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Familles & aidants · École, écrans & adolescence

Sensibiliser aux écrans : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Quand un enfant ou un adolescent décroche derrière un écran — nuits écourtées, notes en chute, conflits qui explosent au moindre « éteins maintenant » —, la première difficulté n'est pas de comprendre le problème. C'est de savoir à qui en parler. Le médecin ? L'école ? Un psychologue ? Une association ? Sur le sujet sensibiliser aux écrans, aides et accompagnement forment un maquis d'interlocuteurs et de sigles où beaucoup de familles tournent en rond pendant des mois avant de trouver la bonne porte.

  • ⏱️ 18 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

Cet article remet de l'ordre. Il ne répète pas ce qui se joue derrière un usage excessif d'écran — d'autres textes de la série le font. Il répond à des questions plus pratiques : qui contacter pour quel type de difficulté, quels dispositifs existent réellement en France, comment tirer le meilleur d'une consultation de quinze minutes, comment repérer votre propre épuisement, et comment tenir sur la durée sans y laisser votre santé ni votre couple.

L'essentiel en 30 secondes

Deux portes d'entrée suffisent pour démarrer : le médecin traitant ou le pédiatre, qui écoute, oriente et coordonne, et l'équipe de l'établissement scolaire (professeur principal, CPE, infirmier ou médecin scolaire), qui voit votre enfant autrement que vous.

  • Plusieurs familles de ressources coexistent — soutien médical, appui scolaire, accompagnement psychologique, points d'écoute jeunes, dispositifs contre le cyberharcèlement, soutien à la parentalité. Chacune répond à un besoin différent.
  • Beaucoup de dispositifs sont gratuits ou peu coûteux, mais largement méconnus : Maison des adolescents, points d'écoute, consultations dédiées, numéros nationaux.
  • Un rendez-vous se prépare — quelques observations datées et trois questions écrites valent mieux qu'une heure de discussion improvisée.
  • L'épuisement du parent est un risque réel, pas un défaut d'amour. Il s'installe lentement et se repère à des signaux précis.
  • Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir. Attendre la crise ferme des options et rend chaque démarche plus lourde.

Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs

Autour d'un enfant ou d'un adolescent en difficulté avec les écrans, il n'existe pas un seul interlocuteur qui détienne toutes les réponses. Le sujet touche à la santé, au sommeil, à l'école, aux émotions, parfois à la sécurité en ligne. Savoir qui fait quoi évite de poser la bonne question à la mauvaise personne — et d'attendre trois semaines un rendez-vous qui n'apportera rien.

🩺

Médecin traitant / pédiatre

Le premier réflexe. Il écoute sans juger, vérifie qu'aucun trouble du sommeil, de la vue ou de l'attention ne se cache derrière l'usage des écrans, et oriente vers le bon spécialiste si nécessaire. C'est aussi lui qui coordonne le reste du parcours.

🏫

Équipe scolaire

Professeur principal, CPE, vie scolaire. Ils voient votre enfant en collectif : fatigue en classe, décrochage, isolement, tensions entre camarades. Un simple échange donne souvent des informations que la maison ne perçoit pas.

🩹

Infirmier / médecin scolaire

Interlocuteur de santé au sein de l'établissement. Il peut recevoir l'élève seul, évaluer un mal-être, faire le lien avec la famille et orienter vers un soin extérieur en toute confidentialité.

🧠

Psychologue

Pour ce qui se joue derrière l'écran : anxiété, estime de soi, évitement, conflits familiaux. Psychologue de l'Éducation nationale à l'école, ou psychologue en libéral, en centre médico-psychologique ou en Maison des adolescents.

💬

Consultations jeunes consommateurs

Structures spécialisées dans les usages qui débordent, y compris les écrans et le jeu vidéo. Accueil gratuit et confidentiel, pour le jeune comme pour les parents, avec des professionnels formés à ces questions.

🗣️

Orthophoniste / orthoptiste

Quand l'écran s'entremêle à un trouble du langage, de la lecture ou de la vision. Sur prescription médicale, pour évaluer ce qui relève d'une difficulté d'apprentissage et non du seul temps d'écran.

🆘

Numéros et associations spécialisées

Pour le cyberharcèlement, l'exposition à des contenus choquants ou l'emprise en ligne : des dispositifs nationaux et des associations écoutent, conseillent et accompagnent les signalements.

