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Handicaps invisibles en classe : posture professionnelle, travail en équipe et montée en compétences

Accueillir un élève dyslexique, un enfant avec un trouble de l'attention ou un jeune sur le spectre de l'autisme met à l'épreuve trois compétences rarement enseignées en formation initiale : savoir jusqu'où va son rôle sans empiéter sur celui du soin, savoir décrire une observation de façon exploitable par le reste de l'équipe, et savoir parler à des parents inquiets sans sortir de son périmètre. C'est précisément ce que change une formation professionnelle sur les handicaps invisibles en classe : elle transforme un savoir-faire intuitif, fragile et dépendant des personnes, en une pratique nommée, partagée et transmissible.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les professionnels
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

Cet article ne présente pas une méthode pédagogique de plus. Il décrit la posture professionnelle attendue autour de ces élèves : ce qui relève de l'enseignant ou de l'accompagnant, ce qui relève du professionnel de santé, comment tracer et transmettre une observation, comment coordonner une équipe où chacun voit l'enfant sous un angle différent, comment tenir une conversation difficile avec une famille — et comment ne pas s'épuiser en faisant ce métier bien. Autant de compétences qui ne relèvent pas du talent personnel, mais de repères que l'on peut apprendre, formuler et évaluer.

L'essentiel en 30 secondes

La posture professionnelle face aux handicaps invisibles tient en une phrase : observer et décrire relève de vous, interpréter relève de l'équipe, diagnostiquer relève du médecin, du psychologue ou du professionnel du soin.

  • Un handicap invisible ne se voit pas au premier regard : c'est ce qui expose l'élève au malentendu « il pourrait s'il voulait ».
  • Une observation utile décrit un fait daté, situé et reproductible — jamais une étiquette de caractère.
  • En équipe, chaque professionnel apporte un angle irremplaçable : le croiser vaut mieux que le juxtaposer.
  • Avec les familles, on décrit ce qu'on observe et ce qu'on met en place ; on ne pose pas de diagnostic et on ne promet pas de résultat.
  • Se former réduit une grande part de la charge mentale : beaucoup de fatigue vient de l'incertitude sur ce qu'il faut faire.

La posture professionnelle : jusqu'où va votre rôle

La difficulté n'est pas de connaître son métier d'enseignant ou d'accompagnant. C'est de tenir une position juste entre deux dérives symétriques. D'un côté, en faire trop : poser soi-même un « diagnostic » de dyslexie parce que les signes semblent évidents, rassurer une famille sur l'avenir scolaire, décider seul d'un aménagement lourd. De l'autre, se réfugier derrière son périmètre pour éviter une observation gênante ou une conversation inconfortable. La posture professionnelle, c'est cette ligne de crête : agir dans son rôle, pleinement, sans jamais franchir la frontière du soin et du diagnostic.

Un handicap invisible — troubles « dys », trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, trouble du spectre de l'autisme, haut potentiel associé à des difficultés, troubles anxieux — a une caractéristique qui structure toute la relation : il ne se voit pas. L'élève marche, parle, sourit ; rien ne signale à l'extérieur ce qui se joue à l'intérieur. C'est cette invisibilité qui l'expose au malentendu le plus destructeur : « il pourrait s'il voulait », « elle est intelligente, elle est juste paresseuse ». La première compétence professionnelle est donc de ne jamais confondre une difficulté avec un défaut de volonté.

Situation✅ Ce que vous pouvez dire ou faire❌ Ce qui sort de votre rôle
Un parent demande si son enfant est dyslexique« Je remarque en classe qu'il inverse des lettres et se fatigue vite en lecture. Un bilan chez un professionnel permettrait d'y voir clair »Poser ou écarter un diagnostic, même à titre d'avis
Un élève se bouche les oreilles au bruit de la classeObserver, décrire, signaler, appliquer les aménagements déjà prévusDécider seul d'un protocole sensoriel improvisé
Un comportement nouveau apparaîtDécrire le fait, l'heure, le contexte, et le transmettreConclure à un trouble ou à un problème familial
Une famille critique un collègue devant vousÉcouter, ne pas commenter, orienter vers l'équipe ou la directionDonner votre avis sur la pratique d'un collègue devant les parents
Un élève confie une souffrance intimeÉcouter, et transmettre ce qui est nécessaire à sa sécurité et à son accompagnementPromettre le secret absolu, ou en parler en salle des maîtres
Un aménagement vous semble mal adaptéLe questionner en équipe, avec des faits observésL'appliquer différemment dans votre coin sans en parler

