Apprentissage par l'image pour enfants non verbaux : méthodes efficaces
Pour les enfants non verbaux ou minimalement verbaux, l'image n'est pas une aide — c'est le canal principal d'accès au monde, à la communication et aux apprentissages. Ce guide explore les méthodes validées pour transformer les supports visuels en véritables leviers d'apprentissage et d'autonomie.
Emma a 5 ans. Elle ne parle pas encore, mais elle comprend. Quand sa maman lui montre la photo du parc, elle court chercher ses chaussures. Quand elle voit l'image de la baignoire sur l'emploi du temps du soir, elle commence à se déshabiller. Quand elle est en détresse et ne peut pas dire ce qui ne va pas, elle pointe l'image d'une oreille douloureuse sur sa carte de communication. Emma apprend par l'image parce que son cerveau — comme celui de nombreux enfants non verbaux présentant un TSA, une dysphasie sévère, une trisomie 21 ou une paralysie cérébrale — traite l'information visuelle plus facilement et plus fiablement que l'information verbale. Ce guide est destiné aux familles et aux professionnels qui accompagnent des enfants non verbaux ou minimalement verbaux. Il présente les méthodes les plus efficaces et les plus validées d'apprentissage par l'image — avec des principes pratiques applicables dès aujourd'hui à la maison ou en séance.
1. Pourquoi les images sont le canal naturel de l'enfant non verbal
1.1 La neurologie du traitement visuel chez l'enfant non verbal
Le cerveau humain est fondamentalement visuel — environ 30 % du cortex cérébral est consacré au traitement visuel, contre 8 % pour le toucher et 3 % pour l'ouïe. Chez les enfants non verbaux, et en particulier chez ceux présentant un TSA, cette dominance visuelle est encore plus marquée. Les recherches en neuroimagerie montrent que les cerveaux autistiques traitent l'information visuelle en mobilisant des aires corticales plus étendues et plus précocement que les cerveaux neurotypiques — ce que le scientifique Stephen Shore résume par la formule désormais célèbre : « Si vous avez rencontré une personne autiste, vous avez rencontré une personne autiste. » La variabilité est grande, mais la force du traitement visuel est souvent un dénominateur commun.
Concrètement, cela signifie que pour un enfant non verbal, une image est souvent plus informative qu'une phrase verbale : elle est traitée plus rapidement, retenue plus longtemps, et génère une réponse comportementale plus fiable. Ce n'est pas une compensation d'un déficit — c'est une utilisation de la voie d'apprentissage la plus efficace pour ce cerveau spécifique. Les méthodes d'apprentissage par l'image n'abaissent pas les exigences : elles adaptent le canal de transmission au profil du cerveau qui apprend.
des enfants non verbaux TSA développent une communication fonctionnelle via les supports visuels avant 5 ans (ASHA, 2021)
plus rapide : le traitement de l'information en format image vs. format verbal chez les enfants TSA non verbaux (Golan et al., 2010)
de réduction des comportements-défis après l'introduction d'un emploi du temps visuel structuré (Quill, 2019)
de mots acquis chez les enfants dysphasiques bénéficiant d'un programme d'apprentissage associant image et verbal vs. verbal seul
1.2 Le continuum des supports visuels : du concret à l'abstrait
Tous les supports visuels ne sont pas équivalents pour tous les enfants. Il existe un continuum de représentation, du plus concret au plus abstrait, qui correspond à des degrés croissants de traitement symbolique. Le niveau de représentation accessible à chaque enfant dépend de son niveau de développement cognitif, de son expérience des images, et de son profil sensoriel. Introduire un support trop abstrait pour un enfant qui en est encore aux représentations concrètes est contre-productif — il faut partir du niveau où l'enfant fonctionne déjà avec succès et progresser graduellement.
Niveau 1 — Objet réel
L'objet lui-même comme signal (tasse = boire, veste = sortir). Point de départ universel.
Niveau 2 — Partie de l'objet
Miniature ou fragment représentatif (étiquette d'un yaourt, bouchon de shampoing).
Niveau 3 — Photo réelle
Photo de l'objet ou de la personne réelle. Accessible très tôt, même sans langage.