👪

Soutien à la parentalité

Points d'accueil, lieux d'écoute, réseaux d'appui aux parents. Pour parler non pas de l'enfant mais de vous : comment poser un cadre, gérer les conflits, ne pas rester seul face aux écrans.

J'ai ce problème, je m'adresse à qui ?

La situationLe bon interlocuteur
Enfant en danger immédiat ou en grande détresseServices d'urgence de votre pays, sans attendre
Sommeil détruit, fatigue permanente, maux de têteMédecin traitant ou pédiatre en premier
Notes qui s'effondrent, décrochage scolaireProfesseur principal et CPE, puis psychologue de l'Éducation nationale
Repli, tristesse durable, perte d'envieMédecin, puis psychologue ou Maison des adolescents
Jeu vidéo ou réseaux qui débordent tout le resteConsultation jeunes consommateurs, gratuite et confidentielle
Moqueries, menaces ou humiliations en ligneÉtablissement scolaire et numéro national contre les violences numériques
Contenu choquant, contact inquiétant d'un adultePlateforme de signalement et, selon la gravité, la police ou la gendarmerie
Conflits permanents à la maison autour de l'écranLieu d'écoute parents, médiation familiale, soutien à la parentalité
Je ne sais tout simplement pas par où commencerMédecin traitant et équipe scolaire — les deux portes d'entrée les plus sûres

Un principe simple structure tout ce tableau : la santé et le bien-être passent d'abord par un professionnel de santé, la scolarité par l'établissement, la sécurité en ligne par les dispositifs spécialisés. Quand vous hésitez entre deux portes, choisissez celle qui vous paraît la plus accessible et laissez-la vous orienter. Aucun professionnel ne vous reprochera de « ne pas être au bon endroit » : chacun sait renvoyer vers le bon relais.

Sensibiliser aux écrans : aides et accompagnement, ce qui existe vraiment

Les dispositifs portent des noms différents, changent parfois d'appellation et voient leurs conditions évoluer. Pour ne pas s'y perdre, mieux vaut raisonner par grandes familles de besoins. Vous repérez d'abord de quelle famille vous relevez, puis vous demandez le nom exact du dispositif applicable là où vous vivez. Voici les catégories qui reviennent partout.

Famille de ressourceÀ quoi ça sertOù commencer
Soutien médicalÉcarter un trouble du sommeil, de la vue, de l'attention ; évaluer un mal-êtreMédecin traitant, pédiatre, médecin scolaire
Appui scolaireDécrochage, absentéisme, aménagements, remobilisationProfesseur principal, CPE, psychologue de l'Éducation nationale
Accompagnement psychologiqueAnxiété, estime de soi, évitement, conflits familiauxPsychologue, centre médico-psychologique, Maison des adolescents
Points d'écoute jeunesEspace neutre pour parler sans étiquette de « soin »Point accueil écoute jeunes, Maison des adolescents
Usages qui débordentJeu vidéo, réseaux, écrans envahissants au quotidienConsultation jeunes consommateurs, gratuite et confidentielle
Sécurité en ligneCyberharcèlement, contenus choquants, signalementsÉtablissement scolaire, numéros nationaux, plateformes de signalement
Soutien à la parentalitéPoser un cadre, gérer les conflits, ne pas rester seulLieu d'écoute parents, réseau d'appui à la parentalité

Les dispositifs français à connaître

En France, plusieurs ressources existent, souvent gratuites, et pourtant peu utilisées faute d'être connues. Sans entrer dans le détail de conditions qui changent régulièrement, en voici les principales ; vérifiez toujours leur périmètre et leurs modalités à jour auprès de l'organisme lui-même.

