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Familles & aidants · Parkinson

Troubles cognitifs et émotionnels dans Parkinson : activités, supports et aménagements concrets à mettre en place

Entre deux rendez-vous chez le neurologue, l'orthophoniste ou le kinésithérapeute, il reste énormément de temps à la maison. C'est précisément dans ce temps quotidien que se jouent le maintien de l'autonomie et le moral. Face aux troubles cognitifs et émotionnels de la maladie de Parkinson, ce sont des activités régulières et de bons outils du quotidien qui font la différence sur la durée, bien plus qu'une grande séance intensive une fois par semaine.

  • ⏱️ 18 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

Cet article est une boîte à outils, pas un cours de neurologie. Vous y trouverez quatorze activités décrites assez précisément pour être lancées ce soir, une organisation de journée et de semaine, les aménagements du logement pièce par pièce, les supports gratuits à imprimer et la place à donner au numérique. Rien n'exige de matériel spécialisé ni de compétence médicale : l'idée est d'installer des repères simples, tenables, qui accompagnent la personne sans transformer votre relation en rééducation permanente.

L'essentiel en 30 secondes

Pour accompagner les troubles cognitifs et émotionnels dans Parkinson, une routine utile tient en quatre principes : court, quotidien, à la bonne difficulté, et respectueux de l'humeur.

  • Le bon rythme — plusieurs séquences de 10 à 20 minutes valent mieux qu'une longue séance, car l'attention et l'énergie fluctuent fortement au cours de la journée.
  • Le bon moment — pendant les périodes « on », quand le traitement agit et que le corps répond, jamais en pleine phase de blocage ou de grande fatigue.
  • Le bon niveau — la personne doit réussir souvent ; l'échec répété nourrit l'apathie et l'anxiété, déjà présentes.
  • L'émotion d'abord — l'apathie et l'anxiété se traitent en rendant l'action facile à démarrer et en valorisant chaque réussite, pas en insistant.
  • La trace écrite — noter chaque jour rend visibles des progrès lents et prépare les consultations.

Les 4 règles avant de commencer

Avant d'entrer dans les activités, quatre principes conditionnent tout le reste. Ils sont particulièrement importants dans Parkinson, où l'attention, la vitesse de traitement et l'humeur varient d'une heure à l'autre selon les phases du traitement.

🕐

Choisir les phases « on »

Programmez les activités quand le traitement agit, souvent en milieu de matinée. En phase de blocage, on repose, on ne pousse pas.

⏱️

Court plutôt que long

Dix à vingt minutes suffisent. On arrête avant la fatigue et avant la frustration, pas quand elles sont installées.

🔁

Tous les jours, même peu

La régularité l'emporte sur l'intensité. Cinq minutes un mauvais jour protègent la routine mieux qu'une impasse complète.

✍️

Noter, systématiquement

Une croix par jour et une observation en une ligne : c'est ce qui rend les progrès visibles et informe les professionnels.

⚠️ Avant tout : validez avec l'équipe soignante et parlez du traitement

Les activités ci-dessous sont des activités du quotidien, pas des protocoles médicaux. Certaines peuvent être à adapter selon les symptômes — troubles de l'équilibre, blocages à la marche (freezing), troubles de la déglutition, hypotension au lever. Montrez cette liste au neurologue, au kinésithérapeute, à l'orthophoniste ou à l'ergothérapeute qui suit votre proche : ils vous diront lesquelles privilégier. Par ailleurs, certains changements du comportement (jeu, achats compulsifs, désinhibition, hallucinations, anxiété intense) peuvent être liés au traitement dopaminergique. Ils ne se gèrent pas avec des activités : ils doivent être signalés au neurologue, qui seul peut ajuster les médicaments. N'arrêtez jamais un traitement de vous-même.

Activités pour les troubles cognitifs : attention, mémoire, organisation

Dans la maladie de Parkinson, les difficultés cognitives touchent souvent la vitesse de réflexion (on parle de bradyphrénie), l'attention qui fluctue, la mémoire de travail et surtout les fonctions dites exécutives : planifier, organiser une tâche en étapes, passer d'une idée à l'autre, gérer deux choses en même temps. Les quatre activités qui suivent entraînent ces fonctions à partir de gestes ordinaires, sans jamais mettre la personne en situation d'examen.

