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Familles & aidants · Sclérose en plaques (SEP)

SEP et vie quotidienne : activités, supports et aménagements concrets à mettre en place

Vivre avec une sclérose en plaques, ce n'est pas seulement gérer des consultations et des traitements. C'est composer, chaque jour, avec une fatigue qui arrive sans prévenir, une chaleur qui ralentit tout, une attention qui se disperse et des gestes qui demandent soudain plus d'effort. C'est précisément là, dans les heures ordinaires, que se joue l'autonomie. Pour concilier SEP et vie quotidienne, les activités et outils présentés ici ont un point commun : ils s'installent dans le réel, sans matériel spécialisé, et s'adaptent à une maladie qui change d'un jour à l'autre.

  • ⏱️ 19 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

Cet article est une boîte à outils, pas un cours théorique. Vous y trouverez treize activités décrites assez précisément pour être lancées dès demain, une organisation de la journée et de la semaine, l'aménagement du logement pièce par pièce, les supports gratuits à imprimer et la place du numérique. L'idée directrice tient en une phrase : dépenser son énergie là où elle compte, et récupérer avant d'être à sec. Rien ici ne remplace la rééducation ni l'avis de l'équipe soignante : tout vient en complément.

L'essentiel en 30 secondes

Bien vivre au quotidien avec une SEP repose sur trois réflexes : économiser l'énergie, rester au frais, garder une régularité douce. On préfère plusieurs séquences courtes réparties dans la journée à un effort long qui vide la réserve.

  • La fatigue d'abord — on planifie les activités importantes sur les créneaux où l'énergie est la plus haute, souvent le matin.
  • La chaleur ensuite — la SEP est sensible à la température : on rafraîchit avant, pendant et après l'effort.
  • Court et régulier — dix à quinze minutes tous les jours nourrissent mieux les capacités qu'une longue séance hebdomadaire.
  • La trace écrite — noter chaque jour rend visibles des évolutions que la mémoire du quotidien efface.
  • L'environnement — quelques réglages de lumière, de bruit et de rangement réduisent l'effort et préviennent les chutes.

Les 4 repères avant de commencer

Avant de choisir une activité, il faut connaître les quatre règles du jeu propres à la SEP. Elles ne sont pas négociables : c'est en les respectant que les activités restent bénéfiques au lieu de déclencher un coup de fatigue qui gâche la journée entière.

🔋

Économiser la réserve d'énergie

On raisonne comme avec une batterie : mieux vaut fractionner, s'asseoir dès que possible et s'arrêter avant l'épuisement, pas quand il est déjà là.

❄️

Rester au frais

La chaleur peut majorer temporairement les symptômes. On choisit les heures fraîches, une pièce aérée, et on garde de l'eau et un brumisateur à portée.

🔁

Régulier plutôt qu'intense

Dix à quinze minutes chaque jour valent mieux qu'une longue séance isolée. Un mauvais jour, on réduit ; on ne saute pas.

✍️

Noter, systématiquement

Une croix par jour et une observation en une ligne. C'est ce qui rend les progrès visibles et ce qui informe utilement les professionnels de santé.

⚠️ Avant tout : validez avec votre équipe soignante

Les activités ci-dessous sont des propositions du quotidien, pas des protocoles médicaux. Selon les symptômes — troubles de l'équilibre, spasticité, troubles visuels, fatigue sévère, troubles de la déglutition —, certaines seront à privilégier et d'autres à écarter. Montrez cette liste au médecin, au kinésithérapeute, à l'ergothérapeute ou à l'orthophoniste qui vous suit : eux seuls connaissent votre situation et peuvent poser un diagnostic et un pronostic. En cas de symptôme nouveau ou brutal, contactez votre neurologue ou les services d'urgence de votre pays.

Bouger, marcher, gestes du quotidien

L'activité physique adaptée fait aujourd'hui partie de la prise en charge de la SEP : la Haute Autorité de Santé et la Fondation ARSEP en soulignent l'intérêt, à condition qu'elle soit dosée et encadrée. Les gestes du quotidien sont un excellent terrain d'entraînement, car ils ont du sens et s'intègrent naturellement dans la journée.