Niveau 4 — Pictogramme coloré
Dessin simplifié coloré (Boardmaker, ARASAAC). Traitement symbolique modéré.
Niveau 5 — Mot écrit
Mot seul ou image + mot. Accès à la lecture fonctionnelle et à la littéracie.
2. Les méthodes validées d'apprentissage par l'image
2.1 PECS — le système d'échange d'images
Le PECS (Picture Exchange Communication System), développé par Andy Bondy et Lori Frost dans les années 1980, est l'une des méthodes les plus étudiées et les plus utilisées avec les enfants non verbaux. Son principe est simple et puissant : l'enfant apprend à initier une communication en tendant physiquement une image à un interlocuteur en échange d'une réponse. Ce n'est pas une communication passive (pointer une image) — c'est un échange actif qui imite la structure de la communication verbale. Le PECS se déploie en 6 phases progressives, de l'échange de la première image (phase 1) à la construction de phrases simples (phase 5) puis à l'expression des émotions (phase 6).
Les résultats du PECS sont bien documentés : des méta-analyses récentes montrent que son utilisation régulière est associée à une augmentation de la communication initiée par l'enfant, une réduction des comportements-défis, et souvent — fait important et contre-intuitif pour les parents qui craignent que la CAA inhibe le développement du langage oral — une émergence ou une augmentation des vocalisations spontanées. Le PECS ne remplace pas le langage oral : pour de nombreux enfants, il le précède et le prépare. La mise en place d'un programme PECS complet nécessite une formation spécifique (généralement dispensée par un orthophoniste formé PECS), mais les principes de base peuvent être appris par les parents.
2.2 Les emplois du temps visuels
Un emploi du temps visuel est une représentation séquentielle des activités de la journée (ou d'une partie de la journée) sous forme d'images, de pictogrammes ou de photos. Pour l'enfant non verbal, il remplit des fonctions essentielles : prévisibilité (il sait ce qui va se passer), structuration du temps (concept abstrait rendu concret), préparation aux transitions (chaque activité a une fin annoncée), et autonomie (l'enfant peut consulter lui-même son emploi du temps pour savoir quoi faire). Les études montrent une réduction significative des comportements-défis liés aux transitions et aux imprévus chez les enfants utilisant un emploi du temps visuel structuré.
L'emploi du temps visuel peut prendre de nombreux formats : tableau velcro avec pictogrammes amovibles, bande de photos sur un mur, classeur avec photos plastifiées, application sur tablette. Le format physique a l'avantage d'impliquer l'enfant dans la manipulation (il retire l'image de l'activité terminée — geste important qui marque la transition). La Thermomètre des émotions DYNSEO peut être intégré dans l'emploi du temps visuel pour permettre à l'enfant d'exprimer son état émotionnel en début ou en fin d'activité — un premier pas vers la conscience et la régulation émotionnelles.
2.3 Les histoires sociales visuelles
Développées par Carol Gray dans les années 1990, les histoires sociales sont de courtes histoires illustrées qui décrivent une situation sociale ou une séquence comportementale du point de vue de l'enfant, en lui donnant les informations dont il a besoin pour comprendre ce qui se passe et comment réagir. Pour un enfant non verbal, les histoires sociales visuelles — avec très peu de texte et beaucoup d'images — sont particulièrement efficaces pour préparer aux situations nouvelles (premier jour d'école, visite chez le médecin), enseigner les comportements adaptés dans des situations sociales spécifiques, ou expliquer un changement de routine.
Une histoire sociale efficace pour un enfant non verbal doit utiliser des images claires et proches de la réalité de l'enfant (photos réelles de l'environnement et des personnes connus), utiliser un texte minimal et simple, être lue régulièrement avant la situation concernée, et être rédigée à la première personne (« Je vais chez le dentiste. Je m'assieds dans le grand fauteuil. »).