Le piège spécifique : interpréter à la place du professionnel de santé

Un handicap invisible ne touche pas l'intelligence de l'élève dans l'immense majorité des cas. Or la lenteur, les erreurs répétées, l'agitation ou l'évitement déclenchent presque mécaniquement des interprétations : « il est immature », « elle manque de rigueur », « les parents ne posent pas de cadre ». Ces phrases, même murmurées, orientent ensuite tout le regard de l'équipe. La posture professionnelle consiste à s'arrêter à l'observation et à laisser l'interprétation à ceux dont c'est le métier : médecin, pédiatre, neuropédiatre, psychologue, psychomotricien, orthophoniste, selon le cas.

💡 Le test à s'appliquer

Avant de formuler une phrase sur un élève, demandez-vous : est-ce que je décris ce que j'ai vu, ou est-ce que j'explique pourquoi ? « Il n'a pas rendu trois devoirs sur les deux dernières semaines » est une observation. « Il s'en fiche » est une interprétation. La première est utile à tout le monde ; la seconde ferme le dossier avant même qu'on l'ait ouvert. Décrire est professionnel ; conclure à la place du soin ne l'est pas.

Tracer et transmettre : des écrits qui servent à quelque chose

Une observation transmise a plusieurs destinataires : le collègue qui a l'élève l'heure suivante ou l'année suivante, l'équipe pluridisciplinaire, l'accompagnant, parfois le professionnel de santé qui suit l'enfant. Elle doit permettre à quelqu'un qui n'était pas là de comprendre ce qui s'est passé et d'agir. La plupart des transmissions échouent pour une raison unique : elles livrent une conclusion à la place d'une observation. « Élève perturbateur » ne dit rien à personne ; ça ne se vérifie pas, ça ne se reproduit pas, ça condamne.

  1. Un fait, pas une étiquette. Ce qui a été vu ou entendu, pas ce qu'on en a déduit.
  2. Daté et situé. L'heure de la journée, la matière, le moment dans la séance changent tout : la fatigue attentionnelle de fin de matinée n'a rien à voir avec un refus.
  3. Le contexte immédiat. Ce qui s'est passé juste avant, le niveau de bruit, le nombre de consignes données d'un coup, un changement d'emploi du temps.
  4. Ce qui a fonctionné. C'est l'information la plus précieuse et la plus souvent oubliée : elle permet au collègue suivant de reproduire ce qui marche.
  5. Ce qui est nouveau. Signaler explicitement qu'un comportement n'existait pas le mois précédent : c'est ce qui justifie d'alerter les parents et, le cas échéant, d'orienter vers un professionnel.
❌ Transmission inexploitable✅ Transmission utile
Ne suit pas, rêve en classeDécroche après 10 à 15 minutes d'écoute continue ; se remobilise si on lui redonne la consigne individuellement
Écriture illisible, ne fait pas d'effortsCopie lente et douloureuse au tableau ; production correcte quand le texte est déjà photocopié
Refuse de travaillerPose la tête sur la table dès qu'une consigne écrite longue est donnée ; s'y met si la consigne est découpée en deux étapes
Colérique ce matinA quitté la classe à 10 h après un changement d'emploi du temps annoncé sans prévenir ; revenu calme après 5 minutes au calme
Ne comprend rien aux consignesNe reconnaît plus les mots-outils qu'il lisait le mois dernier — nouveau, à signaler
Parents péniblesSa mère a exprimé son inquiétude sur les devoirs du soir ; demande un rendez-vous avec l'enseignant
⚠️ La ligne à ne jamais oublier

Tout élément nouveau chez un élève jusque-là stable — retrait soudain, chute brutale des résultats, propos inquiétants, plaintes de douleur, endormissements répétés, signes de mal-être — doit être signalé explicitement comme nouveau, et non noyé dans le bilan de la journée. Face à tout signe de souffrance de l'enfant, on oriente sans attendre vers le médecin scolaire, le psychologue de l'établissement ou le médecin traitant ; pour une situation d'urgence, on contacte les services d'urgence de votre pays.