  • La Maison des adolescents (MDA). Un lieu d'accueil pluridisciplinaire pour les 11-25 ans et leurs familles. On peut y venir sans rendez-vous dans beaucoup de départements, parler à un professionnel, être écouté et orienté. C'est souvent la porte la plus douce pour un adolescent qui refuse « le psy ».
  • Le Point accueil écoute jeunes (PAEJ). Un espace de proximité, gratuit et confidentiel, pour parler d'un mal-être avant qu'il ne s'installe. Pas besoin d'un « vrai » problème pour y aller : c'est justement l'intérêt.
  • La Consultation jeunes consommateurs (CJC). Pensée à l'origine pour les substances, elle accueille aussi les usages problématiques d'écrans et de jeux vidéo. Gratuite, anonyme, ouverte aussi aux parents qui viennent seuls.
  • Le centre médico-psychologique (CMP). Structure publique de soins psychologiques et psychiatriques, avec un secteur enfants-adolescents. La consultation y est prise en charge ; les délais peuvent être longs, d'où l'intérêt de solliciter en parallèle d'autres relais.
  • Les numéros nationaux. Un numéro dédié aux violences numériques et au cyberharcèlement, un numéro contre le harcèlement scolaire, des plateformes de signalement des contenus illicites : ils écoutent, conseillent et aident à agir. Les coordonnées à jour sont publiées par les services publics.
  • Le dispositif d'accompagnement psychologique remboursé. Des séances chez un psychologue partenaire peuvent être prises en charge selon des conditions qui évoluent. Renseignez-vous sur le dispositif en vigueur auprès de l'Assurance maladie ou de votre médecin.
💡 Les trois réflexes qui font gagner des semaines

1. Parlez à l'équipe scolaire tôt : elle déclenche des relais internes rapides et voit votre enfant sous un autre angle. 2. Notez tout au même endroit — observations, dates, comptes rendus, coordonnées — dans une seule pochette ou un seul carnet. 3. Ne cherchez pas « le » dispositif parfait avant d'agir : lancez un premier contact, il vous orientera vers le suivant.

Attention à un piège fréquent : attendre que la situation soit « assez grave » pour solliciter de l'aide. La plupart de ces ressources sont pensées pour la prévention, c'est-à-dire pour intervenir avant la crise. Consulter tôt n'est pas dramatiser : c'est se donner les moyens d'agir pendant qu'il reste des marges de manœuvre.

Où s'adresser, concrètement

Savoir qu'un dispositif existe ne suffit pas : encore faut-il savoir comment le contacter et à quoi s'attendre. Voici les points d'entrée les plus fiables, du plus immédiat au plus spécialisé, avec ce qu'ils apportent réellement.

Point d'entréeCe qu'il apporteBon à savoir
Médecin traitant / pédiatreÉcoute, examen, orientation, coordinationDemandez une consultation dédiée au sujet, pas un motif « au passage »
Infirmier ou médecin scolaireRegard de santé au sein de l'école, confidentialitéPeut recevoir l'élève seul ; joignable via la vie scolaire
Maison des adolescentsAccueil pluridisciplinaire jeunes et famillesSouvent sans rendez-vous ; annuaire national en ligne
Point accueil écoute jeunesÉcoute de proximité, gratuite et anonymeIdéal pour un mal-être débutant
Consultation jeunes consommateursUsages d'écrans et de jeux qui débordentOuverte aux parents seuls, sans le jeune
Numéros nationauxCyberharcèlement, harcèlement scolaire, signalementÉcoute et aide à la démarche ; coordonnées publiées par les services publics
Associations spécialiséesInformation, prévention, groupes de paroleConnaissent les relais locaux mieux que n'importe quel site

Un conseil vaut pour tous ces contacts : quand vous appelez, préparez une phrase d'ouverture claire. Par exemple : « Bonjour, je suis parent d'un adolescent de 14 ans, je m'inquiète de son usage des écrans et de sa fatigue, je cherche à savoir qui peut nous aider et par où commencer. » Cette simple phrase oriente immédiatement votre interlocuteur et évite dix minutes de flottement.

Les coordonnées, les horaires et les périmètres d'action évoluent : vérifiez toujours l'information en cours auprès de l'organisme lui-même, en particulier pour les numéros et les dispositifs remboursés. Si votre enfant est déjà suivi quelque part — à l'école, chez un professionnel —, demandez à cette personne quels relais elle recommande : c'est souvent la piste la plus courte.

Comprendre pour agir sans culpabiliser

La formation en ligne DYNSEO « Sensibiliser aux écrans : comprendre, agir, accompagner » donne aux parents et aux professionnels les repères qui manquent : mécanismes, âges, cadre, dialogue, signaux d'alerte. 18 leçons, à suivre à votre rythme.

Découvrir la formation — 20 €

Préparer un rendez-vous utile

Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Sans préparation, elle glisse vers des généralités et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant. Quelques réflexes simples changent tout — et valent aussi bien pour le médecin que pour l'école ou le psychologue.

