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Familles & aidants · Parkinson

Parkinson en établissement : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Quand un proche vit avec la maladie de Parkinson, la question n'est pas seulement médicale. Très vite viennent les démarches, les rendez-vous à multiplier, les décisions à prendre sur le maintien à domicile ou l'entrée en établissement, et cette sensation de courir après une organisation qui vous échappe. Cet article rassemble tout ce qui touche à Parkinson en établissement : aides et accompagnement, du côté des familles et des aidants : à qui vous adresser, quels dispositifs existent, comment tirer parti de chaque consultation, et surtout comment tenir sans vous épuiser.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

La maladie de Parkinson évolue lentement, par paliers, sur des années. C'est une de ses particularités : l'accompagnement n'est pas une course de vitesse mais une course de fond. Ce qui compte, ce n'est pas de tout régler la première semaine, mais de repérer les bonnes portes d'entrée, de garder de l'énergie en réserve et de ne pas rester seul face à des choix qui semblent tous urgents alors qu'ils ne le sont pas tous.

L'essentiel en 30 secondes

Deux interlocuteurs suffisent pour démarrer : le médecin traitant, qui coordonne le suivi et prescrit, et le neurologue, qui pilote le traitement de fond. Pour tout ce qui est administratif et organisationnel, ajoutez le service social de l'hôpital, de la commune ou de l'établissement.

  • Six familles d'aide existent partout — aide humaine, soins à domicile, adaptation du logement, matériel, aide financière ou compensation, répit de l'aidant. Seuls les noms des dispositifs et leurs conditions changent d'un pays à l'autre.
  • L'entrée en établissement se prépare, elle ne s'improvise pas dans l'urgence. Visiter, comparer, poser des questions précises change tout pour la suite.
  • Les associations de patients font gagner un temps considérable : elles connaissent les démarches locales et mettent en relation avec d'autres familles.
  • L'épuisement de l'aidant est un risque réel, pas une faiblesse. Il s'installe lentement et se repère à des signaux précis.
  • Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir longtemps. Attendre d'être au bout ferme des options.

Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs

La maladie de Parkinson touche le mouvement, mais pas seulement : elle affecte la parole, la déglutition, l'humeur, le sommeil, parfois la mémoire et l'attention. L'accompagnement est donc pluridisciplinaire par nature. Personne ne détient l'ensemble du tableau, pas même le neurologue. Savoir qui fait quoi évite de poser la bonne question à la mauvaise personne et d'attendre des semaines pour rien.

🩺

Médecin traitant

Le pivot. Il coordonne le suivi, renouvelle les traitements entre deux consultations spécialisées, prescrit les soins et les bilans, et rédige les certificats nécessaires aux démarches administratives. C'est lui qu'on appelle en premier en cas de doute.

🧠

Neurologue

Pilote le traitement de fond et son ajustement au fil de l'évolution. C'est l'interlocuteur pour toute question sur les fluctuations, les effets des médicaments et les options thérapeutiques. Ses consultations sont espacées : elles se préparent.

🦵

Kinésithérapeute

Motricité, équilibre, marche, souplesse, prévention des chutes et des raideurs. Un accompagnement régulier fait partie des piliers du quotidien avec Parkinson, à tous les stades de la maladie.

💬

Orthophoniste

Voix qui faiblit, parole moins intelligible, troubles de la déglutition. L'orthophoniste travaille aussi la communication et donne à l'entourage des repères concrets pour se faire comprendre et comprendre.

🏠

Ergothérapeute

L'autonomie concrète : aménagement du logement, matériel adapté, gestes du quotidien. Un bilan à domicile est souvent le conseil le plus utile de toute la période, avant comme après une entrée en établissement.

🧩

Neuropsychologue

Mémoire, attention, organisation, changements d'humeur ou de comportement. Il évalue ce qui est invisible et explique à l'entourage ce qui relève de la maladie plutôt que de la volonté.

💉

Infirmier

Soins, surveillance, aide à la prise des traitements aux horaires précis qu'exige Parkinson. Souvent le professionnel qui voit la personne le plus souvent, et qui repère les changements en premier.

📋

Service social

À l'hôpital, dans votre commune ou au sein de l'établissement. C'est l'interlocuteur des démarches, des dossiers d'aide et de l'organisation. Beaucoup de familles le découvrent trop tard.

J'ai ce problème, j'appelle qui ?

