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Familles & aidants · Parkinson

Parkinson : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Le jour du diagnostic, tout le monde regarde la personne malade — c'est normal. Mais dans les semaines qui suivent, c'est souvent le conjoint, l'enfant ou le voisin qui se retrouve à gérer les rendez-vous, les traitements qui changent d'horaire, les papiers qui s'empilent et la fatigue qui monte. En matière de Parkinson, aides et accompagnement ne manquent pas en France : le vrai problème, c'est qu'ils sont dispersés entre une dizaine d'interlocuteurs, cachés derrière des sigles, et qu'on les découvre presque toujours trop tard, au moment où l'on est déjà débordé.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

Cet article remet de l'ordre dans ce parcours. Qui appeler pour quel problème, quels dispositifs existent et où déposer les dossiers, comment tirer le maximum d'une consultation qui dure quinze minutes, comment repérer votre propre épuisement avant qu'il ne vous rattrape, et comment continuer à travailler et à vivre sans vous oublier complètement. Pas de barème chiffré présenté comme une certitude : les montants et les conditions changent, on vous dit systématiquement où les vérifier.

L'essentiel en 30 secondes

Deux portes d'entrée suffisent pour démarrer : le neurologue, qui pose le diagnostic, ajuste le traitement et coordonne le suivi spécialisé, et le médecin traitant, qui assure le quotidien, prescrit les soins de rééducation et déclenche la reconnaissance en affection de longue durée (ALD).

  • La reconnaissance en ALD auprès de l'Assurance Maladie ouvre la prise en charge des soins liés à la maladie : c'est souvent la première démarche à lancer.
  • L'aide à l'autonomie passe par l'APA (après 60 ans, via le conseil départemental) ou par la MDPH (avant 60 ans) : les deux financent de l'aide humaine et des adaptations.
  • France Parkinson et les autres associations font gagner un temps considérable : elles connaissent les démarches locales et animent des groupes d'aidants.
  • L'aidant a des droits — congé de proche aidant, allocation journalière, solutions de répit — largement méconnus, presque jamais réclamés spontanément.
  • Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir dans la durée. Attendre d'être au bout ferme des portes et rallonge les délais.

Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs

La maladie de Parkinson se suit à plusieurs mains. Aucun professionnel ne détient l'ensemble du tableau, pas même le neurologue qui suit votre proche depuis le début. Chacun a un rôle précis, et le premier réflexe qui fait gagner du temps consiste à poser la bonne question à la bonne personne, au lieu d'attendre trois semaines un rendez-vous qui n'était pas le bon.

Voici les interlocuteurs que vous serez amené à croiser. Tous ne seront pas nécessaires en même temps : leur intervention dépend du stade de la maladie et des symptômes qui dominent chez votre proche.

🧠

Neurologue

Le spécialiste de référence. Il pose et confirme le diagnostic, ajuste le traitement dopaminergique dans le temps, et décide des orientations lourdes. Les consultations sont espacées, mais c'est l'interlocuteur pour toute question sur l'évolution et le traitement de fond.

🩺

Médecin traitant

Le pivot du quotidien. Il coordonne l'ensemble, renouvelle les ordonnances entre deux rendez-vous de neurologie, prescrit la rééducation, rédige le certificat pour l'ALD et les dossiers d'aide. C'est lui qu'on appelle en premier en cas de doute.

🦵

Kinésithérapeute

Mobilité, équilibre, marche, prévention des chutes et des raideurs. Dans Parkinson, une rééducation régulière fait partie du traitement, au même titre que les médicaments. Il valide aussi les activités que vous proposez à la maison.

💬

Orthophoniste

La voix qui s'éteint, l'articulation, l'écriture, et souvent les troubles de la déglutition. Une prise en charge précoce est précieuse : elle agit avant que la gêne ne s'installe durablement.

🏠

Ergothérapeute

L'autonomie concrète : aménagement du logement, aides techniques, gestes du quotidien rendus plus simples. Un bilan à domicile est souvent le conseil le plus utile de toute l'année.

