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Familles & aidants · Parkinson

Troubles cognitifs et émotionnels dans Parkinson : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Le jour du diagnostic, un mot revient sans cesse : « tremblements ». On vous parle de raideur, de lenteur, de traitement. Presque personne ne vous prévient que, pour beaucoup de familles, ce sont les troubles cognitifs et émotionnels de la maladie de Parkinson qui pèsent le plus lourd au quotidien — l'apathie qui ressemble à de la paresse, l'anxiété qui monte en fin de journée, les moments où votre proche semble « ailleurs ». Et quand on cherche des aides et de l'accompagnement pour ces difficultés-là, on se retrouve vite face à une dizaine d'interlocuteurs, des sigles administratifs et l'impression de devoir tout découvrir seul, au plus mauvais moment.

  • ⏱️ 16 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

Cet article remet de l'ordre dans ce parcours. Qui appeler pour quel problème, quelles catégories d'aide existent — elles portent des noms différents selon les régions et les pays, mais répondent partout aux mêmes besoins —, comment tirer le maximum d'une consultation de quinze minutes, comment déposer un dossier au bon endroit, et surtout comment tenir dans la durée sans vous effondrer en route.

L'essentiel en 30 secondes

Deux portes d'entrée suffisent pour démarrer : le médecin traitant, qui coordonne le suivi et prescrit, et le service social (de l'hôpital, de votre commune ou d'un point d'information dédié aux personnes âgées et handicapées), qui connaît les dispositifs disponibles là où vous vivez.

  • Les troubles cognitifs et émotionnels sont des symptômes de la maladie, pas des traits de caractère : apathie, anxiété, tristesse, lenteur de pensée, parfois hallucinations. Ils s'observent, se signalent et se prennent en charge.
  • Six familles d'aide existent presque partout — aide à domicile, soins paramédicaux, adaptation du logement, matériel, compensation financière, répit et soutien de l'aidant. Seuls les noms et les conditions changent.
  • Les associations de patients font gagner un temps considérable : elles connaissent les démarches locales et mettent en relation avec d'autres familles.
  • Une consultation se prépare : trois questions écrites et vos observations datées valent mieux qu'une heure de discussion improvisée.
  • L'épuisement de l'aidant est un risque réel, pas une faiblesse. Demander de l'aide tôt est ce qui permet de tenir longtemps.

Qui fait quoi : la carte des interlocuteurs

La maladie de Parkinson est suivie par plusieurs professionnels, et aucun ne détient à lui seul l'ensemble du tableau — pas même le neurologue. Les difficultés cognitives et émotionnelles, en particulier, se répartissent entre plusieurs spécialités. Savoir qui fait quoi évite de poser la bonne question à la mauvaise personne et d'attendre des semaines pour rien.

🩺

Médecin traitant

Le pivot du parcours. Il coordonne le suivi, renouvelle les traitements entre deux consultations spécialisées, prescrit soins et bilans, et rédige les certificats nécessaires aux démarches administratives. C'est lui qu'on appelle en premier en cas de doute.

🧠

Neurologue

Spécialiste de la maladie. Il ajuste le traitement dopaminergique, suit l'évolution des symptômes moteurs et non moteurs, et c'est l'interlocuteur pour les hallucinations, les fluctuations ou les troubles du contrôle des impulsions.

🧩

Neuropsychologue

Évalue ce qui est invisible : mémoire, attention, lenteur de pensée, fonctions d'organisation. Il explique à l'entourage ce qui relève de la maladie et non de la mauvaise volonté, et propose une remédiation cognitive.

💬

Orthophoniste

Voix qui s'éteint, parole moins articulée, et souvent troubles de la déglutition. Il travaille aussi la communication quand la maladie ralentit l'expression, et vous apprend à adapter vos échanges.

🦵

Kinésithérapeute

Motricité, équilibre, marche, prévention des chutes et des raideurs. Le mouvement régulier a aussi un effet reconnu sur le moral : c'est un allié contre l'apathie et l'anxiété.

🏠

Ergothérapeute

L'autonomie concrète : aménagement du logement, matériel adapté, organisation des gestes du quotidien. Un bilan à domicile est souvent le conseil le plus utile de toute la période.

🫂

Psychologue / psychiatre

Pour la dépression, l'anxiété et le retentissement émotionnel — chez la personne malade comme chez l'aidant. La dépression parkinsonienne se traite ; elle n'est pas une fatalité de la maladie.

