Troubles DYS en entreprise : activités, supports et aménagements concrets à mettre en place
« On veut bien faire, mais on ne sait pas par où commencer. » C'est la phrase qui revient le plus souvent quand un manager apprend qu'un membre de son équipe est concerné par un trouble DYS. La bonne nouvelle, c'est que l'accompagnement ne repose pas sur une expertise clinique : il repose sur des activités et des outils concrets, applicables dès demain, qui lèvent l'obstacle sans stigmatiser la personne. Cet article rassemble ces gestes pratiques pour aborder les troubles DYS en entreprise par le matériel, les routines et les aménagements, et non par la théorie.
Dyslexie, dysorthographie, dyspraxie, dyscalculie, dysgraphie, dysphasie : ces troubles neurodéveloppementaux persistent à l'âge adulte et se rencontrent dans toutes les fonctions, du poste administratif à l'atelier. Ils n'ont rien à voir avec l'intelligence ni avec la motivation. Ce dont un collaborateur concerné a besoin, ce n'est pas d'un traitement de faveur, mais d'un environnement qui compense la surcharge cognitive imposée par la lecture, l'écriture ou l'organisation. Voici, méthode par méthode, ce que l'on met réellement en place.
L'essentiel en 30 secondes
Accompagner un trouble DYS au travail ne demande ni budget lourd ni compétence médicale : cela demande des adaptations simples, régulières et partagées par toute l'équipe.
- Partir du besoin, pas du diagnostic — on adapte une tâche précise (lire, écrire, organiser, calculer), pas une « personne DYS » en général.
- 14 activités clés en main — chacune avec objectif, matériel, durée, déroulé, variantes plus faciles et plus difficiles, et le signe que ça marche.
- Une routine hebdomadaire — quelques rituels courts valent mieux qu'un grand plan jamais tenu.
- L'environnement compte — bruit, lumière, rangement et repères visuels produisent des effets immédiats et gratuits.
- Le numérique aide — synthèse vocale, dictée et applications d'entraînement, à condition d'un usage court et régulier.
Le principe : partir du besoin, pas de l'étiquette
La première erreur consiste à traiter un collaborateur comme un cas médical à gérer. Un trouble DYS n'est pas une maladie à soigner sur le lieu de travail : c'est une manière de fonctionner qui rend certaines tâches plus coûteuses en énergie. L'entreprise n'a pas à poser de diagnostic ; celui-ci relève exclusivement des professionnels de santé — médecin, neuropsychologue, orthophoniste. Le rôle de l'équipe est ailleurs : repérer la tâche qui bloque, puis la rendre franchissable.
Concrètement, on ne se demande pas « comment aider une personne dyslexique ? » mais « quel est le moment précis où cette tâche devient lourde, et qu'est-ce qui l'allègerait ? ». Lire une consigne dense, rédiger un compte-rendu sans faute, retrouver un fichier dans une arborescence, vérifier une suite de chiffres : chacun de ces micro-obstacles a une solution simple. C'est cette logique d'ajustement fin, tâche par tâche, qui structure tout le reste de cet article.
Non pas « est-ce que je peux lui faciliter la vie ? » mais « quelle partie exacte de cette tâche lui coûte le plus, et comment la contourner sans la faire à sa place ? ». L'objectif reste toujours l'autonomie : on outille, on ne remplace pas.
Un dernier repère avant d'entrer dans le concret : rien de ce qui suit ne doit se faire dans le dos de la personne. On co-construit avec elle, on lui demande ce qui l'aide déjà, et on garde à l'esprit que la médecine du travail peut préconiser des aménagements de poste, notamment dans le cadre d'une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Des dispositifs d'appui existent auprès de l'Agefiph ; leurs modalités et leurs montants sont à vérifier directement auprès de l'organisme, car ils évoluent.
Il faut aussi rappeler un point que l'on oublie trop vite : un trouble DYS s'accompagne presque toujours de points forts marqués. Vision globale, créativité, capacité à trouver des solutions de contournement, mémoire visuelle, sens du relationnel : ces atouts se développent souvent en compensation des difficultés. Adapter une tâche, ce n'est donc pas seulement lever un obstacle, c'est aussi libérer du temps et de l'énergie pour que ces forces s'expriment. Le collaborateur qui n'a plus à lutter contre l'orthographe peut se concentrer sur ce qu'il fait de mieux. C'est cette bascule — de la difficulté gérée vers la compétence valorisée — qui donne tout son sens à la démarche.