Le problèmeLe bon interlocuteur
Chute avec malaise, perte de connaissance, signe inhabituel graveServices d'urgence de votre pays, immédiatement
Il s'étouffe ou tousse à chaque repasMédecin traitant sans tarder, puis orthophoniste
Les mouvements se bloquent ou fluctuent fortement dans la journéeNeurologue : c'est le signe qu'un ajustement est peut-être nécessaire
Elle est tombée, ou manque de tomber régulièrementMédecin traitant, kinésithérapeute, puis bilan ergothérapeute
Humeur très basse, repli, perte d'envie durablesMédecin traitant — la dépression accompagne souvent la maladie et se traite
Confusion soudaine, hallucinations, agitation nouvelleMédecin traitant rapidement : certains signes appellent une réévaluation urgente
Le traitement est difficile à prendre aux bons horairesMédecin traitant, pharmacien, infirmier pour organiser la prise
Le logement n'est plus praticableErgothérapeute, puis service social pour le financement
Je n'y arrive plus, je suis à boutVotre propre médecin, et le service social pour une solution de répit
Je ne comprends rien aux démarchesService social, et association de patients de votre pays

Un réflexe simple change beaucoup de choses : notez, dans un même carnet, le nom et le rôle de chaque professionnel que vous rencontrez, avec un moyen de le joindre. Au bout de quelques mois, ce carnet devient votre annuaire personnel du parcours, et vous cessez de chercher « qui avait dit quoi ».

Parkinson en établissement : aides et accompagnement, les 6 familles à connaître

Les dispositifs portent des noms différents selon les pays, et leurs conditions évoluent régulièrement. En revanche, les besoins auxquels ils répondent sont partout les mêmes. Repérez d'abord de quelle famille vous relevez, puis demandez au service social le nom exact du dispositif chez vous et les conditions à jour. Aucun montant n'est garanti : tout dépend de la situation, de l'âge, des ressources et de la réglementation en vigueur.

Famille d'aideÀ quoi ça sertOù commencer
Aide humaineAide à la toilette, aux repas, au ménage, présence de journée, à domicile ou en complément en établissementService social, mairie ou commune, médecin traitant
Soins à domicileInfirmier, kiné, orthophoniste au domicilePrescription du médecin traitant
Adaptation du logementBarres d'appui, douche accessible, rampe, réorganisation des espaces de vieBilan d'un ergothérapeute, puis service social pour les financements
Matériel et aides techniquesDéambulateur, canne adaptée, siège de douche, couverts et vaisselle adaptésPrescription médicale, prestataire de matériel médical
Aide financière ou compensationParticipation aux frais liés à la perte d'autonomie, à domicile comme en établissementService social ; les conditions d'âge et de ressources varient beaucoup selon les pays
Répit et soutien de l'aidantAccueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile, groupes de paroleService social, association de patients, plateforme d'accompagnement des aidants
💡 Les trois réflexes qui font gagner des mois

1. Sollicitez le service social en amont, quand la situation est encore stable : les démarches d'aide humaine, d'adaptation du logement et de financement prennent du temps à aboutir. 2. Gardez une copie de tout — comptes rendus, ordonnances, courriers, notifications — dans une seule pochette. 3. Contactez l'association de patients de votre pays dès les premières semaines : elle connaît les démarches locales mieux que n'importe quel site officiel.

Comment sont nommés ces dispositifs

Selon votre pays, ces familles d'aide portent des appellations différentes : allocations de perte d'autonomie, prestations de compensation, aides au logement, forfaits répit, congés du proche aidant. Ne perdez pas d'énergie à mémoriser les sigles avant de savoir lesquels vous concernent. La bonne méthode est l'inverse : décrire votre situation concrète au service social, qui vous dira quels dispositifs correspondent et où déposer chaque dossier. Rappelez-vous que les conditions et les barèmes changent : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme qui instruit la demande, et méfiez-vous des montants « entendus quelque part », rarement à jour.

Un dernier point, souvent oublié : l'entrée en établissement ne fait pas disparaître les aides. Certaines se transforment, d'autres continuent de s'appliquer aux frais de séjour ou à l'accompagnement. Là encore, c'est le service social de la structure qui détient l'information fiable, et il vaut mieux poser la question au moment de l'admission plutôt que de la découvrir sur une facture.

Pour vous y retrouver dans le temps, tenez un tableau simple : une ligne par dossier déposé, avec la date, l'organisme, la personne contactée et l'échéance attendue. Le catalogue d'outils gratuits propose des modèles de suivi qui évitent de perdre le fil quand les démarches se multiplient. Ce petit effort d'organisation, au départ fastidieux, vous fera gagner des heures et vous évitera bien des relances oubliées ou des délais laissés filer.

