Environnement sensoriel au bureau : comment adapter les espaces pour un salarié autiste
L'open space, les néons, le bruit des conversations, les odeurs de la cuisine commune — pour un collaborateur autiste, le bureau peut être une zone de torture sensorielle quotidienne. Voici comment en faire un espace de performance.
Un salarié autiste qui quitte votre entreprise après 6 mois ne part pas toujours parce que le poste ne lui convenait pas ou parce que ses compétences étaient insuffisantes. Il part souvent parce que l'environnement physique de travail lui a coûté, chaque jour, une énergie considérable qu'il n'avait plus disponible pour son travail réel. La surcharge sensorielle — ce phénomène neurologique par lequel le cerveau autiste traite les stimulations de l'environnement à une intensité amplifiée — est l'une des causes premières d'épuisement, d'arrêt maladie et de départ volontaire chez les salariés TSA. Elle est aussi l'une des plus simples à corriger, dès lors qu'on la comprend. Ce guide vous donne toutes les clés pour transformer l'environnement physique de votre bureau en un espace réellement accessible aux profils autistes — avec des solutions concrètes, échelonnées par budget, et un protocole de gestion de crise sensorielle pour les situations d'urgence.
1. Comprendre la surcharge sensorielle : ce qui se passe dans le cerveau autiste
1.1 Un traitement sensoriel fondamentalement différent
Le cerveau autiste ne traite pas les informations sensorielles de la même façon que le cerveau neurotypique. Alors que le système nerveux neurotypique dispose d'un filtre naturel qui hiérarchise les stimulations — accordant plus d'importance aux sons pertinents (une voix qui vous appelle) et filtrant les sons de fond (la climatisation, les conversations lointaines) — le cerveau TSA traite souvent toutes les stimulations au même niveau d'intensité. Le bourdonnement de la climatisation, la conversation de deux collègues à 10 mètres, le bruit des touches de clavier, la lumière fluorescente qui clignote imperceptiblement, l'odeur du café de la cuisine : tout arrive simultanément, au même volume, sans hiérarchie naturelle.
Ce n'est pas une hypersensibilité au sens où la personne "exagère" — c'est un traitement neurologique objectivement différent, documenté par l'imagerie cérébrale. Des études en IRMf montrent que les cerveaux autistes présentent une activation significativement plus élevée des cortex sensoriels primaires en réponse à des stimulations standards, sans le mécanisme habituel d'atténuation des stimulations non pertinentes. En termes pratiques : un collaborateur TSA dans un open space standard dépense une quantité considérable d'énergie cognitive simplement à "tenir" dans l'environnement — énergie qui n'est plus disponible pour son travail.
1.2 Hypersensibilité ET hyposensibilité : les deux faces du profil sensoriel TSA
La sensorialité TSA est plus complexe que la simple hypersensibilité. Certains profils autistes présentent une hypersensibilité à certaines modalités sensorielles (le bruit, la lumière, le toucher) et une hyposensibilité à d'autres (la douleur physique, la proprioception — conscience de la position de son propre corps dans l'espace). Un même collaborateur peut être incapacité par le bruit de fond de l'open space tout en ne ressentant pas la douleur d'une blessure légère. Cette complexité explique pourquoi les aménagements sensoriels doivent être individualisés — il n'existe pas de profil sensoriel TSA universel.
Les stimulations auto-stimulatoires — ou "stimming" — sont une autre caractéristique à comprendre. Un collaborateur autiste qui se balance légèrement sur sa chaise, tapote un rythme sur son bureau ou tord un objet dans ses mains n'est pas en train d'être distrait ou irrespectueux : il régule son système nerveux via ces comportements répétitifs, qui ont une fonction anxiolytique et autorégulante documentée. Interdire ces comportements sans compensation augmente la surcharge sensorielle et réduit la capacité de travail.