Un principe guide tout ce qui suit : on ne cherche pas la performance, on cherche la répétition juste. Une activité trop dure décourage et se paie en fatigue ; une activité trop facile n'apporte rien. Le bon niveau se situe là où la personne réussit la plupart du temps tout en fournissant un léger effort. Ce niveau bouge d'un jour à l'autre avec la SEP : on l'ajuste sans commentaire, à la hausse les bons jours, à la baisse les jours plus lourds. Et l'on garde toujours en tête que l'objectif premier n'est pas de « muscler » mais de maintenir des gestes utiles, de préserver la confiance et de rendre le quotidien plus fluide.

1

Étendre et plier le linge, assis

  • Objectif — coordination des deux mains, préhension, mobilité des épaules, le tout sans se mettre debout longtemps.
  • Matériel et durée — une corbeille de linge propre, une chaise stable, 10 minutes.
  • Déroulé — installé à table, on commence par les grandes pièces faciles à saisir : serviettes, torchons. On plie posément, en soufflant sur chaque geste.
  • Plus facile — plier en deux seulement, avec des serviettes épaisses et légères.
  • Plus difficile — apparier des chaussettes, plier des chemises en quatre, ou tenir debout appuyé au plan de travail.
  • Signe que ça marche — le geste reste fluide jusqu'au bout du panier, sans tremblement de fatigue.
  • ❌ À éviter — enchaîner debout devant un sèche-linge chaud : la chaleur et la station debout cumulent deux facteurs de fatigue.
2

La marche minutée, au frais

  • Objectif — endurance, équilibre, moral.
  • Matériel et durée — chaussures fermées, l'aide technique habituelle (canne, déambulateur), 5 à 20 minutes selon les capacités.
  • Déroulé — même parcours chaque jour, aux heures fraîches, avec un banc repéré à mi-chemin pour s'asseoir. On chronomètre une fois par semaine seulement, pas tous les jours.
  • Plus facile — un aller-retour dans le couloir, répété plusieurs fois dans la journée avec des pauses.
  • Plus difficile — ajouter une légère pente, ou marcher en discutant, ce qui double la charge attentionnelle.
  • Signe que ça marche — la même distance demande moins de pauses, ou le pied traîne moins en fin de parcours.
  • ❌ À éviter — la marche en plein soleil l'après-midi : on préfère le matin tôt ou la fin de journée.
3

Préparer les légumes, en position stable

  • Objectif — force de préhension, coordination fine, planification d'une tâche en étapes.
  • Matériel et durée — une planche antidérapante (ou un torchon humide dessous), un économe à poignée large, un tabouret assis-debout, 15 minutes.
  • Déroulé — laver, éplucher, couper en morceaux réguliers, assis autant que possible. La personne fait le geste ; l'aidant prépare et range.
  • Plus facile — laver et essuyer seulement, ou casser des haricots à la main.
  • Plus difficile — suivre une recette simple en quatre étapes, sans rappel.
  • Signe que ça marche — les morceaux deviennent réguliers et la fatigue arrive plus tard qu'avant.
4

Les étirements du matin

  • Objectif — assouplir, lutter contre la raideur et la spasticité, préparer le corps à la journée.
  • Matériel et durée — un tapis ou une chaise, 5 à 10 minutes, au réveil.
  • Déroulé — des mouvements lents et amples, jamais forcés, en respirant, selon le programme montré par le kinésithérapeute. On ne cherche pas la performance, on cherche la mobilité.
  • Plus facile — étirements assis, une articulation à la fois.
  • Plus difficile — ajouter des mouvements d'équilibre, toujours près d'un appui.
  • Signe que ça marche — les premiers pas de la matinée sont plus souples.
  • ❌ À éviter — étirer une articulation douloureuse ou spastique sans validation du kinésithérapeute : on observe, on signale, on ne force jamais.

Attention, mémoire et organisation

La SEP s'accompagne souvent de ce que beaucoup de personnes appellent le « brouillard cognitif » : lenteur du traitement de l'information, attention qui décroche, mot qui échappe, difficulté à mener deux choses de front. Ces activités s'y adressent directement. Elles complètent le travail de l'orthophoniste ou du neuropsychologue : demandez-leur lesquelles servent le mieux les objectifs en cours.