Repérer, comprendre, aménager : sans rester seul face au doute

La formation « Handicaps invisibles en classe » détaille en 16 leçons ce que recouvre chaque trouble, quoi observer, quoi transmettre et comment aménager — 100 % en ligne, à votre rythme, avec attestation de fin de formation.

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Travailler en équipe pluridisciplinaire : qui fait quoi

Autour d'un élève à handicap invisible gravitent souvent plusieurs professionnels qui ne se croisent presque jamais. Chacun voit l'enfant sous un angle : l'enseignant dans le collectif, l'accompagnant au plus près de la tâche, le professionnel de santé dans un cadre individuel. La cohérence ne naît pas spontanément : elle se construit dans des temps de coordination où chacun apporte autre chose qu'une impression générale. Savoir qui fait quoi évite deux écueils fréquents : le vide, où personne ne se sent responsable, et le doublon, où l'on redemande à l'enfant ce qu'un autre a déjà mis en place.

ProfessionnelCe qu'il apporte de spécifique
EnseignantCe que l'élève fait réellement dans le groupe, dans quelles matières, à quels moments ; la mise en œuvre pédagogique des aménagements
Accompagnant (AESH ou équivalent)Ce qui se passe au plus près de la tâche : où l'élève bloque, ce qui le débloque, sa fatigue au fil de la journée
Médecin scolaire, médecin traitantLe cadre médical, la coordination du soin, l'orientation vers les bilans
Psychologue de l'éducationFonctionnement cognitif et émotionnel, lecture des comportements, lien avec la famille
OrthophonisteLangage oral et écrit, consignes de communication, adaptations des supports
Ergothérapeute, psychomotricienGeste, motricité, outils compensatoires, aménagement du poste de travail
Direction, coordinationArbitrages, moyens, cohérence du projet et formalisation des aménagements
FamilleLa connaissance de l'enfant hors cadre scolaire, son histoire, ce qui l'apaise ou l'insécurise

Préparer trois minutes utiles pour une équipe de suivi

Les réunions d'équipe éducative ou de suivi de projet sont courtes et rares. La parole des professionnels de terrain, souvent les mieux informés, s'y perd si elle reste vague. Un format simple lui redonne du poids et transforme une plainte en décision partagée.

  1. Un constat, formulé comme un fait daté : « depuis trois semaines, il ne termine aucune évaluation écrite dans le temps imparti ».
  2. Une hypothèse, présentée comme telle : « ça pourrait être lié à la vitesse d'écriture plus qu'à la compréhension ».
  3. Une question précise : « peut-on lui accorder un tiers-temps ou réduire la quantité à produire ? ».
  4. Une proposition que vous êtes prêt à tester : « je peux essayer trois semaines avec des consignes découpées et noter le résultat ».

Ce format évite les décisions prises dans le couloir, jamais tracées, jamais suivies. Il rend visible ce que le terrain observe et ce qui reste du ressort d'une évaluation par un professionnel de santé, qui seul peut poser un diagnostic et proposer un accompagnement adapté.

Communiquer avec les familles

Les parents d'un enfant à handicap invisible arrivent souvent avec un mélange de culpabilité, d'épuisement et de méfiance construite au fil d'années de remarques mal vécues. Beaucoup ont entendu, année après année, que leur enfant était « capable mais ». Ce qu'ils expriment sous forme de reproche est très rarement dirigé contre vous personnellement : c'est souvent la fatigue d'un long parcours. Le ton protecteur envers l'enfant et le respect du rythme de la famille désamorcent plus de tensions que n'importe quel argument.

Les trois situations les plus fréquentes

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Suggérer un bilan sans diagnostiquer

On décrit des faits observés : « en classe, je remarque qu'il se fatigue très vite en lecture et évite d'écrire. » Puis on oriente : « un professionnel de santé serait le mieux placé pour comprendre pourquoi et vous accompagner. » On ne nomme jamais le trouble à la place du soin.

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Recadrer une demande

« Je comprends votre demande. Ce n'est pas à moi seul d'en décider ; je la transmets à l'équipe et on revient vers vous. » Une formulation qui ne rejette pas le parent et ne promet rien qu'on ne pourrait tenir.