des personnes autistes présentent des particularités sensorielles significatives (DSM-5)
plus d'activation cérébrale en réponse aux stimulations sensorielles standards chez les TSA (IRMf)
des salariés autistes citent l'environnement sensoriel comme principal obstacle à la performance (Autism in the Workplace, 2023)
à quelques centaines d'euros : le coût de la majorité des aménagements sensoriels les plus efficaces
1.3 Surcharge sensorielle et performance : le lien direct
Quand la surcharge sensorielle dépasse le seuil de tolérance d'un collaborateur TSA, les ressources cognitives disponibles pour le travail s'effondrent. Ce n'est pas un choix — c'est une conséquence neurologique directe. La mémoire de travail, la concentration, la flexibilité cognitive et la communication sont les premières fonctions affectées. Un collaborateur TSA en surcharge sensorielle peut sembler distrait, peu réactif, voire agressif ou en retrait — comportements souvent interprétés à tort comme du désintérêt ou un problème relationnel.
La surcharge chronique — une exposition quotidienne prolongée à un environnement sensoriel non adapté — mène à l'épuisement, au burn-out autistique et à l'arrêt maladie. Des études britanniques de la National Autistic Society montrent que 64 % des salariés autistes ont quitté un emploi à cause d'un environnement de travail inadapté — et que l'environnement sensoriel est cité comme facteur majeur dans 60 % de ces départs. Ces départs ont un coût direct mesurable pour l'entreprise : entre 50 % et 200 % du salaire annuel du poste selon les estimations OCDE.
2. Les 6 dimensions sensorielles à évaluer dans votre bureau
Un aménagement sensoriel efficace commence par une évaluation systématique de l'environnement existant. Voici les 6 dimensions sensorielles les plus fréquemment problématiques en milieu de bureau, avec leurs sources de problème et leurs solutions directes.
Audition — Le bruit
⚠️ Problèmes fréquents :
Open space, conversations téléphoniques, musique de fond, climatisation, imprimantes, notifications, travaux
✅ Solutions :
Casque antibruit, zones calmes, télétravail, séparateurs acoustiques, tapis et panneaux absorbants
Vision — La lumière
⚠️ Problèmes fréquents :
Néons fluorescents clignotants, lumière trop vive, reflets sur écrans, soleil direct, variations brutales
✅ Solutions :
Lumière naturelle ou LED chaude, store, écran antireflet, lunettes filtres, ampoules à variation
Olfaction — Les odeurs
⚠️ Problèmes fréquents :
Parfums de collègues, cuisine commune, produits d'entretien, moquette, imprimantes, café
✅ Solutions :
Bureau à distance de la cuisine, politique de non-parfum, produits d'entretien neutres, aération régulière
Tactile — Le toucher
⚠️ Problèmes fréquents :
Contacts physiques non anticipés, matériaux de chaise inconfortables, vêtements professionnels contraignants
✅ Solutions :
Signaler les contacts à l'avance, chaise ergonomique adaptée, flexibilité vestimentaire, objets de stimming acceptés
Thermoception — La température
⚠️ Problèmes fréquents :
Climatisation réglée pour la majorité, bureaux froids ou trop chauds, variations selon les zones
✅ Solutions :
Thermostat individuel ou chauffage d'appoint, possibilité de plaids, choix du bureau selon confort thermique
Proxémique — La proximité
⚠️ Problèmes fréquents :
Bureau trop proche des collègues, passages fréquents, manque de délimitation de l'espace personnel
✅ Solutions :
Bureau en position périphérique, cloison basse, dos au mur, poste dédié plutôt que flex office
3. Évaluation de l'environnement existant : les types d'espaces bureau
3.1 De l'open space au bureau individuel : cartographier vos espaces
Avant de mettre en place des aménagements, il est utile d'évaluer lucidement le niveau d'adaptation sensorielle de vos espaces de travail existants. Cette évaluation n'est pas un jugement esthétique — c'est une analyse fonctionnelle de l'impact neurologique de vos espaces sur les profils TSA.
