Risques psychosociaux (RPS) : posture professionnelle, travail en équipe et montée en compétences
Un matin, une aide-soignante entre dans la chambre, prépare la toilette, tend le gant : « Non. Pas aujourd'hui. » Le même geste, la même personne, avait été accepté la veille sans un mot. Ailleurs, un adolescent serre les dents devant le fauteuil du dentiste. Plus loin, un homme repousse sa perfusion et demande à rentrer chez lui. Trois scènes qui n'ont, en apparence, rien en commun — et pourtant, chaque fois, le même mot revient dans les transmissions : « refus ».
Dans cet article
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Les ressources citées
Le refus de soins est l'une des situations les plus mal comprises du travail médico-social. On l'enregistre comme un blocage, un caprice, une opposition, alors qu'il s'agit presque toujours d'un message : quelque chose, dans la situation, ne convient pas à la personne. Ce guide ne propose pas de recettes miracles. Il détaille ce qui se joue réellement derrière un refus, comment le lire, comment le distinguer de ce qui lui ressemble, et ce que disent le droit et les recommandations. L'objectif : transformer un mur apparent en information exploitable.
L'essentiel en 30 secondes
Un refus de soins n'est ni un caprice ni une simple opposition : c'est un comportement qui a un sens, une fonction et un contexte. Le comprendre demande d'abord de ne pas le prendre pour ce qu'il n'est pas.
- Refuser un soin est un droit pour la personne majeure et consciente : le consentement est la règle, pas l'exception.
- Le refus est un langage. Derrière le « non », il y a souvent une douleur, une peur, une incompréhension, une perte de repères ou un besoin de contrôle.
- Beaucoup de « refus » transmis comme des traits de caractère sont en réalité des symptômes — troubles cognitifs, douleur non repérée, effet d'un traitement, contexte mal choisi.
- Ce qui aide : chercher la cause, ajuster le moment et la manière, proposer un choix réel, revenir plus tard. Ce qui n'aide pas : forcer, argumenter, menacer, moraliser.
- Le principe central : accompagner sans contraindre. La contrainte règle l'instant et détruit la relation ; la négociation prend du temps et la préserve.
De quoi parle-t-on exactement
Le terme « refus de soins » recouvre en réalité des situations très différentes, et c'est la première source de malentendus. Refuser une douche n'a pas le même sens que refuser un traitement vital ; dire « non » à un moment précis n'équivaut pas à s'opposer durablement à toute prise en charge ; et le refus d'une personne pleinement lucide ne se lit pas comme celui d'une personne désorientée. Avant d'agir, il faut savoir de quoi on parle.
Un refus, plusieurs réalités
On peut distinguer, sans prétendre à l'exhaustivité, plusieurs formes de refus qui n'appellent pas la même réponse. Le refus ponctuel concerne un soin précis, à un moment donné : la personne accepte souvent le même geste plus tard ou autrement. Le refus persistant s'installe dans la durée et interroge le sens du soin proposé. Le refus verbal s'exprime par la parole : « je ne veux pas », « laissez-moi ». Le refus non verbal passe par le corps : se détourner, serrer les lèvres, repousser la main, se recroqueviller, partir. Chez une personne qui ne peut plus s'exprimer par les mots, ce refus corporel est parfois le seul langage disponible — et il mérite exactement le même respect.
Ce que le mot « refus » masque
| Ce qu'on écrit dans les transmissions | Ce qu'il faudrait chercher derrière |
|---|---|
| « A refusé la toilette » | À quelle heure ? Après quoi ? Refus total ou refus du gant, de l'eau froide, de cette personne, de ce moment ? |
| « Opposant » | Un trait de caractère durable, ou une réaction à une situation précise et reproductible ? |
| « N'a pas voulu manger » | Douleur en bouche, nausée, fatigue, aliment non aimé, moment mal choisi, tristesse ? |
| « Agressif pendant le soin » | Douleur déclenchée par le geste ? Peur ? Sensation d'intrusion ? Sursaut face à un geste non annoncé ? |
| « Refuse son traitement » | Comprend-il à quoi il sert ? Un effet indésirable ? Une décision réfléchie qu'il a le droit de prendre ? |
Toute la différence tient là : le mot « refus » ferme la réflexion, alors qu'un refus bien décrit l'ouvre. Une transmission utile ne dit pas ce qu'est la personne ; elle dit ce qui s'est passé, quand, dans quelles conditions, et ce qui a marché ou non. C'est la matière première de tout ce qui suit.
