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Familles & aidants · Sclérose en plaques (SEP)

SEP et vie quotidienne : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Le diagnostic de sclérose en plaques tombe souvent chez un adulte jeune, en pleine vie active, et il rebat les cartes de toute une famille. Très vite, une question pratique s'impose derrière le choc : concrètement, à qui parler, quoi demander, et comment organiser le quotidien sans s'épuiser ? C'est exactement là que se joue la question SEP et vie quotidienne : aides et accompagnement — non pas la théorie de la maladie, mais l'art de mobiliser les bonnes personnes et les bons dispositifs, au bon moment.

  • ⏱️ 16 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

La SEP a ceci de déroutant qu'elle évolue par poussées, avec des symptômes parfois invisibles — fatigue, troubles de la concentration, douleurs — et des périodes de stabilité. L'accompagnement doit donc être souple, réévalué régulièrement, et réparti entre plusieurs interlocuteurs. Cet article remet de l'ordre : qui appeler pour quel besoin, quelles aides existent en France et où déposer les dossiers, comment tirer profit d'une consultation courte, comment repérer votre propre épuisement d'aidant, et comment tenir sur la durée sans y laisser votre santé.

L'essentiel en 30 secondes

Deux interlocuteurs suffisent pour démarrer : le neurologue, qui pilote le suivi de la maladie et les traitements de fond, et le service social (hôpital, centre communal d'action sociale, ou plateforme d'accompagnement) qui connaît les dispositifs mobilisables près de chez vous.

  • L'accompagnement de la SEP est pluridisciplinaire : neurologue, médecin traitant, médecin de rééducation, kiné, ergothérapeute, orthophoniste, neuropsychologue, infirmier, parfois urologue et psychologue.
  • La porte d'entrée administrative en France, c'est la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), qui instruit la plupart des droits liés au handicap.
  • Les associations spécialisées — Fondation ARSEP, Ligue Française contre la Sclérose en Plaques, APF France handicap — informent, orientent et rompent l'isolement.
  • Une consultation se prépare : trois questions écrites et vos observations datées valent mieux qu'une discussion improvisée.
  • L'épuisement de l'aidant est un risque réel. Demander de l'aide tôt, et solliciter le répit avant d'être au bout, est ce qui permet de tenir dans la durée.

Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs

Dans la SEP, aucun professionnel ne détient à lui seul l'ensemble du tableau. Le neurologue voit la maladie, le kiné voit la marche, l'ergothérapeute voit le logement, l'orthophoniste voit la parole ou la déglutition. Comprendre qui fait quoi évite d'attendre des semaines une réponse qu'un autre interlocuteur pouvait donner tout de suite. Voici la carte des personnes qui gravitent autour de votre proche — et de vous.

🧠

Neurologue

Le chef d'orchestre médical. Il pose et confirme le diagnostic, décide des traitements de fond, gère les poussées et surveille l'évolution par IRM. C'est l'interlocuteur pour toute question sur la maladie, son traitement et son pronostic.

🩺

Médecin traitant

Le pivot du quotidien. Il coordonne le suivi entre les spécialistes, renouvelle les traitements, prescrit les soins paramédicaux et rédige les certificats indispensables aux démarches administratives, notamment l'ALD.

Médecin MPR

Le médecin de médecine physique et de réadaptation coordonne la rééducation, prescrit les aides techniques et évalue les capacités fonctionnelles. Un allié précieux dès que la mobilité ou l'autonomie sont concernées.

🦵

Kinésithérapeute

Motricité, équilibre, marche, spasticité, prévention des raideurs. Un suivi régulier aide à préserver les capacités entre les poussées et à limiter les complications liées à l'immobilité.

🏠

Ergothérapeute

L'autonomie concrète : aménagement du logement, matériel adapté, économie d'énergie face à la fatigue. Un bilan à domicile est souvent le conseil le plus utile de toute la période.

💬

Orthophoniste

Parole, déglutition et parfois troubles cognitifs de la communication. Il intervient quand l'élocution se modifie ou que les repas deviennent difficiles.

🧩

Neuropsychologue

Mémoire, attention, vitesse de traitement, organisation. Il évalue les troubles cognitifs souvent invisibles de la SEP et propose des stratégies de compensation.

💧

Urologue

Les troubles urinaires sont fréquents dans la SEP. L'urologue, en lien avec le neurologue, prévient les complications et améliore nettement le confort de vie quand ils apparaissent.

💉

Infirmier à domicile

Soins, injections de certains traitements, surveillance. Souvent le professionnel qui voit la personne le plus souvent, et qui repère les changements en premier.