Open space non structuré
Tables partagées, flux de passages, conversations multiples simultanées, pas de zone calme, flex office avec changement de place quotidien. L'environnement le plus épuisant pour un profil TSA. Nécessite des aménagements importants.
Plateau commercial / call center
Bruit permanent, interruptions fréquentes, espace exigu, stimulations visuelles et auditives constantes. Quasi-impossible à adapter sans repositionnement du collaborateur.
Open space avec zones dédiées
Espace principal animé mais avec salles de concentration, box téléphoniques insonorisés et zones calmes accessibles à la demande. Adaptable avec des aménagements ciblés.
Bureau en position périphérique
Poste fixe en bordure d'open space, dos au mur, loin des flux de passage. Adaptable avec casque antibruit, séparateur visuel et aménagements lumineux.
Bureau individuel ou partagé à 2
Contrôle total des stimulations sonores, visuelles et olfactives. Porte fermable, lumière réglable, pas de flux de passage. Configuration idéale pour les profils TSA.
Télétravail partiel ou total
Contrôle maximal de l'environnement sensoriel. Réduit drastiquement la surcharge. À combiner avec des présences structurées en entreprise pour maintenir le lien d'équipe.

Comprendre l'autisme en milieu professionnel
Cette formation en ligne, 100 % à distance et à votre rythme, donne à vos managers, DRH et responsables Mission Handicap les clés pour comprendre le profil sensoriel des collaborateurs TSA, mettre en place des aménagements adaptés, et créer un environnement de travail inclusif et performant. Certifiante Qualiopi, déployable en licences multi-collaborateurs, finançable via OPCO.
Découvrir la formation →4. Les aménagements sensoriels par ordre de priorité et de budget
4.1 Les aménagements à coût quasi nul (organisation et communication)
La majorité des aménagements les plus efficaces ne coûtent rien — ils requièrent uniquement une décision organisationnelle et une communication claire. Commencez par là : ces changements sont réversibles, non stigmatisants et bénéfiques pour l'ensemble de l'équipe.
🆓 Aménagements gratuits à mettre en place immédiatement
- → Attribuer un poste de travail fixe (fin du flex office pour ce collaborateur)
- → Positionner le bureau en périphérie de l'open space, dos au mur, loin des flux
- → Désigner une salle de réunion ou un espace calme accessible sans réservation à la demande
- → Communiquer à l'équipe une politique de non-sollicitation visuelle (signal "ne pas déranger")
- → Autoriser explicitement les objets de stimming discrets (stress ball, fidget spinner, crayon)
- → Informer à l'avance de tout changement de planning, de lieu ou d'organisation
- → Proposer 2 à 3 jours de télétravail par semaine selon les missions
- → Éviter les réunions "surprise" ou les changements d'agenda en dernière minute
4.2 Les aménagements à petit budget (10 à 300 €)
Ces équipements sont peu coûteux, disponibles en commerce courant, et produisent des effets immédiats et mesurables sur le confort sensoriel d'un collaborateur TSA. La plupart sont également utiles pour d'autres profils (TDAH, anxieux, introvertis) — leur déploiement est donc rarement perçu comme discriminant ou stigmatisant.
| Aménagement | Sens ciblé | Budget indicatif | Impact |
|---|---|---|---|
| Casque antibruit (type Sony WH-1000XM ou équivalent) | Auditif | 150–300 € | ⭐⭐⭐ Très élevé |
| Écran antireflet pour moniteur | Visuel | 15–40 € | ⭐⭐ Élevé |
| Lampe de bureau à lumière chaude réglable (LED 2700K) | Visuel | 30–80 € | ⭐⭐⭐ Très élevé |
| Store ou voilage occultant sur fenêtre adjacente | Visuel | 20–60 € | ⭐⭐ Élevé |
| Objets de stimming (stress ball, fidget cube, balle antistress) | Tactile / Anxiété | 5–20 € | ⭐⭐ Élevé |
| Bouchons d'oreilles discrets (type Loop Engage/Quiet) | Auditif | 25–40 € | ⭐⭐ Élevé |
| Coussin de siège ergonomique ou galette posturale | Tactile / Proprioception | 20–60 € | ⭐ Modéré (selon profil) |
| Timer visuel (type Time Timer) | Anxiété temporelle | 20–40 € | ⭐⭐ Élevé |
4.3 Les aménagements à budget moyen (300 € à 3 000 €)
Ces aménagements sont plus structurants — ils modifient l'espace physique de façon plus durable. Ils sont en grande partie finançables via l'AGEFIPH (jusqu'à 70 % pour un salarié RQTH) et ne requièrent donc qu'un investissement résiduel modeste pour l'employeur.