Un refus n'est pas forcément un problème à résoudre. Parfois, il exprime un choix légitime qu'il faut entendre et respecter. La question n'est donc pas seulement « comment obtenir le soin ? » mais aussi « ce soin, à cet instant, de cette manière, est-il vraiment ce dont la personne a besoin ? »
Deux sens à ne pas confondre
Une précision de vocabulaire évite bien des confusions. L'expression « refus de soins » désigne, dans le langage courant du médico-social, le refus exprimé par la personne accompagnée — c'est l'objet de ce guide. Mais la même expression a un second sens, juridique : le refus d'un professionnel ou d'un établissement de prendre en charge un patient, qui est, lui, encadré et sanctionné lorsqu'il est discriminatoire. Les deux réalités n'ont rien à voir. Quand ce guide parle de refus de soins, il parle toujours du premier sens : une personne qui, par un mot ou par un geste, dit « non » à ce qu'on lui propose.
Un phénomène présent dans tous les secteurs
Le refus n'est pas l'apanage d'un public ou d'un lieu. On le rencontre en établissement pour personnes âgées, où il touche souvent la toilette, les repas ou les traitements ; à l'hôpital, où il concerne parfois des examens ou des soins techniques ; dans le champ du handicap, où il peut cristalliser un besoin de prévisibilité ; à domicile, où l'intimité du logement rend l'intrusion plus sensible encore ; et jusqu'à l'école ou en pédiatrie, où un enfant peut refuser un soin par peur ou par incompréhension. Les causes profondes se ressemblent d'un secteur à l'autre ; ce sont les formes et les enjeux qui varient.
Ce qui se joue vraiment : les mécanismes
Pour comprendre un refus, une image aide : celle du soin vécu de l'intérieur. Le professionnel voit une aide, une attention, un geste nécessaire. La personne, elle, peut vivre une intrusion dans son intimité, une perte de contrôle sur son corps, une contrainte imposée à un moment qu'elle n'a pas choisi. Entre ces deux points de vue, le même geste n'a pas le même sens. Le refus naît souvent de cet écart.
Le besoin de contrôle
Imaginez qu'une personne entre chez vous sans frapper, ouvre vos placards et décide de l'ordre de vos affaires, avec les meilleures intentions du monde. Même bien intentionné, ce geste provoque un réflexe de protection. Pour une personne dépendante, dont une grande partie de la vie quotidienne est décidée par d'autres — l'heure du lever, le menu, le moment de la toilette —, dire « non » est parfois le dernier espace de décision qui reste. Le refus devient alors moins un rejet du soin qu'une affirmation : « j'existe encore, j'ai encore mon mot à dire. »
La peur et l'anticipation de la douleur
Un soin qui a fait mal une fois peut être refusé longtemps après. Le corps se souvient. Une mobilisation douloureuse, un pansement arraché trop vite, une aiguille mal vécue : la mémoire de l'inconfort se réactive à la simple approche du soignant ou du matériel. Le refus, ici, n'est pas dirigé contre la personne qui soigne ; il est dirigé contre une douleur anticipée. C'est pourquoi la douleur non repérée est l'une des causes les plus fréquentes, et les plus silencieuses, du refus.
L'incompréhension et la perte de repères
Quand une personne ne comprend pas ce qu'on va lui faire — parce que ce n'est pas expliqué, parce qu'un trouble cognitif altère la compréhension, parce que le geste arrive trop vite —, le refus est une réaction logique de protection. On ne se laisse pas faire par ce qu'on ne comprend pas. Chez une personne désorientée, un geste non annoncé peut être perçu comme une agression : la main qui approche du visage, l'eau sur la peau, le vêtement qu'on retire deviennent menaçants faute de contexte.
Se protéger
Le refus met à distance ce qui est vécu comme intrusif ou dangereux. C'est une fonction de sauvegarde, pas une attaque.
Communiquer
Quand les mots manquent, le corps parle. Un refus peut signaler une douleur, une gêne ou une émotion qui ne trouve pas d'autre voie.