📋

Service social

À l'hôpital, en commune ou dans un point d'information dédié à l'autonomie. C'est l'interlocuteur des démarches, des dossiers d'aide et de l'organisation de la vie à domicile. Beaucoup de familles le découvrent trop tard.

J'ai ce problème, j'appelle qui ?

Ce que vous observezLe bon interlocuteur
Confusion soudaine, chute grave, malaise brutalServices d'urgence de votre pays, immédiatement
Il voit ou entend des choses qui n'existent pasNeurologue ou médecin traitant sans tarder : le traitement peut être en cause
Elle ne veut plus rien faire, reste assise des heuresMédecin traitant, puis neuropsychologue — l'apathie n'est pas de la paresse
Tristesse profonde, pleurs, perte d'envie durablesMédecin traitant — la dépression dans Parkinson se traite
Anxiété qui monte quand le traitement « baisse »Neurologue : ces fluctuations émotionnelles sont connues
Achats compulsifs, jeux, comportements inhabituelsNeurologue rapidement : possible effet des médicaments
Il s'étouffe ou tousse en mangeantMédecin traitant, puis orthophoniste
La salle de bain n'est plus praticableErgothérapeute, puis service social pour le financement
Je n'y arrive plus, je suis à boutVotre propre médecin, et le service social pour une solution de répit
💡 À retenir sur les symptômes non moteurs

L'apathie, l'anxiété, la lenteur de pensée ou les hallucinations ne sont pas des « caprices » ni un manque de volonté : ce sont des manifestations de la maladie, parfois accentuées par le traitement. Votre rôle d'aidant n'est pas de diagnostiquer, mais d'observer et de signaler précisément ce qui change, pour que le professionnel de santé ajuste la prise en charge. Notez ce que vous voyez ; laissez l'interprétation au médecin.

Troubles cognitifs et émotionnels dans Parkinson : quelles aides et quel accompagnement

Face aux troubles cognitifs et émotionnels dans Parkinson, l'aide et l'accompagnement ne se résument jamais à une seule mesure. Les dispositifs portent des noms différents selon les pays, et leurs conditions évoluent régulièrement. En revanche, les besoins auxquels ils répondent sont partout les mêmes. Repérez d'abord de quelle famille vous relevez, puis demandez au service social le nom exact du dispositif applicable chez vous.

Famille d'aideÀ quoi ça sertOù commencer
Aide humaine à domicileAide à la toilette, aux repas, au ménage, stimulation et présence de journéeService social, mairie ou commune, médecin traitant
Soins paramédicaux à domicileInfirmier, kiné, orthophoniste, parfois neuropsychologue à domicilePrescription du médecin traitant ou du neurologue
Adaptation du logementBarres d'appui, douche accessible, éclairage, repères visuels contre la confusionBilan d'un ergothérapeute, puis service social pour les financements
Matériel et aides techniquesDéambulateur, siège de douche, couverts adaptés, pilulier électroniquePrescription médicale, prestataire de matériel médical
Compensation financièreParticipation aux frais liés à la perte d'autonomie ou au handicapService social ; conditions d'âge et de ressources variables selon les pays
Répit et soutien de l'aidantAccueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile, groupes de paroleService social, association de patients, plateforme d'accompagnement des aidants

Des aides pensées pour la dimension cognitive et émotionnelle

Certaines réponses ciblent spécifiquement les symptômes non moteurs, ceux qui déroutent le plus l'entourage. Elles se combinent avec les six familles ci-dessus.

  • La remédiation cognitive, proposée par un neuropsychologue : des exercices ciblés sur l'attention, la mémoire de travail et l'organisation, adaptés au rythme ralenti de la maladie.
  • Le soutien psychologique, pour la personne malade comme pour vous. Anxiété, tristesse et perte d'estime de soi accompagnent souvent la maladie ; en parler à un professionnel change beaucoup de choses.
  • Les activités de stimulation à domicile, encadrées ou autonomes, qui entretiennent les capacités et donnent des repères rassurants dans la journée. L'application EDITH, conçue pour les seniors et les personnes concernées par Parkinson ou Alzheimer, propose des jeux cognitifs simples à prendre en main ; l'application JOE s'adresse plutôt à un public adulte.
  • Les outils de suivi partagés entre la famille et les professionnels, pour objectiver ce qui va mieux ou moins bien d'une semaine à l'autre. Le carnet de liaison et le tableau de suivi des progrès sont en libre accès dans le catalogue d'outils gratuits de DYNSEO.