| Aménagement | Description | Budget indicatif | Financement AGEFIPH |
|---|---|---|---|
| Panneau acoustique autour du poste | Cloison basse absorbant les sons latéraux et créant une limite visuelle de l'espace personnel | 300–800 € | Oui |
| Tapis acoustique sous le bureau | Réduit la réverbération sonore du sol et les bruits de déplacement | 100–300 € | Partiel |
| Éclairage LED sur circuit dédié et réglable | Remplacement des néons par un éclairage LED chaud et réglable en intensité sur le poste | 200–600 € | Oui |
| Bureau assis-debout motorisé | Permet l'alternance posturale — bénéfique pour les profils avec hyposensibilité proprioceptive | 600–1 500 € | Oui |
| Logiciel de dictée vocale professionnel | Dragon Naturally Speaking ou équivalent — utile si comorbidité DYS | 150–400 € | Oui (jusqu'à 100 %) |
| Aménagement d'un espace de décompression | Coin calme avec fauteuil, lumière tamisée, accès facile — pour tous les collaborateurs en surcharge | 500–2 000 € | Oui (partiel) |
💡 AGEFIPH : Pour tout salarié reconnu RQTH, l'AGEFIPH peut financer jusqu'à 70 % des coûts d'aménagement de poste. La demande se fait via votre référent Mission Handicap ou directement auprès d'un conseiller AGEFIPH territorial. Le délai moyen de traitement est de 4 à 8 semaines. Anticipez — et ne différez pas les aménagements urgents en attendant la réponse.
5. Créer un espace de décompression sensorielle au bureau
5.1 Le concept de "sensory room" adapté à l'entreprise
Dans les établissements scolaires et médico-sociaux, les "salles Snoezelen" ou espaces de décompression sensorielle sont des dispositifs éprouvés pour permettre aux personnes autistes de réguler leur système nerveux après une surcharge. Le concept adapté à l'entreprise est plus simple et moins coûteux — mais son principe est identique : offrir un espace physique où le collaborateur TSA peut se retirer quelques minutes pour réduire la surcharge, réguler ses émotions et reconstituer ses ressources cognitives avant de reprendre le travail.
Un espace de décompression en entreprise n'a pas besoin d'être sophistiqué. Une salle de réunion non réservée avec une lumière douce, un fauteuil confortable et une règle de silence peut suffire. L'important est qu'il soit accessible sans réservation, que son usage soit normalisé (pas de stigmatisation pour celui qui l'utilise) et qu'il soit effectivement calme. Dans les grandes entreprises, certains aménagent une "quiet room" accessible à tous — une initiative dont bénéficient bien au-delà des seuls profils TSA.
5.2 Communiquer sur l'espace sensoriel sans stigmatiser
L'espace de décompression n'est utile que si les collaborateurs qui en ont besoin se permettent de l'utiliser. La barrière principale est la honte et la crainte d'être perçu comme "fragile" ou "incapable de gérer". La solution est de normaliser l'usage de cet espace en le rendant accessible à tous et en l'intégrant dans la culture d'équipe comme un outil de performance, pas de faiblesse. "Prendre 10 minutes pour se ressourcer avant une réunion importante" est une pratique de performance — pas un aveu de faiblesse. La communication du manager sur ce point est déterminante.