Garder la main
Reprendre un peu de pouvoir sur sa vie quand tout le reste est décidé par d'autres. Dire non, c'est parfois exister.
Exprimer un besoin
Faim, fatigue, envie d'être seul, moment mal choisi : le refus pointe souvent un besoin non satisfait qu'il faut décoder.
Le poids de la pudeur et de l'histoire de vie
La toilette intime est le soin le plus souvent refusé, et ce n'est pas un hasard. Se laisser dévêtir et laver par une autre personne heurte de plein fouet la pudeur construite pendant toute une vie. Une personne qui a toujours été autonome, discrète, soucieuse de son intimité, ne devient pas soudain indifférente à ce qu'on découvre son corps. Le refus est alors une manière de protéger une dignité, pas un caprice. De même, l'histoire de vie pèse : un vécu traumatique ancien, une pratique culturelle ou religieuse, une expérience douloureuse du soin peuvent réactiver un refus que rien, dans l'instant présent, n'explique. Connaître un peu de l'histoire de la personne — souvent grâce aux proches — éclaire des refus autrement incompréhensibles.
Quand le refus est le seul langage possible
Chez une personne qui a perdu la parole ou dont les repères sont profondément altérés, le refus corporel devient le principal canal d'expression. Serrer les dents à l'approche de la cuillère peut vouloir dire « j'ai mal en avalant », « je n'ai pas faim », « je suis fatigué » ou « je ne comprends pas ce que tu fais ». Le geste est le même ; les messages sont multiples. C'est pourquoi il ne faut jamais lire un refus non verbal comme une réponse unique et définitive, mais comme une porte d'entrée vers une question : qu'est-ce qui, dans cette situation précise, ne convient pas ?
Retenir cela change la posture : on cesse de se demander « comment le faire céder ? » pour se demander « qu'est-ce qu'il me dit ? ». La première question mène au bras de fer ; la seconde mène à la solution. C'est exactement ce déplacement du regard que la formation détaille situation par situation.
Reconnaître un refus, et ce qui n'en est pas
Tout ce qui ressemble à un refus n'en est pas un. Confondre les tableaux conduit à des réponses inadaptées, parfois contre-productives. Voici les principales confusions à éviter.
Refus ou incapacité ?
Une personne qui « ne fait pas » ce qu'on lui demande ne refuse pas toujours : parfois, elle ne peut pas. Un trouble de l'initiation empêche de déclencher une action pourtant voulue. Une consigne trop rapide ou trop complexe n'est pas traitée à temps. Une aphasie de compréhension fait qu'on n'a tout simplement pas saisi ce qui était demandé. Le résultat visible est le même — rien ne se passe — mais l'origine n'a rien à voir avec un refus, et forcer ou insister ne sert à rien.
Refus ou expression d'une douleur ?
Chez une personne qui ne peut plus dire qu'elle a mal, le refus d'un mouvement ou d'un soin peut être le seul signal de douleur. Repousser la main au moment d'un transfert, crier quand on soulève un bras, se raidir à l'approche : ce sont des comportements à interpréter d'abord comme une possible douleur, et à signaler comme tels, plutôt qu'à noter comme de l'opposition.
Refus ou effet d'un trouble cognitif ?
| Ce que vous observez | Piste « refus » | Autre piste à envisager |
|---|---|---|
| La personne repousse le repas | Elle n'a pas faim ou n'aime pas le plat | Douleur en bouche, nausée, difficulté à déglutir, fatigue |
| Elle ne répond pas à la demande | Elle ne veut pas coopérer | Elle n'a pas compris, ou n'entend pas, ou ne peut pas initier |
| Elle s'agite pendant la toilette | Elle s'oppose au soin | Geste non annoncé vécu comme une intrusion, eau trop froide, peur |
| Elle veut quitter la pièce | Elle fuit le soin | Besoin de bouger, désorientation, recherche d'un repère familier |
| Elle dit « non » puis accepte plus tard | Elle a changé d'avis | Le premier moment était mal choisi ; le besoin n'a pas changé |
La règle pratique : avant de conclure au refus, on écarte l'incapacité, la douleur et l'incompréhension. Ces trois vérifications suffisent à réorienter une grande partie des situations transmises comme des oppositions.
Refus ou moment mal choisi ?