🧩

Neuropsychologue

Attention, mémoire, organisation, mais aussi apathie et changements d'humeur. Il évalue ce qui est invisible et explique à l'entourage ce qui relève de la maladie plutôt que du caractère.

💊

Pharmacien

Interlocuteur trop souvent oublié. Dans Parkinson, l'horaire précis des prises est capital. Le pharmacien vérifie les interactions, aide à sécuriser l'observance et repère les effets indésirables.

📋

Assistante sociale

À l'hôpital, au CCAS de la commune ou au conseil départemental. C'est l'interlocutrice des démarches, des dossiers d'aide et de l'organisation du maintien à domicile. Beaucoup de familles la découvrent bien trop tard.

J'ai ce problème, j'appelle qui ?

La situationLe bon interlocuteur
Chute avec traumatisme, ou trouble de conscienceServices d'urgence de votre pays, immédiatement
Les mouvements se bloquent souvent en cours de journéeNeurologue : le traitement a peut-être besoin d'être ajusté
Il s'étouffe ou tousse à chaque repasMédecin traitant sans tarder, puis orthophoniste
Elle chute ou manque de tomber à répétitionMédecin traitant, puis bilan ergothérapeute à domicile et kiné
Repli, perte d'envie, tristesse durablesMédecin traitant — la dépression se traite et est fréquente dans Parkinson
Hallucinations, confusion, idées inhabituellesNeurologue ou médecin traitant rapidement, ne pas rester seul avec ça
Les prises de médicaments sont oubliées ou décaléesPharmacien et médecin traitant, pour simplifier et sécuriser l'ordonnance
La salle de bain n'est plus praticableErgothérapeute, puis assistante sociale pour le financement
Je n'y arrive plus, je suis à boutVotre propre médecin, et l'assistante sociale pour une solution de répit
Je ne comprends rien aux démarchesAssistante sociale et association France Parkinson de votre secteur

Un dernier conseil transversal : demandez, dès que possible, qui joindre entre deux rendez-vous et dans quelles situations. Cette seule question vous évitera des semaines d'hésitation devant un symptôme nouveau, à ne pas savoir s'il faut s'inquiéter ou attendre.

Parkinson : les aides et l'accompagnement, dispositif par dispositif

Les dispositifs français répondent à des besoins simples, même si leurs noms font peur. Le principe est toujours le même : on repère d'abord de quelle famille de besoin on relève, puis on identifie le dispositif correspondant et l'organisme qui l'instruit. Les conditions d'accès, les plafonds et les montants évoluent régulièrement : ce qui suit décrit la logique de chaque aide, jamais un chiffre garanti. Vérifiez toujours les conditions à jour auprès de l'organisme concerné.

DispositifÀ quoi il sertOù le demander
ALD (affection de longue durée)Prise en charge des soins liés à la maladie de Parkinson par l'Assurance MaladieMédecin traitant, qui remplit le protocole de soins adressé à la caisse d'assurance maladie
APA (allocation personnalisée d'autonomie)Financer l'aide humaine et les adaptations, à partir de 60 ans, selon le degré de perte d'autonomieConseil départemental ; conditions et montants variables selon la situation
PCH (prestation de compensation du handicap)Aide humaine, technique, aménagements, avant 60 ans (parfois au-delà selon les cas)MDPH (maison départementale des personnes handicapées)
AAH / dossier MDPHRessources et reconnaissance du handicap pour les personnes en âge de travaillerMDPH, via un dossier unique
Aide humaine à domicileAide à la toilette, aux repas, au ménage, présence de journéeServices d'aide à domicile, CCAS, financée en partie par l'APA ou la PCH
Soins à domicileInfirmier, kiné, orthophoniste à domicile quand les déplacements deviennent difficilesPrescription du médecin traitant, SSIAD selon les secteurs
Adaptation du logementBarres d'appui, douche accessible, rehausseurs, éclairage, suppression des obstaclesBilan d'un ergothérapeute, puis financements via l'APA, la PCH ou des aides à l'habitat
Aides des caisses de retraiteAide-ménagère, prévention, parfois aide au répit pour les retraités peu dépendantsCaisse de retraite principale de la personne
💡 Les trois réflexes qui font gagner des mois