Domicile ou établissement : préparer le choix

La question de l'établissement finit presque toujours par se poser, mais rarement au moment qu'on aurait choisi. Elle surgit après une chute, une hospitalisation, un épuisement, ou simplement parce que le maintien à domicile demande une organisation devenue intenable. Anticiper, même sans décision arrêtée, évite d'avoir à trancher dans l'urgence, quand le choix se réduit à la seule place disponible.

Il n'existe pas de « bon moment » universel. Le déclencheur est propre à chaque situation : sécurité de la personne, charge devenue insupportable pour l'aidant, besoins de soins que le domicile ne peut plus couvrir. Ce qui aide, c'est de séparer deux questions souvent confondues : « faut-il envisager un établissement ? » et « lequel, et quand ? ». La première relève d'un échange avec l'équipe médicale et la famille. La seconde se prépare en visitant.

Les questions à poser avant de choisir un établissement

  • Comment est organisée la prise des traitements aux horaires précis ? La régularité est déterminante avec Parkinson.
  • Kinésithérapeute, orthophoniste et ergothérapeute interviennent-ils, et à quelle fréquence ?
  • Comment le personnel est-il formé aux spécificités de la maladie (fluctuations, blocages, chutes, troubles de la déglutition) ?
  • Comment les repas sont-ils adaptés quand la déglutition devient difficile ?
  • Quelle place pour la famille : horaires de visite, participation aux décisions, information sur les changements ?
  • Existe-t-il des activités de stimulation cognitive et de maintien du lien social ?
  • Comment sont gérées les urgences et qui prévient la famille ?
💡 Visitez toujours, si possible à l'improviste

Une visite annoncée montre l'établissement sous son meilleur jour. Une visite en fin de matinée ou à l'heure d'un repas en dit bien plus long : ambiance, disponibilité du personnel, façon dont on parle aux résidents. Fiez-vous autant à ce que vous ressentez qu'aux réponses officielles.

La qualité de l'accompagnement en établissement tient beaucoup à la formation des équipes. Une équipe qui comprend les fluctuations de la maladie, qui sait qu'un blocage n'est pas de la mauvaise volonté et qu'un traitement en retard peut désorganiser toute une journée, fait une différence considérable au quotidien. C'est aussi pour cette raison que la formation des professionnels compte autant pour les familles : elle conditionne la qualité de vie de leur proche.

Une équipe formée change tout au quotidien

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Préparer une consultation utile

Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes, et celles du neurologue sont espacées de plusieurs mois. Sans préparation, elles passent en généralités et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant. Or c'est souvent en consultation que se décident les ajustements qui changent le quotidien.

  1. Notez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation dans un carnet de liaison : ce qui a changé, à quel moment de la journée, dans quelles circonstances. Pour Parkinson, l'heure compte autant que le symptôme, car tout tourne autour des fluctuations.
  2. Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée.
  3. Apportez l'ordonnance complète, y compris ce qui vient d'autres prescripteurs et ce qui est pris sans prescription. Les interactions comptent particulièrement dans cette maladie.
  4. Venez à deux si possible. L'un écoute, l'autre note. On retient beaucoup moins qu'on ne le croit d'une consultation qui touche un proche.
  5. Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on modifie tel horaire de prise et on revoit dans trois mois, c'est bien ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
  6. Demandez qui appeler entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question évite des semaines d'hésitation.

Les questions qui rapportent le plus

  • Quels signes doivent me faire consulter en urgence, et lesquels peuvent attendre ?
  • Ce comportement que j'observe, est-ce lié à la maladie, au traitement, ou à autre chose ?
  • Le traitement actuel peut-il être simplifié ou mieux réparti dans la journée ?
  • Un bilan à domicile par un ergothérapeute est-il indiqué ?
  • La rééducation en cours est-elle suffisante en fréquence ?
  • Que puis-je faire, moi, entre les séances ?
  • Y a-t-il un aspect que je devrais surveiller et que je ne surveille pas ?

❌ À éviter : arriver en disant seulement « ça ne va pas fort » ou « c'est difficile en ce moment ». Ces formules, aussi sincères soient-elles, ne donnent aucune prise au professionnel. Un fait daté — « depuis dix jours, il se bloque en fin d'après-midi, vers 17 h, avant la prise du soir » — vaut mille fois mieux et déclenche une vraie réponse.