  1. Observez au fil des jours, pas la veille. Notez une ligne par constat : ce qui a changé, quand, dans quelles circonstances. « Se couche à 1 h les soirs de semaine depuis trois semaines » est mille fois plus utile que « il est tout le temps sur son téléphone ». Un simple carnet ou une note sur votre téléphone suffit.
  2. Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée. Mettez en tête celle qui vous empêche de dormir.
  3. Décrivez des faits, pas des jugements. « Il refuse d'éteindre et ça finit en cris presque chaque soir » plutôt que « il est accro ». Les faits permettent au professionnel d'évaluer ; les étiquettes ferment la discussion.
  4. Associez votre enfant quand c'est possible. Selon l'âge, demandez-lui ce qu'il aimerait dire ou changer. Un adolescent qui a été entendu coopère beaucoup mieux qu'un adolescent « emmené » chez un professionnel.
  5. Reformulez avant de partir. « Si j'ai bien compris, on met en place ceci et on se revoit dans un mois, c'est ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
  6. Demandez qui joindre entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question vous épargne des semaines d'hésitation.

Les questions qui rapportent le plus

  • Ce que j'observe relève-t-il du développement normal de son âge, ou faut-il s'en inquiéter ?
  • Y a-t-il un trouble du sommeil, de la vue ou de l'attention à écarter d'abord ?
  • Quels signes devraient me faire consulter sans attendre ?
  • Vaut-il mieux un cadre plus ferme, ou un accompagnement plus souple, dans son cas précis ?
  • Vers quel professionnel m'orientez-vous si cela ne s'améliore pas ?
  • Que puis-je faire, moi, à la maison, dès cette semaine ?
  • Y a-t-il un aspect que je devrais surveiller et que je ne surveille pas ?
ℹ️ Un repère pour situer l'usage selon l'âge

Plusieurs organismes de santé publique recommandent d'éviter les écrans chez les tout-petits et de les encadrer fortement chez l'enfant. Des approches connues, comme la règle « 3-6-9-12 » proposée par le psychiatre Serge Tisseron, aident à poser des repères par âge. Ces cadres sont utiles pour dialoguer avec un professionnel, mais ils ne remplacent pas un avis personnalisé sur la situation de votre enfant.

L'épuisement du parent : le repérer à temps

On parle beaucoup de l'enfant et rarement du parent. Pourtant, accompagner au quotidien un enfant en difficulté avec les écrans use : les conflits répétés, la surveillance permanente, la peur de mal faire et la solitude finissent par peser. L'épuisement ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels on se dit que ça va, que d'autres font bien pire, que ce n'est pas le moment de se plaindre.

😴

Le corps fatigue

Sommeil qui ne répare plus, tensions dans la nuque, maux de tête, infections à répétition. Le corps encaisse ce que l'esprit refuse de nommer.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, larmes faciles, difficulté à se concentrer au travail, sentiment de tout rater, ruminations le soir sur la journée écoulée.

🚪

La vie se réduit

Sorties annulées, amis qu'on ne rappelle plus, loisirs abandonnés. Toute l'énergie passe dans la gestion du quotidien et des conflits.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre enfant, culpabilité immédiate de s'être emporté, sentiment d'être devenu « le gendarme des écrans » plutôt qu'un parent.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un simple coup de fatigue : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple, et souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez. Un parent qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une — et un cadre qui devient impossible à tenir.

⚠️ Quand il faut consulter sans attendre

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. Ces situations se traitent. En cas de détresse immédiate, contactez les services d'urgence de votre pays. Vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe.

Un mot sur la culpabilité, car elle revient dans presque tous les témoignages recueillis par les associations de parents : non, vous n'avez pas « laissé faire ». Les écrans sont conçus pour capter l'attention, y compris celle des adultes. Se reprocher de ne pas avoir tenu un cadre parfait est aussi injuste qu'inutile. Ce qui compte n'est pas le passé, mais ce que vous mettez en place maintenant — et le fait de ne plus le faire seul.

Le droit de souffler et de se faire aider

Souffler n'est pas démissionner. C'est une condition pour tenir dans la durée. Plusieurs formes de soutien existent : renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent, car les délais d'accès sont rarement immédiats.