Aucune de ces aides ne se substitue au suivi médical. Elles le prolongent au domicile, entre deux consultations, là où l'aidant est en première ligne. Pour une évaluation régulière des capacités, des tests cognitifs peuvent aussi donner des repères à présenter aux professionnels — sans jamais remplacer un diagnostic.

💡 Les trois réflexes qui font gagner des mois

1. Sollicitez le service social avant une aggravation ou une hospitalisation, pas après : c'est là que les démarches se déclenchent le plus vite. 2. Gardez une copie de tout — comptes rendus, ordonnances, courriers — dans une seule pochette. 3. Contactez l'association de patients de votre pays dès le début du parcours : elle connaît les démarches locales mieux que n'importe quel site officiel.

Où déposer les dossiers et à qui s'adresser

Les associations de patients et de familles sont la ressource la plus sous-utilisée. Elles informent, orientent, animent des groupes de parole et mettent en relation avec des personnes qui vivent la même chose — ce que ne remplace aucune brochure. Elles savent aussi où déposer chaque dossier, ce qui évite bien des allers-retours.

Pays / zoneOrganisation de référence
FranceFrance Parkinson, et le point d'information local dédié à l'autonomie (personnes âgées et personnes handicapées) de votre commune ou département
EuropeParkinson's Europe, qui fédère des associations de patients de nombreux pays européens
Royaume-UniParkinson's UK
BelgiqueAssociation Parkinson (côté francophone) et son équivalent néerlandophone
SuisseParkinson Suisse
Canada (Québec)Parkinson Québec et Parkinson Canada
Autres paysPasser par l'annuaire de Parkinson's Europe ou d'une fédération internationale, tenus à jour

Selon les pays, les dossiers de compensation, d'aide humaine ou d'adaptation du logement se déposent auprès de guichets différents : une administration dédiée au handicap, un service départemental de l'autonomie, une caisse de retraite ou d'assurance maladie. Les coordonnées et les périmètres d'action évoluent : vérifiez toujours l'information en cours auprès de l'organisme lui-même, et ne considérez aucun montant comme acquis tant que la décision n'est pas notifiée. Si votre proche est suivi dans un centre expert ou une consultation spécialisée Parkinson, demandez à l'équipe quelles associations et quels guichets elle recommande localement : c'est souvent la piste la plus courte.

✅ À faire : demander systématiquement un accusé de dépôt et noter la date de chaque démarche.

❌ À éviter : attendre une aggravation pour lancer les demandes — les délais d'instruction sont rarement immédiats.

Comprendre les symptômes pour mieux accompagner

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Préparer une consultation vraiment utile

Une consultation dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Avec une maladie où les symptômes fluctuent d'une heure à l'autre, sans préparation elle passe en généralités, et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant. Or c'est vous, à la maison, qui voyez ce que le médecin ne voit jamais.

  1. Notez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation dans un carnet de liaison : ce qui a changé, à quel moment de la journée, avant ou après la prise du traitement. Pour Parkinson, l'horaire est une information capitale.
  2. Décrivez les symptômes non moteurs, même si on ne vous les demande pas. Apathie, anxiété, cauchemars, hallucinations, moral en berne : ce sont eux qu'on oublie le plus souvent d'évoquer, alors qu'ils pèsent lourd.
  3. Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée.
  4. Apportez l'ordonnance complète, horaires de prise compris, y compris ce qui vient d'autres prescripteurs et ce qui est pris sans prescription.
  5. Venez à deux si possible. L'un écoute, l'autre note. On retient beaucoup moins qu'on ne le croit d'une consultation qui touche un proche.
  6. Reformulez avant de sortir. « Si j'ai bien compris, on ajuste le traitement du soir et on se revoit dans trois mois, c'est bien ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
  7. Demandez qui appeler entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question évite des semaines d'hésitation.