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Le parent qui fait les devoirs à la place

Fréquent et bien intentionné. On explique le bénéfice concret : « quand il cherche seul, même plus lentement, il construit des stratégies qui lui resteront. Vous pouvez l'aider à démarrer, puis le laisser essayer. »

💡 La phrase qui désamorce le plus de tensions

« Je vois que vous vous inquiétez pour lui, et c'est légitime. » Accuser réception de l'émotion avant de répondre sur le fond fait retomber la plupart des situations de fin de cours. Et l'échange se transmet ensuite à l'équipe, même s'il a duré deux minutes : une inquiétude non transmise revient quelques semaines plus tard, amplifiée, au niveau de la direction.

❌ À éviter absolument avec les familles

  • ❌ Poser un mot de diagnostic (« votre fils est clairement dyspraxique ») : c'est l'affaire d'un professionnel de santé, pas de l'école.
  • ❌ Promettre un résultat (« avec ces aménagements, ça ira mieux d'ici Noël ») : on décrit ce qu'on met en place, jamais ce que ça produira.
  • ❌ Comparer aux autres élèves : la comparaison enferme et blesse, elle n'informe pas.
  • ❌ Annoncer une inquiétude lourde en fin de cours, debout, entre deux portes : on propose un temps dédié, au calme.

Prévenir l'usure professionnelle

Accompagner des élèves dont les progrès sont lents, parfois peu visibles, expose particulièrement à l'usure. On donne beaucoup, on adapte, on répète, et la reconnaissance vient rarement à la hauteur de l'effort. S'ajoute une charge émotionnelle : voir un enfant en difficulté, sentir la tension d'une famille, porter le doute de bien faire. Cette usure ne signale pas un manque de vocation ; elle est un risque du métier, et elle se prévient comme tout risque professionnel.

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Les signaux

Fatigue qui ne cède plus au repos, appréhension avant certaines heures de cours, irritabilité inhabituelle, troubles du sommeil, sentiment de faire semblant. Des signaux à prendre au sérieux quand ils durent.

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La mise à distance

Se surprendre à parler des élèves comme de dossiers, à éviter les échanges avec les familles, à « faire l'heure » sans plus s'engager. C'est un mécanisme de protection, et un signal d'alerte.

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Ce qui protège

Pouvoir parler des situations difficiles en équipe, avoir des repères clairs sur son rôle, et voir les progrès — d'où l'utilité de tracer ce qui évolue, même à petits pas.

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Quand consulter

Si les signaux durent plusieurs semaines, en parler à la médecine du travail ou à son médecin. C'est un acte professionnel de prévention, pas un aveu de faiblesse.

Un point mérite d'être dit explicitement : une part importante de la fatigue dans ces métiers ne vient pas de l'effort pédagogique, mais de l'incertitude. Ne pas savoir si une difficulté est « normale », si l'on peut insister, si l'on aurait dû alerter plus tôt, si l'aménagement choisi est le bon. Comprendre les mécanismes en jeu allège cette charge mentale de manière très concrète : quand on sait ce qu'on observe et à qui le renvoyer, on cesse de porter seul un doute qui n'était pas le sien. C'est l'un des bénéfices les plus souvent cités par les professionnels après une formation sur le sujet.

Se former aux handicaps invisibles en classe : la formation professionnelle, son cadre et son financement

Dans la plupart des contextes, la formation continue des professionnels de l'éducation et de l'accompagnement relève à la fois d'une obligation de l'employeur et de la démarche qualité de l'établissement. Les modalités varient selon les pays, les statuts et les structures : plans de formation annuels, entretiens professionnels, exigences des autorités de tutelle, référentiels qualité. L'objectif est partout le même : garantir que les personnes qui accompagnent des élèves fragiles disposent de repères actualisés et partagés, plutôt que de connaissances éparses dépendant de la sensibilité de chacun.

Sur le plan pratique, trois éléments sont attendus dans presque toutes les configurations : un programme écrit avec des objectifs pédagogiques clairs, un organisme identifiable et, de plus en plus, certifié, et une preuve individuelle de réalisation pour chaque personne formée. Ces trois pièces sont ce qu'on vous demandera lors d'un contrôle, d'une évaluation ou d'une demande de prise en charge.