1

Le tri par catégories

  • Objectif — flexibilité mentale, catégorisation, attention soutenue.
  • Matériel et durée — un jeu de cartes, des photos ou des objets du quotidien (couverts, boutons, pièces), 10 minutes, assis à table.
  • Déroulé — proposer de trier selon un critère (par couleur, par usage, par pièce de la maison), puis changer de critère et recommencer. C'est le changement de règle qui travaille les fonctions exécutives.
  • Plus facile — deux catégories seulement, très contrastées.
  • Plus difficile — trois critères successifs, ou trier contre la montre en une seule minute.
  • Signe que ça marche — le passage d'un critère à l'autre devient plus rapide, avec moins d'hésitation.
2

La recette en étapes

  • Objectif — planification, séquençage d'une tâche, mémoire de travail.
  • Matériel et durée — les ingrédients d'une préparation simple, une fiche avec les étapes écrites en gros, 15 minutes.
  • Déroulé — la personne réalise une recette en trois ou quatre étapes en cochant chaque étape faite. On dit une consigne à la fois, calmement, sans empiler les demandes.
  • Plus facile — deux étapes, avec la fiche sous les yeux en permanence.
  • Plus difficile — quatre à cinq étapes, fiche retirée après lecture.
  • Signe que ça marche — la personne anticipe l'étape suivante sans qu'on la lui rappelle.
3

Le rappel des six mots

  • Objectif — mémoire de travail, stratégies de récupération.
  • Matériel et durée — papier, crayon, 10 minutes.
  • Déroulé — lire une liste de six mots liés au quotidien (courses, prénoms, objets). Parler d'autre chose une minute, puis demander de restituer. En Parkinson, la difficulté vient souvent de la récupération plus que du stockage : proposer un indice de catégorie aide beaucoup.
  • Plus facile — trois mots, restitution immédiate, avec choix multiple.
  • Plus difficile — dix mots à regrouper par thème avant restitution.
  • Signe que ça marche — la personne se crée ses propres repères pour retenir.
4

Les repères de la journée

  • Objectif — mémoire prospective (penser à faire), repères temporels, sentiment de maîtrise.
  • Matériel et durée — un agenda à grandes cases ou un tableau effaçable, 5 minutes le soir et 5 le matin.
  • Déroulé — écrire ensemble les deux ou trois rendez-vous et prises de médicament du lendemain, puis cocher au fur et à mesure. C'est un outil précieux contre les oublis et contre l'anxiété du « qu'est-ce que je dois faire aujourd'hui ».
  • Plus facile — vous écrivez, la personne relit à voix haute et coche.
  • Plus difficile — la personne remplit seule et anticipe la semaine.
  • Signe que ça marche — elle consulte le tableau spontanément dans la journée.

Activités pour l'équilibre émotionnel : apathie, anxiété, humeur

Le versant émotionnel est souvent le plus déroutant pour l'entourage. L'apathie — cette perte d'élan qui n'est ni de la paresse ni forcément de la tristesse — se confond facilement avec la dépression, et l'anxiété s'intensifie souvent en fin de dose, quand le traitement s'estompe. Ces activités ne cherchent pas la performance : elles visent à relancer l'envie d'agir et à apaiser. Elles ne remplacent jamais un suivi : une tristesse durable, un repli, des idées noires justifient toujours d'en parler au médecin ou à un psychologue.

5

Le rituel d'activation du matin

  • Objectif — contourner l'apathie en rendant le démarrage automatique.
  • Matériel et durée — une liste de trois activités agréables choisies par la personne, affichée bien en vue, 10 minutes.
  • Déroulé — l'apathie bloque surtout l'initiative, pas la capacité. Plutôt que de demander « tu veux faire quelque chose ? » — question à laquelle la réponse sera « non » — proposez un choix fermé : « on commence par les photos ou par la musique ? ». Une fois lancée, l'activité tient souvent d'elle-même.
  • Plus facile — une seule activité, très courte, toujours la même.
  • Plus difficile — la personne choisit et lance elle-même l'activité.
  • Signe que ça marche — le « non » réflexe laisse place à un démarrage.