Forme de soutienPrincipeUtile quand
Groupes de parole de parentsRencontres animées, souvent via une association ou une MDAVous vous sentez seul et incompris — c'est le besoin le plus fréquent
Soutien à la parentalitéAteliers, lieux d'écoute, conseils concrets pour poser un cadreLes conflits tournent en boucle et vous manquez de leviers
Accompagnement psychologique du parentConsultations individuelles pour vous, pas pour l'enfantLa charge émotionnelle déborde sur le travail, le couple, le sommeil
Relais dans l'entourageAutre parent, grand-parent, adulte de confiance qui prend le relaisVous avez besoin de créneaux réguliers, ne serait-ce que quelques heures
Médiation familialeUn tiers neutre aide à dénouer un conflit installéLe dialogue est rompu, chaque discussion dégénère

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur, fait de honte et de l'idée qu'un « bon parent » devrait y arriver seul. Personne n'y arrive seul, et ce n'est pas le sujet.

❌ À éviter : attendre d'être totalement à bout pour chercher du soutien. L'épuisement rend chaque démarche plus lourde et réduit la qualité des décisions. La bonne fenêtre pour demander de l'aide, c'est quand vous sentez que ça devient dur — pas quand vous n'en pouvez plus.

Concilier travail, famille et accompagnement

Beaucoup de parents concernés sont aussi salariés, et tiennent en rognant sur leurs congés, leurs pauses et leurs nuits. La conciliation ne s'improvise pas : elle se construit, avec quelques principes simples qui évitent de tout faire reposer sur une seule personne.

  1. Renseignez-vous sur vos droits avant d'être en difficulté. Certains rendez-vous médicaux ou entretiens scolaires peuvent justifier une autorisation d'absence ou un aménagement. Interrogez votre service des ressources humaines ; les demandes anticipées obtiennent bien plus que celles faites dans l'urgence.
  2. Distinguez ce qui exige votre présence — un rendez-vous chez le psychologue, par exemple — de ce qui peut être délégué ou décalé. Tout n'a pas à peser sur vous, et tout n'a pas à se faire cette semaine.
  3. Répartissez explicitement entre les adultes de la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, évite la spirale où le parent le plus présent fait tout et s'épuise en silence. Le cadre sur les écrans doit être porté à deux voix, pas par un seul « méchant ».
  4. Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, considérées comme non négociables au même titre qu'un rendez-vous. Ce n'est pas du luxe : c'est ce qui vous permet de rester disponible le reste du temps.

Côté organisation du quotidien, quelques outils gratuits allègent la charge mentale et déplacent la relation du conflit vers la coopération. Le planificateur de devoirs hebdomadaire et la checklist cartable rendent l'enfant plus autonome et réduisent les rappels à l'ordre. Un système de gamification scolaire transforme les efforts en objectifs visibles. Pour les adolescents qui vivent mal les émotions liées au temps d'écran, la boîte à outils de régulation émotionnelle et la fiche de restructuration cognitive donnent des appuis concrets. L'ensemble du catalogue d'outils gratuits est en libre accès.

Pour les plus jeunes, remplacer une partie du temps d'écran passif par une activité choisie et bornée dans le temps aide souvent plus qu'une interdiction sèche. L'application COCO, pensée pour les 5-10 ans, propose des jeux courts qui alternent avec une invitation au mouvement, ce qui aide à cadrer l'usage plutôt qu'à le subir. Pour les adultes qui veulent entretenir leur propre attention, l'application JOE et les tests cognitifs peuvent compléter la démarche.

Se former, pour ne plus subir

Une grande partie de la fatigue des parents ne vient pas des écrans eux-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si tel comportement est grave, si l'on fait bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher, si l'on doit consulter ou attendre. Comprendre ce qui se joue transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés — et fait redescendre la tension à la maison.

C'est l'objet de la formation en ligne « Sensibiliser aux écrans : comprendre, agir, accompagner ». Elle rassemble 18 leçons courtes, à suivre à son rythme, entièrement en ligne, avec un accès illimité pour y revenir quand une situation nouvelle se présente. Elle s'adresse autant aux parents qu'aux professionnels de l'éducation, de la petite enfance ou de l'animation qui accompagnent des jeunes au quotidien. DYNSEO est un organisme de formation certifié Qualiopi (N° 11757351875) et délivre une attestation de fin de formation. Le tarif est de 20 €.

Ce que la formation aide à faire

  • Comprendre pourquoi les écrans captent autant, sans diaboliser ni banaliser.
  • Poser un cadre adapté à l'âge, et le tenir sans conflit permanent.
  • Repérer les signaux qui doivent alerter et savoir vers qui orienter.
  • Dialoguer avec un enfant ou un adolescent sans transformer chaque échange en bras de fer.