Un même soin ne produit pas le même résultat selon l'heure, l'état de fatigue ou ce qui vient de se passer. Une personne épuisée par une matinée d'examens, ou sollicitée juste après une visite éprouvante, peut refuser un soin qu'elle accepterait volontiers deux heures plus tard. Ce n'est pas un refus du soin en lui-même, mais un refus de ce soin, maintenant. Le repérer évite de transformer une simple question de timing en « problème de comportement ». Souvent, la meilleure réponse tient en une phrase : « on reprendra tout à l'heure », suivie d'un retour effectif, au bon moment.
Un refus nouveau chez une personne habituellement coopérante doit faire chercher une cause : douleur, infection, constipation, effet indésirable d'un médicament, épisode aigu. On le signale sans attendre. Devant des signes évoquant une urgence médicale — malaise, confusion brutale, difficulté à respirer, douleur intense —, on applique immédiatement la procédure d'urgence de l'établissement et on contacte les services d'urgence de votre pays.
Les idées reçues, démontées une par une
Le refus de soins traîne avec lui une série de croyances tenaces qui orientent, souvent à tort, la manière d'y répondre. Les nommer, c'est déjà s'en libérer.
Non. Refuser un soin est d'abord l'exercice d'un droit et, très souvent, l'expression d'un besoin. Traiter le refus comme une faute de conduite installe un rapport de force qui aggrave la situation. Le refus est une information, pas une infraction.
Respecter un refus ponctuel n'est pas « céder » : c'est reconnaître que le moment ou la manière n'étaient pas les bons. Revenir plus tard, autrement, aboutit bien plus souvent au soin qu'un passage en force. La souplesse n'est pas une faiblesse, c'est une stratégie.
Attribuer un refus à un trait de caractère ferme la porte à toute recherche de cause. Or la plupart des refus ont une origine identifiable : douleur, peur, incompréhension, contexte. Le « fait exprès » n'explique rien et n'aide personne.