5

La séance numérique de 15 minutes

  • Objectif — attention, mémoire de travail, logique, avec un niveau qui s'ajuste automatiquement.
  • Matériel et durée — une tablette et l'application JOE, 15 minutes, à heure fixe.
  • Déroulé — deux ou trois jeux courts, toujours dans le même ordre pour créer un rituel. On s'arrête à la fin du temps imparti, même si tout se passe bien.
  • Plus facile — un seul jeu, au niveau le plus bas, accompagné.
  • Plus difficile — monter le niveau, ou jouer seul puis montrer le résultat.
  • Signe que ça marche — la tablette est prise sans qu'on la propose.
6

L'agenda du lendemain

  • Objectif — mémoire prospective (se souvenir de ce qu'il y a à faire), repères temporels, sentiment de maîtrise.
  • Matériel et durée — un agenda à grandes cases ou un tableau effaçable, 5 minutes chaque soir.
  • Déroulé — écrire ensemble les deux ou trois choses du lendemain, et cocher le soir suivant ce qui a été fait. On externalise la mémoire au lieu de la surcharger.
  • Plus facile — l'aidant écrit, la personne relit à voix haute.
  • Plus difficile — la personne écrit seule et anticipe la semaine.
  • Signe que ça marche — l'agenda est consulté spontanément dans la journée.
7

Une seule chose à la fois

  • Objectif — protéger l'attention en supprimant la double tâche, qui épuise vite dans la SEP.
  • Matériel et durée — aucun, c'est une manière de faire, à toute heure.
  • Déroulé — pendant une tâche qui compte (lire, cuisiner, téléphoner), on coupe la télévision et la radio, on range le téléphone. On finit une chose avant d'en commencer une autre.
  • Plus facile — un environnement totalement silencieux et rangé.
  • Plus difficile — tolérer un léger bruit de fond, une fois la tâche bien installée.
  • Signe que ça marche — la tâche est menée à son terme sans énervement ni oubli.
  • ❌ À éviter — demander à la personne de répondre à une question pendant qu'elle marche : on attend l'arrêt.
8

La liste de courses reconstituée

  • Objectif — mémoire de travail, catégorisation, stratégies de mémorisation.
  • Matériel et durée — papier, crayon, 10 minutes.
  • Déroulé — on lit une liste de six produits, la personne la restitue après une minute de conversation sur autre chose.
  • Plus facile — trois produits, restitution immédiate.
  • Plus difficile — dix produits à regrouper par rayon avant de les restituer.
  • Signe que ça marche — la personne invente ses propres moyens mnémotechniques.

Ces activités replacées dans une vraie méthode

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SEP et vie quotidienne : activités et outils pour gérer la fatigue

La fatigue est le symptôme le plus fréquent et le plus invalidant de la SEP, et pourtant le plus invisible pour l'entourage. Elle ne se combat pas par la volonté : elle se gère, en apprenant à connaître sa réserve et à la répartir. Les trois activités suivantes ne demandent aucune performance : elles apprennent à doser.

Cette fatigue n'a rien à voir avec un simple manque de sommeil. Elle peut tomber d'un coup, sans effort apparent, et se majorer avec la chaleur, le stress ou une infection. C'est pourquoi les stratégies d'économie d'énergie occupent une place centrale dans l'accompagnement de la SEP : il s'agit d'anticiper plutôt que de subir. Concrètement, on planifie les tâches lourdes sur les meilleures plages horaires, on s'assoit dès que c'est possible, on regroupe les déplacements pour ne pas multiplier les allers-retours, et l'on accepte de déléguer ce qui n'a pas besoin d'être fait soi-même. Ces réflexes ne sont pas un renoncement : ce sont des outils qui libèrent de l'énergie pour ce qui compte vraiment, les moments de plaisir et de lien.