🫂

Psychologue

Pour la personne comme pour l'aidant. Le retentissement émotionnel d'une maladie évolutive est réel : en parler à un professionnel n'est pas un luxe.

📋

Assistant de service social

À l'hôpital, au centre communal d'action sociale ou dans un réseau de santé. C'est l'interlocuteur des dossiers d'aide, des droits et de l'organisation du maintien à domicile.

🤝

Associations spécialisées

Fondation ARSEP, Ligue Française contre la SEP, APF France handicap : information fiable, orientation, groupes de parole et mise en relation avec d'autres familles.

J'ai ce besoin, je m'adresse à qui ?

La situationLe bon interlocuteur
Signes évoquant une poussée (nouveau symptôme durable)Neurologue ou médecin traitant sans tarder
Symptôme brutal et inquiétant (perte de vision, paralysie)Services d'urgence de votre pays, puis neurologue
Fatigue qui désorganise toute la journéeNeurologue et ergothérapeute (gestion de l'énergie)
La marche se dégrade, chutes ou presque-chutesMédecin traitant, puis kiné et bilan ergothérapeute
Troubles urinaires, fuites, infections répétéesMédecin traitant, puis urologue
Difficultés de mémoire, de concentration, d'organisationNeurologue, puis neuropsychologue
Humeur très basse, repli, perte d'envie durablesMédecin traitant ou psychologue — la dépression se traite
La salle de bain n'est plus praticableErgothérapeute, puis service social pour le financement
Je ne comprends rien aux démarchesService social et association spécialisée (ARSEP, Ligue)
Je n'y arrive plus, je suis à boutVotre propre médecin, et le service social pour une solution de répit

Un conseil transversal : demandez dès le départ à votre neurologue s'il existe, dans votre région, un réseau de santé ou un centre expert SEP. Ces structures coordonnent plusieurs professionnels autour du patient et évitent aux familles de courir après chaque spécialiste séparément.

SEP et vie quotidienne : les aides et l'accompagnement qui existent

Les dispositifs d'aide portent des noms techniques et leurs conditions évoluent régulièrement. Le plus simple est de raisonner par besoin plutôt que par sigle : identifiez d'abord de quelle famille d'aide vous relevez, puis demandez au service social ou à l'association le nom exact du dispositif qui y correspond aujourd'hui, et ses conditions à jour. Les grandes familles ci-dessous couvrent la quasi-totalité des situations.

Famille d'aideÀ quoi ça sertOù commencer
Aide humaine à domicileAide à la toilette, aux repas, au ménage, présence et accompagnementService social, MDPH, mairie ou CCAS
Soins à domicileInfirmier, kiné, orthophoniste au domicilePrescription du médecin traitant ou du neurologue
Adaptation du logementBarres d'appui, douche accessible, rampe, monte-escalierBilan d'un ergothérapeute, puis service social pour les financements
Matériel et aides techniquesCanne, déambulateur, fauteuil, siège de douche, aides à la préhensionPrescription médicale et prestataire de matériel médical
Compensation du handicapPrise en charge de frais liés à la perte d'autonomie et au handicapMDPH ; les conditions dépendent de l'évaluation individuelle
Maintien dans l'emploiAménagement du poste, du temps de travail, reconnaissance du handicapMédecin du travail, service RH, MDPH (RQTH)
Répit et soutien de l'aidantAccueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile, groupes de paroleService social, association spécialisée, plateforme d'accompagnement des aidants
💡 Les trois réflexes qui font gagner des mois

1. Faites reconnaître l'ALD (affection de longue durée) avec votre médecin traitant dès que possible : elle conditionne la prise en charge des soins liés à la SEP. 2. Rassemblez tous les documents médicaux dans une seule pochette — comptes rendus d'IRM, courriers du neurologue, ordonnances : chaque dossier administratif les redemandera. 3. Contactez une association spécialisée dès les premières semaines : elle connaît les démarches locales et les délais réels mieux que n'importe quel site.

Un mot sur la fatigue, symptôme central et pourtant invisible de la SEP : elle n'est pas de la paresse et ne se voit pas de l'extérieur. Beaucoup d'aides — aide humaine, adaptation du logement, gestion de l'énergie par l'ergothérapeute — visent précisément à préserver les forces de votre proche pour ce qui compte vraiment. En parler ouvertement aux professionnels permet d'ajuster l'accompagnement à la réalité de ses journées, et non à ce que la maladie laisse paraître.