14 activités et outils concrets face aux troubles DYS en entreprise
Chaque fiche suit la même trame : objectif, matériel, durée, déroulé avec les mots exacts à dire, une variante plus facile, une variante plus difficile, le signe que ça marche, et ce qu'il faut éviter. Aucune ne suppose de compétence particulière. Toutes gagnent à être partagées avec l'équipe pour que l'adaptation ne repose pas sur une seule bonne volonté.
Le gabarit de consigne écrite
- Objectif — rendre une instruction lisible pour un collaborateur dyslexique ou dysphasique, en réduisant la charge de décodage.
- Matériel — un modèle de courriel ou de fiche de tâche : une action par ligne, verbe d'action en tête, échéance en gras.
- Durée — deux minutes pour reformater une demande.
- Déroulé — remplacer le pavé de texte par une liste. Dire : « Je t'ai mis les étapes dans l'ordre, prends-les une par une. » Numéroter, éviter les doubles consignes dans une même phrase.
- Variante plus facile — ajouter une capture d'écran ou un exemple du rendu attendu.
- Variante plus difficile — demander à la personne de reformuler la consigne par écrit à sa manière.
- Signe que ça marche — moins de questions de reformulation, moins d'allers-retours sur une même demande.
- ❌ À éviter — le message dense avec trois demandes noyées dans un paragraphe unique.
La synthèse vocale pour lire
- Objectif — permettre d'écouter un document plutôt que de le déchiffrer, quand la lecture est épuisante.
- Matériel — la fonction de lecture à voix haute intégrée au traitement de texte, au navigateur ou au téléphone (aucun logiciel à acheter dans la plupart des cas).
- Durée — activation en une fois, usage libre ensuite.
- Déroulé — montrer une fois comment lancer la lecture, régler la vitesse, suivre le surlignage. Dire : « Écoute-le d'abord en entier, puis on reprend les points importants. »
- Variante plus facile — ralentir la voix et fractionner le document en sections courtes.
- Variante plus difficile — écouter en lisant simultanément pour renforcer le lien son-graphie.
- Signe que ça marche — les documents longs cessent d'être repoussés au dernier moment.
- ❌ À éviter — imposer la lecture à voix haute devant les collègues, jamais.
La dictée vocale pour écrire
- Objectif — libérer la pensée du poids de l'orthographe pour un collaborateur dysorthographique, en produisant un premier jet à l'oral.
- Matériel — la dictée vocale du téléphone, de la messagerie ou du traitement de texte.
- Durée — le temps habituel de rédaction, souvent raccourci.
- Déroulé — dicter le message, puis relire pour corriger la ponctuation et les homophones. Dire : « Dis-le comme tu le penses, on nettoie après. »
- Variante plus facile — dicter phrase par phrase et vérifier au fur et à mesure.
- Variante plus difficile — dicter un courriel complet d'un trait puis le structurer en paragraphes.
- Signe que ça marche — les écrits sont mieux structurés et le blocage devant la page blanche diminue.
- ❌ À éviter — corriger le fond en même temps que la forme : on sépare les deux passes.
Le code couleur des dossiers
- Objectif — retrouver rapidement un document sans relire chaque intitulé, utile en cas de dyspraxie ou de difficulté d'organisation.
- Matériel — pochettes et étiquettes de couleur, dossiers numériques renommés avec un préfixe simple (01_, 02_).
- Durée — une demi-journée pour poser le système, puis un entretien minime.
- Déroulé — associer une couleur à un type de tâche (bleu : clients, jaune : interne). Dire : « Tu cherches le bleu, tout ce qui est client est dedans. »
- Variante plus facile — limiter à trois couleurs maximum.
- Variante plus difficile — ajouter un niveau de sous-classement une fois le premier acquis.
- Signe que ça marche — le temps passé à chercher un fichier chute nettement.