9

La carte d'énergie de la journée

  • Objectif — repérer les créneaux où l'énergie est haute et ceux où elle chute, pour y caler les bonnes activités.
  • Matériel et durée — une feuille avec les heures de la journée, un feutre, 2 minutes le soir pendant une semaine.
  • Déroulé — chaque soir, colorier en vert les moments où l'on s'est senti en forme, en rouge les creux. Au bout d'une semaine, le rythme personnel apparaît.
  • Plus facile — trois niveaux seulement (forme / moyen / vidé), matin-midi-soir.
  • Plus difficile — noter aussi ce qui a déclenché la fatigue (chaleur, stress, effort).
  • Signe que ça marche — on commence à planifier les rendez-vous et les tâches sur les plages vertes.
10

La pause de récupération programmée

  • Objectif — récupérer avant l'épuisement plutôt qu'après, ce qui change tout dans la SEP.
  • Matériel et durée — un minuteur, un fauteuil confortable dans une pièce fraîche et calme, 15 à 30 minutes.
  • Déroulé — on programme une vraie pause en début d'après-midi, sans écran ni conversation, qu'on se sente fatigué ou non. C'est une pause de prévention, pas de sanction.
  • Plus facile — s'allonger, yeux fermés, respiration lente.
  • Plus difficile — remplacer par une activité très calme (musique douce) sans s'endormir, pour préserver le sommeil de la nuit.
  • Signe que ça marche — la fin d'après-midi est moins difficile qu'avant.
  • ❌ À éviter — supprimer la pause parce que « ça va » : c'est justement en la maintenant qu'on évite l'effondrement du soir.
11

Le rituel du frais

  • Objectif — limiter l'aggravation temporaire des symptômes liée à la chaleur, un phénomène bien connu dans la SEP.
  • Matériel et durée — un brumisateur, une bouteille d'eau fraîche, un gant humide, un ventilateur, en continu par temps chaud.
  • Déroulé — avant et pendant toute activité, on rafraîchit la nuque et les poignets, on boit régulièrement, on aère. Par forte chaleur, on décale l'activité aux heures les plus fraîches.
  • Plus facile — rester simplement dans la pièce la plus fraîche du logement.
  • Plus difficile — utiliser un gilet ou des accessoires rafraîchissants avant une sortie, sur conseil de l'équipe soignante.
  • Signe que ça marche — l'activité reste possible même quand il fait chaud.

Souffle, bien-être et lien social

Ces deux dernières activités ne visent aucune progression mesurable. Elles entretiennent l'humeur, apaisent le stress — qui pèse fortement sur la fatigue — et maintiennent le lien avec les autres. C'est ce qui conditionne l'adhésion à tout le reste.

On l'oublie souvent : le moral n'est pas un supplément d'âme, c'est un carburant. Une personne qui s'isole, qui rumine ou qui dort mal aura moins d'énergie pour tout le reste, y compris pour les activités les plus utiles. À l'inverse, un échange qui fait plaisir, une musique aimée ou quelques minutes de respiration calme rechargent une partie de la réserve. Le stress, lui, agit comme une fuite silencieuse : il consomme de l'énergie sans qu'on s'en rende compte et peut accentuer temporairement certains symptômes. Prendre soin de l'humeur et du lien social, ce n'est donc pas un luxe qu'on garde « pour quand on aura le temps » : c'est une pièce à part entière de la gestion du quotidien.

12

La respiration guidée de fin de journée

  • Objectif — détendre, apaiser le stress, favoriser un sommeil souvent fragilisé par la SEP.
  • Matériel et durée — rien, ou une application de respiration, 5 à 10 minutes le soir.
  • Déroulé — assis ou allongé, on inspire lentement par le nez, on souffle plus longuement par la bouche, en comptant. On répète sans forcer.
  • Plus facile — suivre une voix ou une animation qui donne le rythme.
  • Plus difficile — allonger progressivement l'expiration, ajouter une détente musculaire progressive.
  • Signe que ça marche — l'endormissement est plus rapide, le corps moins tendu.
13

Le rendez-vous social protégé

  • Objectif — entretenir le lien social sans se laisser déborder par la fatigue.
  • Matériel et durée — un agenda, un créneau court choisi sur une plage d'énergie haute, 30 à 60 minutes.
  • Déroulé — on planifie une visite ou une sortie sur un bon créneau, on prévient qu'elle sera courte, on prévoit un endroit frais et où s'asseoir. On s'autorise à écourter sans culpabiliser.
  • Plus facile — un appel vidéo depuis chez soi, dans le fauteuil.
  • Plus difficile — une sortie en extérieur, préparée à l'avance (trajet, pauses, météo).
  • Signe que ça marche — la personne redemande d'elle-même à voir du monde.
  • ❌ À éviter — les longues journées « pour rentabiliser » : elles se paient les jours suivants.

