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Familles & aidants · École, écrans & adolescence

Prévenir le décrochage scolaire : à qui s'adresser, quelles aides et comment tenir dans la durée

Quand un enfant commence à décrocher, les parents se retrouvent souvent seuls face à un système qu'ils ne connaissent pas. L'école emploie des sigles, la santé en emploie d'autres, et chacun semble renvoyer vers un interlocuteur différent. On sent que quelque chose ne va pas — les notes qui glissent, les matins de plus en plus lourds, un adolescent qui se ferme — mais on ne sait ni qui appeler, ni dans quel ordre, ni ce à quoi on a droit. C'est exactement là que se joue la partie : prévenir le décrochage scolaire, avec les bonnes aides et un accompagnement adapté, ne dépend pas d'un coup de chance, mais de savoir vers qui se tourner et quand.

  • ⏱️ 17 min de lecture
  • 👥 Pour les familles et les aidants
  • 🔄 Mis à jour en août 2026

This article is not about the class: it is about you, parent or relative, and your journey. Who to contact for which problem, what resources exist in France and where to submit a file, how to turn a twenty-minute appointment into a useful decision, how to recognize your own exhaustion before it catches up with you, and how to endure over time without sacrificing your health. The names of the resources and their conditions evolve: we remain deliberately generic about the amounts and invite you to verify each piece of information with the relevant organization.

The essentials in 30 seconds

Two entry points are enough to get started: the educational team of the institution (main teacher, school counselor, head of the institution) and the attending physician or pediatrician, who coordinates the health aspect. From there, everything is organized.

  • Several stakeholders share the topic — on the school side, health side, social side. Knowing who does what prevents waiting weeks for nothing.
  • Resources exist to adapt schooling (PPRE, PAP, PPS, PAI) and to support young people in crisis (RASED, MLDS, monitoring platforms). The names matter less than the need they address.
  • An appointment needs preparation: three written questions and dated observations are better than an hour of improvised discussion.
  • The parent's exhaustion is a real risk, not a weakness. It sets in slowly and can be identified by specific signals.
  • Asking for help early is what allows you to endure. Waiting until the end closes doors and prolongs delays.

Who to contact: the map of stakeholders

Dropout occurs at the intersection of three worlds: school, health, and social services. Each has its professionals, entry points, and timelines. None holds the solution alone, and most families lose weeks simply because they contact the wrong person. Here’s how to distribute roles to ask the right question to the right stakeholder.

On the school side: your first contacts

👩‍🏫

Main teacher

Your first contact in middle and high school. They know your child's behavior in class, connect with the teachers, and can gather an educational team around the situation.

🧭

School counselor

The principal education advisor monitors absences, school life, and the climate. They are often the first to notice a student who is dropping out and trigger the alert.

🎓

National Education psychologist

The PsyEN helps understand learning blockages, guidance, and the relationship with school. They can meet with the student and family and refer them for an assessment if needed.

🤝

Assistante sociale scolaire

Elle connaît les dispositifs, les aides financières liées à la scolarité et les relais du territoire. Beaucoup de familles ignorent qu'elle existe dans leur établissement.

🩺

Médecin et infirmière scolaires

Interlocuteurs clés quand le décrochage a une composante de santé, de fatigue, d'anxiété ou de trouble des apprentissages. L'infirmière est souvent la plus accessible.

🧩

RASED (école primaire)

Le réseau d'aides spécialisées intervient dès le premier degré pour les difficultés d'apprentissage ou de comportement. Une prise en charge précoce évite bien des ruptures plus tard.

Côté santé et social : quand le problème dépasse la classe

Quand la difficulté scolaire s'accompagne de signes de souffrance — troubles du sommeil, anxiété, repli, plaintes physiques répétées, perte d'élan — il faut ouvrir le versant santé. Le point d'entrée reste le médecin traitant ou le pédiatre, qui écoute, examine et oriente. Selon ses observations, il peut adresser vers un pédopsychiatre ou un psychologue pour évaluer une souffrance psychique, vers un orthophoniste en cas de suspicion de trouble du langage ou dys, ou vers un neuropsychologue pour un bilan des fonctions cognitives (attention, mémoire, organisation). Aucun de ces professionnels ne pose un diagnostic à la place d'un autre : votre rôle est d'observer et de signaler, le leur est d'évaluer et de conclure.

