; le troisième explore les situations délicates au cas par cas ; le quatrième rassemble supports et aménagements concrets. Le catalogue de formations DYNSEO propose par ailleurs des parcours complémentaires sur l'accompagnement des personnes âgées.

Questions fréquentes

La réminiscence thérapeutique peut-elle être pratiquée par tout professionnel ?

Oui, dans sa dimension de soutien au bien-être : aides-soignants, animateurs, auxiliaires de vie ou bénévoles formés peuvent proposer des moments de réminiscence, à condition de connaître le cadre et les limites. Ce qui change avec le métier, c'est le degré d'intervention. Accueillir une émotion, valoriser un souvenir, proposer un support relèvent de tous. En revanche, accompagner un souvenir traumatique ou un deuil pathologique relève du psychologue ou d'un professionnel de santé. Une formation permet précisément de savoir où passe cette frontière, et à qui transmettre quand un souvenir dépasse le cadre de l'accompagnement ordinaire.

Que faire quand un souvenir fait pleurer la personne ?

Les larmes ne sont pas un échec de la séance. On reste présent, on nomme l'émotion sans la fuir : « je vois que ça vous touche, on peut prendre le temps. » On ne détourne pas brusquement le sujet et on ne minimise pas. On propose de continuer ou de s'arrêter, en laissant le choix. Si l'émotion est intense, nouvelle, ou si elle évoque un traumatisme, on sécurise l'instant, on met fin à l'exploration du souvenir et on transmet au psychologue ou au professionnel de santé référent. Accueillir sans traiter : c'est la juste posture.

Comment tracer une séance de réminiscence sans y passer trop de temps ?

Quelques lignes suffisent si elles sont bien ciblées. Notez le support utilisé, la réaction observée en faits, ce qui a fonctionné et ce qui a heurté, et tout élément nouveau. Évitez les jugements globaux comme « bonne séance » : préférez un fait reproductible, par exemple « la photo du village a ouvert la parole ». Une fiche de suivi standardisée, partagée par toute l'équipe, réduit considérablement le temps d'écriture : chacun note de la même manière et se relit sans effort. La régularité du format compte autant que le contenu.

La formation à la réminiscence est-elle prise en charge financièrement ?

Une prise en charge est possible mais jamais automatique. La certification Qualiopi de l'organisme est la condition qui permet à un employeur d'envisager un financement au titre du plan de développement des compétences ou par son OPCO. Les règles, plafonds et procédures varient selon les branches, les statuts et les financeurs. Le principe à retenir : faites valider le programme et le devis par votre service RH ou votre organisme financeur avant l'achat, jamais après. Renseignez-vous sur les dispositifs applicables à votre situation, car ils évoluent régulièrement et diffèrent d'un employeur à l'autre.

Comment éviter qu'une formation reste sans effet dans l'équipe ?

En transformant chaque thème en une décision concrète, écrite et appliquée à une personne précise, plutôt qu'en intention générale. Désignez un référent qui pilote l'avancement, fléchez des créneaux réels pour suivre les leçons, faites un point de cinq minutes en réunion après chaque bloc, et inscrivez une décision par thème dans les projets personnalisés. Prévoyez un bilan à trois mois centré sur ce qui a changé pour les personnes accompagnées. Sans ces mécanismes d'ancrage, même une formation bien suivie et appréciée s'efface en quelques semaines, faute d'être reliée au quotidien de l'équipe.

ℹ️ Information générale

Cet article propose des repères professionnels généraux sur la réminiscence thérapeutique. Il ne constitue ni un avis médical, ni un avis juridique. Les obligations de formation, les règles de financement et les périmètres de responsabilité varient selon les pays, les statuts et les employeurs : référez-vous à votre encadrement, à votre service RH et aux protocoles de votre établissement. Pour tout signe de souffrance psychique chez une personne accompagnée, orientez vers le médecin ou le psychologue ; en cas d'urgence, contactez les services d'urgence de votre pays.

Donner à votre équipe les bons repères sur la réminiscence thérapeutique

Se former à la réminiscence thérapeutique en formation professionnelle, c'est offrir à chaque professionnel un cadre clair : 16 leçons, 100 % en ligne, accès illimité, à son rythme. Organisme certifié Qualiopi (N° 11757351875), attestation de fin de formation pour chaque apprenant.

Découvrir la formation — 90 €

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