Les questions qui rapportent le plus

  • Ce changement d'humeur ou de comportement, est-il lié à la maladie, au traitement, ou à autre chose ?
  • Ces hallucinations ou cette confusion peuvent-elles venir des médicaments ?
  • Un bilan avec un neuropsychologue est-il indiqué ?
  • L'apathie de mon proche relève-t-elle d'une dépression que l'on pourrait traiter ?
  • Quels signes doivent me faire consulter en urgence, et lesquels peuvent attendre ?
  • Que puis-je faire, moi, entre les séances, pour l'aider sans le brusquer ?
  • Y a-t-il un aspect que je devrais surveiller et que je ne surveille pas ?
⚠️ Un principe simple

Vous n'êtes pas là pour poser un diagnostic ni pour modifier un traitement de votre propre initiative. Ne changez jamais les doses sans avis médical : dans Parkinson, un arrêt ou une modification brutale peut être dangereux. Votre travail, précieux et irremplaçable, consiste à observer finement, à signaler clairement, puis à appliquer les consignes du professionnel de santé.

L'épuisement de l'aidant : le repérer à temps

L'épuisement ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous dites que ça va, que d'autres font bien plus, que ce n'est pas le moment de se plaindre. Accompagner les troubles cognitifs et émotionnels use particulièrement, parce que la charge est aussi psychique : il faut sans cesse s'adapter à une humeur qui change, à une lenteur qui exaspère malgré soi, à une personne qui n'est plus tout à fait la même. Puis un matin, une remarque anodine fait tout basculer.

😴

Le corps lâche

Sommeil qui ne répare plus — souvent haché par les nuits agitées du proche —, douleurs de dos ou de nuque, infections à répétition, tension ou glycémie qui se dérèglent alors qu'elles étaient stables.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, pleurs faciles, difficulté à se concentrer, sentiment de vide, impression de ne plus rien faire correctement quoi que vous fassiez.

🚪

La vie se réduit

Invitations déclinées systématiquement, amis qui ne rappellent plus, loisirs abandonnés, plus une seule heure qui vous appartienne vraiment.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre proche, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, et le sentiment insupportable d'être devenu soignant plutôt que conjoint ou enfant.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un passage à vide : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et pourtant souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez. Un aidant qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une.

⚠️ Quand il faut consulter sans attendre

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays. Ces situations se traitent, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe.

Le droit de souffler

Le répit n'est pas un abandon, c'est une condition de durabilité. Plusieurs formules existent presque partout, sous des noms variables. Renseignez-vous sur celles disponibles près de chez vous avant d'en avoir un besoin urgent : les délais d'accès sont rarement immédiats, et une place trouvée dans l'urgence est une place mal choisie.

FormulePrincipeUtile quand
Accueil de jourVotre proche passe une ou plusieurs journées par semaine dans une structure adaptéeVous avez besoin de créneaux réguliers et prévisibles
Hébergement temporaireSéjour de quelques jours à quelques semaines en établissementVacances, hospitalisation de l'aidant, épuisement
Relais à domicileUn professionnel prend le relais chez vous, quelques heures ou plusieurs joursVotre proche supporte mal de quitter son environnement — fréquent quand la confusion s'accentue au changement de lieu
Groupes de parole d'aidantsRencontres animées, souvent via une association de patientsVous vous sentez seul et incompris — c'est le besoin le plus fréquent
Soutien psychologiqueConsultations individuelles pour l'aidantLa charge émotionnelle déborde sur tout le reste

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur. On se dit qu'on devrait y arriver seul, que confier son proche à d'autres serait le trahir. C'est exactement l'inverse : souffler quelques heures, c'est se rendre capable de tenir des années.

Concilier travail, vie perso et accompagnement

Beaucoup d'aidants sont aussi salariés, parents, ou les deux, et tiennent en rognant sur leurs congés et leurs nuits. La plupart des pays prévoient des dispositifs pour les proches aidants — congés spécifiques, aménagements d'horaires, temps partiel, télétravail. Leurs conditions varient fortement ; le point commun, c'est qu'ils restent largement méconnus.

  1. Renseignez-vous avant d'être en difficulté, auprès du service des ressources humaines ou d'un service social du travail. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que celles faites dans l'urgence.
  2. Distinguez ce qui exige votre présence — les consultations spécialisées, par exemple — de ce qui peut être délégué. Tout n'a pas à reposer sur vous.
  3. Répartissez explicitement dans la famille. Une répartition écrite, même imparfaite, évite la spirale où celui qui est sur place fait tout et s'épuise en silence. Attribuez à chacun une mission concrète : les courses, les rendez-vous, les appels administratifs.
  4. Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, considérées comme non négociables au même titre qu'un rendez-vous médical.