L'épuisement de l'aidant : le repérer à temps

Il ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous dites que ça va, que d'autres font bien plus, que ce n'est pas le moment de se plaindre. La lenteur d'évolution de Parkinson entretient cette illusion : comme rien ne bascule brutalement, on ne voit pas la fatigue monter. Puis un matin, une remarque anodine fait tout déborder.

😴

Le corps lâche

Sommeil qui ne répare plus, douleurs de dos ou de nuque, infections à répétition, tension ou glycémie qui se dérèglent alors qu'elles étaient stables.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, sentiment de vide, impression de ne plus rien faire correctement.

🚪

La vie se réduit

Invitations déclinées systématiquement, amis qui ne rappellent plus, loisirs abandonnés, plus une seule heure qui vous appartienne.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre proche, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et le sentiment insupportable d'être devenu soignant plutôt que conjoint, enfant ou parent.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez. Un aidant qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une. Et un proche placé en établissement ne fait pas disparaître la charge de l'aidant : elle change de nature, devient plus émotionnelle qu'organisationnelle, mais reste bien présente.

⚠️ Quand il faut consulter sans attendre

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. Ces situations se traitent, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe. En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays.

Le droit de souffler

Le répit n'est pas un abandon, c'est une condition de durabilité. Plusieurs formules existent presque partout, sous des noms variables : renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent, car les délais d'accès sont rarement immédiats. Anticiper une solution de répit, même sans l'utiliser tout de suite, est l'un des meilleurs investissements que puisse faire un aidant.

FormulePrincipeUtile quand
Accueil de jourVotre proche passe une ou plusieurs journées par semaine dans une structureVous avez besoin de créneaux réguliers et prévisibles
Hébergement temporaireSéjour de quelques jours à quelques semaines en établissementVacances, hospitalisation de l'aidant, épuisement, essai avant un choix durable
Relais à domicileUn professionnel prend le relais chez vous, quelques heures ou plusieurs joursVotre proche supporte mal de quitter son environnement
Groupes de parole d'aidantsRencontres animées, souvent via une associationVous vous sentez seul et incompris — c'est le besoin le plus fréquent
Soutien psychologiqueConsultations individuelles pour l'aidantLa charge émotionnelle déborde sur tout le reste

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur. On se dit qu'on « devrait y arriver seul », qu'accepter de l'aide serait trahir son proche. C'est faux : se ménager, c'est précisément ce qui permet de rester présent longtemps.

L'hébergement temporaire mérite une mention particulière. Au-delà du répit qu'il offre, il permet aussi de tester un établissement en conditions réelles, sans engagement définitif. Beaucoup de familles y voient après coup la meilleure façon d'aborder sereinement la question d'un accueil durable : on découvre les lieux, l'équipe et la façon dont le proche s'y sent, avant toute décision lourde.

Concilier travail et accompagnement

Beaucoup d'aidants sont aussi salariés, et tiennent en rognant sur leurs congés et leurs nuits. La plupart des pays prévoient des dispositifs pour les proches aidants — congés spécifiques, aménagements d'horaires, temps partiel, télétravail. Leurs conditions varient fortement ; le point commun, c'est qu'ils sont largement méconnus. Comme pour Parkinson l'accompagnement s'étale sur des années, la durabilité de votre situation professionnelle compte autant que la première réorganisation.

  1. Renseignez-vous avant d'être en difficulté, auprès du service des ressources humaines ou d'un service social du travail. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que les demandes faites dans l'urgence.
  2. Distinguez ce qui exige votre présence — les rendez-vous médicaux, par exemple — de ce qui peut être délégué. Tout n'a pas à reposer sur vous.
  3. Répartissez explicitement dans la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, évite la spirale où celui qui est sur place fait tout et s'épuise en silence.
  4. Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, considérées comme non négociables au même titre qu'un rendez-vous médical.

Un mot sur la culpabilité, qui accompagne presque toujours ces arbitrages. Continuer à travailler quand un proche est malade n'est pas de l'indifférence : c'est souvent ce qui vous garde debout, socialement et financièrement, et donc ce qui vous permet d'accompagner sur la durée. Vous n'êtes pas obligé de tout sacrifier pour prouver que vous aimez.

Se former, pour arrêter de subir

Une grande partie de la fatigue des aidants ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce blocage est grave, si l'on fait bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher. Comprendre ce qui se joue dans la maladie de Parkinson transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés. Et quand votre proche est accompagné en établissement, comprendre la maladie vous aide aussi à dialoguer d'égal à égal avec les équipes.