2.4 La modélisation vidéo
La modélisation vidéo est une méthode basée sur la présentation d'une vidéo montrant un modèle (un adulte, un pair, ou un personnage animé) en train de réaliser le comportement ou la compétence à acquérir. L'enfant regarde la vidéo à plusieurs reprises avant de tenter la compétence lui-même. Cette méthode est particulièrement efficace pour les compétences d'imitation, les compétences de jeu, et les comportements adaptatifs (se laver les mains, mettre ses chaussures). Des études en ABA (Analyse du Comportement Appliquée) montrent que la modélisation vidéo produit une acquisition plus rapide que la démonstration en direct pour de nombreux enfants TSA non verbaux — possiblement parce que la vidéo supprime les stimuli sociaux complexes (expressions faciales, contact visuel) qui peuvent être distrayants ou anxiogènes.
Système d'échange d'images
L'enfant initie la communication en tendant une image. 6 phases progressives de l'échange simple à la phrase construite.
✓ Idéal : TSA non verbal dès 18 moisSéquence visuelle des activités
Représentation séquentielle de la journée en images — prévisibilité, gestion des transitions, autonomie progressive.
✓ Idéal : tout profil non verbal avec anxiété de transitionRécit illustré de situations
Courte histoire visuelle qui explique une situation sociale ou comportementale du point de vue de l'enfant.
✓ Idéal : préparer aux situations nouvelles ou difficilesDémonstration par vidéo
Visionnage répété d'une compétence à acquérir. Acquisition plus rapide que la démonstration en direct pour certains profils.
✓ Idéal : compétences motrices et comportements adaptatifs3. Construire un environnement visuel adapté à la maison
3.1 Les cinq principes d'un environnement visuel efficace
3.2 Progresser du concret au symbolique : comment soutenir le développement
L'objectif à long terme de l'apprentissage visuel n'est pas de maintenir l'enfant aux niveaux concrets — c'est de l'amener progressivement vers des niveaux de représentation plus abstraits et donc plus universels (les pictogrammes fonctionnent dans tous les contextes, pas seulement là où les objets réels sont présents). Cette progression demande du temps, de la patience, et un enseignement explicite du passage d'un niveau au suivant.
La Carte signaux d'alerte DYNSEO et la Carte des besoins sensoriels DYNSEO utilisent des représentations visuelles accessibles même aux enfants dont le niveau de représentation symbolique est modéré — elles intègrent des codes couleur et des images simples pour permettre à l'enfant de communiquer ses états internes sans langage verbal.
4. Applications pratiques : domaine par domaine
4.1 Routines et transitions : réduire l'anxiété
Les transitions entre activités sont parmi les moments les plus difficiles pour les enfants non verbaux, en particulier ceux présentant un TSA. La difficulté vient d'une combinaison de facteurs : préférence pour la prévisibilité, traitement du temps abstrait limité, et charge cognitive de l'anticipation. Un emploi du temps visuel bien construit, couplé à un signal de transition (timer visuel, signal sonore doux), permet à l'enfant de voir que l'activité en cours se termine et que quelque chose de connu arrive ensuite — remplaçant l'imprévu par la prévisibilité.
La Fiche Plan de gestion des crises DYNSEO complète l'emploi du temps en documentant les stratégies spécifiques à utiliser quand une transition déclenche malgré tout un comportement difficile — garantissant que tous les intervenants réagissent de façon cohérente.
4.2 Communication des besoins et des émotions
L'une des applications les plus importantes de l'apprentissage visuel chez l'enfant non verbal est la communication de ses besoins internes — avoir faim, avoir mal, être fatigué, avoir peur, vouloir arrêter une activité. Ces besoins, quand ils ne peuvent pas être communiqués, s'expriment souvent à travers des comportements difficiles (agitation, cris, automutilation) que l'entourage interprète parfois comme de la mauvaise volonté alors qu'il s'agit de communication fonctionnelle non conventionnelle.
Construire avec l'enfant un répertoire d'images pour les besoins courants (eau, repas, toilettes, câlin, pause, douleur par zone du corps) est une priorité absolue avant tout autre apprentissage. La Thermomètre des émotions DYNSEO propose un format visuel accessible pour les émotions de base — de « je vais bien » à « je suis en détresse » — permettant à l'enfant de pointer son état même quand les mots manquent. La Roue des choix DYNSEO offre un support pour maintenir l'autonomie décisionnelle de l'enfant dans des moments où l'anxiété peut paralyser l'initiative.