Les dispositifs en France et où déposer les dossiers

En France, la plupart des droits liés au handicap passent par un guichet unique : la MDPH de votre département. On y dépose un dossier accompagné d'un certificat médical récent, et une équipe pluridisciplinaire évalue la situation avant que la commission ne se prononce. Les délais peuvent être longs : mieux vaut lancer les demandes tôt. Voici les principaux dispositifs à connaître — sans montant chiffré, car les barèmes et conditions changent ; vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné.

DispositifÀ quoi il sertOù déposer / qui saisir
ALD (affection de longue durée)Prise en charge des soins liés à la SEP par l'Assurance maladieMédecin traitant, qui remplit le protocole de soins
PCH (prestation de compensation du handicap)Financer aide humaine, aides techniques, aménagements liés au handicapMDPH
AAH (allocation aux adultes handicapés)Soutien de ressources selon la situation et les conditions en vigueurMDPH, versement par la CAF ou la MSA
RQTHReconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, pour le maintien dans l'emploiMDPH
Carte mobilité inclusion (CMI)Priorité, stationnement, invalidité selon les mentions accordéesMDPH
Aides des collectivitésAides locales complémentaires (transport, logement, répit)Conseil départemental, CCAS, caisses de retraite
⚠️ Sur les montants et les conditions

Aucun montant n'est garanti à l'avance : chaque aide dépend d'une évaluation individuelle, de conditions de ressources ou d'âge, et de règles qui évoluent. Ne construisez pas votre budget sur un chiffre entendu ailleurs. Faites confirmer par écrit ce à quoi votre proche a droit, par l'organisme instructeur, avant d'engager des dépenses.

Deux conseils pratiques pour ne pas s'épuiser dans la paperasse. D'abord, faites-vous aider à monter les dossiers : un assistant social ou une association peut relire votre demande MDPH avant l'envoi, ce qui limite les allers-retours. Ensuite, datez et conservez une copie de tout ce que vous envoyez : la trace écrite est votre meilleure protection en cas de perte de dossier ou de désaccord sur une date de dépôt.

Un mot sur le certificat médical qui accompagne la demande MDPH : sa qualité pèse lourd. Un certificat qui décrit précisément le retentissement de la SEP sur la vie quotidienne — fatigue, mobilité, troubles cognitifs, répercussions professionnelles — est bien plus parlant pour l'équipe d'évaluation qu'un document laconique. N'hésitez pas à préparer, avec votre proche, quelques exemples concrets de difficultés rencontrées dans une semaine ordinaire, et à les transmettre au médecin qui rédige le certificat. Ce sont ces situations vécues, et non les seuls résultats d'examens, qui donnent à voir le handicap réel.

Pensez aussi à solliciter le pharmacien, souvent oublié dans la liste des interlocuteurs. Il connaît l'ensemble des traitements, peut repérer une interaction, simplifier la gestion des prises et vous conseiller sur le matériel disponible sans prescription. C'est un relais de proximité, accessible sans rendez-vous, précieux entre deux consultations.

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Préparer une consultation vraiment utile

Une consultation de neurologie dure rarement plus de vingt minutes, et les rendez-vous sont parfois espacés de plusieurs mois. Sans préparation, le temps file en généralités et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant. La bonne nouvelle : une consultation se prépare, et quelques réflexes suffisent à en tripler la valeur.

  1. Notez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation dans un carnet ou une note du téléphone : quel symptôme, quand, dans quelles circonstances, combien de temps. Les faits datés valent mille fois « ça ne va pas fort ».
  2. Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée.
  3. Apportez la liste complète des traitements, y compris ceux prescrits par d'autres médecins et ce qui est pris sans ordonnance.
  4. Signalez la fatigue et les troubles invisibles. Cognition, humeur, troubles urinaires, douleurs : ils ne se voient pas mais ils comptent. S'ils ne sont pas dits, ils ne seront pas pris en compte.
  5. Venez à deux si possible. L'un écoute, l'autre note. On retient beaucoup moins qu'on ne le croit d'une consultation qui touche un proche.
  6. Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on modifie le traitement et on refait une IRM dans six mois, c'est bien ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
  7. Demandez qui appeler entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question évite des semaines d'hésitation.

Les questions qui rapportent le plus

  • Comment reconnaître une poussée, et que dois-je faire quand elle survient ?
  • Ce nouveau symptôme est-il lié à la SEP ou à autre chose ?
  • Que puis-je faire, moi, entre les consultations, pour aider sans nuire ?
  • Un bilan à domicile par un ergothérapeute est-il indiqué ?
  • La rééducation en cours est-elle suffisante en fréquence ?
  • Y a-t-il un aspect que je devrais surveiller et que je néglige ?
  • Existe-t-il un centre expert ou un réseau SEP dans notre région ?