C'est l'objet de la formation en ligne « Parkinson en établissement : comprendre la maladie et adapter sa pratique professionnelle » : 32 leçons courtes, 100 % en ligne, en accès illimité, à suivre à son rythme. Pensée d'abord pour les professionnels d'établissement, elle éclaire aussi les familles qui veulent vraiment comprendre ce que vit leur proche. DYNSEO est un organisme de formation certifié Qualiopi (N° 11757351875) et délivre une attestation de fin de formation.

La stimulation cognitive et le maintien du lien font également partie de l'accompagnement. L'application EDITH, conçue pour les seniors et adaptée notamment à Parkinson et à Alzheimer, propose des exercices ludiques que l'on peut partager avec son proche ; l'application JOE s'adresse plutôt aux adultes. Vous pouvez aussi explorer les tests cognitifs pour situer les besoins, et le catalogue d'outils gratuits pour organiser le suivi au quotidien.

Pour aller plus loin

Deux outils gratuits accompagnent directement les démarches décrites ici : le carnet de liaison, pour ne rien oublier en consultation et fluidifier les échanges avec l'établissement, et la fiche de suivi de séance, qui donne des éléments concrets à présenter aux professionnels. L'ensemble du catalogue d'outils est en libre accès.

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?

Par deux appels. Le premier au médecin traitant, qui coordonne le suivi médical et prescrit ce qui doit l'être ; il fait le lien avec le neurologue pour le traitement de fond. Le second au service social — celui de l'hôpital si votre proche est hospitalisé, sinon celui de votre commune ou de l'établissement — qui connaît les dispositifs applicables là où vous vivez. Contactez ensuite l'association de patients de votre pays, comme France Parkinson en France : elle vous fera gagner un temps considérable sur les démarches locales et vous mettra en lien avec d'autres familles.

Quelles aides existent quand un proche entre en établissement ?

Les mêmes grandes familles qu'à domicile continuent souvent de s'appliquer, mais sous d'autres formes : aide financière ou compensation liée à la perte d'autonomie, aides au séjour, soutien de l'aidant. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès et leurs montants varient selon les pays et évoluent régulièrement : aucun montant ne peut être présenté comme certain à l'avance. Le service social de l'établissement est l'interlocuteur qui vous dira, au moment de l'admission, quels dossiers déposer et où. Posez la question dès l'admission, pas quand arrive la première facture.

Comment savoir si c'est le bon moment pour envisager un établissement ?

Il n'y a pas de règle universelle. Le déclencheur est propre à chaque situation : sécurité de la personne, besoins de soins que le domicile ne couvre plus, épuisement de l'aidant. Le mieux est d'en parler à l'équipe médicale et à la famille sans attendre d'être au pied du mur, puis de visiter plusieurs établissements pour comparer. L'hébergement temporaire permet aussi de tester en conditions réelles, sans engagement. Anticiper, même sans décision arrêtée, évite d'avoir à choisir dans l'urgence la seule place disponible.

Est-ce que je peux être aidé, moi, en tant qu'aidant ?

Oui. La plupart des pays prévoient des dispositifs destinés spécifiquement aux proches aidants : solutions de répit, congés dédiés, groupes de parole, soutien psychologique, parfois formations. Ils sont largement sous-utilisés, souvent par méconnaissance ou par culpabilité. Le service social et les associations de patients sont les mieux placés pour vous dire ce qui existe près de chez vous. N'attendez pas d'être au bout du rouleau : la première demande est la plus difficile, et demander tôt est précisément ce qui permet de tenir dans la durée.

La maladie de Parkinson évoluant lentement, faut-il vraiment tout anticiper ?

Oui, mais sans précipitation. La lenteur d'évolution est trompeuse : comme rien ne bascule brutalement, on repousse les démarches, jusqu'au jour où une chute ou une hospitalisation impose de tout régler d'un coup. Or les demandes d'aide humaine, d'adaptation du logement, de matériel ou de place en établissement prennent du temps à aboutir. Anticiper ne veut pas dire tout mettre en place immédiatement, mais repérer les portes d'entrée, monter les dossiers utiles et connaître les solutions de répit avant d'en avoir un besoin urgent.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'aide et d'interlocuteurs valables dans la plupart des pays. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès et leurs montants varient selon les pays et évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné. Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil juridique ou social personnalisé : pour tout diagnostic, pronostic ou décision de soin, adressez-vous à un professionnel de santé.

Comprendre Parkinson, c'est déjà mieux accompagner

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