Une journée type et une semaine type

Le piège classique : vouloir tout faire tous les jours. Une seule activité de chaque catégorie par jour suffit largement, à condition qu'elle ait lieu et qu'elle soit calée sur les bons créneaux d'énergie. Voici une trame : elle s'adapte à votre carte d'énergie personnelle, elle ne s'impose pas.

Deux tableaux valent mieux qu'un long discours. Le premier organise la journée autour des pics et des creux d'énergie ; le second répartit les dominantes sur la semaine pour éviter de solliciter toujours les mêmes fonctions. Rien n'est figé : si un jour l'énergie manque, on décale, on allège, on remplace une activité exigeante par un temps calme. L'objectif n'est pas de cocher toutes les cases, mais de garder un rythme régulier et supportable dans la durée. Affichez la trame sur le réfrigérateur, ajustez-la après une semaine d'essai, et rappelez-vous que la journée du dimanche, volontairement libre, protège les six autres.

MomentCe qu'on y metDurée
RéveilÉtirements du matin, en douceur5-10 min
Matin (plage d'énergie haute)L'activité la plus exigeante du jour — motricité ou cognition15-20 min
Fin de matinéeMarche minutée au frais, ou sortie courte10-20 min
Début d'après-midiPause de récupération programmée, sans écran15-30 min
Milieu d'après-midiSéance numérique ou tâche du quotidien réelle15 min
SoirAgenda du lendemain, puis respiration guidée10-15 min
JourDominante de la journée
LundiMotricité — étirements et marche
MardiCognition — séance numérique, liste de courses
MercrediAutonomie — préparer un repas simple, assis
JeudiÉnergie — carte d'énergie et marche adaptée
VendrediCognition — une seule chose à la fois, agenda de la semaine
SamediSocial — rendez-vous protégé, sortie courte
DimancheRien d'imposé. Le repos fait pleinement partie du programme.

Aménager l'environnement, pièce par pièce

Aménager le logement, c'est économiser de l'énergie à chaque déplacement et prévenir des chutes parfaitement prévisibles. La plupart des modifications utiles coûtent peu ; pour les autres, un bilan à domicile par un ergothérapeute est l'un des meilleurs investissements possibles. On agit sur quatre leviers : la lumière, le bruit, le rangement et les repères visuels.

PièceCe qui pose problèmeCe qu'on change
Entrée et couloirsTapis, câbles, encombrement, pénombreRetirer les tapis, fixer les câbles le long des plinthes, veilleuse à détecteur, banc pour se chausser assis
SéjourFauteuil trop bas, table basse sur le passage, sol glissantRehausser l'assise avec accoudoirs, dégager un couloir de circulation, télécommandes et objets utiles à portée
CuisineObjets en hauteur, station debout prolongée, vaisselle lourdeDescendre l'usage courant à hauteur de main, tabouret assis-debout, planche antidérapante, vaisselle légère
Salle de bainBaignoire, sol mouillé, chaleur de la doucheBarre d'appui fixée au mur, tapis antidérapant, siège de douche, douche tiède plutôt que chaude
ChambreLever nocturne, lit trop bas, obscuritéInterrupteur accessible depuis le lit, chemin lumineux vers les toilettes, pièce fraîche pour la nuit
Toutes piècesBruit de fond, éclairage insuffisant, chaleurÉteindre télévision et radio pendant les échanges, augmenter l'éclairage général, ventiler et rafraîchir
💡 Lumière, bruit et repères visuels

En cas de troubles visuels ou de fatigue attentionnelle, privilégiez une lumière homogène et sans éblouissement, réduisez les sources de bruit qui obligent le cerveau à trier en permanence, et posez des repères simples : étiquettes en gros caractères sur les placards, code couleur pour les tiroirs, une seule pile de papiers « à traiter ». Moins l'environnement demande d'effort, plus il reste d'énergie pour ce qui compte.