1. Lancez l'ALD tôt : elle conditionne la prise en charge de nombreux soins et sert de socle aux autres démarches. 2. Rangez tout dans une seule pochette — comptes rendus, ordonnances, courriers, notifications : on vous redemandera plusieurs fois les mêmes pièces. 3. Ne choisissez pas seul entre APA et MDPH : l'assistante sociale oriente vers le bon dispositif selon l'âge et la situation, et évite de perdre des mois sur un dossier mal aiguillé.

Comprendre la logique âge par âge

La question qui revient le plus souvent est de savoir vers quel guichet se tourner. En pratique, la ligne de partage principale est l'âge. Avant 60 ans, la porte d'entrée est la MDPH, qui instruit la PCH et l'ensemble des droits liés au handicap. À partir de 60 ans, c'est le conseil départemental et l'APA qui prennent le relais pour financer l'aide à l'autonomie. Cette frontière connaît des exceptions et des règles de continuité : ne tranchez pas vous-même, faites confirmer par un professionnel du champ social.

Une chose est certaine, en revanche : aucun de ces dispositifs ne se déclenche automatiquement. Il faut les demander, monter un dossier, parfois recevoir une équipe d'évaluation à domicile. Rien n'arrive parce que le diagnostic a été posé. C'est frustrant, mais le savoir évite d'attendre passivement une aide qui ne viendra jamais d'elle-même.

Où déposer les dossiers, à qui s'adresser

Une fois la logique comprise, reste le plus concret : où déposer, dans quel ordre, et vers qui se tourner quand on est perdu. Voici le circuit qui fonctionne pour la plupart des familles, du plus simple au plus structurant.

  1. Commencez par le médecin traitant et le neurologue. Le premier lance l'ALD et prescrit la rééducation ; le second cadre le suivi spécialisé. Sans ce socle médical, les dossiers sociaux avancent mal.
  2. Prenez rendez-vous avec une assistante sociale. Celle de l'hôpital si votre proche y est suivi, sinon celle du CCAS de la commune ou du conseil départemental. C'est elle qui vous dira, dans votre situation précise, quel dispositif viser.
  3. Contactez France Parkinson. L'association informe, oriente vers les bons interlocuteurs locaux, anime des groupes de parole et met en relation avec d'autres familles. Elle connaît souvent les démarches de votre département mieux qu'un site officiel.
  4. Déposez le dossier au bon guichet. MDPH avant 60 ans, conseil départemental pour l'APA au-delà. Gardez une copie complète de tout ce que vous envoyez.
  5. Anticipez les délais. L'instruction d'un dossier et la visite d'évaluation prennent du temps. Déposez avant d'être en crise, pas au moment où vous ne tenez plus.

La ressource la plus sous-utilisée reste l'association de patients et de familles. Au-delà de l'information, elle offre quelque chose qu'aucune brochure ne remplace : le contact avec des personnes qui vivent exactement la même chose et qui sont passées avant vous par le même labyrinthe administratif. Si votre proche est suivi dans un centre expert ou une consultation spécialisée, demandez aussi à l'équipe quelles associations et quels services elle recommande dans votre secteur : c'est souvent la piste la plus courte.

ℹ️ Un mot sur les montants

Vous verrez circuler des chiffres sur l'APA, la PCH ou l'AAH. Prudence : ces montants dépendent du degré de perte d'autonomie, des ressources et de la composition du foyer, et ils sont réévalués régulièrement. Aucune somme ne peut vous être promise à l'avance. La seule information fiable est celle que vous donnera l'organisme instructeur après évaluation de la situation. Utilisez les chiffres trouvés en ligne comme des ordres de grandeur, jamais comme un dû.