Sur le territoire, plusieurs structures accueillent gratuitement ou à faible coût : les CMP et CMPP (centres médico-psychologiques), les Maisons des adolescents pour les 11-25 ans, et les points accueil écoute jeunes. Ces lieux reçoivent aussi bien le jeune que les parents, et permettent de parler sans être aussitôt étiqueté.

Un dernier réflexe fait souvent la différence : nommer un interlocuteur pivot, une personne qui centralise l'information et à qui l'on revient. Selon les cas, ce sera le professeur principal, le médecin traitant ou le PsyEN. Sans ce point fixe, chaque professionnel avance de son côté, les mêmes questions se reposent d'un rendez-vous à l'autre, et la famille se transforme en unique lien entre des services qui ne se parlent pas. Demandez ouvertement, dès le départ : « qui, parmi vous, suit le dossier dans son ensemble ? » Cette simple question évite bien des mois de tourner en rond.

La situationLe bon interlocuteur
Signes de danger immédiat, idées noires expriméesServices d'urgence de votre pays, sans attendre
Absences qui se multiplientCPE, puis professeur principal pour réunir l'équipe
Notes en chute alors que l'enfant travailleProfesseur principal, puis PsyEN pour explorer un blocage
Lecture, écriture ou calcul qui coincent durablementMédecin traitant, puis orthophoniste ou bilan spécialisé
Anxiété, repli, refus d'aller en coursMédecin traitant, infirmière scolaire, CMP ou Maison des ados
Suspicion de trouble de l'attention ou dysMédecin traitant, puis neuropsychologue ou orthophoniste
Difficultés financières qui pèsent sur la scolaritéAssistante sociale scolaire
Jeune déjà déscolarisé, sans solutionMission de lutte contre le décrochage et plateforme de suivi
Je ne comprends rien aux démarchesAssistante sociale scolaire et CIO
💡 Le réflexe qui change tout

Demandez une équipe éducative dès les premiers signaux, sans attendre le conseil de classe. C'est une réunion, prévue par l'Éducation nationale, qui rassemble autour de la table les enseignants concernés, la vie scolaire et la famille. Elle permet de partager les constats, de nommer le problème et de décider d'un plan commun. La demander tôt, c'est éviter que chacun observe la situation de son côté sans que rien ne bouge.

Prévenir le décrochage scolaire : les aides et l'accompagnement qui existent

En France, plusieurs dispositifs permettent d'aménager la scolarité ou d'accompagner un jeune en difficulté. Leurs sigles rebutent, mais chacun répond à un besoin simple. Le principe est toujours le même : repérez d'abord de quelle famille relève votre situation, puis demandez à l'établissement ou au médecin le dispositif exact qui vous concerne. Les conditions d'accès et les montants évoluent : vérifiez toujours les critères à jour auprès de l'organisme.

Les dispositifs qui aménagent la scolarité

DispositifÀ quoi il sertOù en parler
PPRE — Programme personnalisé de réussite éducativeUn plan d'aide interne à l'école pour un élève en difficulté ponctuelle, sans reconnaissance de handicapEnseignant, professeur principal, équipe éducative
PAP — Plan d'accompagnement personnaliséAménagements pédagogiques durables, notamment pour les troubles des apprentissages (dys)Médecin scolaire, sur constat d'un trouble
PPS — Projet personnalisé de scolarisationParcours scolaire adapté quand un handicap est reconnu, pouvant inclure un accompagnement humain (AESH)MDPH, via un dossier avec l'équipe éducative
PAI — Projet d'accueil individualiséAménagements liés à une maladie ou un trouble de santé nécessitant un suivi à l'écoleMédecin scolaire et chef d'établissement

Le bon dispositif dépend de la nature de la difficulté, pas de sa gravité ressentie. Un enfant qui fatigue vite pour lire n'a pas forcément besoin d'un dossier MDPH : un PAP peut suffire. À l'inverse, un accompagnement humain relève d'un PPS. Ne cherchez pas à trancher seul : c'est précisément le rôle de l'équipe éducative et du médecin scolaire de vous orienter vers le cadre adapté.