Quand des enfants vivent au foyer

Lorsqu'un grand-parent ou un parent atteint de Parkinson partage le quotidien d'enfants, la lenteur, les tremblements ou les moments de confusion peuvent inquiéter les plus jeunes. Expliquez avec des mots simples et vrais, adaptés à l'âge : « Papi est malade, son corps va plus lentement, mais il t'aime toujours autant. » Rassurez sans dramatiser, et n'imposez jamais à un enfant un rôle d'aidant. Si vous percevez chez lui de l'angoisse, un repli ou des troubles du sommeil, parlez-en à son médecin ou à un psychologue : mieux vaut un avis rassurant qu'un mal-être qui s'installe.

Se former, pour ne plus subir

Une grande partie de la fatigue des aidants ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce comportement est grave, si l'on fait bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher. Avec les troubles cognitifs et émotionnels de Parkinson, cette incertitude est permanente, parce que les symptômes sont déroutants et changeants. Comprendre ce qui se joue transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés.

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Pour aller plus loin

Deux outils gratuits accompagnent directement les démarches décrites ici : le carnet de liaison, pour ne rien oublier en consultation, et le tableau de suivi des progrès, qui donne des éléments concrets à présenter aux professionnels. L'ensemble du catalogue d'outils est en libre accès.

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?

Par deux contacts. Le premier avec le médecin traitant, qui coordonne le suivi médical et prescrit ce qui doit l'être, y compris les soins paramédicaux à domicile. Le second avec le service social — celui de l'hôpital si votre proche est hospitalisé, sinon celui de votre commune ou d'un point d'information dédié à l'autonomie — qui connaît les dispositifs applicables là où vous vivez. Contactez ensuite l'association de patients de votre pays, par exemple France Parkinson : elle vous fera gagner un temps considérable sur les démarches locales et vous mettra en lien avec d'autres familles.

Les aides financières sont-elles automatiques ?

Non. Elles dépendent presque toujours de conditions d'âge, de niveau d'autonomie et parfois de ressources, qui varient selon les pays et évoluent régulièrement. Aucun montant ne peut être considéré comme acquis avant la notification officielle de la décision. Le mieux est de vous rapprocher du service social ou du guichet compétent pour connaître les dispositifs applicables à votre situation, les pièces à fournir et les délais. Gardez toujours une copie datée de chaque dossier déposé et demandez un accusé de réception : c'est votre meilleure protection en cas de retard.

Mon proche refuse toute aide extérieure, que faire ?

Commencez petit et limité dans le temps : une aide ponctuelle pour une tâche précise, plutôt qu'une réorganisation complète du quotidien. Faites porter la demande par un professionnel de santé, qui la présentera comme une prescription et non comme une décision familiale. Présentez-la aussi comme un soutien pour vous : « c'est pour que je puisse continuer à m'occuper de toi » est souvent mieux accepté que « tu ne peux plus rester seul ». Avec les troubles cognitifs, la répétition douce et la régularité comptent plus que la persuasion.

Les troubles du comportement peuvent-ils venir des médicaments ?

C'est possible, et c'est une raison de plus de signaler tout changement au neurologue plutôt que de le garder pour soi. Certains comportements — achats ou jeux compulsifs, hallucinations, agitation — sont parfois liés au traitement dopaminergique et peuvent évoluer avec un ajustement médical. Ne modifiez jamais les doses vous-même : dans Parkinson, un changement brutal peut être dangereux. Votre rôle est d'observer précisément (quoi, quand, dans quelles circonstances) et de transmettre ces observations au professionnel de santé, qui décidera de la conduite à tenir.

Est-ce que je peux être aidé, moi, en tant qu'aidant ?

Oui. La plupart des pays prévoient des dispositifs destinés spécifiquement aux proches aidants : solutions de répit, congés dédiés, groupes de parole, soutien psychologique, parfois formations. Ils sont largement sous-utilisés, souvent par simple méconnaissance. Le service social et les associations de patients sont les mieux placés pour vous dire ce qui existe près de chez vous. N'attendez pas d'être au bout du rouleau : demander de l'aide tôt, c'est ce qui vous permettra de tenir dans la durée sans que votre propre santé se dégrade.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'aide et d'interlocuteurs valables dans la plupart des pays. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès et leurs montants varient d'un pays à l'autre et évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information en vigueur auprès de l'organisme concerné. Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil juridique ou social personnalisé. Pour tout diagnostic, tout pronostic et tout ajustement de traitement, adressez-vous à un professionnel de santé.

Vous n'êtes pas censé savoir tout ça

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