Enfant non verbal et fonctions exécutives : programme de stimulation
L'absence de langage oral ne signifie pas l'absence de capacités cognitives. Les fonctions exécutives des enfants non verbaux sont accessibles, stimulables et cruciales pour leur développement et leur autonomie. Ce programme pratique donne les outils pour les développer sans passer par la médiation verbale.
Pendant longtemps, les programmes de rééducation cognitive se sont concentrés sur les enfants capables de langage verbal — comme si les mots étaient la condition sine qua non de la pensée. Aujourd'hui, la neuropsychologie et la pratique clinique spécialisée nous montrent que c'est une hypothèse fausse et dommageable. Les enfants non verbaux — qu'ils présentent un trouble du spectre de l'autisme sévère, une dysphasie profonde, une paralysie cérébrale touchant le langage, ou d'autres pathologies — ont des fonctions exécutives, des capacités d'apprentissage et une vie cognitive interne réelle, souvent bien plus riche que ce que les tests verbaux standards permettent de détecter. Ce guide propose un programme structuré de stimulation des fonctions exécutives adapté aux enfants non verbaux : des exercices concrets, organisés par fonction, utilisant des supports visuels, sensoriels et moteurs, et directement applicables à la maison ou en séance de rééducation.
1. L'enfant non verbal : de qui parle-t-on ?
1.1 Profils et définitions
Le terme « non verbal » recouvre des réalités très hétérogènes qu'il est important de distinguer pour adapter le programme de stimulation. Un enfant non verbal absolu ne produit aucune vocalisation intentionnelle ou très peu, sans mot reconnaissable — c'est le cas dans certaines formes de TSA sévères, certaines paralysies cérébrales et certaines encéphalopathies. Un enfant non verbal fonctionnel peut produire des sons, des proto-mots ou même quelques mots isolés, mais son langage oral ne lui permet pas de communiquer de façon fiable et fonctionnelle dans la vie quotidienne — il nécessite un système de Communication Alternative et Augmentée (CAA). Un enfant avec déficits sévères du langage (dysphasie profonde, aphasie acquise chez l'enfant) comprend parfois bien mieux qu'il ne peut exprimer — un profil où les fonctions cognitives peuvent être nettement en avance sur les capacités de production verbale.
Ces distinctions importent pour la stimulation des fonctions exécutives : un enfant qui comprend sans produire peut accéder à des consignes complexes, des jeux de règles et des tâches de planification élaborées si elles sont présentées en format non verbal. Un enfant présentant des difficultés de compréhension et d'expression nécessite des formats encore plus basés sur l'action, l'imitation et le feedback sensoriel immédiat. Dans tous les cas, le postulat de compétence — attribuer à l'enfant les capacités les plus élevées compatibles avec ses manifestations comportementales — est le fondement éthique et pratique du travail avec les enfants non verbaux.
des enfants avec TSA restent non verbaux ou minimalement verbaux à l'âge de 5 ans (INSERM / HAS)
d'amélioration des FE chez les enfants non verbaux après un programme de stimulation visuo-spatiale de 12 semaines (Dawson et al., 2020)
d'avance des FE sur le langage chez de nombreux enfants TSA non verbaux — la cognition précède souvent la communication
des enfants non verbaux introduits à la CAA avant 5 ans développent une communication fonctionnelle (ASHA, 2021)
1.2 Ce que sont les fonctions exécutives et pourquoi elles sont cruciales
Les fonctions exécutives (FE) désignent un ensemble de capacités cognitives de haut niveau qui permettent à l'individu de réguler son comportement en vue d'un objectif. Elles comprennent principalement : la planification (organiser une séquence d'actions pour atteindre un but), la flexibilité cognitive (s'adapter quand les règles changent), l'inhibition (résister à une réponse impulsive ou à un stimulus distrayant), la mémoire de travail (maintenir et manipuler des informations à court terme), et le contrôle attentionnel (maintenir son attention sur un objectif malgré les distractions).