6. Protocole de gestion de crise sensorielle au bureau
6.1 Reconnaître les signes précurseurs d'une surcharge
Une crise sensorielle ne survient pas sans signes avant-coureurs. Un manager formé peut les identifier et intervenir en amont, évitant que la situation ne s'aggrave jusqu'à un épisode visible et perturbant pour l'ensemble de l'équipe. Les signes précoces incluent : augmentation de la fréquence des comportements de stimming, réduction des échanges verbaux avec l'entourage, regard fixe ou fuyant, agitation motrice, réponses plus courtes et plus sèches, demandes répétées de confirmation, difficultés à se concentrer visibles.
Signal d'alerte précoce — Intervenir discrètement
Approcher le collaborateur calmement, à voix basse, sans contact physique. Proposer une option simple : "Tu peux aller dans la salle calme si tu en as besoin." Ne pas forcer la discussion ni demander d'explication publique.
Retrait préventif — Proposer activement l'espace calme
Si les signes s'intensifient, accompagner (sans toucher) le collaborateur vers l'espace de décompression ou une salle fermée. Lui laisser le contrôle total : "Je te laisse. Tu reviens quand tu te sens prêt. Tu n'as rien à expliquer."
Crise déclarée — Réduire les stimulations
Si la crise est déjà engagée : baisser les lumières si possible, réduire le bruit, éloigner les autres personnes, parler lentement et à voix basse. Ne pas toucher sans demande explicite. Ne pas poser de questions ouvertes. Proposer des options binaires si nécessaire : "Tu veux de l'eau ? Tu veux rester seul ?"
Phase de récupération — Laisser le temps
La récupération après une crise sensorielle prend de 20 minutes à plusieurs heures selon l'intensité. Ne pas presser le retour au travail. Proposer le télétravail pour le reste de la journée si possible. Une tentative de reprise prématurée aggrave la situation.
Débriefing différé — Comprendre et prévenir
Idéalement 24 à 48h après : échange en tête-à-tête (pas en réunion) pour comprendre ce qui a déclenché la crise et ajuster les aménagements. Le Plan de gestion des crises TSA DYNSEO propose un protocole structuré pour ce débriefing.
⚠️ Ce qu'il ne faut jamais faire : Toucher physiquement un collaborateur en crise sensorielle sans sa demande explicite (cela aggrave la surcharge tactile), forcer la communication verbale immédiate, signaler la crise à l'équipe présente, ou interpréter publiquement le comportement. La discrétion et la douceur sont les seuls outils efficaces dans ces moments.
7. Le cadre légal des aménagements sensoriels
7.1 Vos obligations en tant qu'employeur
La loi du 11 février 2005 impose à tout employeur un principe d'aménagement raisonnable pour les travailleurs handicapés — et les particularités sensorielles des personnes autistes relèvent de ce principe dès lors qu'elles ont un impact significatif sur les conditions de travail. Le refus de mettre en place des aménagements raisonnables peut constituer une discrimination indirecte au sens de la loi — avec des conséquences juridiques et financières réelles.
La notion d'aménagement raisonnable signifie que l'employeur est tenu de mettre en place les adaptations qui ne représentent pas une charge disproportionnée. Or la grande majorité des aménagements sensoriels listés dans ce guide sont peu coûteux, souvent financés par l'AGEFIPH pour les salariés RQTH, et n'impliquent aucune modification structurelle des locaux — ils relèvent donc bien de la notion d'aménagement raisonnable.
7.2 Le rôle du médecin du travail et du référent Mission Handicap
Le médecin du travail est l'interlocuteur privilégié pour la prescription des aménagements de poste liés à un état de santé. Il peut émettre un avis d'aptitude avec restrictions ("apte sous réserve de poste calme", "apte sous réserve de télétravail partiel") qui donne une base légale aux aménagements et protège l'employeur en cas de contestation. Le référent Mission Handicap coordonne la mise en œuvre des aménagements, instruite les dossiers AGEFIPH et assure le lien entre toutes les parties.