❌ À éviter : reprocher le manque d'envie (« tu ne fais aucun effort »). L'apathie est un symptôme de la maladie, pas un choix ; le reproche aggrave le repli.

6

La respiration et l'ancrage

  • Objectif — apaiser l'anxiété, notamment lors des périodes de blocage « off ».
  • Matériel et durée — aucun, un endroit calme, 5 minutes.
  • Déroulé — s'asseoir, poser les mains sur les cuisses, ralentir la respiration en allongeant l'expiration. Nommer à voix basse trois choses que l'on voit, entend, sent. Cet exercice d'ancrage aide à traverser l'attente d'une reprise du traitement sans que l'angoisse ne s'emballe.
  • Plus facile — respirer en suivant le mouvement de votre propre main que vous montez et descendez.
  • Plus difficile — l'utiliser seul, en anticipation d'une situation redoutée (repas à l'extérieur, sortie).
  • Signe que ça marche — la personne y a recours d'elle-même quand la tension monte.
7

Le carnet des petites réussites

  • Objectif — soutenir l'humeur, réorienter l'attention vers le positif, valoriser l'effort.
  • Matériel et durée — un petit carnet, 5 minutes le soir.
  • Déroulé — noter chaque soir une chose réussie ou agréable de la journée, même minuscule : un bouton attaché seul, un appel passé, un fou rire. La maladie focalise sur ce qui ne va plus ; ce carnet rééquilibre le regard, pour la personne comme pour l'aidant.
  • Plus facile — vous proposez, la personne valide ou complète.
  • Plus difficile — relire ensemble la semaine écoulée le dimanche.
  • Signe que ça marche — la personne trouve ses réussites plus vite, sans aide.
8

La playlist qui remet en mouvement

  • Objectif — humeur, évocation de souvenirs, et amorce du mouvement grâce au rythme.
  • Matériel et durée — une enceinte, une liste de musiques marquantes des 15-30 ans de la personne, 15 minutes.
  • Déroulé — écouter, laisser venir les souvenirs, puis, si l'envie est là, marquer le tempo avec les mains ou les pieds. Le rythme musical est un repère externe utile : il aide parfois à initier un geste ou un pas quand le démarrage est difficile.
  • Variante — associer une photo de la même époque à chaque morceau.
  • Signe que ça marche — la personne fredonne, bouge, ou se met à raconter.

Communication et motricité fine

La maladie de Parkinson affecte souvent la voix, qui devient faible et monocorde (on parle d'hypophonie), l'écriture, qui rapetisse au fil des lignes (la micrographie), et la finesse des gestes. Ces activités entretiennent ces fonctions entre les séances, mais elles complètent la rééducation, elles ne la remplacent jamais. L'orthophoniste et le kinésithérapeute utilisent des méthodes spécifiques et intensives, notamment pour la voix et l'amplitude du mouvement : demandez-leur quels exercices soutiennent le travail en cours.

9

Parler fort, exprès

  • Objectif — entretenir l'intensité de la voix entre les séances d'orthophonie.
  • Matériel et durée — une liste de phrases du quotidien, 10 minutes.
  • Déroulé — lire ou dire des phrases en visant volontairement le « trop fort », car la personne sous-estime souvent le volume nécessaire pour être entendue. On peut compter à voix haute, appeler quelqu'un d'une autre pièce, ou lire le journal fort.
  • Plus facile — tenir une voyelle (« aaah ») fort et longtemps.
  • Plus difficile — soutenir le volume sur une conversation entière.
  • Signe que ça marche — on lui demande moins souvent de répéter.

❌ À éviter : parler à sa place quand on ne l'entend pas. Cela accélère l'effacement de la voix. Mieux vaut se rapprocher et l'inviter à redire plus fort.