- ❌ À éviter — imposer une arborescence complexe pensée par quelqu'un d'autre.
La carte mentale pour préparer un écrit
- Objectif — organiser ses idées avant de rédiger un compte-rendu, sans se heurter d'emblée à la mise en phrases.
- Matériel — une feuille A3 ou une application de carte heuristique gratuite.
- Durée — cinq à dix minutes de préparation.
- Déroulé — poser l'idée centrale au milieu, puis les branches. Dire : « Jette d'abord toutes les idées, on met l'ordre après. » Numéroter ensuite les branches dans l'ordre du texte.
- Variante plus facile — fournir un modèle de carte à compléter.
- Variante plus difficile — passer de la carte au plan rédigé sans intermédiaire.
- Signe que ça marche — les écrits gagnent en logique et le temps de rédaction se réduit.
- ❌ À éviter — exiger un plan linéaire parfait dès le départ.
La relecture en deux passes ciblées
- Objectif — sécuriser un document sans se noyer dans une relecture globale inefficace.
- Matériel — une grille de relecture listant les points à vérifier un par un.
- Durée — cinq minutes par passe.
- Déroulé — première passe pour le sens, seconde uniquement pour l'orthographe et les accords. Dire : « Cette fois tu ne regardes que les fins de mots. »
- Variante plus facile — cocher chaque item de la grille au fur et à mesure.
- Variante plus difficile — relire à voix haute pour repérer les ruptures de phrase.
- Signe que ça marche — le nombre d'erreurs résiduelles baisse d'une version à l'autre.
- ❌ À éviter — demander de « faire attention » sans dire à quoi précisément.
Le rétroplanning visuel
- Objectif — rendre le temps concret et découper un projet en jalons, pour compenser une difficulté à séquencer.
- Matériel — un tableau mural, des post-it, ou un tableau de projet numérique simple.
- Durée — dix minutes de mise en place, cinq minutes de mise à jour par jour.
- Déroulé — partir de l'échéance et remonter étape par étape. Dire : « On part de la fin : qu'est-ce qui doit être prêt la veille ? »
- Variante plus facile — se limiter à trois grandes étapes.
- Variante plus difficile — ajouter les dépendances entre tâches.
- Signe que ça marche — moins d'urgences de dernière minute et de dépassements.
- ❌ À éviter — un planning uniquement dans la tête du manager.
La reformulation de la consigne
- Objectif — vérifier la compréhension d'une instruction sans donner l'impression de tester la personne.
- Matériel — aucun.
- Durée — trente secondes.
- Déroulé — après la demande, dire : « Pour être sûr que j'ai été clair, tu me redis dans tes mots ce que tu vas faire ? » La charge de clarté est mise sur l'émetteur, pas sur le récepteur.
- Variante plus facile — reformuler soi-même puis faire valider d'un mot.
- Variante plus difficile — demander la reformulation et l'ordre des étapes.
- Signe que ça marche — les malentendus sur les livrables diminuent.
- ❌ À éviter — « tu as compris ? », auquel on répond oui par réflexe.
La check-list des tâches récurrentes
- Objectif — soulager la mémoire de travail sur les procédures répétitives.
- Matériel — une fiche plastifiée ou une note numérique épinglée, une ligne par étape.
- Durée — la première fois, on l'écrit ensemble en réalisant la tâche.
- Déroulé — noter chaque étape au moment où on la fait. Dire : « On la construit une fois, ensuite tu n'as plus à tout retenir. »
- Variante plus facile — illustrer chaque étape d'un pictogramme.
- Variante plus difficile — faire tenir à jour la check-list par la personne elle-même.
- Signe que ça marche — moins d'étapes oubliées, autonomie accrue sur la procédure.
- ❌ À éviter — une procédure de deux pages illisible que personne n'ouvre.
La prise de notes allégée en réunion
- Objectif — permettre de suivre une réunion sans se disperser entre écouter et écrire.
- Matériel — un enregistrement audio autorisé, ou un compte-rendu partagé rempli par un autre participant.
- Durée — celle de la réunion.