Pour un enfant non verbal, les fonctions exécutives ont une valeur particulièrement cruciale : elles sous-tendent la capacité à apprendre de nouveaux systèmes de communication, à suivre des routines, à adapter son comportement selon le contexte, et à développer une autonomie progressive dans la vie quotidienne. Des FE solides permettent à un enfant non verbal de naviguer dans un monde conçu pour les personnes verbales avec plus de fluidité, de sécurité et d'efficacité. À l'inverse, des FE fragilisées amplifient les difficultés de communication et d'adaptation — ce qui explique pourquoi la stimulation des FE doit être intégrée de façon centrale dans tout programme d'accompagnement des enfants non verbaux.
1.3 La question du diagnostic différentiel : cognition vs. communication
L'une des erreurs les plus fréquentes — et les plus dommageables — dans l'accompagnement des enfants non verbaux est de confondre l'absence de langage avec l'absence de cognition. Les évaluations standardisées classiques, massivement basées sur les capacités verbales, sous-estiment systématiquement le niveau cognitif réel des enfants non verbaux. Un bilan neuropsychologique adapté — utilisant des épreuves non verbales, des tests de performance ou des tests basés sur l'imitation et l'action — révèle souvent des capacités cognitives et exécutives nettement supérieures à ce qu'une évaluation standard aurait conclu.
Cette distinction est fondamentale pour adapter les attentes et les programmes de stimulation : un enfant dont le bilan non verbal révèle des capacités de planification et de mémoire de travail dans la norme d'âge peut accéder à des programmes de stimulation bien plus élaborés qu'un enfant présentant à la fois une absence de langage et des déficits cognitifs objectivés. Dans les deux cas, la stimulation est possible et bénéfique — mais son niveau, son format et ses objectifs diffèrent significativement.
2. Stimuler les FE sans mots : les principes fondamentaux
2.1 Pourquoi le verbal n'est pas nécessaire pour les fonctions exécutives
Il est important de dissiper un mythe répandu dans les milieux éducatifs et paramédicaux : les fonctions exécutives ne sont pas fondamentalement verbales. Elles sont implémentées dans des circuits neuronaux (cortex préfrontal et ses connexions) qui fonctionnent largement indépendamment du langage. La planification visuo-spatiale, la mémoire de travail non verbale (images mentales, séquences motrices), la flexibilité attentionnelle et l'inhibition d'une réponse motrice sont toutes accessibles à un cerveau sans langage oral — et ont été documentées chez des animaux non humains, chez des adultes avec aphasie sévère, et chez des enfants non verbaux avec TSA.
Ce que le langage facilite, c'est le raisonnement sur les règles (se dire à soi-même les étapes d'une tâche), la représentation explicite des objectifs (nommer le but à atteindre) et la communication des stratégies entre individus. Ces fonctions médiatrices peuvent être partiellement compensées par des supports visuels, des images, des supports tridimensionnels, la démonstration physique, et les nouvelles technologies de CAA. La clé est de rendre le programme de stimulation des FE visible et physiquement accessible sans passer obligatoirement par le verbal.
🔑 Principe directeur : Pour chaque exercice de stimulation des FE, la question à se poser est : « Comment puis-je rendre la règle, l'objectif ou la séquence visible et compréhensible sans mots ? » La réponse est presque toujours possible : images séquentielles, couleurs, objets physiques, démonstration, tablette, ou tout support CAA disponible.
2.2 Les quatre modalités non verbales de stimulation des FE
3. Programme de stimulation par fonction exécutive
Fonction 1 — La planification
Organiser une séquence d'étapes pour atteindre un objectif · Exercices 1 à 4Séquences visuelles d'activités
Présenter 3 à 5 photos/pictogrammes d'une activité dans le désordre. L'enfant les replace dans l'ordre correct (ex : se laver les mains : savon → frotter → rincer → essuyer). Commencer par 3 étapes, progresser vers 5-6. Utiliser des supports PECS ou des pictogrammes téléchargeables.