Pour garder une trace structurée d'une consultation à l'autre, appuyez-vous sur les outils gratuits DYNSEO : fiches de suivi et carnets à imprimer aident à noter l'essentiel et à le présenter clairement aux professionnels. Un suivi écrit, même sommaire, transforme des impressions vagues en informations exploitables.

L'épuisement de l'aidant : le repérer à temps

L'épuisement ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous répétez que ça va, que d'autres font bien plus, que ce n'est pas le moment de se plaindre. La nature évolutive et imprévisible de la SEP entretient une vigilance permanente qui, à la longue, use. Puis un matin, une remarque anodine fait tout basculer.

😴

Le corps lâche

Sommeil qui ne répare plus, douleurs de dos ou de nuque, infections à répétition, fatigue qui ne cède pas au repos. Le corps envoie des signaux avant l'esprit.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, sentiment de vide, impression de ne plus rien faire correctement.

🚪

La vie se réduit

Invitations déclinées systématiquement, amis qui ne rappellent plus, loisirs abandonnés, plus une seule heure qui vous appartienne.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre proche, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et le sentiment pesant d'être devenu soignant plutôt que conjoint, enfant ou parent.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un simple passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez. Un aidant qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une — et l'accompagnement de votre proche en pâtit directement.

⚠️ Quand consulter sans attendre

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays. Ces situations se traitent, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe.

❌ À éviter : attendre d'avoir « vraiment craqué » pour demander de l'aide. Le réflexe le plus fréquent, et le plus coûteux, est de repousser jusqu'à l'effondrement. Demander tôt, quand on tient encore, laisse le choix des solutions ; demander au bout du rouleau réduit les options à celles de l'urgence.

Le droit au répit : souffler sans culpabiliser

Le répit n'est pas un abandon, c'est une condition de durabilité. Plusieurs formules existent, sous des noms variables selon les territoires : renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent, car les délais d'accès sont rarement immédiats. Anticiper, ici, c'est se donner une marge.

FormulePrincipeUtile quand
Accueil de jourVotre proche passe une ou plusieurs journées par semaine dans une structure adaptéeVous avez besoin de créneaux réguliers et prévisibles
Hébergement temporaireSéjour de quelques jours à quelques semaines en établissementVacances, hospitalisation de l'aidant, épuisement
Relais à domicileUn professionnel prend le relais chez vous, quelques heures ou plusieurs joursVotre proche supporte mal de quitter son environnement
Groupes de parole d'aidantsRencontres animées, souvent via une association spécialisée SEPVous vous sentez seul et incompris — c'est le besoin le plus fréquent
Soutien psychologiqueConsultations individuelles pour l'aidantLa charge émotionnelle déborde sur tout le reste

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes deviennent beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur. Se donner le droit de souffler, ce n'est pas aimer moins ; c'est se donner les moyens d'accompagner longtemps.

💡 Une phrase à se répéter

« Prendre soin de moi fait partie de l'aide que j'apporte. » Deux heures par semaine, à heure fixe, considérées comme non négociables au même titre qu'un rendez-vous médical : c'est souvent le premier pas réaliste vers le répit.

Concilier travail, vie perso et accompagnement

La SEP touche souvent des adultes en pleine vie professionnelle — la personne malade comme son aidant. Beaucoup tiennent en rognant sur leurs congés et leurs nuits, jusqu'à ce que quelque chose cède. Or des dispositifs existent, côté salarié comme côté aidant. Leur point commun : ils sont largement méconnus, et bien plus faciles à obtenir quand on les anticipe.

  1. Renseignez-vous avant d'être en difficulté, auprès du service des ressources humaines, du médecin du travail ou d'un service social du travail. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que celles faites dans l'urgence.
  2. Pour la personne malade, pensez maintien dans l'emploi. La RQTH, un aménagement du poste ou du temps de travail, le télétravail : le médecin du travail est l'interlocuteur clé pour adapter le poste à la fatigue et aux poussées.
  3. Distinguez ce qui exige votre présence — les rendez-vous médicaux, par exemple — de ce qui peut être délégué. Tout n'a pas à reposer sur vous.
  4. Répartissez explicitement dans la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, évite la spirale où celui qui est sur place fait tout et s'épuise en silence.
  5. Protégez un créneau qui vous appartient. Un moment fixe chaque semaine, réservé à vous, tenu comme un engagement et non comme un luxe qu'on s'accorde s'il reste du temps.