10

L'écriture en grand

  • Objectif — lutter contre la micrographie, entretenir le geste graphique.
  • Matériel et durée — un cahier à grands carreaux ou lignes larges, un stylo à bonne prise, 10 minutes.
  • Déroulé — écrire en visant volontairement des lettres grandes, une par carreau, en repassant sur des lignes-guides si besoin. Copier une phrase, écrire la liste de courses, remplir des cases. On mise sur l'ampleur du geste, pas sur la vitesse.
  • Plus facile — repasser sur des lettres déjà tracées en pointillés.
  • Plus difficile — écrire librement un court texte en gardant la taille jusqu'au bout.
  • Signe que ça marche — la taille des lettres ne diminue plus en fin de ligne.
11

La lecture à voix haute rythmée

  • Objectif — articulation, souffle, rythme de parole, plaisir de lire.
  • Matériel et durée — un texte en gros caractères, 10 minutes.
  • Déroulé — lire à tour de rôle une phrase chacun, en marquant bien les pauses et en articulant les fins de mots, souvent avalées. On s'arrête à la fin d'un paragraphe, jamais au milieu d'un effort.
  • Plus facile — la personne ne lit que le dernier mot de chaque phrase, fort et articulé.
  • Plus difficile — résumer le paragraphe en une phrase claire après lecture.
  • Signe que ça marche — le débit est plus régulier, les fins de phrases restent audibles.
12

Les gestes fins du quotidien

  • Objectif — préhension, coordination des doigts, autonomie dans l'habillage et les repas.
  • Matériel et durée — boutons, fermetures éclair, pinces à linge, monnaie, 10 minutes.
  • Déroulé — boutonner et déboutonner un vêtement, trier des pièces, apparier des chaussettes. On travaille les gestes réellement utiles, dans un moment calme, sans pression de temps.
  • Plus facile — gros boutons, pièces larges, une seule main sollicitée.
  • Plus difficile — petits boutons, fermetures fines, en se chronométrant une fois par semaine.
  • Signe que ça marche — l'habillage du matin demande moins d'aide.

Comprendre ce qui se joue derrière chaque activité

Les activités marchent mieux quand on sait pourquoi apathie, anxiété et ralentissement s'installent. La formation DYNSEO « Troubles cognitifs et émotionnels dans Parkinson » explique tout cela aux familles, avec des repères concrets pour le quotidien : 16 leçons, 100 % en ligne, accès illimité, à votre rythme.

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Plaisir, mouvement et lien social

Ces deux dernières activités ne visent aucune performance mesurable. Elles entretiennent le mouvement, l'humeur et l'identité — trois choses qui conditionnent l'adhésion à tout le reste. Chez une personne qui glisse vers l'apathie, le plaisir n'est pas un supplément : c'est le moteur.

13

La marche cadencée

  • Objectif — endurance, équilibre, initiation du pas, moral.
  • Matériel et durée — chaussures fermées, aide technique habituelle, un parcours dégagé, 5 à 20 minutes selon les capacités.
  • Déroulé — marcher sur un rythme régulier, en s'aidant si besoin d'un repère externe (compter « un, deux », une musique, des marques au sol) car ces repères aident à démarrer et à contourner les blocages. Même parcours, même heure, un point d'appui identifié à mi-chemin.
  • Plus facile — un aller-retour dans le couloir, plusieurs fois par jour.
  • Plus difficile — allonger la distance ou ajouter une légère pente.
  • Signe que ça marche — les blocages au démarrage sont moins fréquents, la fatigue arrive plus tard.

❌ À éviter : demander de marcher plus vite en cas de blocage (freezing). Cela aggrave le figement. On propose plutôt un repère de rythme et on sécurise l'appui.

14

Le jeu à plusieurs et l'album commenté

  • Objectif — lien social, langage, mémoire ancienne, plaisir partagé.
  • Matériel et durée — un jeu de société simple ou un album photo, 15 à 20 minutes.
  • Déroulé — jouer à un jeu adapté (cartes, dominos, jeux de mémoire) en laissant le temps de jouer sans presser, ou feuilleter un album en nommant les personnes et en racontant. Si un prénom manque, on le donne sans faire attendre.
  • Plus facile — un jeu très court à deux, ou des photos de proches très familiers uniquement.
  • Plus difficile — un jeu à règles, ou remettre des photos dans l'ordre chronologique.
  • Signe que ça marche — l'échange devient une vraie conversation, l'humeur remonte.