Les dispositifs quand le décrochage est installé

Si le jeune est déjà en rupture ou déscolarisé, d'autres relais prennent le relais. La MLDS (mission de lutte contre le décrochage scolaire) accompagne le retour vers une formation ou un diplôme. Les plateformes de suivi et d'appui aux décrocheurs repèrent les jeunes sans solution et leur proposent un accompagnement individualisé. Le CIO (centre d'information et d'orientation) aide à reconstruire un projet. Un numéro national gratuit dédié au décrochage scolaire existe également pour orienter les familles ; vérifiez ses coordonnées à jour sur les sites officiels de l'Éducation nationale.

Les aides financières et de compensation

Plusieurs aides peuvent alléger le coût de la scolarité ou compenser un trouble reconnu : bourses de collège et de lycée, fonds sociaux de l'établissement, et, en cas de handicap reconnu par la MDPH, une allocation destinée à l'éducation d'un enfant en situation de handicap. Aucun montant ne peut être présenté comme certain : les barèmes dépendent des ressources, de la situation et de l'année en cours. L'assistante sociale scolaire est la mieux placée pour vous dire ce à quoi vous pouvez prétendre et où déposer le dossier.

Où déposer un dossier, concrètement

Beaucoup de familles bloquent non pas sur le principe, mais sur la question toute simple : « à qui j'envoie quoi ? ». Voici la logique générale, à confirmer selon votre département.

  1. Les aménagements internes (PPRE) se décident directement avec l'établissement : aucun dossier extérieur, une réunion d'équipe éducative suffit à les mettre en place.
  2. Le PAP passe par le médecin scolaire, à qui vous transmettez les bilans (orthophonique, par exemple). C'est lui qui atteste du trouble et déclenche les aménagements pédagogiques.
  3. Le PPS et l'allocation liée au handicap relèvent de la MDPH de votre département. Le dossier se retire auprès de la MDPH ou en ligne, se remplit avec l'aide de l'enseignant référent, et s'accompagne d'un certificat médical récent et des bilans utiles.
  4. Les bourses et fonds sociaux se demandent auprès de l'établissement, en général en début d'année scolaire : renseignez-vous sur les dates, souvent contraignantes.
  5. Gardez une trace de chaque envoi — date, destinataire, pièces jointes. En cas de perte ou de retard, un dossier daté et complet se rejoue beaucoup plus vite.

Les délais d'instruction, notamment pour la MDPH, peuvent être longs : anticipez plusieurs mois et n'attendez pas la rentrée suivante pour lancer une demande qui la concerne. Là encore, l'enseignant référent et l'assistante sociale scolaire sont vos meilleurs guides pour éviter les pièces manquantes qui font repartir le compteur à zéro.

💡 Trois réflexes qui font gagner des mois

1. Demandez une équipe éducative avant que la situation ne se dégrade : c'est là que les aménagements se déclenchent le plus vite. 2. Rassemblez dans une seule pochette bulletins, comptes rendus, bilans et courriers : un dossier lisible avance plus vite. 3. Contactez tôt l'assistante sociale scolaire et le CIO : ils connaissent les relais locaux mieux que n'importe quel site officiel.

Comprendre pour agir sans attendre

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Préparer un rendez-vous vraiment utile

Qu'il s'agisse d'un rendez-vous avec le professeur principal, d'une consultation médicale ou d'un entretien au CIO, le temps est toujours compté : rarement plus de vingt minutes. Sans préparation, l'échange part en généralités et vous ressortez avec les mêmes questions qu'en entrant. Une demi-heure de préparation vaut plusieurs rendez-vous.

  1. Notez au fil des jours, pas la veille. Une ligne par observation : ce qui a changé, quand, dans quelles circonstances. « Il refuse de se lever trois matins sur cinq depuis un mois » vaut mille fois « ça ne va pas ».
  2. Choisissez trois questions maximum, écrites, classées par ordre d'importance. Au-delà de trois, la dernière ne sera pas traitée.
  3. Apportez les pièces utiles : bulletins, mots dans le carnet, bilans déjà réalisés, ordonnances. Les faits datés font avancer la discussion.
  4. Venez à deux si possible. L'un écoute, l'autre note. On retient beaucoup moins qu'on ne le croit d'un échange qui touche son enfant.
  5. Reformulez avant de partir. « Si j'ai bien compris, on met en place un PPRE et on refait le point dans six semaines, c'est bien ça ? » C'est le meilleur filtre à malentendus.
  6. Demandez qui contacter entre deux rendez-vous, et dans quelles situations. Cette seule question évite des semaines d'hésitation.