Un aménagement réussi se reconnaît à un détail : la personne s'y déplace et y agit sans avoir à réfléchir à chaque geste. On y arrive rarement du premier coup. Le mieux est de procéder par petites touches, d'observer pendant quelques jours ce qui coince réellement — la chute est-elle liée au tapis, à la pénombre, à la fatigue de fin de journée ? — puis de corriger un point à la fois. On note ce qui a changé, on garde ce qui aide, on abandonne ce qui gêne. Faire intervenir un ergothérapeute à domicile permet d'objectiver les besoins, de hiérarchiser les priorités et, le cas échéant, d'être orienté vers les dispositifs d'aide existants ; les montants et l'éligibilité dépendent toujours de chaque situation et se vérifient auprès des organismes compétents.

Les supports gratuits à imprimer

Ces outils DYNSEO sont téléchargeables et imprimables librement depuis le catalogue des outils gratuits. Trois ou quatre d'entre eux suffisent à structurer toute la routine décrite ici et à la partager avec les professionnels de santé.

  • Tableau de suivi des progrès — une croix par jour, une ligne par activité. C'est le support qui rend visible une évolution lente et qui relance la motivation quand elle faiblit.
  • Fiche de suivi de séance — ce qui a été travaillé, ce qui a fatigué, ce qui a bien fonctionné, la météo et l'heure. À remplir en une minute ; c'est elle qui nourrit la carte d'énergie.
  • Carnet de liaison — pour transmettre vos observations au neurologue, au kinésithérapeute ou à l'orthophoniste sans rien oublier en consultation.
  • Tableau de suivi des compétences — pour visualiser, sur plusieurs semaines, ce qui progresse et ce qui reste stable.

Le principe est simple : la SEP évolue par phases, et la mémoire du quotidien lisse tout. Sans trace écrite, on ne voit ni les petites avancées ni les signaux d'alerte. Avec une trace, vous arrivez en consultation avec des faits, pas des impressions : c'est bien plus utile pour l'équipe soignante. Vous pouvez aussi évaluer certaines fonctions à l'aide des tests cognitifs DYNSEO, en complément et jamais à la place d'un bilan professionnel.

La place du numérique

Une tablette ne remplace ni la rééducation ni les activités réelles. Elle apporte deux choses que le papier ne donne pas : un ajustement automatique du niveau de difficulté, et une trace des résultats qui évite les discussions sur « est-ce que ça progresse ou non ». Pour la SEP chez l'adulte, l'application prioritaire est JOE.

ApplicationPour quiUsage type
JOEAdulte, dont SEP, santé mentale, après un AVC15 minutes par jour, 2 à 3 jeux de mémoire, attention et logique, à heure fixe
EDITHPersonne âgée, interface simplifiéeMême principe, avec une navigation pensée pour les seniors
MON DICOTroubles sévères de la communicationSupport visuel d'échange au quotidien

Le bon dosage : 15 minutes par jour, sur un créneau d'énergie haute, plutôt qu'une heure d'affilée le dimanche. On tient l'écran à l'écart de la fin de soirée, qui perturbe un sommeil déjà fragile, et on garde la tablette dans une pièce fraîche : rester concentré demande de l'énergie, et la chaleur en consomme davantage. Découvrez l'ensemble de la gamme via l'application JOE.

Les 5 erreurs les plus fréquentes

Ces erreurs n'ont rien d'une faute : elles viennent presque toujours d'une bonne intention, l'envie d'aider ou de bien faire. Les connaître permet simplement de les désamorcer avant qu'elles n'installent la lassitude, chez la personne comme chez l'aidant.

  1. Attendre d'être fatigué pour se reposer. Dans la SEP, la récupération est bien plus efficace en prévention. On programme les pauses, on ne les mérite pas.
  2. Ignorer la chaleur. Insister sous le soleil ou après une douche brûlante majore temporairement les symptômes et gâche la séance. On rafraîchit et on décale aux heures fraîches.
  3. Faire trop, trop vite. Un programme ambitieux tenu quatre jours puis abandonné produit moins qu'une routine modeste tenue trois mois. La régularité douce l'emporte toujours.
  4. Faire à la place de la personne. Par gentillesse ou par gain de temps — c'est l'une des principales causes de perte d'autonomie évitable. On accompagne, on ne substitue pas.
  5. Ne rien noter. Sans trace, les évolutions lentes deviennent invisibles, on conclut à tort que « rien ne bouge », et l'on rate aussi les signaux qui méritent d'alerter le médecin.