Comprendre la maladie pour mieux naviguer le parcours

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Préparer une consultation vraiment utile

Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Dans Parkinson, où les symptômes fluctuent d'une heure à l'autre et d'un jour à l'autre, le professionnel ne voit qu'un instantané. C'est vous qui détenez le film. Sans préparation, la consultation part en généralités et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant.

  1. Notez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation : ce qui a changé, quand dans la journée, dans quelles circonstances, combien de temps. Les fluctuations datées valent mille fois « ça ne va pas fort ». Un simple carnet ou une note sur le téléphone suffit.
  2. Repérez les moments « off ». Notez les heures où les mouvements se bloquent ou deviennent plus difficiles par rapport aux heures de prise du traitement. C'est l'information la plus utile pour le neurologue qui ajuste les doses.
  3. Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée : gardez-la pour la prochaine fois.
  4. Apportez l'ordonnance complète, y compris ce qui vient d'autres prescripteurs et ce qui est pris sans prescription. Les interactions comptent particulièrement dans cette maladie.
  5. Venez à deux si possible. L'un écoute, l'autre note. On retient beaucoup moins qu'on ne le croit d'une consultation qui touche un proche.
  6. Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on décale la prise de 11 h et on se revoit dans trois mois, c'est bien ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.

Les questions qui rapportent le plus

  • Ce symptôme que j'observe, est-il lié à la maladie, au traitement, ou à autre chose ?
  • Les horaires de prise sont-ils optimaux par rapport aux moments de blocage ?
  • Faut-il renforcer la rééducation en cours, ou en ajouter une nouvelle ?
  • Un bilan à domicile par un ergothérapeute serait-il indiqué maintenant ?
  • Quels signes doivent me faire consulter en urgence, lesquels peuvent attendre ?
  • Que puis-je faire, moi, entre les séances, pour aider sans nuire ?
  • Y a-t-il un aspect que je devrais surveiller et que je ne surveille pas ?

Pour garder une trace structurée entre les professionnels, un support écrit partagé aide beaucoup. Le carnet de liaison et la fiche de suivi de séance de DYNSEO, en accès libre, permettent de faire circuler la même information entre le médecin, le kiné, l'orthophoniste et la famille, sans que chacun redécouvre à zéro ce que l'autre a déjà observé.

L'épuisement de l'aidant : le repérer à temps

L'épuisement de l'aidant ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous répétez que ça va, que d'autres font bien plus, que ce n'est pas le moment de se plaindre. Parkinson est une maladie longue : la charge ne dure pas quelques semaines, elle s'étend sur des années, avec des symptômes qui fluctuent et une vigilance qui ne s'éteint jamais vraiment. C'est précisément cette durée qui use.

😴

Le corps lâche

Sommeil qui ne répare plus, réveils multiples pour surveiller ou aider, douleurs de dos ou de nuque, infections à répétition, tension ou glycémie qui se dérèglent alors qu'elles étaient stables.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, sentiment de vide, impression de ne plus rien faire correctement quoi qu'on fasse.

🚪

La vie se réduit

Invitations déclinées systématiquement, amis qui espacent puis ne rappellent plus, loisirs abandonnés un par un, plus une seule heure qui vous appartienne vraiment.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre proche, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et ce sentiment insupportable d'être devenu soignant plutôt que conjoint ou enfant.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et pourtant souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez, sans minimiser. Un aidant qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une, et souvent une entrée en institution précipitée pour le proche.

❌ À éviter : vous dire « je tiendrai bien encore un peu » en repoussant indéfiniment le moment de demander du soutien. Le soutien mis en place tôt, quand ça va encore à peu près, est infiniment plus efficace que celui qu'on cherche en urgence, la corde au cou, un dimanche soir.

⚠️ Quand consulter sans attendre

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. Ces situations se soignent, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe. En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays.

Le droit de souffler : les solutions de répit

Le répit n'est pas un abandon, c'est une condition de durabilité. Plusieurs formules existent en France, sous des noms variables selon les territoires. Renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent : les délais d'accès sont rarement immédiats, et une place se prépare.