Les questions qui rapportent le plus

  • Qu'observez-vous, vous, en classe ou en consultation, que je ne vois pas à la maison ?
  • Ce que je décris relève-t-il d'un aménagement pédagogique, d'un suivi de santé, ou des deux ?
  • Un bilan (orthophonique, neuropsychologique, orientation) serait-il utile maintenant ?
  • Quel dispositif correspond à notre situation, et qui déclenche la demande ?
  • Que puis-je faire, moi, à la maison, entre deux rendez-vous ?
  • Quels signes doivent me faire vous recontacter sans attendre ?
ℹ️ Ce que vous pouvez dire pour ouvrir l'échange

Une phrase simple désamorce la crainte du jugement : « Je viens parce que je m'inquiète et je veux comprendre, pas pour trouver un coupable. Aidez-moi à y voir clair. » Vous placez d'emblée le rendez-vous du côté de la coopération, et non du reproche.

L'épuisement du parent : le repérer à temps

Il ne s'annonce pas. Il s'installe par accumulation, sur des mois, pendant lesquels vous vous dites que ça va, que d'autres parents font bien plus, que ce n'est pas le moment de flancher. Accompagner un enfant qui décroche, c'est vivre des matins de bras de fer, des soirs de devoirs qui virent au conflit, et une inquiétude de fond qui ne s'éteint jamais vraiment. Puis un jour, une remarque anodine fait tout basculer.

😴

Le corps lâche

Sommeil qui ne répare plus, tensions dans le dos et la nuque, maux de tête, fatigue qui ne cède pas au repos, appétit déréglé.

🌫️

L'esprit se rétrécit

Irritabilité permanente, larmes qui montent vite, difficulté à se concentrer, sentiment de ne jamais faire assez bien, pensées qui tournent en boucle la nuit.

🚪

La vie se réduit

Sorties annulées, amis qu'on ne rappelle plus, loisirs abandonnés, plus une seule heure qui vous appartienne vraiment.

⚖️

La relation s'abîme

Agacement contre votre enfant, culpabilité immédiate d'avoir été agacé, disputes de couple sur la façon de faire, et le sentiment d'être devenu surveillant plutôt que parent.

Si trois de ces descriptions vous concernent depuis plusieurs semaines, ce n'est pas un simple coup de fatigue : c'est un signal. Le meilleur premier geste est simple et pourtant souvent différé pendant des mois : prendre rendez-vous pour vous, avec votre médecin, et lui dire ce que vous vivez. Un parent qui s'effondre, ce sont deux personnes en difficulté au lieu d'une — et un enfant qui perd son point d'appui au pire moment.

⚠️ Quand consulter sans attendre

Une tristesse permanente, une perte d'intérêt pour tout, des troubles du sommeil installés, une consommation d'alcool ou de médicaments qui augmente, ou des pensées où vous vous dites que tout le monde serait mieux sans vous : parlez-en rapidement à un professionnel de santé. Ces situations se soignent, et vous n'avez pas à tenir seul en attendant que ça passe. En cas de danger immédiat, contactez les services d'urgence de votre pays.

❌ À éviter : reporter indéfiniment votre propre suivi « en attendant que la situation de l'enfant se règle ». La situation peut durer des mois. Votre santé, elle, ne se met pas en pause.

Le droit de souffler et de demander de l'aide

Souffler n'est pas abandonner : c'est une condition pour tenir. Un parent reposé écoute mieux, s'énerve moins et prend de meilleures décisions. Plusieurs relais permettent de déléguer une partie de la charge — encore faut-il savoir qu'ils existent et les solliciter avant d'être au bout.