Le « pour son bien » ne suspend ni le consentement ni la dignité. Passer en force pour un soin de confort abîme la relation, augmente les refus futurs et peut relever de la maltraitance. Il existe des situations d'urgence où la loi encadre l'action ; elles sont l'exception, pas la règle du quotidien.
Un trouble cognitif n'efface pas la capacité à ressentir, à préférer, à exprimer un inconfort. Même quand la décision médicale relève d'un tiers, la manière de faire, le rythme et les petits choix du quotidien peuvent et doivent rester ceux de la personne, autant que possible.
Derrière ces idées reçues, une même erreur : prendre le refus pour un problème de la personne, alors qu'il est presque toujours un problème de rencontre entre un besoin, un geste et un contexte. Déplacer la faute vers la relation, et non vers l'individu, ouvre immédiatement des marges d'action.
法律和建议的说法
拒绝治疗不仅仅是一个实践问题 :这也是一个法律问题。在法国,自由和知情同意是一个基本原则。了解这一点有助于摆脱“强迫或放弃”的错误困境。
同意是规则
2002年3月4日关于患者权利的法律,即库什内尔法,明确提出了这一原则 :任何医疗行为或治疗都不能在没有个人自由和知情同意的情况下进行,而这种同意可以在任何时候撤回(公共卫生法第L.1111-4条)。换句话说,成年人和有能力做决定的人有权拒绝治疗,即使这种拒绝在专业人士看来似乎不合理。团队的角色是提供关于后果的信息,努力理解,提出替代方案 — 而不是强迫。
当个人无法再同意时
当个人不再能够表达其意愿时,法律规定了替代措施 :信任的人、预立指令、亲属咨询、重大决策的集体程序。这些措施由2016年2月2日的克莱耶-莱昂内蒂法加强,旨在尽可能尊重个人的愿望。它们提醒我们 :即使决策超出了个人本身,也不应由孤立的专业人士来决定。
尊重拒绝从来不意味着停止支持。个人保留对舒适、陪伴、缓解疼痛和定期重新评估情况的权利。我们今天尊重对这种治疗的“否定” ; 我们不放弃这个人。
良好实践的建议
法国的良好实践建议 — 由高等卫生管理局提出,该局接管了以前专注于社会和医疗社会机构的机构的任务 — 在多个方面就行为障碍和拒绝达成共识。它们优先考虑非药物方法作为第一选择,强调系统性寻找躯体原因(以疼痛为首),环境和沟通的适应,以及严格限制任何形式的强制。约束和限制措施被视为例外措施,受到监管、重新评估,而不是日常管理的工具。
这些参考也在一个团队日常观察到的点上达成一致 :关系和沟通的质量是首要杠杆。提前通知、解释、在适当时机提出的治疗比强迫的治疗更容易被接受。技术永远无法取代关系 ; 它是对关系的补充。
强制 :严格监管的例外
有时拒绝会与生命或重大安全问题发生冲突。法律规定了框架 :约束和限制自由的措施只能在医疗处方下决定,持续时间有限,经过寻找替代方案,并进行定期监测和重新评估。它们绝不是舒适的回应,也不是组织的工具。原则仍然是限制是例外 :我们不会因为一个人拒绝洗澡而进行约束,而是为了保护免受特定危险,以适当的方式,并努力尽快恢复到常规支持。任何此类措施都属于集体和医疗决策,而不是在瞬间做出的个人主动决定。
儿童的特殊情况
当一个孩子拒绝接受护理 — 在儿科、学校或医疗专业人士那里 —,原则是相同的 : 拒绝是有意义的,通常是出于恐惧或不理解。姿态应是保护性和安抚性的,绝不可造成焦虑 : 用适合年龄的词语进行解释,不对将要发生的事情撒谎,在可能的情况下让孩子扮演积极的角色,并将父母的权威者纳入决策中。任何持续的痛苦迹象 — 强烈的恐惧、退缩、倒退 — 都证明需要转诊给医生或心理学家。在这里,比其他地方更是如此,强迫会留下痕迹 : 在这个年龄建立或破坏的信任会影响到未来与护理的所有关系。
面对拒绝护理的主要步骤