En résumé, bien articuler SEP et vie quotidienne repose sur des activités et des outils simples, dosés et réguliers : on économise l'énergie, on reste au frais, on note, et on ajuste au fil des jours. Rien de spectaculaire, mais une somme de petits réglages qui, cumulés, protègent l'autonomie et allègent la charge des aidants. Le reste — le pourquoi de la maladie, les situations difficiles, les aides et les interlocuteurs — se travaille dans les articles ci-dessous et, de façon guidée, dans la formation.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il faire ces activités ?

Tous les jours, mais peu à chaque fois. La régularité compte davantage que l'intensité : quelques séquences de dix à quinze minutes réparties dans la journée valent mieux qu'une longue session hebdomadaire qui vide la réserve d'énergie. Les jours difficiles, on ne saute pas : on réduit à une seule activité très facile pour protéger la routine elle-même. L'important est d'inscrire les activités sur les créneaux où l'énergie est haute, repérés grâce à la carte d'énergie, et d'écouter les signaux de fatigue plutôt que de forcer.

Combien de temps par jour au total ?

En général, entre 30 et 60 minutes cumulées suffisent, jamais d'un seul bloc. On fractionne en séquences courtes séparées par de vraies pauses, et on inclut une pause de récupération programmée en début d'après-midi. Au-delà, la fatigue propre à la SEP prend le dessus et la journée suivante en pâtit. Chaque personne a son propre seuil : mieux vaut viser moins et être régulier que viser beaucoup et abandonner. En cas de poussée ou de fatigue inhabituelle, on allège nettement et on en parle à l'équipe soignante.

Comment garder la motivation dans la durée ?

Trois leviers fonctionnent mieux que l'insistance : baisser la difficulté jusqu'à retrouver des réussites, remplacer un exercice abstrait par une tâche réelle qui a du sens — préparer un repas plutôt que serrer une balle — et rendre les progrès visibles avec un tableau de suivi. Négociez la durée plutôt que le principe : « cinq minutes et on arrête » obtient presque toujours plus qu'un rappel des enjeux. Célébrez les petits pas, respectez les jours sans, et rappelez-vous que le repos fait partie du programme, il n'est pas un échec.

Quel matériel faut-il vraiment acheter ?

Très peu. La plupart des activités utilisent ce qu'on a déjà : du linge, des légumes, un jeu de cartes, un agenda, une feuille. Quelques accessoires bon marché rendent service : planche antidérapante, brumisateur, minuteur, tabouret assis-debout. Pour le volet cognitif, une tablette avec l'application JOE apporte l'ajustement automatique du niveau. Pour les aménagements plus lourds — barres d'appui, siège de douche, rehausse —, demandez d'abord un bilan à un ergothérapeute : il évitera des achats inutiles et pourra vous orienter vers d'éventuelles aides financières, sans jamais rien garantir à l'avance.

Ces activités conviennent-elles à tous les âges et à toutes les formes de SEP ?

Les principes — économiser l'énergie, rester au frais, rester régulier — valent pour tout le monde, mais le choix des activités dépend des symptômes, de la forme de la maladie et du moment. Une SEP avec troubles de l'équilibre marqués, une fatigue sévère ou des troubles visuels appelle des adaptations précises. C'est pourquoi rien ne remplace l'avis du médecin, du kinésithérapeute, de l'ergothérapeute ou de l'orthophoniste qui vous suit : montrez-leur cette liste, ils vous diront quoi privilégier, quoi écarter et comment doser selon votre situation.

ℹ️ Information et non avis médical

Ces activités sont des propositions générales du quotidien. Elles ne remplacent ni la rééducation prescrite, ni un avis médical, ni un diagnostic. Faites valider ce qui convient à votre situation par le neurologue, le kinésithérapeute, l'ergothérapeute ou l'orthophoniste qui vous suit. En cas de symptôme nouveau, brutal ou inquiétant, contactez votre médecin ou les services d'urgence de votre pays.

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