- Déroulé — désigner un preneur de notes tournant et diffuser un relevé de décisions à tous. Dire : « Concentre-toi sur l'échange, le relevé arrive après pour tout le monde. »
- Variante plus facile — fournir un ordre du jour avec des cases à cocher.
- Variante plus difficile — confier ponctuellement la synthèse à la personne, à l'oral.
- Signe que ça marche — meilleure participation, moins d'informations perdues.
- ❌ À éviter — reprocher des notes incomplètes prises en temps réel.
La vérification chiffrée assistée
- Objectif — sécuriser les manipulations de chiffres en cas de dyscalculie.
- Matériel — une calculatrice, un tableur avec formules verrouillées, un gabarit de saisie.
- Durée — intégrée au flux de travail.
- Déroulé — automatiser les calculs répétitifs dans un tableur pré-rempli, et prévoir une double vérification sur les montants sensibles. Dire : « La formule calcule, tu contrôles juste que la saisie est bonne. »
- Variante plus facile — surligner en couleur la case à remplir.
- Variante plus difficile — élargir progressivement le périmètre laissé à la saisie manuelle.
- Signe que ça marche — moins d'erreurs de report et de transposition de chiffres.
- ❌ À éviter — laisser un calcul mental complexe sur un montant critique.
La mise en page adaptée des documents
- Objectif — réduire l'effort de lecture par une présentation aérée, bénéfique à tous.
- Matériel — un modèle de document : police sans empattement, taille suffisante, interligne aéré, texte aligné à gauche.
- Durée — mise en place une fois dans les modèles internes.
- Déroulé — appliquer par défaut une présentation lisible, éviter les blocs justifiés et les pavés serrés. Dire : « On a un modèle maison, il est plus lisible pour tout le monde. »
- Variante plus facile — augmenter la taille et l'espacement des lignes.
- Variante plus difficile — proposer un contenu identique en version courte et version détaillée.
- Signe que ça marche — les documents sont lus jusqu'au bout, moins survolés.
- ❌ À éviter — les documents surchargés, multicolores et clignotants.
Le binôme de relecture entre pairs
- Objectif — sécuriser un écrit important sans passer systématiquement par le manager, et sans stigmatiser.
- Matériel — aucun, hormis un accord de confiance entre deux collègues.
- Durée — quelques minutes par document.
- Déroulé — instaurer une relecture croisée réciproque dans l'équipe, dans les deux sens. Dire : « On se relit mutuellement avant d'envoyer, c'est la règle pour tout le monde. »
- Variante plus facile — cibler la relecture sur les seuls envois externes.
- Variante plus difficile — élargir à une revue de fond, pas seulement de forme.
- Signe que ça marche — la personne ose davantage envoyer ses écrits.
- ❌ À éviter — un dispositif à sens unique qui désigne implicitement la personne concernée.
La pause cognitive planifiée
- Objectif — respecter la fatigabilité liée à la surcharge, plus importante que la moyenne quand chaque tâche coûte plus d'énergie.
- Matériel — un simple minuteur, un rythme de travail négocié.
- Durée — quelques minutes de coupure après une séquence exigeante.
- Déroulé — alterner tâches lourdes et tâches légères, placer les efforts de lecture et d'écriture aux heures de meilleure forme. Dire : « Garde le gros dossier pour le matin, l'après-midi on met le tri. »
- Variante plus facile — fractionner une longue tâche en blocs de vingt-cinq minutes.
- Variante plus difficile — laisser la personne planifier elle-même ses pics d'effort.
- Signe que ça marche — la qualité tient dans la durée, moins de baisse en fin de journée.
- ❌ À éviter — enchaîner les tâches denses sans respiration et attribuer la fatigue à un manque d'implication.