面对拒绝,没有魔法公式,但有一个步骤。以下是步骤,不是作为一个严格的协议,而是一种在瞬间整理思维的方式。
- 接受拒绝而不与之对抗。 停下来,不继续动作。简单地说 : « 好的,我们现在不做。 » 这个停顿消除了力量的对抗,表明「 不 」被听到了。
- 寻找可能的原因。 疼痛 ? 恐惧 ? 不理解 ? 不合时宜 ? 需求未满足 ? 观察环境 : 时间、之前发生了什么、谁在场、声音环境。
- 调整可以调整的内容。 更换时间、人员、方法,以不同的方式解释,提供真实的选择(« 我们先从手开始还是从脸开始 ? »),减少噪音,温热水,放慢速度。
- 再次以不同的方式提出。 通常,相同的护理在几分钟或几小时后,以不同的方式呈现。需求并没有消失 ; 只是方式改变了。
- 传达可利用的事实。 精确记录 : 时间、环境、拒绝的内容、尝试过的内容、有效的内容。« 8点拒绝洗澡,10点在通知和选择从手开始后接受 » 比« 对抗性 » 要好得多。
- 团队协作并在必要时发出警报。 持续的拒绝、新的或伴随其他迹象的拒绝应在团队中讨论,并告知医疗专业人士。诊断和预后由医生负责 ; 细致的观察则是所有人的责任。
提供一个选择,即使是微小的选择,也让人感到自己在做决定。« 现在还是十分钟后 ? », « 蓝色手套还是粉色手套 ? », « 坐着还是站着 ? ». 这不是一种诡计 : 而是一种具体的方式来恢复缺失的控制,通常,拒绝也会因此平息。
可以期待什么 ? 期待这个步骤并不总是成功,但它的成功率远高于强制。期待某些拒绝会持续,并且需要被尊重和重新评估。随着时间的推移和一致的团队,某个人的「 慢性 」拒绝在第一次被正确解码后会减少。
有一点值得强调 : 团队的一致性与每个个体行为的质量同样重要。如果一个人在一个专业人士那里获得了推迟,而在另一个地方被强制施加相同的护理,她会学到拒绝对某些人没有用 — 信任会受到侵蚀。相反,共享、传达并由所有人(包括替代人员)坚持的行为,会产生一个可读的框架,让人感到安全。通常,这种稳定的框架,比偶尔的技巧,更能持久地减少拒绝。
真正有帮助的与无用的
为了做好,有时我们会使用一些加剧拒绝的策略。区分什么是有帮助的,什么是无用的 — 甚至是有害的 — 可以节省宝贵的时间,避免许多紧张。
| 有帮助的 | 无用或加剧的 |
|---|---|
| 在做每一个动作之前先说明 | 迅速出手,出其不意地“让事情完成” |
| 提供一个真正的选择,即使很小 | 在答案被强加时提出虚假的问题 |
| 接受推迟并以不同方式返回 | 坚持,越来越大声地重复请求 |
| 首先寻找疼痛或原因 | 争论,解释“这是为了他的好” |
| 降低身高,放慢速度,柔和语气 | 站在上方,施压,提高音调 |
| 将责任转交给同事 | 因原则而固执己见 |
| 描述传递中的事实 | 给人贴标签(“反对者”,“难对付”) |
三个场景,三种做法
没有什么比具体情况更具说服力。以下是三种常见的拒绝及其简单的方式改变结果。
早上的洗漱拒绝。 失败的版本 : 我们进来,宣布“该洗澡了”,开始脱衣服。此人变得僵硬,推开,尖叫。有效的版本 : 我们敲门,打招呼,聊别的事情一分钟,然后“我准备了热水,您想什么时候开始 — 从手开始还是脸开始 ? ”。护理变成了一个提议,而不是命令。
吐出的药物。 失败的版本 : 我们坚持,重复“必须吃”,语气变得激烈。有效的版本 : 我们停下来,寻找 — 味道,吞咽困难,不信任,副作用 ?我们向医疗专业人员报告,他们可以重新评估形式或时机。我们绝不会在不告知的情况下隐瞒治疗 : 这是对其尊严和知情权的侵犯。
推迟的餐食。 失败的版本 : 我们不断靠近勺子。有效的版本 : 我们观察。嘴里疼吗 ?疲惫吗 ?不喜欢的食物 ?房间太吵 ?我们调整环境,稍后再提议,报告任何吞咽困难或新的饮食拒绝,这需要专业人员的评估。
安抚的词语,封闭的词语
措辞与意图同样重要。以下是一些具体的例子,需根据每个人进行调整 :
“我看到现在不是时候,我们稍后再继续。” — “您更想先从什么开始 ?” — “我将给您洗右臂,如果您觉得不舒服,请告诉我。” — “我们慢慢来,按照您的节奏。” 这些句子预告,给予选择,提供帮助。
“您还是得洗澡。” — “请您理智一点。” — “您不能就这样待着。” — “来吧,这很快。” — 在她面前用第三人称谈论此人。这些句子道德化、施压或让人感到幼稚,并将分歧转变为对抗。
简单的工具来支持关系
对于沟通脆弱的人来说,一些具体的支持工具可以促进表达,减少导致拒绝的误解。情感温度计有助于在内心状态转变为阻碍之前识别出来。选择轮具体化了前面提到的真实选择的概念。对话卡片和声音量表支持更清晰、更平和的沟通。这些支持工具是免费的,就像工具目录的所有内容一样。