Côté stimulation, entretenir ses capacités cognitives fait aussi partie de la qualité de vie. L'application JOE, jeux de mémoire pour adultes, propose des exercices ludiques d'attention, de mémoire et de logique, utiles pour garder un rythme quand la fatigue tente de tout ralentir. Ce n'est pas un traitement ; c'est un appui du quotidien, à intégrer selon l'énergie du jour. Pour situer les besoins, les tests cognitifs DYNSEO donnent des repères à partager avec les professionnels.

Se former, pour comprendre au lieu de subir

Une grande partie de la fatigue des aidants ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce symptôme est grave, si l'on fait bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher. Comprendre ce qui se joue transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés — et rend l'accompagnement moins anxiogène pour tout le monde.

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Pour aller plus loin

Ces approfondissements complètent le présent article : là où celui-ci cartographie les aides et les interlocuteurs, les autres détaillent la maladie, les situations concrètes et les aménagements. Le catalogue d'outils gratuits reste, lui, en libre accès pour outiller vos démarches.

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?

Par deux contacts. D'abord le médecin traitant, qui coordonne le suivi et met en place l'ALD, indispensable à la prise en charge des soins liés à la SEP. Ensuite le service social — celui de l'hôpital si votre proche y est suivi, sinon le centre communal d'action sociale — qui connaît les dispositifs mobilisables près de chez vous. Contactez aussi rapidement une association spécialisée comme la Fondation ARSEP ou la Ligue Française contre la SEP : elle vous orientera vers les bonnes démarches locales et vous fera gagner un temps précieux.

Qu'est-ce que la MDPH et quand la solliciter ?

La Maison départementale des personnes handicapées est le guichet unique des droits liés au handicap en France. On y dépose un dossier accompagné d'un certificat médical récent ; une équipe évalue la situation avant décision. Elle instruit notamment la prestation de compensation du handicap, la reconnaissance de travailleur handicapé et la carte mobilité inclusion. Comme les délais peuvent être longs, sollicitez-la sans attendre d'être en difficulté. Faites-vous aider à monter le dossier par un assistant social ou une association : une demande bien argumentée limite les allers-retours et accélère l'instruction.

Peut-on connaître à l'avance le montant des aides ?

Non, et c'est important : aucun montant n'est garanti d'avance. Chaque aide dépend d'une évaluation individuelle, de conditions de ressources ou de situation, et de règles qui évoluent régulièrement. Ne construisez pas votre budget sur un chiffre entendu ailleurs ou lu sur un forum. Demandez à l'organisme instructeur — MDPH, CAF, conseil départemental — de vous confirmer par écrit ce à quoi votre proche a droit, et à partir de quelle date, avant d'engager des dépenses. La trace écrite vous protège en cas de désaccord ultérieur.

Existe-t-il des aides pour l'aidant lui-même ?

Oui. Plusieurs dispositifs visent spécifiquement les proches aidants : solutions de répit (accueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile), congés dédiés côté travail, groupes de parole et soutien psychologique. Ils restent largement sous-utilisés, souvent par méconnaissance ou par culpabilité. Le service social, les associations spécialisées et les plateformes d'accompagnement des aidants sont les mieux placés pour vous dire ce qui existe près de chez vous. Sollicitez-les tôt : le répit se prépare, il ne s'improvise pas au moment où l'on est déjà à bout.

Mon proche refuse toute aide extérieure, que faire ?

Commencez petit et limité dans le temps : une aide ponctuelle pour une tâche précise, plutôt qu'une réorganisation complète du quotidien. Faites porter la proposition par un professionnel de santé, qui la présentera comme une recommandation médicale et non comme une décision familiale. Et formulez-la comme un soutien pour vous : « c'est pour que je puisse continuer à t'accompagner » passe souvent mieux que « tu ne peux plus faire seul ». Le refus cache fréquemment la peur de perdre son autonomie : valoriser ce que votre proche fait encore lui-même facilite l'acceptation.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'aide, des dispositifs et des interlocuteurs à titre informatif. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès et leurs montants évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné. Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil juridique ou social personnalisé. Pour tout diagnostic, pronostic ou décision de soin, adressez-vous à votre médecin ou à votre neurologue.

Vous n'êtes pas censé tout savoir

Personne ne vous a préparé à accompagner une SEP au quotidien. Pour transformer l'incertitude en repères concrets sur les aides et l'accompagnement, la formation DYNSEO propose 16 leçons courtes, 100 % en ligne, en accès illimité, avec attestation de fin de formation.

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