4.3 Apprentissages scolaires : le visuel au service du savoir
Pour les enfants non verbaux scolarisés en classe ordinaire avec AESH ou en ULIS, l'apprentissage visuel est aussi un levier pour accéder aux contenus scolaires. Des supports adaptés permettent d'accéder aux apprentissages académiques sans passer par l'oral : exercices de mathématiques avec images et manipulation d'objets, lecture fonctionnelle de mots globaux associés à des images, sciences avec séquences visuelles d'expériences. L'objectif n'est pas nécessairement d'atteindre les mêmes objectifs académiques que les pairs neurotypiques — c'est d'accéder aux savoirs et aux compétences au niveau qui correspond au potentiel réel de chaque enfant.
4.4 L'application MON DICO : CAA numérique accessible
L'application MON DICO de DYNSEO est un outil de communication alternative et augmentée qui met la puissance des supports visuels numériques au service de la communication de l'enfant non verbal. Elle offre un vocabulaire d'images organisé et personnalisable, accessible via tablette ou smartphone, avec synthèse vocale intégrée. MON DICO permet à l'enfant de construire des messages complets en sélectionnant des images dans un ordre logique — allant bien au-delà du simple pointage, elle développe simultanément la communication et les fonctions cognitives (planification, mémoire de travail, flexibilité). Personnalisable selon le profil et le niveau de l'enfant, elle peut être introduite dès 18 mois et évoluer avec l'enfant vers des niveaux de complexité croissants.
Troubles du comportement liés à la maladie — Méthodes et coordination pluridisciplinaire
Pour les professionnels (éducateurs, AESH, AES, orthophonistes en formation) travaillant avec des enfants non verbaux, cette formation certifiante Qualiopi fournit les bases des méthodes de communication augmentée visuelle (PECS, CAA), les stratégies comportementales (ABA appliquée), et les outils de coordination pluridisciplinaire pour un accompagnement cohérent. Finançable OPCO, déployable en équipe.
Découvrir la formation →6. Construire le vocabulaire visuel prioritaire
6.1 Par où commencer : le vocabulaire fonctionnel essentiel
Quand on introduit les supports visuels pour la première fois, la tentation est de vouloir couvrir tout le vocabulaire possible rapidement. C'est une erreur qui génère confusion et surcharge. La règle d'or : commencer par le vocabulaire fonctionnel essentiel — les images qui permettent à l'enfant de communiquer ses besoins immédiats les plus pressants et de comprendre les attentes de son environnement. Ce vocabulaire de base comprend, dans l'ordre de priorité : exprimer la faim et la soif, demander une pause ou arrêter une activité, indiquer un inconfort ou une douleur, exprimer le besoin des toilettes, et demander de l'aide. Avant tout apprentissage académique, avant tout vocabulaire thématique, ces cinq catégories de communication sont les fondations sans lesquelles rien d'autre ne fonctionne.
Une fois ces besoins de base communicables visuellement, on élargit progressivement vers le vocabulaire des activités aimées et non aimées (pour permettre des choix), le vocabulaire des personnes importantes, puis les concepts temporels simples (maintenant, après, terminé), et enfin les premières notions académiques selon les objectifs de l'enfant. Cette progression garantit que chaque image apprise sert immédiatement à quelque chose de réel dans la vie de l'enfant — ce qui en renforce l'utilisation spontanée bien mieux qu'un apprentissage en dehors de tout contexte fonctionnel.
6.2 Enseigner une nouvelle image : les étapes
L'introduction d'une nouvelle image visuelle ne peut pas se réduire à la montrer à l'enfant et à attendre qu'il la comprenne. Un enseignement structuré en plusieurs étapes garantit un apprentissage fiable. La première étape est l'association en contexte naturel : présenter l'image au moment exact où la réalité correspondante est présente (montrer la photo du repas pendant le repas, l'image de la baignoire pendant le bain). La deuxième est la répétition sur plusieurs contextes : présenter la même image dans différents contextes de la journée pour favoriser la généralisation. La troisième est la vérification de la compréhension : tester si l'enfant fait le lien entre l'image et la réalité en séparant les deux (montrer l'image loin de l'objet réel et observer si l'enfant cherche l'objet ou se dirige vers lui). La quatrième est la consolidation spontanée : créer des opportunités régulières pour que l'enfant utilise l'image de façon spontanée — pas seulement en réponse à une demande.