在认知刺激方面,保持标志、共享快乐和积极互动,除了护理的时刻之外,滋养了信任关系,而信任关系又减少了拒绝。应用程序忆趣为老年人设计,提供适合的活动;而应用程序智趣则主要面向成年人。最后,认知测试可以帮助更好地了解可以依赖的保留能力——临床评估仍然是医疗专业人员的职责。
强制“进行护理”解决了当下的问题,却会长期损害关系:随后的拒绝会更强烈,恐惧会更大。除非在法律框架下的紧急情况下,并经过集体验证,强制既不是工具也不是解决方案。在立即危险的情况下,应遵循机构的程序并联系您所在国家的紧急服务。
您、团队和医疗方面的责任
面对拒绝,每个人都有角色,明确这些角色可以避免过度热情和放弃。没有人需要单独承担复杂的情况。
| 您日常的角色 | 团队的责任 | 严格的医疗责任 |
|---|---|---|
| 观察和描述有时间和地点的事实 | 在会议中交叉观察 | 做出诊断 |
| 调整沟通、时机和节奏 | 建立一致且共享的行动方案 | 评估和处理疼痛或躯体原因 |
| 提供选择,尊重偶尔的拒绝 | 确保团队和替代人员之间的连续性 | 决定治疗或停止治疗 |
| 报告任何新的或持续的拒绝 | 与信任的人和亲属合作 | 裁定同意能力 |
| 执行现行的指示和协议 | 定期重新评估情况 | 监督任何例外的限制措施 |
分界线很简单:您观察、调整、提供和报告;团队协调并集体决策;医生诊断、开处方并对医疗护理的内容做出判断。拒绝决不能在走廊的孤独中处理:它需要被思考、传达和重新评估。
需要记住的事项
理解拒绝护理意味着接受改变视角:不再将其视为需要克服的障碍,而是解读为需要解码的信息。在几乎每一个“否”背后,都隐藏着痛苦、恐惧、不理解、羞怯或对掌控自己生活的需求。尊重同意不是护理的障碍:它是信任关系的基础,只有这样才能长期陪伴。帮助的举动通常很简单——宣布、提供选择、放慢、推迟、传达事实——但它们需要坚实的姿态和一致的团队。这正是需要学习的内容:一种既保护个人尊严又体现职业意义的做法。这一切都不是即兴发挥;一切都需要努力、分享和完善。
进一步了解
这四个深入探讨延续了本指南 :第一个详细介绍了培训的教学内容,第二个剖析了日常生活中的具体场景,第三个汇集了支持和安排,第四个则关注姿态和团队合作。它们共同构成了围绕拒绝护理的连贯路径。
常见问题
一个人真的有权拒绝护理吗 ?
是的。在法国,自愿和知情同意是基本原则 :2002年3月4日的法律规定,任何行为都不能在未获得个人同意的情况下进行,个人可以随时撤回同意(公共卫生法第L.1111-4条)。因此,一个成年人在有能力做决定的情况下,可以拒绝护理,即使这个选择看起来不合理。团队的角色是提供关于后果的信息,努力理解并提出替代方案,而不是强迫。尊重这一权利并不意味着放弃这个人 :舒适、陪伴和缓解疼痛仍然是应有的。
如何区分真正的拒绝与无法执行 ?
可见的结果有时是相同的 — 这个人“ 不做 ” — 但原因不同。拒绝通常伴随着明确的拒绝意图 :转身、推开、表达不同意见。无法执行则与启动障碍、未理解的指令、失语症或处理缓慢有关 :这个人想做,但无法启动行动。坚持没有任何作用。正确的反应是首先排除无法执行、疼痛和不理解,然后再得出拒绝的结论,并准确描述观察到的情况以便团队参考。
是否有时需要为了“他的好”而无视拒绝 ?
为了“他的好”并不暂停同意。对于日常舒适护理,强行介入会破坏关系,增加未来的拒绝,并可能构成虐待。确实存在生命紧急情况和明确的法律框架,其中的行动是受到规范的,但这些是例外,而不是日常规则,并且需要集体决定,而不是一个人在走廊里单独决定。正确的做法是停止,寻找原因,调整时机和方式,以不同方式重新提出,并进行报告。强制既不是一种技术,也不是解决方案。
当一个人在同一时刻总是拒绝时该怎么办 ?
在同一时刻反复出现的拒绝是宝贵的信息 :它几乎总是指示一个可重复的原因。早上系统性拒绝洗澡可能与疲劳、早晨疼痛、过于突然的醒来或不合适的时机有关。做法是细致描述上下文 — 时间、前因、环境 — 然后测试调整 :推迟时间、改变方法、更多地预告、提供选择。我们传达已尝试的内容和有效的措施,并与团队讨论,以建立一个共享的、在时间上稳定的应对方案。
如何向家属解释持续的拒绝 ?
保持在自己的范围内,描述事实而不是解释。我们解释观察到的情况以及团队采取的措施 : “ 他早上拒绝洗澡,我们推迟到上午晚些时候,这样情况好一些 ”。我们提醒尊重拒绝并不意味着放弃陪伴,舒适和安全仍然得到保障。我们避免对诊断或预后做出判断,这属于医生的职责。将可信赖的人和亲属纳入思考过程,通常有助于更好地理解个人的旧偏好,并缓解担忧。
本指南旨在提供一般的专业信息。它不能替代临床评估、您机构的协议或个别处方。对于任何具体的拒绝治疗情况,特别是涉及安全、疼痛或同意能力时,请咨询您的管理层、多学科团队和医疗专业人员。
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