La formation Comprendre l'autisme en milieu professionnel de DYNSEO inclut un module spécifique sur le cadre légal des aménagements, les démarches AGEFIPH et le rôle du médecin du travail — particulièrement utile pour les référents Mission Handicap et les DRH.
8. Outils pratiques DYNSEO pour l'aménagement TSA
🗺️ Carte des besoins sensoriels TSA
Identifier avec le collaborateur ses sensibilités spécifiques pour personnaliser les aménagements.
Télécharger →🛑 Plan de gestion des crises TSA
Protocole étape par étape pour accompagner un collaborateur en situation de surcharge sensorielle.
Télécharger →💬 Fiche communication adaptée TSA
Les formulations à utiliser et à éviter pour communiquer efficacement avec un collaborateur autiste.
Télécharger →🪑 Guide aménagement poste TSA
Check complet des aménagements sensoriels, organisationnels et numériques par ordre de priorité.
Télécharger →✅ Checklist recrutement inclusif TSA
Adapter votre processus de recrutement pour ne plus filtrer les talents autistes inadvertance.
Télécharger →🗂️ Catalogue complet des outils
Plus de 50 outils pratiques pour un management inclusif au quotidien.
Voir tous les outils →9. Les applications DYNSEO pour vos collaborateurs TSA
🟦 JOE — Adultes
Stimulation cognitive pour adultes — mémoire, attention, fonctions exécutives. Recommandé pour les collaborateurs TSA souhaitant renforcer leurs capacités cognitives de façon ludique et apaisante.
Découvrir JOE →🟥 MON DICO — Communication
Communication alternative et augmentée — idéale pour les collaborateurs autistes avec des difficultés d'expression verbale ou qui préfèrent la communication visuelle.
Découvrir MON DICO →🟨 EDITH — Seniors
Accompagnement cognitif pour seniors. Adapté aux collaborateurs seniors TSA dans une logique de maintien en emploi et de stimulation douce.
Découvrir EDITH →🟩 COCO — Enfants
Application 5-10 ans pour la stimulation cognitive. Recommandée aux salariés parents d'enfants autistes cherchant des outils de soutien adaptés.
Découvrir COCO →10. Aller plus loin : le catalogue formations B2B DYNSEO
Troubles DYS en entreprise : repérer, adapter et valoriser
❓ FAQ — Aménagement sensoriel pour collaborateurs autistes
1. Comment savoir quels aménagements sensoriels sont nécessaires pour mon collaborateur TSA ?
Le point de départ est la conversation directe avec le collaborateur — il est le seul expert de son propre profil sensoriel. La Carte des besoins sensoriels TSA de DYNSEO est un support structuré pour cette conversation : elle permet au collaborateur d'identifier et de hiérarchiser ses sensibilités sensorielles sans avoir à les formuler de zéro. Le médecin du travail peut compléter cette évaluation et formaliser des préconisations d'aménagement.
2. Mon collaborateur autiste ne veut pas d'aménagement — il dit que "ça va". Que faire ?
Ce refus est fréquent et ne signifie pas que tout va bien. De nombreux adultes autistes ont développé des stratégies de masking très efficaces et refusent les aménagements par peur de la stigmatisation. Respectez ce choix tout en maintenant la porte ouverte : "Si à un moment tu souhaites essayer quelque chose, dis-le moi — sans aucune obligation." Observez néanmoins les signes de fatigue chronique ou de surcharge — si des arrêts ou une baisse de performance apparaissent, reproposez la conversation dans un cadre bienveillant.
3. Les aménagements sensoriels sont-ils réservés aux collaborateurs ayant une RQTH ?
Non. Vous pouvez mettre en place des aménagements pour tout collaborateur qui en exprime le besoin, indépendamment de toute RQTH. La RQTH ouvre simplement un accès aux financements AGEFIPH qui réduisent le coût pour l'entreprise. Pour les aménagements peu coûteux (casque antibruit, repositionnement du bureau, accès à une salle calme), la RQTH n'est pas nécessaire — la bonne volonté managériale suffit.