Une routine type sur une semaine
Prises isolément, ces activités s'oublient. Ce qui les fait tenir, c'est une routine légère, répartie sur la semaine, qui n'ajoute pas de réunions mais installe quelques rituels courts. Voici un exemple à adapter, pensé pour un collaborateur et son manager de proximité. L'idée n'est pas de tout appliquer, mais de choisir deux ou trois rituels et de s'y tenir.
| Jour | Rituel d'appui | Outil mobilisé | Durée |
|---|---|---|---|
| Lundi | Cadrage de la semaine : priorités et échéances | Rétroplanning visuel, code couleur | 10 min |
| Mardi | Point écrit : préparer un compte-rendu ou un courriel important | Carte mentale, dictée vocale | 15 min |
| Mercredi | Traitement des documents longs | Synthèse vocale, mise en page adaptée | selon charge |
| Jeudi | Sécurisation des livrables : relecture croisée | Grille de relecture, binôme de pairs | 10 min |
| Vendredi | Bilan court : ce qui a bien marché, ce qu'on ajuste | Reformulation, check-list mise à jour | 10 min |
| Chaque jour | Respecter les pics d'effort et les pauses | Pause cognitive planifiée | continu |
Un rituel de dix minutes tenu chaque semaine produit davantage qu'un grand dispositif annoncé puis abandonné. Mieux vaut deux adaptations réellement ancrées que quatorze cases cochées sur le papier et oubliées le mois suivant.
Adapter l'environnement de travail, poste par poste
Avant même les activités, l'environnement physique pèse sur la fatigue cognitive. Le bruit, la lumière, l'encombrement et l'absence de repères visuels augmentent la charge à supporter. Ces ajustements sont pour la plupart gratuits et bénéficient à l'ensemble de l'équipe, pas seulement aux personnes concernées par un trouble DYS.
| Élément | Ce qui pose problème | Ce qu'on met en place |
|---|---|---|
| Bruit ambiant | Open space bruyant, sollicitations constantes qui cassent l'attention | Casque antibruit autorisé, plages « sans interruption », poste éloigné des zones de passage |
| Lumière et écran | Reflets, contraste trop fort, fatigue visuelle | Éclairage régulier, mode lecture, réglage du contraste et de la taille du texte à l'écran |
| Rangement du poste | Objets et fichiers introuvables, temps perdu à chercher | Un emplacement fixe par chose, code couleur, bureau numérique désencombré |
| Repères visuels | Consignes et procédures qui reposent sur la mémoire | Affichage des étapes clés, check-lists à portée de main, pense-bête près du poste |
| Salle de réunion | Échanges rapides, informations qui filent | Ordre du jour distribué à l'avance, relevé de décisions écrit et partagé |
| Documents partagés | Arborescence complexe, intitulés obscurs | Noms de fichiers clairs et datés, dossiers préfixés, modèles maison lisibles |
Aucun de ces aménagements ne relève d'un traitement de faveur. Un poste rangé, une salle de réunion qui distribue son ordre du jour et des fichiers correctement nommés améliorent la performance de tous. C'est précisément ce qui rend ces adaptations acceptables : elles ne désignent personne, elles élèvent le niveau général.
Passer du bricolage à une méthode partagée
La formation « Troubles DYS en entreprise : repérer, adapter et valoriser » détaille comment repérer les signes sans poser de diagnostic, mettre en place ces aménagements et valoriser les compétences de chacun. 100 % en ligne, 19 leçons, à votre rythme, accès illimité. Organisme certifié Qualiopi (N° 11757351875), attestation de fin de formation.
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Plusieurs outils gratuits complètent directement les activités ci-dessus. Ils ont été conçus au départ pour la remédiation, mais leur logique se transpose sans difficulté au poste de travail adulte : ce sont des aides à la lecture, à l'écriture et à la relecture. Voici lesquels retenir et, surtout, comment les brancher sur les activités précédentes.
Grille de relecture orthographique
À utiliser directement pour l'activité de relecture en deux passes : chaque ligne devient un point à vérifier et à cocher. On la garde à côté du clavier. Télécharger la grille
Plan de rédaction visuel
Le complément idéal de la carte mentale : il structure un compte-rendu ou un courriel long en repères visuels avant de rédiger. Télécharger le plan
Fiche d'auto-correction
Elle installe le réflexe de vérifier soi-même ses écrits, à mobiliser avec le binôme de relecture pour gagner en autonomie. Télécharger la fiche
Aide-mémoire b/d/p/q et cartes flash
Des repères pour les confusions de lettres fréquentes et un support de lecture rapide, utiles quand le décodage reste coûteux. Voir l'aide-mémoire · Cartes lecture flash
La règle d'usage est simple : un support ne sert que s'il est relié à une activité précise et rangé à un endroit fixe. Un document téléchargé puis oublié dans un dossier ne change rien. On imprime, on plastifie, on affiche, et on l'utilise dans le rituel prévu. Le catalogue complet des outils gratuits est en libre accès, tout comme les tests cognitifs pour mieux comprendre les fonctions sollicitées.