6.3 Adapter les supports au profil sensoriel
Les enfants non verbaux, en particulier ceux présentant un TSA, peuvent avoir des préférences ou des hypersensibilités sensorielles qui influencent leur réponse aux supports visuels. Certains enfants sont hypersensibles aux couleurs vives — des images trop saturées peuvent être distrayantes ou anxiogènes. D'autres ont une forte préférence pour certains styles graphiques (photos réalistes vs. dessins simplifiés). D'autres encore réagissent mieux aux images en noir et blanc à certains stades. La Carte des besoins sensoriels DYNSEO permet de documenter ces préférences et d'adapter les supports visuels en conséquence — une étape rarement prise en compte mais qui peut faire la différence entre un système visuel utilisé et un système visuel ignoré.
6.4 Impliquer les fratries et l'entourage élargi
L'apprentissage visuel fonctionne d'autant mieux que l'entourage entier de l'enfant l'utilise de façon cohérente. Les fratries, les grands-parents, les amis de la famille qui interagissent régulièrement avec l'enfant peuvent et doivent être impliqués dans le système visuel. Une brève formation informelle — 30 minutes avec l'orthophoniste ou l'ergothérapeute de l'enfant, ou un document simple préparé par les parents — qui explique le système utilisé, les images principales et comment répondre aux communications de l'enfant, fait une différence considérable dans la cohérence du système et la motivation de l'enfant à l'utiliser dans tous les contextes de sa vie. Un enfant qui peut communiquer visuellement avec sa grand-mère aussi bien qu'avec son AESH développe une autonomie communicationnelle bien plus robuste que celui dont le système visuel reste confiné à la maison et à l'école. Les ressources DYNSEO — notamment la Fiche de suivi de séance et le Carnet de liaison — facilitent ce partage de pratiques entre tous les membres de l'entourage, garantissant une continuité qui démultiplie l'efficacité de chaque image apprise.
🚨 Carte signaux d'alerte
Documenter les signaux précurseurs spécifiques à l'enfant — essentiel pour intervenir avant la crise et adapter l'environnement visuel en temps réel selon l'état observable.
Télécharger →🌡️ Carte des besoins sensoriels
Identifier les préférences et hypersensibilités sensorielles — adapter les supports visuels (luminosité, couleur, taille) pour maximiser leur accessibilité au profil sensoriel spécifique de l'enfant.
Télécharger →📋 Plan de gestion des crises
Protocole visuel à disposition de tous les intervenants — quoi faire quand les supports visuels n'ont pas suffi à prévenir une crise. Cohérence de réponse garante de la sécurité de l'enfant.
Télécharger →😊 Thermomètre des émotions
Support visuel pour exprimer l'état émotionnel — premier pas vers la conscience de soi et la communication émotionnelle accessible même sans langage verbal.
Télécharger →🎡 Roue des choix
Format visuel pour les moments de choix — maintenir l'autonomie et l'initiative de l'enfant dans les décisions quotidiennes même sans langage verbal.
Télécharger →→ Voir l'ensemble des outils DYNSEO
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❓ FAQ — Apprentissage par l'image pour enfants non verbaux
1. À quel âge introduire les supports visuels pour un enfant non verbal ?
Le plus tôt possible — dès que l'absence ou le retard du langage est identifié. Des supports visuels simples (objets réels, photos) peuvent être introduits dès 12 à 18 mois. Plus l'introduction est précoce, plus l'enfant profite de la plasticité cérébrale maximale des premières années pour développer son système de communication visuelle. Attendre un diagnostic formel avant d'introduire les supports visuels est une erreur fréquente qui prive l'enfant de mois précieux de développement communicatif.
2. Les supports visuels vont-ils bloquer le développement du langage oral ?
C'est la crainte la plus fréquente des parents — et la recherche la démentit clairement. Les méta-analyses sur le PECS et les systèmes CAA montrent que l'introduction de supports visuels est associée dans la majorité des cas à une augmentation (pas à une diminution) des vocalisations et des tentatives verbales. La CAA visuelle ne remplace pas le langage oral — elle offre un système de communication fonctionnel pendant que le langage oral se développe, réduit la frustration communicationnelle, et pour de nombreux enfants, libère des ressources cognitives qui peuvent alors être investies dans le développement verbal.