La tour de cubes par couleur
Présenter un modèle de tour de cubes (ex : rouge en bas, jaune au milieu, bleu en haut) et demander à l'enfant de le reproduire avec ses propres cubes. Augmenter progressivement le nombre d'éléments et la complexité du modèle. Excellent pour la planification visuo-spatiale.
Le parcours planifié
Montrer à l'enfant une carte visuelle d'un parcours (ex : 3 étapes représentées par des photos de lieux) avant qu'il parte. L'enfant doit retrouver les étapes dans l'ordre sans qu'on lui rappelle. Adapter la difficulté (2 → 5 étapes) au niveau de l'enfant. Excellent pour la mémoire de travail couplée à la planification.
Construction libre avec modèle différé
Montrer un assemblage (Lego, kapla, cubes) pendant 30 secondes, le retirer, puis demander à l'enfant de le reconstruire de mémoire. Augmenter la durée de présentation initiale pour simplifier, diminuer pour complexifier. Stimule planification + mémoire visuelle de travail.
Fonction 2 — L'inhibition
Résister à une réponse impulsive ou à un stimulus distrayant · Exercices 5 à 8Stop-and-Go visuel
L'enfant marche ou court pendant que l'adulte montre une image verte (GO). Quand l'adulte montre une image rouge (STOP), l'enfant doit s'immobiliser immédiatement. Varier les temps GO et STOP aléatoirement. La variante musicale (musique = GO, silence = STOP) est très accessible pour les enfants non verbaux avec TSA.
Tri avec règle inversée
L'enfant trie des objets selon une règle (ex : ronds à gauche, carrés à droite). Une fois la règle acquise, l'inverser sans prévenir. L'inhibition de la règle précédente est la difficulté principale. Commencer par des règles simples (couleur), progresser vers des règles complexes (forme + couleur).
Le chef d'orchestre
L'adulte fait un geste et l'enfant fait le geste opposé convenu (ex : adulte lève les bras → enfant les baisse, adulte frappe dans les mains → enfant ne fait rien). Commencer par un seul geste-règle, ajouter progressivement. Très efficace pour l'inhibition, accessible dès 3-4 ans avec les enfants non verbaux.
Toucher sans prendre
Présenter plusieurs objets dont un seul est autorisé à toucher (marqué d'une pastille verte). L'enfant doit résister à toucher les objets non marqués. Augmenter le nombre d'objets tentants, la durée de l'exercice, et réduire la visibilité du marquage pour complexifier progressivement.
Fonction 3 — La flexibilité cognitive
S'adapter quand les règles ou le contexte changent · Exercices 9 à 12Le tri qui change de règle
L'enfant trie des cartes selon la couleur. Un signal visuel (changement d'affiche) indique qu'il faut maintenant trier selon la forme. Puis selon la taille. La capacité à changer de règle de classification sans coûts cognitifs excessifs est la mesure de la flexibilité cognitive non verbale.
Parcours à règles changeantes
Un parcours moteur avec 3 stations. À chaque passage, la règle d'une station change (signal visuel : panneau affiché à la station). Ex : station 1 = sauter → ramper → marcher en crabe. La flexibilité est testée dans l'action physique — très accessible pour les enfants non verbaux avec bonne motricité.
Imitation alternée
L'adulte et l'enfant s'imitent mutuellement en alternance — quand c'est le tour de l'adulte d'imiter, l'enfant peut faire ce qu'il veut ; quand c'est le tour de l'enfant, il imite. Reconnaître son rôle et changer de mode (imitant → imité) sollicite la flexibilité et la théorie de l'esprit de base.
Jeu des pictogrammes inversés
Présenter des paires de pictogrammes opposés (chaud/froid, haut/bas, rapide/lent). L'adulte montre un pictogramme, l'enfant doit montrer (ou pointer) l'opposé. Complexifier en alternant avec des moments où il doit pointer le même. Développe la flexibilité et la mémoire de travail visuelle.