Élément demandéCe que fournit la formation DYNSEO
Programme détaillé16 leçons structurées, avec objectifs pédagogiques par module : repérer, comprendre, aménager
Organisme certifiéOrganisme de formation certifié Qualiopi — N° 11757351875
Preuve de réalisationAttestation de fin de formation, nominative par apprenant
Souplesse d'organisation100 % en ligne, accès illimité, à son rythme : compatible avec une charge de travail existante
Tarif90 € par accès, un budget qui reste soutenable à l'échelle d'une équipe

Concernant le financement, la certification Qualiopi est la condition qui permet à un employeur d'envisager une prise en charge au titre du plan de développement des compétences ou par un opérateur de compétences (OPCO). Les règles, plafonds et procédures varient selon les branches, les statuts et les financeurs : une formation courte à tarif modéré ne relève pas toujours des mêmes circuits qu'un parcours long. La règle de prudence est simple : faites valider le programme et le devis par votre service RH, votre gestionnaire ou votre organisme financeur avant l'achat, jamais après. Aucune prise en charge ne doit être présentée comme acquise tant qu'elle n'a pas été confirmée par écrit par le financeur concerné.

ℹ️ À vérifier au cas par cas

L'éligibilité à un financement dépend de votre statut (établissement public ou privé, association, entreprise, indépendant), de votre branche et des dispositifs en vigueur au moment de la demande. Rapprochez-vous de votre service des ressources humaines ou de votre OPCO pour connaître les modalités applicables à votre situation précise.

Déployer une formation dans une équipe et faire vivre les acquis

Le vrai risque d'une formation en ligne n'est pas qu'elle soit mal suivie : c'est qu'elle soit suivie, appréciée, puis sans effet trois semaines plus tard. Déployer une formation à l'échelle d'une équipe demande donc deux choses distinctes : une organisation matérielle pour que chacun la suive réellement, et des mécanismes pour que ce qui a été appris se traduise en pratiques partagées.

Organiser le suivi à l'échelle de l'équipe

  1. Un accès par personne. La preuve de réalisation étant individuelle, chaque professionnel dispose de son propre parcours et de sa propre attestation.
  2. Un calendrier réaliste. Mieux vaut deux leçons par semaine tenues que tout le programme « quand on aura le temps », c'est-à-dire jamais.
  3. Un temps banalisé si possible. Un créneau identifié dans l'emploi du temps vaut mieux qu'un renvoi au temps personnel, souvent perçu comme une charge de plus.
  4. Un suivi des présences et des attestations. Centraliser les attestations de fin de formation alimente directement le bilan de la démarche qualité de l'établissement.

Transformer les acquis en pratiques durables

  1. Un point de cinq minutes en réunion après chaque module : qu'est-ce qu'on garde, appliqué à quel élève, dès quand.
  2. Une décision par module, écrite dans le projet d'accompagnement. Une seule, mais réelle : la consigne découpée en deux étapes, le tiers-temps testé, le support photocopié plutôt que recopié.
  3. Un référent identifié vers qui aller en cas de doute, plutôt qu'un savoir diffus que personne n'incarne.
  4. Une fiche d'aménagements par élève concerné, pour que les acquis survivent aux remplacements et au changement d'enseignant.
  5. Un point à trois mois avec une question unique : qu'est-ce qui a changé pour les élèves ? C'est ce qui distingue une formation utile d'une formation consommée.

Ces mécanismes ne coûtent presque rien en temps et changent tout en effet. Ils transforment un contenu appris individuellement en une culture partagée : le jour où un enseignant part, l'aménagement reste, parce qu'il est écrit, expliqué et incarné par plus d'une personne.

Outiller la pratique au quotidien

Plusieurs outils gratuits permettent d'ancrer concrètement ce qui a été appris, notamment pour structurer le travail des élèves à handicap invisible : un planificateur de devoirs hebdomadaire pour alléger la charge d'organisation, une checklist cartable pour les élèves qui oublient et se dévalorisent, un timer visuel pour rendre le temps perceptible, ou encore un tableau de motivation. L'ensemble est disponible dans le catalogue d'outils DYNSEO. Pour la stimulation cognitive des plus jeunes (5-10 ans), l'application COCO propose des jeux courts et progressifs ; les tests cognitifs peuvent par ailleurs aider à repérer, sans jamais remplacer un bilan réalisé par un professionnel de santé. Pour les adultes, notamment en contexte de rééducation, l'application JOE complète l'offre.

Pour aller plus loin

Ces approfondissements complètent le présent article, centré sur la posture et le cadre professionnel. Le catalogue de formations DYNSEO propose par ailleurs des parcours complémentaires pour les équipes qui souhaitent aller plus loin.