Une journée type et une semaine type

Le piège classique : vouloir tout faire tous les jours. Une seule activité de chaque catégorie par jour suffit largement, à condition qu'elle ait vraiment lieu. Dans Parkinson, il faut en plus caler les activités sur les phases où le traitement agit et respecter un vrai temps de repos, car la fatigabilité est réelle.

MomentCe qu'on y metDurée
Matin, en phase « on »L'activité la plus exigeante du jour — cognition ou motricité fine15-20 min
Fin de matinéeMarche cadencée ou sortie courte10-20 min
Début d'après-midiTemps calme obligatoire, sans écran ni sollicitation30-60 min
Milieu d'après-midiSéance numérique ou jeu à plusieurs15 min
Fin d'après-midiUne tâche réelle du quotidien — recette, écriture, gestes fins10-15 min
SoirRepères du lendemain, puis carnet des réussites, musique ou album15 min

Sur la semaine, on alterne les dominantes pour ne pas lasser et pour couvrir tous les besoins sans surcharge :

JourDominante de la journée
LundiCognition — tri par catégories, repères de la journée
MardiCommunication — parler fort, lecture rythmée
MercrediÉmotion — rituel d'activation, playlist et mouvement
JeudiAutonomie — préparer une recette de bout en bout
VendrediMotricité fine — écriture en grand, gestes du quotidien
SamediSocial — visite, sortie, jeu à plusieurs
DimancheRien d'imposé. Le repos fait partie du programme.
💡 Adapter au fil des « on » et des « off »

Les capacités varient dans la journée selon l'effet du traitement. Tenez pendant quelques jours une note simple des heures où votre proche est le plus disponible : vous verrez apparaître des créneaux favorables. Placez-y les activités qui demandent le plus de concentration ou de coordination, et gardez les temps de repli pour les moments plus difficiles. Ces observations sont aussi très utiles au neurologue pour ajuster le traitement.

Aménager l'environnement, pièce par pièce

Beaucoup de difficultés du quotidien se produisent dans des situations parfaitement prévisibles : un blocage au passage d'une porte, une chute sur un tapis, une confusion favorisée par le bruit. La plupart des modifications utiles ne coûtent presque rien. Pour les autres, un bilan à domicile par un ergothérapeute est le meilleur investissement.

PièceCe qui pose problèmeCe qu'on change
Entrée et couloirsTapis, fils, encombrement, blocages au passageRetirer les tapis, fixer les câbles, dégager les passages, veilleuse à détecteur
Passages de porteFreezing au franchissement d'un seuil étroitMarques au sol contrastées à franchir, seuils dégagés, éclairage renforcé
SéjourFauteuil trop bas, difficulté à se relever, sol glissantRehausser l'assise, accoudoirs fermes, couloir de circulation d'au moins 90 cm
CuisineObjets en hauteur, vaisselle lourde, gestes fins difficilesUsage courant à hauteur de main, planche antidérapante, couverts à grosse prise
Salle de bainSol mouillé, station debout, transfertsBarre d'appui fixée au mur, tapis antidérapant, siège de douche
ChambreLever nocturne, lit trop bas, hypotension au leverInterrupteur accessible du lit, se relever en deux temps, chemin lumineux
Toutes piècesBruit de fond qui parasite l'attention et la paroleÉteindre télévision et radio pendant les échanges, augmenter l'éclairage général
💡 Réduire les sources de confusion et d'anxiété

Un environnement calme, bien éclairé et rangé toujours de la même façon soutient l'attention et rassure. Limitez les stimulations simultanées (télévision allumée pendant un repas ou une conversation), gardez les objets importants à des places fixes, et privilégiez une seule consigne à la fois. En fin de journée, quand la fatigue et parfois la confusion augmentent, baissez le niveau d'exigence et maintenez des repères stables.