Fonction 4 — La mémoire de travail
Maintenir et manipuler des informations à court terme · Exercices 13 à 16Séquence de mouvements à reproduire
L'adulte fait une séquence de mouvements (ex : tape la table × 2, claque des mains × 1, touche son nez × 3). L'enfant reproduit la séquence sans modèle visible. Commencer par 2 mouvements, progresser vers 5-6. La modalité motrice contourne le verbal tout en sollicitant intensément la mémoire de travail.
Kim visuel à délai croissant
Présenter 3 à 5 objets ou images, les couvrir après 10 secondes, retirer un objet en secret, découvrir. L'enfant doit pointer ou montrer lequel est absent. Augmenter le délai (10 → 60 secondes), le nombre d'objets, et introduire une activité distrayante pendant le délai.
Séquences de couleurs (Jeu Simon adapté)
Version simplifiée du jeu Simon : l'adulte allume des cases de couleur dans un ordre (ou pointe des pictogrammes colorés en séquence) et l'enfant reproduit l'ordre. Commencer par 2 couleurs, progresser vers 5. Version accessible sans technologie avec des cartes colorées plastifiées.
Message en chemin
Montrer à l'enfant 3 pictogrammes représentant 3 objets à rapporter (ou 3 actions à faire en séquence dans d'autres pièces). L'enfant mémorise, part, accomplit la mission, revient. La difficulté augmente avec le nombre d'éléments et la complexité des objets/actions. Très proche des défis fonctionnels de la vie quotidienne.
Fonction 5 — L'attention soutenue et sélective
Maintenir sa concentration sur une cible malgré les distractions · Exercices 17 à 20Recherche visuelle avec distracteurs
Sur une planche comportant des images variées, l'enfant doit pointer toutes les occurrences d'un pictogramme cible (ex : tous les chiens, toutes les maisons rouges). Augmenter le nombre de distracteurs et la ressemblance avec la cible. Utiliser le timer visuel pour ajouter une contrainte temporelle progressive.
Discrimination de sons avec bruit de fond
L'enfant doit réagir (lever la main, pointer une image) uniquement quand il entend un son cible (ex : le son d'un chien) parmi d'autres sons. Ajouter progressivement du bruit de fond. Très efficace pour l'attention sélective auditive — importante pour les enfants utilisant la CAA dans des environnements bruyants.
Activité structurée avec timer visuel
Toute activité de table (puzzle, coloriage, manipulation) réalisée pendant une durée déterminée affichée sur un timer visuel — avec instruction de ne pas changer d'activité jusqu'au signal. Augmenter progressivement la durée (2 → 5 → 10 minutes). Le Thermomètre des émotions peut être utilisé pour que l'enfant évalue son niveau d'attention après la séance.
Copie différée de modèle complexe
Montrer un modèle visuel complexe (ex : tableau avec objets disposés selon un pattern) pendant 1 minute, puis l'enlever. L'enfant doit reproduire le placement des objets de mémoire. L'attention soutenue pendant l'encodage est aussi importante que la mémoire pour réussir cette tâche — les deux FE sont en jeu simultanément.
4. Intégrer le programme dans la vie quotidienne
4.1 Les moments de la vie quotidienne comme terrain de stimulation naturelle
Les exercices structurés sont importants — mais les FE se développent surtout à travers des milliers de petites occasions quotidiennes. Pour les enfants non verbaux, la vie quotidienne elle-même — repas, toilette, déplacements, activités de loisir — est un terrain immense d'exercice des fonctions exécutives, à condition de l'organiser délibérément pour maximiser les opportunités.
- Structurer les routines avec des séquences visuelles — Chaque routine quotidienne (se laver, s'habiller, manger) affichée sous forme de séquence de pictogrammes stimule la planification et la mémoire procédurale. L'enfant qui suit sa séquence sans guidance adulte exerce ses FE à chaque fois. La Carte signaux d'alerte DYNSEO peut servir à documenter les moments et contextes où les difficultés FE émergent dans ces routines.
- Annoncer les transitions à l'avance — Les transitions (fin d'activité, changement de contexte) sont les moments où l'inhibition et la flexibilité sont les plus sollicitées. Annoncer la transition via un pictogramme « dans 5 minutes » ou un timer visuel permet à l'enfant de préparer cognitivement le changement — réduisant les comportements difficiles et exerçant la flexibilité de façon structurée.