FormulePrincipeUtile quand
Accueil de jourVotre proche passe une ou plusieurs journées par semaine dans une structure adaptéeVous avez besoin de créneaux réguliers et prévisibles
Hébergement temporaireSéjour de quelques jours à quelques semaines en établissementVacances, hospitalisation de l'aidant, période d'épuisement
Relais à domicileUn professionnel prend le relais chez vous, quelques heures ou plusieurs jours d'affiléeVotre proche supporte mal de quitter son environnement
Plateforme de répitService qui informe, coordonne et propose des solutions aux aidants d'un secteurVous ne savez pas ce qui existe autour de vous
Groupes de parole d'aidantsRencontres animées, souvent via France Parkinson ou une plateforme localeVous vous sentez seul et incompris — le besoin le plus fréquent
Soutien psychologiqueConsultations individuelles pour l'aidant lui-mêmeLa charge émotionnelle déborde sur tout le reste

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur. On se sent déloyal de confier son proche, on craint son regard, on redoute qu'il vive le répit comme un rejet. Or, dans la grande majorité des cas, ces temps de séparation régulés font du bien aux deux : à celui qui souffle, et à celui qui retrouve un aidant reposé plutôt qu'à cran.

Concilier travail, vie perso et accompagnement

Beaucoup d'aidants sont aussi salariés, et tiennent en rognant sur leurs congés, leurs pauses et leurs nuits. La France prévoit plusieurs dispositifs pour les proches aidants : le congé de proche aidant, l'allocation journalière du proche aidant (AJPA) qui peut l'accompagner, des aménagements d'horaires, le passage possible à temps partiel ou le télétravail. Leurs conditions précises varient et évoluent ; leur point commun, c'est qu'ils restent largement méconnus et donc peu réclamés.

  1. Renseignez-vous avant d'être en difficulté, auprès du service des ressources humaines, de la médecine du travail ou d'une assistante sociale du travail. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que celles faites dans l'urgence, un lundi matin de crise.
  2. Distinguez ce qui exige votre présence — un rendez-vous de neurologie, par exemple — de ce qui peut être délégué à un service ou à un autre membre de la famille. Tout n'a pas à reposer sur vous.
  3. Répartissez explicitement dans la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, désamorce la spirale classique où celui qui habite le plus près finit par tout porter et s'épuise en silence pendant que les autres « ne savaient pas ».
  4. Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, aussi non négociables qu'un rendez-vous médical. Ce n'est pas du luxe : c'est ce qui vous permettra d'être encore là dans deux ans.

La conciliation ne se joue pas seulement au travail. Elle se joue aussi dans le couple, avec les autres enfants, avec les amis qu'on finit par ne plus voir. Dire clairement à son entourage ce dont on a besoin — une visite, un appel régulier, un relais un dimanche sur deux — évite l'isolement qui accompagne presque toujours le rôle d'aidant. Personne ne devine : il faut demander, précisément.

Se former, pour accompagner sans subir

Une grande partie de la fatigue des aidants ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce blocage est grave, si l'on fait bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher, si tel comportement relève de la maladie ou de la volonté. Comprendre ce qui se joue transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés — et rend la relation plus apaisée.

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  • Pour qui : familles, proches aidants, professionnels souhaitant des repères concrets
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La formation se complète bien avec des outils de stimulation du quotidien. L'application JOE propose des jeux cognitifs pour adultes, et l'application EDITH est pensée pour les seniors et les personnes concernées par Parkinson ou Alzheimer. Vous pouvez aussi explorer les tests cognitifs et le catalogue d'outils gratuits de DYNSEO pour accompagner le suivi à la maison.

Pour aller plus loin

Deux outils gratuits accompagnent directement les démarches décrites ici : le carnet de liaison, pour ne rien oublier en consultation, et le tableau de suivi des compétences, qui donne des éléments concrets à présenter aux professionnels. L'ensemble du catalogue d'outils est en libre accès, tout comme la liste complète des formations DYNSEO.