Pour aller plus loin

Ces articles approfondissent respectivement les mécanismes, les scènes concrètes du quotidien et les activités de remplacement. Le présent article, lui, se concentre sur les aides et l'accompagnement : qui contacter, quels dispositifs mobiliser et comment tenir. Les deux dimensions se complètent : comprendre ce qui se joue rend les démarches plus efficaces, et connaître les relais rend la compréhension actionnable.

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?

Par deux contacts. Le premier, le médecin traitant ou le pédiatre : il écoute, écarte un trouble du sommeil, de la vue ou de l'attention, et coordonne la suite. Le second, l'équipe scolaire — professeur principal, CPE, infirmier ou médecin scolaire — qui voit votre enfant en collectif et déclenche des relais internes rapides. Ces deux portes suffisent pour démarrer ; elles vous orienteront ensuite vers les ressources spécialisées si nécessaire. Inutile de chercher le dispositif parfait avant d'agir : un premier appel vaut mieux qu'un mois de recherche sur internet.

Ces accompagnements sont-ils payants ?

Beaucoup sont gratuits ou pris en charge. Les Maisons des adolescents, les points d'écoute jeunes et les consultations jeunes consommateurs accueillent sans frais, souvent de façon anonyme. Les consultations médicales et en centre médico-psychologique relèvent des circuits de soin habituels. Un dispositif d'accompagnement psychologique remboursé existe aussi, selon des conditions qui évoluent. Les montants et les modalités changent régulièrement : vérifiez toujours l'information à jour auprès de l'organisme concerné ou de l'Assurance maladie avant de vous engager, plutôt que de renoncer par crainte du coût.

Mon adolescent refuse d'aller voir « un psy », que faire ?

Commencez par des espaces qui ne portent pas l'étiquette de « soin » : une Maison des adolescents ou un point d'écoute jeunes, où l'on vient parler sans être « patient ». Présentez la démarche comme un temps pour lui, confidentiel, où il décide de ce qu'il dit. Vous pouvez aussi consulter seul, en tant que parent : beaucoup de structures reçoivent les familles sans le jeune. Enfin, laissez le professionnel de santé porter la proposition : venant de lui, elle passe souvent mieux qu'une décision présentée comme une sanction familiale.

Que faire en cas de cyberharcèlement ?

Agissez vite et gardez des traces. Faites des captures d'écran datées, sans répondre aux messages. Prévenez l'établissement scolaire, qui a des procédures dédiées, et contactez le numéro national dédié aux violences numériques ainsi que les plateformes de signalement des contenus. Si votre enfant est en détresse, contactez les services d'urgence de votre pays. Rassurez-le : il n'est pas coupable et il n'est pas seul. Un accompagnement psychologique aide souvent à surmonter l'épreuve. Les coordonnées à jour des dispositifs sont publiées par les services publics.

Et si c'est moi, le parent, qui suis au bout ?

Votre santé fait partie de l'équation, pas seulement celle de votre enfant. Prenez rendez-vous avec votre propre médecin et dites-lui ce que vous vivez. Cherchez un groupe de parole de parents, un lieu de soutien à la parentalité ou un accompagnement psychologique individuel : ces espaces existent et sont faits pour cela. Demander de l'aide n'est pas un aveu d'échec, c'est ce qui vous permet de tenir dans la durée. Un parent soutenu tient un cadre plus stable qu'un parent épuisé qui essaie de tout porter seul.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'aide et d'interlocuteurs, avec des exemples valables en France. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès, leurs modalités et leurs éventuels coûts varient et évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné. Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil psychologique, juridique ou social personnalisé. Pour tout signe de souffrance chez un enfant ou un adolescent, adressez-vous à un professionnel de santé.

Vous n'êtes pas censé savoir tout ça seul

Personne ne nous a appris à accompagner nos enfants face aux écrans. Pour transformer l'inquiétude en gestes assurés, la formation « Sensibiliser aux écrans : comprendre, agir, accompagner » réunit 18 leçons courtes, 100 % en ligne, en accès illimité — sur le sujet sensibiliser aux écrans, aides et accompagnement, elle vous donne enfin des repères clairs et des relais concrets. Organisme certifié Qualiopi, attestation de fin de formation.

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