4. Comment choisir entre photos et pictogrammes pour mon enfant ?
La règle générale : commencer par le niveau de représentation le plus concret que l'enfant comprend déjà. Si l'enfant reconnaît clairement les photos mais pas encore les pictogrammes, utilisez les photos. Si l'enfant reconnaît les pictogrammes (souvent dès 3-4 ans avec exposition régulière), passez-y progressivement — ils ont l'avantage d'être plus universels et plus facilement généralisables à différents contextes. Le test pratique : montrez à l'enfant une image du biberon (photo puis pictogramme) et observez s'il fait le lien avec l'objet réel. La réponse comportementale vous dit quel niveau est accessible.
4. Comment maintenir la cohérence du système visuel entre la maison et l'école ?
Une réunion de coordination avec l'enseignant, l'AESH, l'orthophoniste et la famille en début d'année scolaire est idéale pour définir le système visuel commun (bases d'images ARASAAC, Boardmaker, ou photos spécifiques), les priorités de vocabulaire visuel à développer cette année, et les protocoles de transition et de gestion des comportements difficiles. En pratique, partager les images utilisées via une messagerie commune ou un dossier partagé (Google Drive, WhatsApp groupe professionnel) permet de maintenir la cohérence au quotidien sans nécessiter de réunion pour chaque ajustement.
5. MON DICO est-il adapté à un enfant qui ne sait pas encore pointer ?
MON DICO peut être adapté à différents niveaux de motricité fine et de développement. Pour les enfants ne pointant pas encore, l'application peut être utilisée en accès par scanning (l'interface se déplace automatiquement et l'enfant active un switch ou frappe n'importe où pour sélectionner) ou avec des images très grandes et des zones d'activation larges. Une présentation avec l'orthophoniste ou l'ergothérapeute permet de configurer l'interface optimale pour chaque enfant. La motricité de pointage se développe souvent en parallèle de l'utilisation de MON DICO, stimulée par la motivation à communiquer.
6. Les histoires sociales visuelles fonctionnent-elles aussi avec des enfants TSA sévères ?
Oui, à condition d'adapter leur format au niveau de l'enfant. Pour un enfant à niveau de représentation concret (photos réelles uniquement), les histoires sociales utilisent exclusivement des photos réelles de l'environnement et des personnes que l'enfant connaît — pas de pictogrammes ni de dessins. Le texte est réduit au maximum (une phrase par image, ou uniquement des images sans texte). Pour les enfants ne lisant pas, les histoires sont présentées oralement pendant la lecture des images. La courte durée (5 à 8 images maximum) est indispensable pour maintenir l'attention.
7. Comment mesurer les progrès de l'apprentissage visuel ?
Les indicateurs de progrès dans l'apprentissage visuel incluent : le nombre d'images reconnues de façon fiable, la capacité à initier une communication en utilisant une image (pas seulement à répondre), la généralisation à de nouveaux contextes (reconnaître l'image du verre dans une nouvelle salle), la progression vers des niveaux d'abstraction plus élevés (passage de photos à pictogrammes), et la réduction des comportements-défis liés à la frustration communicationnelle. La Fiche de suivi de séance DYNSEO permet de documenter ces indicateurs de façon structurée et de partager les progrès avec toute l'équipe.
8. La formation DYNSEO pour les professionnels couvre-t-elle les méthodes CAA et PECS ?
La formation « Troubles du comportement liés à la maladie — Méthodes et coordination pluridisciplinaire » couvre les principes de la communication augmentée (CAA), les bases de l'ABA appliquée aux comportements-défis liés à la frustration communicationnelle, et les méthodes de structuration visuelle de l'environnement. Elle n'est pas un entraînement PECS certifié (qui nécessite une formation spécifique de 2 jours avec un formateur PECS agréé), mais elle donne les bases conceptuelles pour comprendre et intégrer ces méthodes dans la pratique professionnelle. Finançable OPCO, certifiante Qualiopi, 100% en ligne.
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