- Proposer des choix visuels — Donner à l'enfant des choix formalisés via des pictogrammes ou des objets réels exerce la prise de décision et la mémoire de travail (maintenir les options à comparer). La Roue des choix DYNSEO est un outil simple et visuel pour formaliser ces moments de choix dans la journée.
- Identifier les déclencheurs des comportements difficiles — Les comportements difficiles (agitation, crise, refus) surviennent souvent quand les FE sont dépassées par les exigences de l'environnement. La Carte des besoins sensoriels DYNSEO aide à identifier les contextes sensoriels qui surchargent les FE — une information précieuse pour adapter l'environnement.
- Intégrer la CAA comme levier des FE — Chaque utilisation du système de CAA par l'enfant (pointer une image, utiliser MON DICO, sélectionner un symbole PECS) est un exercice de mémoire de travail et de planification. La CAA n'est pas seulement un outil de communication — c'est aussi un terrain de stimulation des FE dans la vie réelle.
- Documenter les progrès — La Fiche de suivi de séance DYNSEO permet de noter les exercices réalisés, les réussites et les difficultés, et de partager ces informations entre les différents intervenants (parents, AESH, orthophoniste, ergothérapeute, éducateur spécialisé) pour assurer la cohérence du programme.
5. La communication augmentée comme levier des fonctions exécutives
5.1 MON DICO : quand la CAA stimule les FE en même temps qu'elle facilite la communication
L'application MON DICO de DYNSEO est un outil de communication alternative et augmentée conçu pour les enfants non verbaux ou minimalement verbaux. Au-delà de sa fonction première de communication, son utilisation régulière stimule directement plusieurs fonctions exécutives : la planification (choisir les mots dans le bon ordre pour construire un énoncé compréhensible), la mémoire de travail (maintenir l'intention communicationnelle pendant la navigation dans l'interface), l'inhibition (résister à sélectionner la première image venue en faveur de la plus précise), et la flexibilité (adapter son message selon la réaction de l'interlocuteur).
Les recherches sur l'utilisation de la CAA chez les enfants non verbaux montrent systématiquement une amélioration parallèle des capacités cognitives et exécutives à mesure que la compétence en CAA se développe. Ce n'est pas simplement parce que l'enfant apprend à communiquer — c'est parce que la CAA crée des opportunités structurées et répétées d'exercice des FE dans un contexte motivant (la communication) et fonctionnel (produire des effets réels sur l'environnement).
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❓ FAQ — Enfant non verbal et fonctions exécutives
1. Comment évaluer les fonctions exécutives d'un enfant non verbal ?
L'évaluation des FE chez les enfants non verbaux nécessite des outils spécifiquement non verbaux — les tests standardisés classiques (Wisc, Vineland verbaux) sont inapplicables ou massivement sous-évaluent le potentiel réel. Les outils adaptés incluent les épreuves de la NEPSY-II (sous-tests non verbaux), les épreuves de Leiter-R (intelligence non verbale), les tâches de performance directe (tours de planification, tâches de tri, DCCS — Dimensional Change Card Sort), et les observations systématisées en situation naturelle. Ce bilan doit être réalisé par un neuropsychologue ou un psychologue formé aux évaluations non verbales.
2. À partir de quel âge peut-on commencer le programme de stimulation des FE ?
Les FE commencent à se développer dès la première année de vie — l'inhibition basique (ne pas saisir un objet qu'on veut quand on doit attendre) est observable dès 8-12 mois. Chez les enfants non verbaux avec TSA ou autres pathologies, la stimulation des FE peut commencer dès 18-24 mois avec des activités très simples (suivre un regard, imiter un geste, attendre un signal). Plus la stimulation commence tôt, plus elle profite de la plasticité cérébrale maximale des premières années. Les exercices du programme présenté dans ce guide sont adaptables aux enfants dès 2-3 ans pour les plus simples.