Le numérique : quelle app, quel exercice, combien de temps
Le numérique n'est pas une baguette magique et ne remplace ni l'accompagnement humain ni, lorsqu'il existe, le suivi par un professionnel de santé. Il apporte deux choses difficiles à obtenir autrement : un ajustement automatique du niveau de difficulté, et une pratique courte et régulière qui entretient les fonctions cognitives sollicitées au travail — attention, mémoire de travail, logique. Le bon usage est celui de séances brèves et quotidiennes plutôt que de longues sessions espacées.
| Application | Public | Usage conseillé |
|---|---|---|
| COCO | Enfants de 5 à 10 ans (contexte familial ou scolaire) | Séances ludiques de 10 à 15 min par jour : attention, logique, lecture, calcul, dans un cadre non anxiogène |
| JOE | Adultes | Entraînement cognitif quotidien de 15 min : mémoire de travail, attention, langage, à un rythme choisi |
| MON DICO | Communication difficile, aphasie, non verbal | Support d'échange visuel au quotidien |
| EDITH | Seniors | Interface simplifiée pour un entraînement doux et régulier |
Pour un adulte au travail, JOE est l'application de référence : quinze minutes par jour suffisent, l'essentiel étant la régularité. Quand le trouble DYS d'un collaborateur retentit aussi sur la sphère familiale — un enfant lui-même concerné, par exemple —, COCO offre un support quotidien adapté aux 5-10 ans, à pratiquer dans un cadre bienveillant et jamais présenté comme une contrainte. Dans tous les cas, l'usage numérique reste un complément : il ne se substitue ni au diagnostic ni à la prise en charge par les professionnels compétents.
Un profil par personne pour que le niveau reste juste ; un créneau fixe plutôt qu'un usage au gré de l'humeur ; et un objectif clair relié à une difficulté réelle. Sans ces trois points, l'application est ouverte deux fois puis abandonnée.
Les 5 erreurs à éviter
Certaines maladresses, souvent bien intentionnées, annulent l'effet des adaptations, voire aggravent la situation. Les repérer permet de les corriger vite.
- Faire à la place de la personne. Rédiger ses courriels ou corriger tout à sa place la déresponsabilise et entretient la dépendance. On outille, on ne remplace pas : l'objectif reste l'autonomie.
- Aménager en secret ou de façon visible et stigmatisante. Les deux extrêmes nuisent. On co-construit avec la personne et on privilégie des adaptations utiles à tous, qui ne la désignent pas.
- Confondre trouble DYS et manque de motivation. Attribuer une lenteur ou des erreurs à de la négligence est une erreur de lecture : ces troubles n'ont aucun lien avec l'intelligence ni avec l'effort fourni.
- Vouloir tout mettre en place d'un coup. Quatorze activités appliquées la même semaine ne tiennent pas. On en choisit deux ou trois, on les ancre, puis on élargit.
- Ignorer les ressources externes. Se priver de la médecine du travail, d'une éventuelle RQTH ou de l'appui de l'Agefiph revient à porter seul ce qui peut être soutenu. On se renseigne auprès de ces interlocuteurs.
Demander à la personne ce qui l'aide déjà, choisir peu d'adaptations mais les tenir dans la durée, et partager la démarche avec l'équipe pour qu'elle ne repose pas sur une seule personne.
Décider à sa place, empiler les outils sans les ancrer, et transformer un aménagement discret en signal qui la met en avant devant les collègues.