RelaisPrincipeUtile quand
Aide aux devoirs et accompagnement scolaireUn tiers prend en charge le temps des devoirs (dispositifs de l'établissement, associations, communes)Les devoirs sont devenus un champ de bataille quotidien
Maison des adolescents, PAEJUn lieu neutre où le jeune parle à un adulte qui n'est ni parent ni professeurLa communication est bloquée à la maison
Soutien psychologique du jeuneConsultations avec un psychologue ou en CMP/CMPPAnxiété, mal-être, refus scolaire
Soutien pour le parentConsultations pour vous, groupes de parole de parentsLa charge émotionnelle déborde sur tout le reste
Associations de famillesInformation, entraide entre parents qui vivent la même choseVous vous sentez seul et incompris

Une remarque revient dans presque tous les groupes de parole : la première demande d'aide est la plus difficile, les suivantes sont beaucoup plus simples. Le blocage n'est presque jamais administratif — il est intérieur, fait de honte, de sentiment d'échec et de l'idée qu'on devrait y arriver seul. Vous ne devriez pas, et personne n'y arrive vraiment seul.

Un mot exact à se répéter quand la culpabilité monte : « Déléguer une partie, c'est protéger le reste. » Confier l'aide aux devoirs à quelqu'un d'autre, ce n'est pas renoncer à son enfant : c'est se garder l'énergie d'être son parent le soir, plutôt que son professeur épuisé.

Concilier travail, vie perso et accompagnement

La plupart des parents concernés travaillent, et tiennent en rognant sur leurs pauses, leurs congés et leurs nuits. Les rendez-vous tombent en pleine journée, les crises n'attendent pas le week-end, et l'inquiétude s'invite jusque dans les réunions. Sans organisation, c'est le parent qui absorbe toute la tension — jusqu'à ce qu'il craque.

  1. Renseignez-vous avant d'être en difficulté auprès de votre employeur ou du service RH. Selon les situations, des aménagements d'horaires, du télétravail ou des autorisations d'absence peuvent exister. Les demandes anticipées obtiennent bien plus que celles faites dans l'urgence.
  2. Distinguez ce qui exige votre présence — un rendez-vous médical, une équipe éducative — de ce qui peut être délégué. Tout n'a pas à reposer sur vous.
  3. Répartissez explicitement à la maison. Une répartition écrite, même imparfaite, entre les deux parents ou avec un proche, évite la spirale où celui qui est sur place fait tout et s'épuise en silence.
  4. Protégez un créneau qui vous appartient. Deux heures par semaine, à heure fixe, considérées comme non négociables, au même titre qu'un rendez-vous médical.
  5. Fixez une règle sur les devoirs. Un horaire de fin, non dépassable : mieux vaut un exercice non terminé qu'une soirée entière transformée en conflit qui abîme la relation.

❌ À éviter : faire du dossier de votre enfant un second emploi qui envahit chaque soirée. Bloquez des plages précises pour les démarches, et fermez le sujet en dehors : le foyer a besoin de moments où l'on n'est pas seulement en train de « gérer le problème ».

Se former, pour ne plus subir

Une grande partie de la fatigue des parents ne vient pas des tâches elles-mêmes, mais de l'incertitude : ne pas savoir si ce comportement est grave, si l'on réagit bien, si l'on peut insister ou s'il faut lâcher. Comprendre ce qui se joue transforme des dizaines de micro-décisions quotidiennes en gestes assurés. On cesse de subir chaque situation et l'on commence à anticiper.

C'est l'objet de la formation en ligne « Prévenir le décrochage scolaire : repères & outils simples » : 14 leçons courtes, pensées pour des familles, à suivre à son rythme avec un accès illimité, pour repérer les signaux, réagir aux situations concrètes et savoir vers qui se tourner. DYNSEO est un organisme de formation certifié Qualiopi (N° 11757351875) et délivre une attestation de fin de formation. Le tarif est de 20 €, en 100 % en ligne.

La formation se complète avec des outils gratuits directement utiles au quotidien : le planificateur de devoirs hebdomadaire pour poser un cadre apaisé, le système de gamification scolaire pour redonner de l'envie, la checklist cartable pour l'autonomie du matin, et, quand l'anxiété s'en mêle, la boîte à outils de régulation émotionnelle et la fiche de restructuration cognitive. Pour les plus jeunes (5-10 ans), l'application COCO propose des jeux cognitifs courts qui entretiennent l'attention et la mémoire sans pression. Le catalogue complet d'outils et les tests cognitifs sont en libre accès ; l'application JOE s'adresse quant à elle aux adultes.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Par où commencer quand on ne sait rien des démarches ?