Les supports gratuits à imprimer

Ces outils DYNSEO sont téléchargeables et imprimables librement depuis le catalogue des outils. Trois d'entre eux suffisent à structurer toute la routine décrite ici, et à transformer des impressions floues en observations transmissibles aux professionnels.

  • Tableau de suivi des progrès — une croix par jour, une ligne par activité. C'est le support qui rend le progrès visible et qui relance la motivation quand elle baisse, un enjeu majeur face à l'apathie.
  • Fiche de suivi de séance — ce qui a été travaillé, ce qui a fatigué, à quel moment de la journée cela s'est bien passé. À remplir en une minute, elle aide à repérer les bonnes fenêtres « on ».
  • Carnet de liaison — pour transmettre vos observations au neurologue, à l'orthophoniste ou au kiné sans rien oublier en consultation, y compris les changements d'humeur ou de comportement.
  • Tableau de suivi des compétences — pour visualiser sur plusieurs semaines ce qui se maintient et ce qui évolue.

Un conseil d'usage : affichez le tableau de suivi bien en vue, dans la cuisine par exemple, et cochez-le ensemble. Le geste de cocher est en lui-même valorisant, et la trace accumulée devient un argument concret les jours de découragement. Vous trouverez d'autres supports dans le catalogue complet, ainsi que des tests cognitifs pour situer certaines fonctions — étant entendu qu'un test grand public ne remplace jamais une évaluation par un professionnel.

La place du numérique

Une tablette ne remplace ni la rééducation ni les activités réelles. Elle apporte deux choses que le papier ne donne pas : un ajustement automatique du niveau de difficulté, qui évite d'être trop dur ou trop facile, et une trace des résultats qui remplace les discussions sur « est-ce que ça progresse ? ». Pour une personne touchée par Parkinson, l'interface doit être simple, lisible et peu exigeante en gestes fins.

ApplicationPour quiUsage type
EDITHSeniors, maladie de Parkinson, interface simplifiée15 minutes par jour, 2 à 3 jeux d'attention, mémoire et logique, navigation adaptée
JOEAdultes plus jeunes, formes précocesMême principe, avec des contenus pensés pour un public actif

Pour cet accompagnement, l'application EDITH est la plus adaptée : elle propose des jeux courts, un niveau qui s'ajuste, et une navigation pensée pour être utilisée sans difficulté. Le bon dosage : environ 15 minutes par jour, à heure fixe et pendant une phase « on », plutôt qu'une longue session le week-end. On garde l'écran hors de la fin de soirée, qui perturbe un sommeil souvent déjà fragile, et on choisit un moment de calme, sans bruit de fond. L'objectif n'est pas le score : c'est le rendez-vous régulier, la satisfaction de réussir et la trace de progression qui en font un bon outil.

Les 5 erreurs à éviter

  1. Confondre apathie et mauvaise volonté. Insister, culpabiliser ou reprocher le manque d'envie aggrave le repli. L'apathie est un symptôme : on facilite le démarrage, on propose des choix fermés, on valorise chaque action.
  2. Faire à la place, par gentillesse ou par gain de temps. C'est la principale cause de perte d'autonomie évitable. Mieux vaut attendre un geste lent que de le faire soi-même.
  3. Presser la personne. Le ralentissement fait partie de la maladie. Demander d'aller plus vite génère de l'anxiété, et accentue même les blocages à la marche. On laisse le temps et on donne des repères de rythme.
  4. Transformer la maison en centre de rééducation. Vous êtes d'abord conjoint, fils ou fille. Si chaque interaction devient un exercice, la relation s'épuise et l'adhésion aussi. Gardez des moments totalement gratuits.
  5. Gérer seul les changements de comportement. Jeu, achats ou grignotage compulsifs, désinhibition, hallucinations, anxiété majeure peuvent être liés au traitement. Ce ne sont pas des activités qui les corrigent : on les signale au neurologue, sans jamais modifier le traitement soi-même.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Combien de temps par jour faut-il consacrer à ces activités ?