3. Les exercices peuvent-ils être réalisés sans spécialiste, par les parents à la maison ?
Oui — la grande majorité des exercices de ce programme sont réalisables par les parents à la maison, avec du matériel simple (cubes, cartes image, pictogrammes téléchargeables). La condition est d'avoir reçu une présentation du programme par l'orthophoniste, le psychomotricien ou le neuropsychologue en charge de l'enfant, qui pourra adapter les exercices au profil spécifique de l'enfant et vérifier la bonne mise en œuvre. Les séances parentales à la maison sont extrêmement précieuses pour généraliser les acquis obtenus en séance spécialisée.
4. Comment savoir si un exercice est trop difficile ou trop facile pour l'enfant ?
Un exercice trop facile génère peu d'engagement — l'enfant le réalise de façon automatique, sans effort apparent, et peut chercher à passer à autre chose rapidement. Un exercice trop difficile génère de la frustration, des comportements d'évitement, ou des réponses aléatoires. L'exercice optimal se situe dans la zone où l'enfant réussit environ 70 % des essais avec un effort visible. Concrètement : s'il réussit tout du premier coup, augmentez la difficulté. S'il échoue plus de la moitié du temps après plusieurs tentatives, réduisez-la. La progression doit être perceptible mais jamais décourageante.
5. Mon enfant non verbal présente des comportements difficiles récurrents — cela bloque les séances. Comment gérer ?
Les comportements difficiles pendant les séances de stimulation FE sont souvent le signal que la demande cognitive dépasse momentanément les capacités de l'enfant, ou que des facteurs environnementaux (bruit, surcharge sensorielle, transition non préparée) interfèrent. La première réponse est de réduire les exigences : activité plus courte, plus simple, dans un environnement plus calme. La Carte signaux d'alerte et la Carte des besoins sensoriels DYNSEO aident à identifier les patterns. Le Plan de gestion des crises formalise la réponse à adopter pour garantir la cohérence entre tous les intervenants.
6. La CAA (Communication Alternative et Augmentée) peut-elle vraiment améliorer les fonctions exécutives ?
Oui — les études longitudinales sur les enfants non verbaux utilisant la CAA montrent une amélioration parallèle des FE et des compétences communicationnelles. L'utilisation de la CAA exerce directement la planification (sélectionner les mots dans l'ordre), la mémoire de travail (maintenir l'intention communicationnelle pendant la navigation) et la flexibilité (adapter le message selon les réactions de l'interlocuteur). MON DICO de DYNSEO est conçu pour maximiser ces bénéfices cognitifs tout en facilitant la communication — l'interface visuelle et progressive est pensée pour développer simultanément ces deux dimensions.
7. Comment coordonner le programme de stimulation avec l'orthophoniste, le psychomotricien et l'AESH ?
La coordination pluridisciplinaire est essentielle pour un programme cohérent et efficace. Les pratiques recommandées : un réunion d'équipe (ESS ou synthèse informelle) au minimum trimestrielle pour aligner les objectifs, le carnet de liaison comme outil de communication entre les séances, la désignation d'un référent de coordination (souvent l'orthophoniste ou le neuropsychologue), et le partage de la Fiche de suivi de séance DYNSEO entre tous les intervenants. L'AESH en particulier peut être un relais précieux pour les exercices de FE en contexte scolaire si elle est formée aux objectifs et aux adaptations spécifiques du programme.
8. MON DICO est-il adapté aux enfants non verbaux très jeunes (2-4 ans) ?
MON DICO peut être introduit dès 18 mois dans sa version la plus simple — avec un vocabulaire limité aux objets, personnes et actions les plus familiers de l'enfant. L'interface est paramétrable pour s'adapter au niveau de l'utilisateur : nombre de cellules par écran, taille des images, vitesse de navigation. Pour les très jeunes enfants, une introduction guidée par l'orthophoniste est recommandée pour choisir le vocabulaire de départ, configurer l'interface et former la famille à l'utilisation au quotidien. Plus tôt la CAA est introduite, plus les bénéfices sur la communication et les FE sont importants et durables.
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