4. Comment gérer les réactions de l'équipe face aux aménagements d'un collègue TSA ?
La clé est la communication collective sans divulgation individuelle. Présentez les aménagements comme des pratiques d'équipe : "Dans notre équipe, chacun peut travailler de la façon qui lui permet d'être le plus efficace. Certains ont besoin de calme, d'autres d'un timer visuel — c'est normal." Cette approche universelle évite les perceptions de favoritisme et normalise la diversité des besoins. Si des questions spécifiques sont posées sur un individu, la réponse est toujours : "C'est sa vie privée."
5. Le télétravail total est-il une solution durable pour un collaborateur TSA en surcharge sensorielle chronique ?
Le télétravail réduit drastiquement la surcharge sensorielle et peut être très efficace. Cependant, il peut aussi isoler socialement et aggraver les difficultés de communication déjà présentes. La formule hybride (2-3 jours télétravail) avec des présences structurées et des aménagements physiques en entreprise est généralement plus équilibrée sur le long terme. Si le télétravail total est la seule solution viable, assurez un lien régulier avec l'équipe via des formats adaptés (visioconférence individuelle, messages asynchrones).
6. Que faire si mon open space ne peut pas être aménagé physiquement ?
Plusieurs solutions ne nécessitent aucune modification physique des locaux : casque antibruit, bouchons d'oreilles, télétravail partiel, horaires décalés pour éviter les heures de pointe, accès prioritaire aux salles de réunion calmes, poste fixe en périphérie. Si aucune solution n'est praticable dans l'espace existant, une réflexion sur le repositionnement du collaborateur (autre service, autre site) est préférable à une situation d'épuisement chronique.
7. La formation Comprendre l'autisme en milieu professionnel couvre-t-elle l'aspect sensoriel ?
Oui. La formation DYNSEO consacre un module complet au profil sensoriel des personnes autistes, aux mécanismes de la surcharge, aux aménagements prioritaires et au protocole de gestion de crise. Elle est certifiante Qualiopi (N° 11757351875), accessible en ligne à son rythme, et déployable en licences multi-collaborateurs. Elle est finançable via OPCO dans le cadre du plan de développement des compétences.
8. Existe-t-il des tests pour évaluer le profil sensoriel d'un collaborateur avant de mettre en place des aménagements ?
DYNSEO propose des tests cognitifs en ligne (non diagnostiques) sur dynseo.com/nos-tests qui peuvent apporter des éclairages sur certaines dimensions du fonctionnement cognitif. Pour une évaluation sensorielle approfondie, un bilan neuropsychologique réalisé par un professionnel de santé est recommandé. Dans l'immédiat, la Carte des besoins sensoriels TSA de DYNSEO permet une auto-évaluation guidée très utile comme point de départ.
🚀 Formez vos équipes à l'autisme et aux aménagements sensoriels
La formation Comprendre l'autisme en milieu professionnel de DYNSEO donne à vos managers et RH les clés pour identifier les besoins sensoriels, mettre en place des aménagements efficaces et créer un environnement de travail réellement inclusif. Certifiante Qualiopi, finançable OPCO, déployable en licences multi-collaborateurs.
Ce contenu vous a aidé ? Soutenez DYNSEO 💙
Nous sommes une petite équipe de 14 personnes basée à Paris. Depuis 13 ans, nous créons gratuitement des contenus pour aider les familles, les orthophonistes, les EHPAD et les professionnels du soin.
Vos retours sont notre seule façon de savoir si ce travail vous est utile. Un avis Google nous aide à toucher d'autres familles, soignants et thérapeutes qui en ont besoin.
Un seul geste, 30 secondes : laissez-nous un avis Google ⭐⭐⭐⭐⭐. Ça ne coûte rien, et ça change tout pour nous.