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?

Par le médical, puis le social. Demandez d'abord au médecin traitant de lancer la reconnaissance en affection de longue durée : c'est le socle qui conditionne beaucoup de prises en charge. Prenez ensuite rendez-vous avec une assistante sociale, à l'hôpital si votre proche y est suivi, sinon au CCAS de la commune ou au conseil départemental : elle vous orientera vers le bon dispositif selon l'âge et la situation. Contactez enfin France Parkinson, qui connaît les démarches locales et vous fera gagner un temps considérable sur ce qui, seul, prend des semaines à comprendre.

Faut-il avoir plus ou moins de 60 ans pour être aidé ?

Les deux situations ouvrent des droits, mais pas par le même guichet. Avant 60 ans, la porte d'entrée est la MDPH, qui instruit la prestation de compensation du handicap et les droits associés. À partir de 60 ans, c'est le conseil départemental et l'allocation personnalisée d'autonomie qui financent l'aide à l'autonomie. Cette frontière connaît des exceptions et des règles de continuité pour les personnes déjà aidées avant 60 ans. Ne tranchez pas vous-même : faites confirmer par l'assistante sociale, qui aiguillera le dossier vers le bon organisme et évitera des mois perdus.

Combien vais-je toucher exactement avec l'APA ou la PCH ?

Aucun montant ne peut vous être garanti à l'avance, et méfiez-vous des chiffres présentés comme certains. Ces aides dépendent du degré de perte d'autonomie évalué à domicile, des ressources et de la composition du foyer, et elles sont réévaluées régulièrement. Le seul chiffre fiable est celui que l'organisme instructeur communiquera après avoir étudié la situation de votre proche. Utilisez ce que vous lisez en ligne comme un ordre de grandeur, jamais comme un dû. Pour une estimation adaptée à votre cas, adressez-vous directement au conseil départemental ou à la MDPH selon le dispositif concerné.

Mon proche refuse toute aide extérieure, que faire ?

Commencez petit et limité dans le temps : une aide ponctuelle pour une tâche précise, plutôt qu'une réorganisation complète du quotidien qui fait peur. Faites porter la demande par un professionnel de santé, qui la présentera comme une recommandation médicale et non comme une décision familiale. Et formulez-la comme un soutien pour vous : « c'est pour que je puisse continuer à t'accompagner » passe souvent mieux que « tu ne peux plus rester seul ». Le refus recouvre fréquemment la peur de perdre son autonomie : le respecter tout en avançant par petits pas donne les meilleurs résultats dans la durée.

Est-ce que je peux être aidé, moi, en tant qu'aidant ?

Oui, et c'est essentiel. La France prévoit des dispositifs destinés spécifiquement aux proches aidants : solutions de répit comme l'accueil de jour ou l'hébergement temporaire, congé de proche aidant, allocation journalière associée sous conditions, groupes de parole, soutien psychologique, plateformes d'accompagnement des aidants. Ils sont largement sous-utilisés, le plus souvent par simple méconnaissance. L'assistante sociale, la plateforme de répit de votre secteur et France Parkinson sont les mieux placées pour vous dire ce qui existe près de chez vous. Se former à la maladie fait aussi partie des soutiens qui allègent réellement la charge mentale au quotidien.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'aide, des interlocuteurs et des démarches valables en France. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès et leurs montants évoluent régulièrement et dépendent de chaque situation individuelle : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné. Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil juridique ou social personnalisé. Pour tout diagnostic, pronostic ou ajustement de traitement, adressez-vous à un professionnel de santé.

Vous n'êtes pas censé savoir tout ça

Personne ne vous a préparé à devenir aidant du jour au lendemain. En matière de Parkinson, aides et accompagnement s'apprivoisent bien plus facilement quand on comprend la maladie : 13 leçons courtes, 20 €, à suivre quand la maison est calme, avec attestation à la clé.

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