Par deux contacts. Le premier avec l'établissement — professeur principal ou CPE — en demandant une équipe éducative pour partager les constats et décider d'un plan commun. Le second avec le médecin traitant ou le pédiatre si vous observez des signes de souffrance ou de fatigue. Ajoutez un troisième relais très utile et souvent ignoré : l'assistante sociale scolaire de l'établissement, qui connaît les dispositifs et les aides du territoire. Ces trois portes couvrent l'essentiel, et chacune peut vous orienter vers les autres selon ce qui ressort.

Faut-il attendre que la situation s'aggrave pour lancer les démarches ?

Non, et c'est l'erreur la plus coûteuse. Les aménagements, les bilans et les dispositifs prennent du temps à se mettre en place, et les délais de rendez-vous peuvent être longs. Plus vous agissez tôt, plus les options restent ouvertes et plus la rupture est évitable. Demander une équipe éducative dès les premiers signaux ne stigmatise pas votre enfant : cela déclenche simplement une observation partagée. Anticiper, c'est se donner de la marge ; attendre d'être au bout, c'est réduire les solutions possibles au moment où l'on en a le plus besoin.

Mon adolescent refuse toute aide extérieure, que faire ?

Commencez petit et limité dans le temps : un entretien unique dans un lieu neutre comme une Maison des adolescents, plutôt qu'un suivi présenté d'emblée comme long. Laissez un professionnel porter la proposition : elle passe souvent mieux venant d'un tiers que d'un parent. Et présentez-la du côté du soutien, non du contrôle : « c'est un endroit pour parler, tu n'es pas obligé d'y retourner » ouvre plus de portes que « tu dois voir quelqu'un ». Respecter son rythme, tout en maintenant le cap, reste la stratégie la plus efficace dans la durée.

Puis-je être aidé, moi, en tant que parent ?

Oui. Des groupes de parole de parents, des consultations de soutien, des associations de familles et des lieux d'écoute existent, souvent gratuits ou à faible coût. Ils sont largement sous-utilisés, surtout par méconnaissance et par le sentiment qu'on devrait s'en sortir seul. L'assistante sociale scolaire, la Maison des adolescents et les associations de votre secteur sont les mieux placées pour vous indiquer ce qui existe près de chez vous. Prendre soin de vous n'est pas un luxe : c'est ce qui vous permet de rester un point d'appui solide pour votre enfant.

Combien de temps dure l'accompagnement d'un enfant qui décroche ?

Il n'y a pas de durée type. Certains jeunes retrouvent un élan en quelques semaines une fois le blocage identifié ; d'autres ont besoin d'un accompagnement de plusieurs mois, voire d'un changement d'orientation. Ce qui est certain, c'est que l'intensité varie : les périodes de crise alternent avec des phases plus calmes. Mettre en place tôt des relais — aide aux devoirs, soutien pour le jeune, appui pour vous — est ce qui permet de tenir dans la durée sans s'épuiser, et d'accompagner les rechutes éventuelles sans repartir de zéro à chaque fois.

ℹ️ Information générale

Cet article décrit des catégories d'interlocuteurs et de dispositifs en vigueur en France. Les noms des dispositifs, leurs conditions d'accès et les montants des aides varient selon les situations et évoluent régulièrement : vérifiez toujours l'information à jour auprès de l'établissement scolaire, de la MDPH ou de l'organisme concerné. Ce contenu ne remplace ni un avis médical, ni un conseil social ou d'orientation personnalisé : pour tout signe de souffrance chez votre enfant, adressez-vous à un médecin ou à un psychologue.

Vous n'êtes pas censé savoir tout ça

Personne ne vous a formé à repérer et à prévenir le décrochage scolaire. Avec les bonnes aides et un accompagnement adapté, on cesse de subir : 14 leçons courtes, à suivre quand la maison est calme, accès illimité.

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Marie L.
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