En résumé, aborder les troubles DYS en entreprise par les activités et les outils ne demande ni budget conséquent ni expertise médicale : cela demande d'identifier la tâche qui coûte, de choisir quelques adaptations simples, de les ancrer dans une routine et de les partager avec l'équipe. Les quatorze activités, la routine hebdomadaire, les aménagements d'environnement, les supports gratuits et l'usage raisonné du numérique décrits ici forment une boîte à outils applicable dès demain. Le fil conducteur reste le même du début à la fin : outiller sans faire à la place, viser l'autonomie, et transformer une difficulté en compétence reconnue.
Pour aller plus loin
Situations concrètes10 situations difficiles du quotidien et comment y répondre
Posture professionnellePosture, travail en équipe et montée en compétences autour des troubles DYS
La formationProgramme, contenu et public de la formation « Troubles DYS en entreprise »
Questions fréquentes
À quelle fréquence faut-il pratiquer ces activités ?
La régularité prime largement sur la durée. Mieux vaut un rituel court, plusieurs fois par semaine, qu'une longue séance mensuelle vite abandonnée. Pour l'entraînement numérique, quinze minutes par jour suffisent ; pour les aménagements de poste, ils s'installent une fois puis deviennent automatiques. L'idéal est de choisir deux ou trois activités, de les ancrer dans la semaine, puis d'en ajouter d'autres une fois la première habitude prise. Un dispositif tenu modestement mais durablement produit bien davantage qu'un grand plan appliqué une semaine puis oublié le mois suivant.
Combien de temps par jour pour l'application ?
Pour un adulte, comptez environ quinze minutes par jour avec une application comme JOE. L'essentiel n'est pas la longueur de la séance mais sa régularité : une pratique quotidienne courte entretient mieux les fonctions cognitives sollicitées au travail qu'une session d'une heure une fois par semaine. Pour un enfant accompagné à la maison avec COCO, dix à quinze minutes dans un cadre ludique suffisent, sans jamais en faire une contrainte. Le numérique reste un complément : il ne remplace ni l'accompagnement humain ni, s'il existe, le suivi par un professionnel de santé.
Comment entretenir la motivation dans la durée ?
La motivation tient à trois leviers : le sens, la réussite et la reconnaissance. On relie chaque activité à un bénéfice concret et visible pour la personne, on calibre la difficulté pour qu'elle réussisse la majorité des essais, et on souligne les progrès sans les surjouer. Impliquer la personne dans le choix des outils change tout : ce qu'elle a aidé à décider, elle le tient. À l'inverse, un dispositif imposé, ressenti comme un jugement ou une surveillance, s'abandonne vite. Enfin, on évite de tout centrer sur les difficultés : valoriser aussi les points forts nourrit l'engagement.
Quel matériel prévoir pour démarrer ?
Presque rien de coûteux. La plupart des activités reposent sur des outils déjà présents : la synthèse vocale et la dictée intégrées aux appareils, un tableur, des pochettes de couleur, des post-it, un casque antibruit. Les supports gratuits DYNSEO — grille de relecture, plan de rédaction visuel, fiche d'auto-correction — se téléchargent librement et se relient directement aux activités. Pour l'aspect numérique d'entraînement, les applications se testent avant de s'engager. Le vrai investissement n'est pas financier : c'est le temps de mise en place initial et la constance de l'équipe pour que les adaptations tiennent.
Ces adaptations valent-elles à tout âge ?
Oui, mais on ajuste le support. Les troubles DYS persistent à l'âge adulte : les aménagements de poste, la synthèse vocale, les check-lists et la relecture croisée concernent pleinement les collaborateurs en entreprise. Pour un enfant, on privilégie un cadre ludique, bienveillant et jamais anxiogène, avec un outil adapté à son âge comme COCO pour les 5-10 ans. Dans tous les cas, l'entreprise ou la famille n'a pas à poser de diagnostic : tout signe de difficulté durable ou de souffrance justifie d'orienter vers un médecin, un neuropsychologue ou un orthophoniste, seuls habilités à évaluer et à accompagner.
Ces propositions sont des repères pratiques d'ordre général. Elles ne remplacent ni un diagnostic, ni une prise en charge individualisée, qui relèvent des professionnels de santé (médecin, neuropsychologue, orthophoniste). En entreprise, la médecine du travail est l'interlocuteur pour les aménagements de poste. Pour toute situation d'urgence, contactez les services d'urgence de votre pays.
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