Questions fréquentes

Puis-je dire à des parents que leur enfant est « dys » ou « TDAH » ?

Non : poser un diagnostic relève exclusivement d'un professionnel de santé. Votre rôle est de décrire ce que vous observez en classe, précisément et sans étiquette : « je remarque qu'il se fatigue très vite en lecture et évite d'écrire ». Vous pouvez ensuite suggérer un bilan et orienter vers le médecin, le psychologue ou l'orthophoniste. Cette posture protège l'enfant d'un étiquetage hâtif, protège la famille d'une annonce non fondée, et vous protège vous-même en vous maintenant dans votre périmètre professionnel. Décrire relève de vous ; nommer le trouble relève du soin.

Comment signaler un désaccord sur un aménagement décidé en équipe ?

En réunion, avec des faits observés plutôt qu'une opinion, et en proposant une alternative testable. « J'ai noté qu'il ne termine aucune évaluation dans le temps imparti depuis trois semaines ; peut-on tester un mois avec un tiers-temps et une quantité réduite ? » Ce format permet une décision collective et tracée. Appliquer un aménagement différent dans votre coin, sans en parler, crée des écarts que l'élève et la famille perçoivent immédiatement, et fragilise la cohérence de l'équipe. Le désaccord est légitime ; ce qui compte, c'est de le porter au bon endroit, avec des observations plutôt que des jugements.

Faut-il tout transmettre de ce qu'un élève me confie ?

Non : on transmet ce qui est nécessaire à la sécurité et à l'accompagnement de l'élève, et on s'abstient du reste. Une plainte de douleur, une peur, un signe de mal-être, une confidence évoquant une situation de danger doivent être transmises sans délai au médecin scolaire, au psychologue ou à la direction. Un souvenir personnel confié dans un moment de confiance n'a pas à circuler. Le critère est toujours l'utilité pour la sécurité et l'accompagnement, jamais la curiosité. Et rien ne se raconte en salle des maîtres. En cas de doute sur un danger, on oriente vers le professionnel compétent sans attendre.

La formation continue est-elle obligatoire dans ce secteur ?

Les obligations varient selon les pays, les statuts et les métiers, mais la formation continue relève presque partout à la fois d'une obligation de l'employeur et des exigences des référentiels qualité applicables aux établissements. En pratique, ce qui est attendu lors des contrôles ou des évaluations est un programme écrit, un organisme identifiable et certifié, et une preuve individuelle de réalisation. Une formation certifiée Qualiopi répond à ces trois attentes. Pour connaître les règles précises applicables à votre structure et à votre statut, rapprochez-vous de votre service des ressources humaines ou de votre encadrement.

Comment éviter qu'une formation reste sans effet dans l'équipe ?

En transformant chaque module en une décision unique, écrite et appliquée à un élève précis, plutôt qu'en intention générale. Concrètement : un point de cinq minutes en réunion après chaque module, un référent identifié vers qui aller en cas de doute, une fiche d'aménagements par élève concerné, et un bilan à trois mois portant sur ce qui a réellement changé pour les élèves. Sans ces mécanismes, même une formation bien suivie et appréciée s'efface en quelques semaines. Le déterminant n'est pas la qualité du contenu, mais l'organisation qui le fait vivre dans le quotidien de l'équipe.

ℹ️ Information générale

Cet article propose des repères professionnels généraux. Les obligations de formation, les règles de financement et les périmètres de responsabilité varient selon les pays, les statuts et les employeurs : référez-vous à votre encadrement, à votre service RH et aux protocoles de votre établissement. Pour tout signe de souffrance ou toute difficulté d'apprentissage d'un enfant, l'orientation vers un médecin, un psychologue ou un professionnel de santé est indispensable : seul un professionnel peut poser un diagnostic et proposer un accompagnement. Ce contenu ne constitue ni un avis médical, ni un avis juridique.

Faire monter toute une équipe en compétences sur les handicaps invisibles en classe

16 leçons, 100 % en ligne, accès illimité, à répartir sur les temps disponibles. Organisme certifié Qualiopi (N° 11757351875), attestation de fin de formation nominative pour chaque professionnel. Une formation professionnelle qui donne des repères clairs, allège le doute et se traduit en pratiques concrètes pour les élèves.

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