Entre 30 et 60 minutes au total, réparties en séquences de 10 à 20 minutes, calées sur les moments où le traitement agit bien. Au-delà, la fatigabilité propre à la maladie prend le dessus et la séance devient contre-productive. Mieux vaut trois créneaux courts qu'un seul long, et surtout mieux vaut un peu tous les jours qu'une longue session isolée : c'est la régularité qui entretient les capacités. Les jours difficiles, réduisez à cinq minutes d'une seule activité facile plutôt que de tout supprimer : c'est la routine elle-même que l'on protège ainsi.

Au bout de combien de temps voit-on des résultats ?

Cela dépend beaucoup de la personne, du stade de la maladie et du traitement. Il faut être clair : ces activités ne guérissent pas et ne stoppent pas l'évolution. Elles visent à maintenir des capacités, à soutenir l'humeur et à préserver l'autonomie le plus longtemps possible. Les effets se lisent dans des signes discrets : un démarrage plus facile le matin, une voix un peu mieux entendue, moins d'oublis, un meilleur moral. C'est exactement pour cela qu'il faut noter chaque jour : les changements sont lents et la mémoire du quotidien les efface. Parlez-en à l'équipe soignante.

Comment motiver une personne qui n'a envie de rien ?

Ce manque d'envie est souvent de l'apathie, un symptôme fréquent de la maladie, à distinguer de la paresse et de la dépression. Trois leviers fonctionnent mieux que l'insistance : faciliter le démarrage en proposant un choix fermé (« on commence par la musique ou par les photos ? »), rendre l'activité très facile au début pour garantir la réussite, et valoriser chaque action réalisée avec un tableau de suivi visible. Négociez la durée, pas le principe : « cinq minutes et on arrête » obtient presque toujours plus. Si le repli est majeur ou durable, parlez-en au médecin : une dépression associée se soigne.

Quel matériel faut-il acheter pour commencer ?

Presque rien. La grande majorité des activités s'appuient sur des objets que vous avez déjà : cartes, photos, cahier à grands carreaux, stylo à bonne prise, ingrédients de cuisine, enceinte pour la musique. Les supports de suivi sont gratuits et imprimables depuis le catalogue d'outils DYNSEO. Pour le volet numérique, une tablette et une application adaptée comme EDITH suffisent. Quelques aménagements du logement (barre d'appui, tapis antidérapant, siège de douche, veilleuses) peuvent être utiles : avant d'acheter, demandez un bilan à un ergothérapeute, qui ciblera l'essentiel et vous orientera vers les aides possibles.

Ces activités conviennent-elles à tous les âges et à tous les stades ?

Le principe reste valable à tout âge et à tout stade, mais l'adaptation change tout. Pour une forme précoce chez une personne active, on privilégie des contenus stimulants et l'application JOE ; pour une personne âgée, une interface simplifiée comme EDITH est plus confortable. À un stade avancé, ou en présence de troubles cognitifs importants, de troubles de la déglutition ou de l'équilibre, certaines activités doivent être allégées ou écartées : c'est le rôle de l'équipe soignante de vous dire lesquelles conviennent. Dans tous les cas, on part des capacités présentes, jamais de ce qui a été perdu.

ℹ️ Information et non avis médical

Ces activités sont des propositions générales du quotidien. Elles ne remplacent ni le traitement, ni la rééducation prescrite, ni un avis médical, et ne modifient pas l'évolution de la maladie. Faites valider ce qui convient à votre proche par le neurologue, le kinésithérapeute, l'orthophoniste ou l'ergothérapeute qui le suit. En cas de malaise, de chute grave ou de symptôme inquiétant, contactez les services d'urgence de votre pays.

Installer ces activités et ces outils, sans vous épuiser

Bien accompagner les troubles cognitifs et émotionnels dans Parkinson, c'est comprendre ce qui se joue et disposer des bonnes activités et des bons outils. La formation DYNSEO destinée aux familles reprend ces repères pas à pas : 16 leçons, 100 % en ligne, accès illimité, à votre rythme. Organisme certifié Qualiopi (N° 11757351875), attestation de fin de formation.

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